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BRF (Belgischer Rundfunk) : audit

Date : 2026-03-31 Statut : 🟢 Maintenu (avec des réformes) Catégorie : Communauté germanophone. Institutions Compétence actuelle : Communauté germanophone


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Nom officiel : Belgischer Rundfunk (BRF) Base juridique : décret sur les médias du 1er mars 2021 relatif aux services de médias et aux représentations cinématographiques (il remplace le décret antérieur du 27 juin 2005). La BRF a été créée comme institution publique autonome de la Communauté germanophone. Date de création : les émissions de radio germanophones ont débuté le 1er octobre 1945 via l'Institut national de radiodiffusion (NIR/INR). En 1977, le service germanophone a été détaché de la RTB et de la BRT et la BRF est devenue un radiodiffuseur autonome dont le siège est à Eupen. Niveau de pouvoir : Communauté germanophone (compétence complète sur les médias, matière communautaire) Budget : 6,783 millions d'euros par an (dotation de la Communauté germanophone, gelée au niveau de 2025 pour 2026) Personnel : ±70 collaborateurs Tutelle : le Verwaltungsrat (conseil d'administration), directeur Alain Kniebs. Contrôle par le Medienrat der Deutschsprachigen Gemeinschaft (régulateur des médias indépendant, créé en 2000, doté de la personnalité juridique propre depuis 2005, réformé par le décret sur les médias de 2021).

1B. Que fait-il en pratique ?

Missions principales :

Chevauchement avec d'autres institutions :

Public : les ±78.000 habitants de la Communauté germanophone (Eupen, Sankt Vith et environs), ainsi que les Belges germanophones de Bruxelles et d'ailleurs.

Indicateurs de performance : aucun KPI structuré ni audit externe périodique accessible au public n'a été trouvé. Le Medienrat contrôle le respect du décret sur les médias (protection de la jeunesse, publicité, accessibilité), mais ne publie pas de rapports de performance sur la BRF.

Développements récents. Sparplan 2026 : En novembre 2025, le Verwaltungsrat a approuvé à l'unanimité un plan d'économies comportant plus de 20 mesures (±200.000 euros d'économies) :

1C. Comparaison internationale

RTR. Radiotelevisiun Svizra Rumantscha (Suisse)

RAI Südtirol (Italie/Tyrol du Sud)

Danemark (DR)

Différence essentielle : la RTR (Suisse) montre qu'une petite communauté linguistique peut organiser son radiodiffuseur comme une unité autonome au sein d'un système national de radiodiffusion plus large, en conservant son indépendance sur le contenu mais avec un back-office partagé. La BRF est déjà entièrement autonome, mais elle passe de ce fait à côté des avantages d'échelle.

1D. Problèmes et critiques

  1. Pas d'adhésion à l'UER : la BRF n'est. Contrairement à la VRT et à la RTBF. Pas membre de l'Union européenne de radio-télévision. Cela limite l'accès aux coproductions internationales, à l'échange d'informations et à la coopération technique.

  2. Pression budgétaire : avec une dotation gelée de 6,783 millions d'euros et des frais de personnel et de matériel en hausse, la BRF est structurellement vulnérable. Le plan d'économies 2026 taille dans la programmation visible (télévision quotidienne → hebdomadaire).

  3. Problème d'échelle : ±70 collaborateurs doivent produire trois chaînes de radio, une chaîne de télévision, un site web, des podcasts et des réseaux sociaux pour 78.000 personnes. Ce sont des frais de structure par habitant extrêmement élevés.

  4. Évaluation externe limitée : aucun audit public de la Cour des comptes ni aucune évaluation de performance indépendante de la BRF n'a été trouvé. Le Medienrat garde un œil sur la régulation des médias, mais n'évalue pas l'efficience du radiodiffuseur lui-même.

  5. Transition numérique sous pression : le passage de la télévision linéaire au numérique est nécessaire, mais il se fait sous pression budgétaire, pas comme un choix stratégique. La coupure de la FM à Bruxelles est une économie, pas une modernisation.

  6. Critique du public : des commentateurs doutent que 6,783 millions d'euros d'argent public par an soient justifiés pour un radiodiffuseur qui ne dessert que 78.000 personnes (≈87 euros par habitant).


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité Les médias sont une compétence communautaire. La Communauté germanophone est le niveau de pouvoir le plus proche de la population germanophone. La BRF se situe au bon niveau.
2 Transparence ⚠️ Le Medienrat publie la législation et des rapports annuels, mais la BRF elle-même ne publie ni comptes annuels détaillés ni chiffres de performance. Le citoyen voit difficilement ce qu'il advient de 6,783 M€.
3 Responsabilité = financement La Communauté germanophone décide et paie via la dotation. Pas de fiscal gap. Qui décide, finance.
4 Simplicité Un seul radiodiffuseur, un seul régulateur (le Medienrat), un seul niveau de pouvoir. Aucun chevauchement ni structure en double.
5 Taille critique 70 collaborateurs et 6,8 M€ pour 78.000 habitants, c'est structurellement trop peu pour un radiodiffuseur complet combinant radio, télévision et numérique. À comparer à la RTR (Suisse), qui exploite les avantages d'échelle au sein de la SRG SSR.
6 Compétences concurrentes ⚠️ La BRF opère de manière totalement autonome, mais il n'existe aucun mécanisme de concurrence ni benchmarking avec les autres radiodiffuseurs belges. Aucun incitant à innover par la comparaison.
7 Orientation résultats Pas de KPI publics, pas d'audits externes sur l'efficience, pas de contrat de performance assorti d'objectifs mesurables. Le plan d'économies est réactif (pression budgétaire), pas proactif (piloté par les résultats).
8 Numérique d'abord ⚠️ La transition numérique est amorcée (DAB+, Auvio, podcasts, réseaux sociaux), mais sous pression budgétaire et non comme priorité stratégique. Le passage d'une télévision quotidienne à une télévision hebdomadaire est une mesure d'urgence, pas une stratégie digital-first.
9 Éprouvé à l'étranger ⚠️ Le modèle RTR (Suisse) montre que de petits radiodiffuseurs linguistiques peuvent travailler plus efficacement au sein d'une coupole plus large. La BRF n'est pas membre de l'UER et exploite insuffisamment les possibilités de coopération avec la VRT et la RTBF.

Synthèse : les gains les plus importants se situent dans la taille critique (coopération structurelle avec la VRT et la RTBF pour le back-office), l'orientation résultats (KPI et contrat de performance) et le numérique d'abord (transformation numérique stratégique au lieu d'économies d'urgence).


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟢 Maintenu avec des réformes structurelles

La BRF remplit un rôle essentiel comme unique radiodiffuseur public germanophone de Belgique. Sa suppression laisserait une communauté linguistique de 78.000 personnes sans information publique propre. Mais son fonctionnement actuel peut être nettement plus efficient.

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

  1. Contrat de performance obligatoire (Managementvertrag) : la BRF conclut avec le Gouvernement de la Communauté germanophone un contrat de performance quinquennal assorti de KPI mesurables : audience (% du public cible), croissance numérique, production journalistique, efficience des coûts par habitant. Rapport annuel et évaluation externe.

  2. Option de coopération avec la VRT et la RTBF : possibilité de services de back-office partagés (technique, infrastructure informatique, service juridique, achat de droits) via un accord de coopération. La BRF reste autonome à 100 % sur le contenu. La coopération est possible et encouragée, pas obligatoire. Modèle : la RTR au sein de la SRG SSR.

  3. Adhésion à l'UER : la BRF devient membre à part entière de l'Union européenne de radio-télévision (éventuellement via une adhésion associée sous le siège belge de l'UER occupé par la VRT et la RTBF). Cela ouvre la porte aux coproductions internationales, à l'échange d'informations et à la coopération technique.

  4. Stratégie de priorité au numérique : le passage de la télévision linéaire à l'offre à la demande et au numérique comme choix stratégique, pas comme mesure d'économie. Investissement dans le podcast, les réseaux sociaux et les formats interactifs pour des publics plus jeunes. Les moyens libérés par la télévision vont à la production numérique, pas à des économies génériques.

  5. Transparence : publication obligatoire des comptes annuels, des chiffres d'audience télévisée et radiophonique et d'un aperçu des performances sur brf.be. Le citoyen doit pouvoir voir ce qu'il advient de 6,8 millions d'euros d'argent public.

Niveau de pouvoir : reste la Communauté germanophone (entité fédérée dans le modèle HART).

Modèle international : la RTR (Suisse) : une rédaction autonome sur le contenu au sein d'un système de radiodiffusion plus large pour les services partagés.

Gain d'efficience estimé : de 500.000 à 800.000 euros par an sont possibles avec un back-office partagé avec la VRT et la RTBF (informatique, droits, infrastructure technique). Aucune économie sur la mission journalistique de base.

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

BRF (Belgischer Rundfunk) : maintenir avec des réformes Le seul radiodiffuseur public germanophone de Belgique subsiste, mais il reçoit un contrat de performance et une gouvernance indépendante, partage ses frais de back-office avec la VRT et la RTBF et bascule vers une stratégie de priorité au numérique.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

La BRF est le radiodiffuseur public de la Communauté germanophone, établi à Eupen avec des studios à Sankt Vith et à Bruxelles. Avec environ 70 collaborateurs et un budget annuel de 6,783 millions d'euros, la BRF produit trois chaînes de radio (BRF1, BRF2, BRF-DLF en collaboration avec Deutschlandfunk), une chaîne de télévision et du contenu numérique. La BRF dessert les ±78.000 habitants d'Ostbelgien et est ainsi l'un des plus petits radiodiffuseurs publics d'Europe.

Ce qui ne va pas

La BRF est confrontée à un problème d'échelle structurel. Septante personnes doivent faire tourner radio, télévision, site web, podcasts et réseaux sociaux pour une communauté de 78.000 habitants. Cela revient à près de 87 euros d'argent public par habitant, l'un des coûts par tête les plus élevés d'Europe pour un radiodiffuseur public. En novembre 2025, le conseil d'administration a approuvé un plan d'économies : le magazine télévisé quotidien « Blickpunkt » a été ramené à une fois par semaine, la fréquence FM à Bruxelles a été coupée et des formats populaires ont été supprimés. Ces économies sont réactives. Dictées par la pression budgétaire, pas par une vision stratégique.

De plus, la BRF n'est pas membre de l'Union européenne de radio-télévision, contrairement à la VRT et à la RTBF. Cela coupe le radiodiffuseur des coproductions internationales, de l'échange d'informations et de la coopération technique. Et il n'existe pas de chiffres de performance publics : le citoyen ne peut pas voir ce qu'il advient de près de 7 millions d'euros par an.

Comment cela fonctionne ailleurs

En Suisse, la RTR (Radiotelevisiun Svizra Rumantscha) dessert les ±60.000 Suisses romanchophones. Une échelle comparable. La RTR est totalement autonome sur le contenu, mais fait organisationnellement partie du système national de radiodiffusion SRG SSR. Cela signifie que la RTR utilise l'infrastructure technique, les systèmes informatiques, les services juridiques et l'achat de droits partagés du système plus large, tandis que la rédaction décide seule du contenu. Le résultat : un radiodiffuseur professionnel qui touche plus de monde avec moins de moyens, parce que les avantages d'échelle du système plus large soutiennent le petit radiodiffuseur linguistique.

Ce que HART propose

La BRF subsiste comme radiodiffuseur public germanophone autonome. Les 78.000 habitants d'Ostbelgien méritent leur propre information dans leur propre langue. Mais nous réformons son fonctionnement sur quatre points :

  1. Contrat de performance : un contrat quinquennal avec le gouvernement de l'entité fédérée germanophone, assorti d'objectifs mesurables : audience, croissance numérique, volume de production et coût par habitant. Rapport annuel et évaluation indépendante tous les cinq ans.

  2. Gouvernance indépendante : le conseil d'administration est nommé sur la base des compétences via une procédure transparente. Pas de nominations politiques. C'est le même principe de gouvernance que celui qui vaut aussi pour la VRT et la RTBF : des administrateurs dotés d'une expertise en médias, en technologie et en culture, pas d'une carte de parti.

  3. Option de back-office partagé : la BRF peut conclure un accord de coopération avec la VRT et la RTBF pour l'infrastructure informatique, les services techniques, l'achat de droits et le soutien juridique. La rédaction reste indépendante à 100 %. La coopération est possible et encouragée, pas obligatoire. Sur le modèle de la RTR au sein de la SRG SSR en Suisse.

  4. Numérique d'abord : le passage de la télévision linéaire aux plateformes numériques devient un choix stratégique, pas une mesure d'économie. Investissement dans les podcasts, la vidéo à la demande, les formats interactifs et les réseaux sociaux. En visant surtout les jeunes générations de Belges germanophones.

En outre, la BRF devient membre à part entière de l'Union européenne de radio-télévision, ce qui ouvre la porte à la coopération internationale et au partage de connaissances.

Ce que cela rapporte

Si la BRF opte pour des services de back-office partagés avec la VRT et la RTBF, cela peut représenter une économie estimée de 500.000 à 800.000 euros par an sur la technique, l'informatique et l'achat de droits. Des moyens qui retournent à la production journalistique et à l'innovation numérique. Le contrat de performance garantit que le citoyen peut voir ce qu'il advient de son argent. Et la transition numérique rend la BRF prête pour l'avenir, pour une génération qui ne regarde plus la télévision de manière linéaire mais consomme l'information via le smartphone et les réseaux sociaux.


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
Wikipedia. Belgischer Rundfunk https://en.wikipedia.org/wiki/Belgischer_Rundfunk Histoire, création 1945/1977, chaînes, absence d'adhésion à l'UER
BRF Unternehmen. Über uns https://u.brf.be/profil/ Mission, ±70 collaborateurs, partenaires de coopération, chaînes
Ostbelgien Direkt. BRF kündigt Sparplan an https://ostbelgiendirekt.be/brf-kuendigt-sparplan-an-429069 Budget de 6,783 M€, plan d'économies 2026, ±200.000 € d'économies, mesures spécifiques
Radioszene. BRF Sparplan 2026 https://www.radioszene.de/207648/brf-sparplan-2026.html Dotation gelée, coupure de la FM à Bruxelles, Blickpunkt du quotidien à l'hebdomadaire
BRF Nachrichten. BRF kündigt Sparplan 2026 an https://brf.be/regional/2022196/ Couverture du plan d'économies par la BRF elle-même
Medienrat DG. Der Medienrat https://www.medienrat.be/medienrat/ Régulateur des médias indépendant, créé en 2000, personnalité juridique en 2005, réformé en 2021
Medienrat DG. Gesetzgebung https://www.medienrat.be/gesetzgebung/ Décret sur les médias de 2021, base juridique
Wikipedia. Radiotelevisiun Svizra Rumantscha https://en.wikipedia.org/wiki/Radiotelevisiun_Svizra_Rumantscha La RTR comme modèle de comparaison : ±60.000 romanchophones, partie de la SRG SSR, 90 min de télévision par semaine
Wikipedia. Rai Südtirol https://en.wikipedia.org/wiki/Rai_S%C3%BCdtirol Service germanophone de la RAI, créé en 1966, sans publicité, protestation de mars 2026
Italien.news. RAI Südtirol protest https://italien.news/en/local/news-south-tyrol/rai-suedtirol-in-a-state-of-protest-call-for-autonomous-transmitter/ Protestation de la rédaction en mars 2026, appel à un radiodiffuseur autonome
Cour des comptes. Budget initial de la Communauté germanophone 2025 https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_50_BudgetDG2025.pdf Budget total de la Communauté germanophone 2025 : dotation globale de 321,3 M€
EBU. Our Members https://www.ebu.ch/about/members Confirmation : la BRF n'est pas membre de l'UER ; la VRT et la RTBF le sont
ZOG. BRF turns 75 https://www.geschichte.be/en/travel-through-time/100-years-projects/brf-turns-75/ Contexte historique des 75 ans d'existence
Wikipedia. SRG SSR https://nl.wikipedia.org/wiki/SRG_SSR Modèle de radiodiffusion suisse, 70 % de redevance et 30 % de publicité, quatre divisions linguistiques