Enseignement néerlandophone à Bruxelles : audit
Date : 2026-03-31 Statut : 🟠 Nouveau/réformé Catégorie : Région de Bruxelles-Capitale. Nouveau (proposition de HART)
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Sujet : enseignement néerlandophone en Région de Bruxelles-Capitale. Compétence autonome dans le modèle HART.
Base juridique actuelle : article 127 de la Constitution belge (compétence communautaire en matière d'enseignement). La Communauté flamande est compétente pour l'enseignement néerlandophone à Bruxelles. La Commission communautaire flamande (VGC) mène à Bruxelles une politique complémentaire de l'enseignement, comme institution décentralisée de la Communauté flamande.
Niveaux de pouvoir actuellement concernés par l'enseignement néerlandophone à Bruxelles :
- Communauté flamande missions principales : programmes d'études, inspection de l'enseignement, salaires des enseignants, moyens de fonctionnement, construction scolaire (via AGION, l'agence flamande de l'infrastructure scolaire), réglementation
- VGC politique complémentaire : extension des capacités, construction scolaire, Brede Scholen (écoles ouvertes sur leur quartier), prime bruxelloise pour les enseignants, soutien linguistique
- Région de Bruxelles-Capitale rôle limité : facilités, contrats école (controversés. La N-VA a parlé d'une manière de « sortir des clous »), permis d'urbanisme
- 19 communes bruxelloises comme pouvoirs organisateurs de l'enseignement communal (réseau OVSG)
- Autorité fédérale obligation scolaire, diplômes de fin d'études, législation linguistique
Ampleur (année scolaire 2024-2025) :
- 53.613 élèves dans l'enseignement obligatoire (maternel : 14.149 ; primaire : 20.727 ; secondaire : 17.014 ; spécialisé : 1.408)
- ±150 écoles maternelles et primaires, ±60 implantations d'enseignement secondaire
- ±43.000 étudiants dans l'enseignement supérieur néerlandophone à Bruxelles
- ±34.000 inscriptions dans l'enseignement pour adultes
- Croissance ralentie à +0,7 % en 2024-25 (elle était de +3,2 % en 2018-19)
Financement :
- Communauté flamande : de loin le premier bailleur. Frais de personnel, moyens de fonctionnement, subventions AGION pour l'infrastructure. Le budget flamand de l'enseignement s'élève à ±16,5 milliards d'euros (ensemble de la Flandre + Bruxelles), dont la part bruxelloise est difficile à isoler précisément mais est estimée entre 800 millions et 1 milliard d'euros (salaires + fonctionnement pour ±53.000 élèves + enseignement supérieur).
- VGC : budget total de ±219 millions d'euros (2025), dont l'enseignement est un pilier central. Y compris la construction scolaire, l'extension des capacités, la prime bruxelloise pour les enseignants, les Brede Scholen (2,6 millions d'euros, en augmentation).
- Région bruxelloise : dotation à la VGC (±100 millions d'euros au total, sans affectation spécifique à l'enseignement). En complément : les contrats école pour les écoles bruxelloises.
- Contribution flamande à la VGC : ±50 millions d'euros par an (en baisse. Une économie de 3,75 % a été annoncée sous le gouvernement Demir).
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales de l'enseignement néerlandophone à Bruxelles : Le système offre un enseignement entièrement néerlandophone dans une ville où seuls ±5 % des ménages parlent exclusivement le néerlandais à la maison. Il fonctionne en même temps comme un instrument d'intégration : 61 % des élèves ne parlent pas le néerlandais à la maison (2023-2024), contre 54 % en 2014-2015 et à peine 3 % en 1992.
Pouvoirs organisateurs :
- Enseignement communautaire GO! (de la Communauté flamande)
- Katholiek Onderwijs Vlaanderen (enseignement catholique flamand)
- OVSG (communal : les communes bruxelloises comme pouvoir organisateur)
- Écoles de la VGC (anciennes écoles provinciales)
Chevauchements et morcellement : Le problème tient moins au chevauchement qu'au morcellement des responsabilités :
- Programmes d'études, inspection, salaires → Communauté flamande (pilotée depuis Bruxelles-ville, mais la réglementation est faite pour un public flamand)
- Construction scolaire et extension des capacités → VGC + AGION (double guichet)
- Permis d'urbanisme pour les bâtiments scolaires → Région bruxelloise + communes
- Moyens complémentaires → VGC, mais dépendants de dotations venant à la fois de la Flandre et de la Région bruxelloise
- Enseignement communal → 19 communes distinctes avec chacune sa propre politique
Problèmes cruciaux :
Manque de capacité : nombre record d'inscriptions en 2025. Pour 800 enfants, pas de place dans l'enseignement secondaire. Dans l'enseignement fondamental, ±3.000 enfants sont restés sans place. La popularité de l'enseignement néerlandophone augmente (+13 %), mais l'infrastructure ne suit pas.
Pénurie d'enseignants. Bruxelles en tête : à peine 6 enseignants sur 10 à Bruxelles ont le diplôme requis. Dans le secondaire, moins de la moitié disposaient du titre de capacité requis. La pénurie est deux fois plus importante qu'à Anvers ou à Gand. Causes : loyers élevés à Bruxelles, barrières linguistiques, population scolaire plus complexe.
« Bruxelles n'est pas la Flandre » : la politique flamande de l'enseignement est conçue pour un contexte où plus de 95 % des élèves parlent le néerlandais à la maison. À Bruxelles, c'est 5 %. Pourtant, les mêmes programmes d'études, les mêmes normes d'inspection et les mêmes mécanismes de financement s'appliquent. Il n'y a pratiquement pas de place pour une adaptation bruxelloise.
Spaghetti de gouvernance : pour une seule école néerlandophone à Bruxelles, 5 niveaux de pouvoir sont potentiellement concernés. Aucune instance n'a une vue d'ensemble et ne peut corriger le tir.
Évaluation récente :
- Aucun audit de la Cour des comptes portant spécifiquement sur l'écosystème de l'enseignement néerlandophone à Bruxelles n'a été trouvé.
- L'inspection flamande de l'enseignement contrôle les écoles individuellement, mais il n'existe pas d'audit systémique de l'ensemble.
- Le BRIO (Brussels Informatie-, Documentatie- en Onderzoekscentrum) publie régulièrement des chiffres, mais pas d'évaluations de politiques.
1C. Comparaison internationale
Le problème : comment organiser un enseignement de qualité pour un groupe linguistique minoritaire dans une grande ville multilingue, avec un maximum d'autonomie et un minimum de frais de structure administratifs ?
Tyrol du Sud (Italie) : le modèle de référence :
- La Province autonome de Bozen/Bolzano gère trois systèmes scolaires séparés : germanophone, italophone et ladin (trilingue).
- Chaque groupe linguistique dispose de son propre Schulamt (département de l'enseignement) sous la direction politique d'un assesseur issu de son propre groupe linguistique.
- La province a une autonomie complète pour l'enseignement maternel, l'enseignement fondamental, les programmes d'études, la construction scolaire et l'enseignement professionnel ; une compétence partagée pour l'enseignement secondaire.
- Le budget est réparti proportionnellement sur la base du recensement linguistique décennal (allemand 69 %, italien 26 %, ladin 5 %).
- Résultat : l'enseignement germanophone du Tyrol du Sud se situe systématiquement au-dessus de la moyenne italienne à PISA. Le système est internationalement reconnu comme l'un des modèles les plus réussis de protection des minorités par l'enseignement.
- Pertinence pour Bruxelles : la preuve qu'une minorité linguistique peut organiser un excellent enseignement si elle obtient l'autonomie sur le curriculum, le personnel et l'infrastructure. Sans dépendre d'une autorité centrale « lointaine ».
Finlande. Autonomie communale :
- Les communes sont responsables de l'organisation et du financement de l'enseignement fondamental.
- L'autorité nationale fixe les cadres (objectifs d'apprentissage, qualifications), mais les communes déterminent elles-mêmes l'organisation, la politique du personnel et les moyens complémentaires.
- Pas de tests nationaux obligatoires, pas d'inspection scolaire. Confiance dans l'autonomie professionnelle des enseignants.
- Pertinence : le modèle finlandais montre que l'autonomie locale et la confiance dans les professionnels donnent de meilleurs résultats qu'une méfiance pilotée depuis le centre.
Suède. Autonomie communale avec libre choix :
- Depuis la décentralisation des années 1990, les communes (kommun) sont entièrement responsables de l'organisation et du financement de l'enseignement.
- Les parents ont le libre choix de l'école.
- Pertinence : cela montre que la décentralisation fonctionne, mais que des garanties nationales de qualité sont nécessaires (la Suède connaît plus de problèmes de qualité que la Finlande, faute de contrôle suffisant).
Suisse. Canton de Fribourg (bilingue) :
- Canton bilingue (66 % de francophones, 34 % de germanophones) avec des systèmes scolaires séparés par langue.
- Une seule administration cantonale qui pilote les deux systèmes.
- Pas de double structure de commissions. Le canton est lui-même l'autorité compétente.
- Pertinence : la preuve qu'une région bilingue peut organiser l'enseignement sans couche de pouvoir supplémentaire comme la VGC.
1D. Problèmes et critiques
Critiques structurelles :
Le one-size-fits-all flamand : des chroniqueurs de Knack et des experts de l'enseignement affirment depuis des années que « Bruxelles n'est pas la Flandre ». Le modèle flamand d'enseignement ne convient pas à une ville où la majorité des élèves sont allophones. Il y a trop peu de place pour une didactique multilingue, un soutien linguistique intensif et une adaptation bruxelloise.
Personne n'est propriétaire du système : la Communauté flamande fait les règles, la VGC complète, la Région bruxelloise délivre les permis, les communes font tourner une partie des écoles. Personne n'est « propriétaire » de l'écosystème de l'enseignement néerlandophone à Bruxelles dans son ensemble.
Dépendance financière : pour son budget de l'enseignement, la VGC dépend de deux dotations (Flandre + Région bruxelloise) qui peuvent toutes deux fluctuer. En 2025, la Flandre a déjà économisé 20 millions d'euros sur la politique bruxelloise. Cela crée une incertitude structurelle.
Besoin de capacité vs. permis : la VGC veut construire des bâtiments scolaires, mais elle dépend de la Région bruxelloise pour les permis d'urbanisme et les terrains disponibles. Deux pouvoirs publics avec des priorités potentiellement contradictoires.
Une pénurie d'enseignants sans levier bruxellois : la politique des enseignants (salaires, exigences de diplôme, statut) est entièrement flamande. Bruxelles ne peut pas instaurer elle-même une prime salariale pour les enseignants ni des exigences de diplôme plus souples, alors que le contexte est radicalement différent.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ❌ Échec | La politique de l'enseignement pour Bruxelles est déterminée par la Communauté flamande. Une administration sur laquelle les Bruxellois n'ont qu'une influence négligeable. Les décisions sur les programmes d'études, l'inspection et la politique du personnel sont prises en fonction de la réalité flamande (95 % de néerlandophones), pas de la réalité bruxelloise (5 %). |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | Le citoyen ne peut pas comprendre qui est responsable. Est-ce le ministre flamand de l'Enseignement ? Le président du Collège de la VGC ? Le ministre bruxellois compétent pour l'enseignement néerlandophone ? La commune comme pouvoir organisateur ? AGION pour la construction scolaire ? Cinq réponses possibles à la même question. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ Partiel | La Communauté flamande paie le plus (salaires, moyens de fonctionnement) et détermine la politique. Mais la VGC supporte des coûts complémentaires considérables (construction scolaire, capacité) sans pouvoir fixer elle-même les règles du jeu. Fiscal gap classique : qui paie ne décide pas toujours. Et qui décide ne paie pas tout. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | Cinq niveaux de pouvoir pour un seul système scolaire. Deux guichets pour la construction scolaire (AGION + VGC). Trois flux de financement (Communauté flamande, dotation flamande à la VGC, dotation de la Région bruxelloise à la VGC). C'est le contraire de la simplicité. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | Avec ±53.000 élèves dans l'enseignement obligatoire, le système est assez grand pour une gestion professionnelle. Mais les 19 communes comme pouvoirs organisateurs distincts créent un morcellement d'échelle. Certaines communes n'ont qu'une ou deux écoles néerlandophones. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ Échec | Il n'y a aucune place pour l'innovation bruxelloise. Le cadre flamand de l'enseignement s'applique intégralement. Bruxelles ne peut pas lancer de projets pilotes multilingues, ni mener sa propre politique des enseignants, ni introduire des programmes d'études adaptés. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ Partiel | Il n'existe pas de KPI accessibles au public pour le système d'enseignement néerlandophone bruxellois dans son ensemble. Les écoles sont inspectées individuellement, mais il n'y a pas de suivi systémique qui intègre capacité, qualité, pénurie d'enseignants et performances des élèves. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | Les inscriptions passent par inschrijveninbrussel.be (numérique, positif). Mais pour le reste, il n'existe pas de plateforme numérique intégrée reliant parents, écoles et pouvoirs publics pour la planification des capacités, le reporting ou le suivi. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ Échec | Le modèle actuel. Une communauté gère l'enseignement à distance dans une ville où elle est minoritaire, via un niveau intermédiaire sans réelle autonomie. N'existe nulle part au monde. Le Tyrol du Sud, la Finlande et la Suisse montrent que l'autonomie locale donne de meilleurs résultats. |
Synthèse : 4× ❌, 4× ⚠️, 0× ✅. Aucun principe n'est pleinement rempli. Les gains les plus importants se situent au niveau de la subsidiarité (ramener la décision à Bruxelles), de la simplicité (un seul point de contact) et des compétences concurrentes (laisser Bruxelles innover).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Nouveau/réformé L'enseignement néerlandophone à Bruxelles devient une compétence autonome au sein de l'entité fédérée bruxelloise, sur le modèle du Tyrol du Sud.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Autorité néerlandophone autonome de l'enseignement à Bruxelles (NOAB) : une nouvelle institution autonome au sein de l'entité fédérée bruxelloise qui rassemble toutes les compétences aujourd'hui dispersées sur 5 niveaux. La NOAB est dirigée par un conseil d'administration composé de Bruxellois néerlandophones élus, d'experts de l'enseignement, de représentants des parents et de représentants des pouvoirs organisateurs.
Regroupement des compétences au sein de la NOAB :
- Programmes d'études : autonomie pour adapter le cadre de base flamand au contexte multilingue bruxellois (p. ex. modules intensifs de NT2, néerlandais langue seconde, didactique multilingue comme norme)
- Politique des enseignants : prime bruxelloise propre pour les enseignants, exigences de diplôme assouplies pour les matières en pénurie, politique de recrutement propre
- Construction scolaire et planification des capacités : un seul guichet (qui remplace AGION + la construction scolaire de la VGC)
- Inspection : contrôle de la qualité propre, complété par des benchmarks à l'échelle de l'entité fédérée
- Moyens de fonctionnement : financement direct par l'entité fédérée bruxelloise, proportionnel au nombre d'élèves
Garanties linguistiques constitutionnelles : le droit à un enseignement néerlandophone à Bruxelles est inscrit dans la Constitution. Aucune majorité bruxelloise future ne peut le supprimer ni le vider de sa substance. Comparable à la protection de l'enseignement germanophone dans le Statut d'autonomie du Tyrol du Sud.
Financement :
- L'entité fédérée bruxelloise reçoit une dotation d'enseignement affectée, calculée sur la base du nombre d'élèves, comparable à la manière dont les entités fédérées allemandes reçoivent des moyens fédéraux pour l'enseignement.
- En complément : la NOAB peut générer des moyens propres via des collaborations, des fonds européens et le financement de projets.
Garanties de qualité :
- Les diplômes restent reconnus dans toute la Belgique et dans l'UE (accord-cadre avec les entités fédérées flamande et wallonne)
- Audit de qualité externe tous les deux ans par une commission indépendante
- Publication obligatoire des résultats, des chiffres de capacité et des chiffres de satisfaction (tableau de bord KPI)
Modèle international : le Tyrol du Sud. Où chaque groupe linguistique dispose de son propre Schulamt (département de l'enseignement) doté d'une large autonomie sur le curriculum, le personnel et l'infrastructure, dans le cadre de la province autonome.
Gain d'efficience estimé :
- Un seul guichet pour la construction scolaire au lieu de deux → réalisation plus rapide, moins de frais de structure administratifs
- Une politique des enseignants propre à Bruxelles → une approche plus ciblée de la pénurie (potentiellement réduite de moitié en 5 ans)
- Des programmes d'études adaptés au contexte multilingue → de meilleurs résultats d'apprentissage, moins de décrochage scolaire
- Pas d'économie chiffrable en euros. Le gain se situe dans de meilleurs résultats et une prise de décision plus rapide
Trajet de mise en œuvre :
- Nécessite une adaptation de la loi spéciale du 12 janvier 1989 (Institutions bruxelloises) et, le cas échéant, de l'art. 127 de la Constitution
- Période de transition de 3 à 5 ans : transfert progressif des compétences flamandes vers la NOAB
- Accord-cadre entre l'entité fédérée flamande et l'entité fédérée bruxelloise pour la reconnaissance des diplômes et les normes de qualité
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Enseignement néerlandophone à Bruxelles. Compétence autonome
L'enseignement néerlandophone à Bruxelles devient une compétence autonome au sein de l'entité fédérée bruxelloise. Une seule Autorité de l'enseignement remplace la mosaïque actuelle de cinq niveaux de pouvoir. Avec un pouvoir de décision bruxellois, des garanties linguistiques constitutionnelles et un enseignement à la mesure d'une ville multilingue.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
L'enseignement néerlandophone à Bruxelles compte 53.613 élèves répartis sur quelque 210 implantations scolaires. Il est populaire et croît depuis des années. De plus en plus de parents bruxellois choisissent délibérément une école néerlandophone, même s'ils ne parlent pas le néerlandais à la maison. Mais derrière cette popularité se cache un chaos administratif. La Communauté flamande fixe les programmes d'études et paie les salaires des enseignants. La Commission communautaire flamande (VGC) s'occupe de la construction scolaire et de la politique complémentaire. La Région bruxelloise délivre les permis d'urbanisme. Les 19 communes font tourner une partie des écoles. Et le niveau fédéral fixe l'obligation scolaire et les exigences de diplôme. Cinq pouvoirs publics, zéro responsable.
Ce qui ne va pas
Le système craque. En 2025, 800 enfants n'ont pas trouvé de place dans l'enseignement secondaire néerlandophone, tandis que des milliers d'autres figuraient sur la liste d'attente de l'enseignement fondamental. À peine 6 enseignants sur 10 à Bruxelles ont le diplôme requis. La pénurie est deux fois plus importante qu'à Anvers ou à Gand. La cause est structurelle : le modèle flamand d'enseignement est conçu pour un environnement où 95 % des élèves parlent le néerlandais à la maison. À Bruxelles, c'est 5 %. Pourtant, les mêmes programmes d'études et les mêmes normes d'inspection s'appliquent. Bruxelles ne peut pas instaurer elle-même une prime pour les enseignants, ne peut pas lancer de projets pilotes multilingues, ne peut pas planifier elle-même des bâtiments scolaires sans passer par deux guichets. Résultat : un système qui réussit malgré sa structure administrative, pas grâce à elle.
Comment cela fonctionne ailleurs
Au Tyrol du Sud (Italie), chaque groupe linguistique. Germanophone, italophone, ladin. A son propre département de l'enseignement (Schulamt) doté d'une large autonomie. La minorité germanophone fixe elle-même ses programmes d'études, recrute elle-même ses enseignants et construit elle-même ses écoles, dans le cadre de la province autonome. Résultat : l'enseignement germanophone du Tyrol du Sud se situe systématiquement au-dessus de la moyenne italienne. En Finlande, les communes sont entièrement responsables de l'organisation de l'enseignement. L'autorité nationale fixe les cadres, mais l'administration locale décide de l'organisation et de la politique du personnel. Pas de méfiance centrale, mais une responsabilité locale. Les deux modèles le prouvent : l'enseignement fonctionne mieux quand les décisions sont prises par ceux qui connaissent la réalité locale.
Ce que HART propose
HART crée une Autorité néerlandophone de l'enseignement à Bruxelles (NOAB). Une seule institution autonome qui rassemble toutes les compétences. La NOAB obtient la maîtrise des programmes d'études (avec de la place pour la didactique multilingue), de la politique des enseignants (y compris une prime bruxelloise pour les enseignants), de la construction scolaire (un seul guichet) et du contrôle de la qualité. Le droit à un enseignement néerlandophone est inscrit dans la Constitution. Comparable à la manière dont le Tyrol du Sud protège le droit à un enseignement germanophone dans son statut d'autonomie. Les diplômes restent reconnus dans toute la Belgique via un accord-cadre avec l'entité fédérée flamande. Tous les deux ans, un audit de qualité indépendant avec des résultats publics.
Ce que cela rapporte
Un seul guichet au lieu de cinq niveaux de pouvoir. Un enseignement conçu pour la réalité bruxelloise. 61 % d'élèves allophones. Au lieu d'un modèle flamand qui va comme une camisole de force. Une politique des enseignants capable de s'attaquer à la pénurie avec des instruments bruxellois. Une construction scolaire sans double administration, donc de nouvelles places plus rapidement. Et surtout : un seul point de contact clair. Si quelque chose ne va pas dans l'enseignement néerlandophone à Bruxelles, les parents, les enseignants et les responsables politiques savent exactement à qui s'adresser.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|---|
| 1 | VGC. Nederlandstalig onderwijs in Brussel | https://www.vgc.be/wie-zijn-wij/actief-beleid-brussel/onderwijs/nederlandstalig-onderwijs-brussel | 2026 | Structure, écoles, nombre d'élèves |
| 2 | Onderwijs in Brussel. Cijfers | https://www.onderwijsinbrussel.be/pers/cijfers-over-het-nederlandstalig-onderwijs-brussel | oct. 2025 | Chiffres des élèves 2024-25 : 53.613 élèves |
| 3 | VRT NWS. 800 kinderen geen plek secundair | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/05/15/recordaantal-inschrijvingen-secundair-voor-800-kinderen-voorlop/ | mai 2025 | Manque de capacité dans l'enseignement secondaire |
| 4 | VRT NWS. Lerarentekort Brussel | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/06/13/lerarentekort-brussel-amper-zes-op-tien-leerkrachten-hebben-ver/ | juin 2025 | 6 enseignants sur 10 avec le diplôme requis |
| 5 | VRT NWS. 3.700 leerkrachten tekort | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/08/25/lerarentekort-becijferd-en-verklaring-demir/ | août 2025 | Chiffres de la pénurie d'enseignants pour l'ensemble du système |
| 6 | BRUZZ. Kansarmoede onderwijs stijgt | https://www.bruzz.be/actua/analyse/kansarmoede-onderwijs-stijgt-grote-verschillen-tussen-scholen-en-gemeenten-2025-09-01 | sept. 2025 | Élèves allophones : 61 % (2023-24) |
| 7 | BRUZZ. Vlaanderen bespaart €20 mln op Brussel | https://www.bruzz.be/actua/politiek/vlaanderen-bespaart-minstens-20-miljoen-op-brussel-2025-09-24 | sept. 2025 | Financement de la VGC sous pression |
| 8 | BRUZZ. Lerarentekort koploper Brussel | https://www.bruzz.be/actua/onderwijs/leerkrachten-nederlandstalig-onderwijs-spenderen-meer-dan-100000-lesuren-aan-andere | 2025 | Bruxelles en tête pour la pénurie d'enseignants |
| 9 | Knack. Brussel is Vlaanderen niet | https://www.knack.be/nieuws/belgie/onderwijs/brussel-is-vlaanderen-niet-waarom-doet-ons-onderwijs-dan-alsof/ | 2024 | Critique du one-size-fits-all flamand |
| 10 | BRIO. Nederlandstalig onderwijs barst uit voegen | https://www.briobrussel.be/node/17323 | 2023 | Croissance et problèmes de capacité |
| 11 | Wikipedia. School system in South Tyrol | https://en.wikipedia.org/wiki/School_system_in_South_Tyrol | 2026 | Trois systèmes linguistiques séparés |
| 12 | Autonomy Experience. South Tyrol | https://www.autonomyexperience.org/en/south-tyrol/ | 2024 | Modèle d'autonomie du Tyrol du Sud |
| 13 | EURAC. Minority and education South Tyrol | https://www.eurac.edu/en/blogs/midas/minority-and-education-in-a-future-south-tyrol | 2024 | Structure du Schulamt, répartition proportionnelle |
| 14 | Cairn.info. South Tyrol Education System | https://www.cairn.info/revue-l-europe-en-formation-2012-1-page-399.htm | 2012 | Modèle d'enseignement monolingue par groupe linguistique |
| 15 | PMC. Finland & Sweden education municipality autonomy | https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6287247/ | 2018 | Autonomie communale en Finlande et en Suède |
| 16 | Eurydice. Sweden education governance | https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/sweden/administration-and-governance-local-andor-institutional-level | 2025 | Compétence communale suédoise en matière d'enseignement |
| 17 | VGC. Bestuursakkoord 2026-2029 | https://www.vgc.be/nieuws/vgc-bestuursakkoord-2026-2029-brussel-dat-zoveel-meer-2026-03-10 | mars 2026 | Priorités de la VGC pour l'enseignement |
| 18 | VGC. Daling leerkrachtentekort | https://www.vgc.be/persberichten/daling-leerkrachtentekort-brussel | 2025 | Évolution récente de la pénurie d'enseignants |
| 19 | Tracé Brussel. Bestuursakkoord VGC 2026-2029 | https://trace.brussels/nieuws/bestuursakkoord-vgc-2026-2029 | mars 2026 | Cadres politiques de la VGC |
| 20 | Brussels Gewest. Nederlandstalig onderwijs | https://be.brussels/nl/over-het-gewest/structuur-en-organisatie/parlement-ministres/de-gewestregering/sven-gatz/nederlandstalig-onderwijs | 2025 | Compétence régionale |