Enseignement germanophone : audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : Communauté germanophone. Institutions Statut proposé : 🟢 Maintenu (avec renforcement)
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
L'enseignement germanophone est l'ensemble du système d'enseignement de la Communauté germanophone de Belgique, de l'enseignement maternel à l'enseignement supérieur. La Communauté germanophone est devenue compétente pour l'enseignement lors de la troisième réforme de l'État (1988-1989), sur la base de l'article 130, § 1er, de la Constitution.
Chiffres clés :
- Élèves : 13.130 (année scolaire 2024-2025), une hausse de 228 par rapport à l'année précédente
- Répartition : 71 % dans le primaire et le secondaire ordinaires, 19,7 % dans le maternel, 2,1 % en haute école
- Budget de l'enseignement : ±190 millions d'euros (2025) pour l'enseignement, l'emploi et la formation réunis
- Frais de personnel : 73,9 % du budget de l'enseignement va aux salaires des enseignants et aux cotisations sociales
- Population de la Communauté germanophone : ±78.000 habitants sur 854 km²
- Communes : 9 (cantons d'Eupen et de Sankt Vith)
Trois réseaux scolaires :
GUW (Gemeinschaftsunterrichtswesen) l'enseignement communautaire, dont le Gouvernement de la Communauté germanophone est le pouvoir organisateur, par l'intermédiaire du ministre de l'Enseignement. Il comprend 3 écoles fondamentales, 4 écoles secondaires et 1 école d'enseignement spécialisé.
OSU (Offizielles Subventioniertes Unterrichtswesen) l'enseignement officiel subventionné, dont les 9 communes sont le pouvoir organisateur. Il comprend 22 écoles (en partie avec plusieurs implantations).
FSU (Freies Subventioniertes Unterrichtswesen) l'enseignement libre subventionné (catholique), dont une association de droit privé (Bischöfliche Schulen) est le pouvoir organisateur. Il comprend 2 écoles fondamentales ordinaires, 5 écoles secondaires et 1 école d'enseignement spécialisé.
Enseignement supérieur : L'Autonome Hochschule Ostbelgien (AHS, haute école autonome d'Ostbelgien) à Eupen est la seule haute école de la Communauté germanophone, créée en 2005. Elle propose quatre bacheliers : instituteur maternel, instituteur primaire, soins infirmiers et travail social. À cela s'ajoute un bachelier en alternance en Finances et Sciences administratives (en collaboration avec le ZAWM). L'AHS assure également la formation continue du personnel de l'enseignement.
Il n'y a pas d'université dans la Communauté germanophone. Les étudiants vont à Liège, à Aix-la-Chapelle, à Louvain ou ailleurs.
Base juridique :
- Constitution, art. 130, § 1er, alinéa 1er, 5°
- Décret du 31 août 1998 relatif à la mission confiée aux pouvoirs organisateurs et au personnel des écoles
- Décret du 20 juin 2016 relatif à des mesures en matière d'enseignement
- Décrets annuels relatifs à des mesures en matière d'enseignement
1B. Que fait-il en pratique ?
La Communauté germanophone dispose d'une autonomie complète sur son système d'enseignement : programmes d'études, inspection, statut du personnel, organisation scolaire, infrastructure et financement. C'est une compétence communautaire que la Communauté germanophone exerce directement. Pas via la Région wallonne.
Missions principales :
- Organisation et financement de l'enseignement maternel, primaire, secondaire et spécialisé
- Enseignement supérieur via l'AHS
- Enseignement pour adultes et formation professionnelle
- Inspection et contrôle de la qualité
- Programmes d'études et socles de compétences (Rahmenpläne)
- Transport scolaire
- Bourses d'études
Particularités :
- Le GUW est dirigé directement par le ministre de l'Enseignement. Il n'existe pas de fédération autonome de pouvoirs organisateurs comme le GO! en Flandre
- L'AHS combine les formations d'enseignants et le centre de formation continue. Un modèle unique
- Le multilinguisme est un atout : outre l'allemand, les élèves apprennent aussi le français et l'anglais
- Le ZAWM (Zentrum für Aus- und Weiterbildung des Mittelstandes) assure la formation des classes moyennes
Indicateurs de performance (PISA 2022) :
- Les résultats en lecture et en mathématiques ont significativement baissé par rapport à 2018
- Sciences : légère amélioration
- 14,3 % d'élèves peu performants mieux que la Communauté française (±23 à 24 %) mais moins bien que la Flandre (±17 %)
- 28,4 % de redoublants très élevé face à la moyenne de l'OCDE de 11,4 %
- 66 % des élèves fréquentent une école dont le directeur signale que la pénurie d'enseignants entrave l'enseignement (moyenne de l'OCDE : 27,1 %)
L'OCDE qualifie les performances de l'enseignement de la Communauté germanophone de « middelmäßig » (moyennes), surtout au regard des moyens engagés.
1C. Comparaison internationale
Tyrol du Sud (Italie) : Autonome Provinz Bozen :
- ±526.000 habitants, trois groupes linguistiques (allemand 69 %, italien 26 %, ladin 4,5 %)
- Trois systèmes scolaires entièrement séparés par groupe linguistique, chacun avec sa propre direction
- Autonomie scolaire poussée : didactique, organisation, recherche, développement de l'école, administration et finances
- Des performances supérieures à la moyenne italienne aux tests nationaux (INVALSI)
- Modèle pertinent : il montre qu'une minorité germanophone au sein d'un pays plus grand peut organiser un excellent enseignement pour peu qu'elle dispose d'une autonomie suffisante
Luxembourg :
- ±660.000 habitants, multilingue (luxembourgeois, allemand, français)
- Dépense 27.678 USD par élève (du primaire au secondaire supérieur) : le sommet de l'OCDE
- Petites classes : 16 élèves dans l'enseignement fondamental
- Rapport élèves/enseignant dans le secondaire : 8,9 (la catégorie la plus basse de l'OCDE)
- Enseignement trilingue comme standard
- Mais : 44 % d'élèves peu performants, proche de la moyenne de l'UE. Des dépenses élevées ne garantissent pas automatiquement des performances élevées
Pays-Bas. Les petites écoles rurales :
- Les Pays-Bas ont une longue expérience du regroupement et de la mise en grappes des petites écoles
- Des « samenwerkingsscholen » (écoles de coopération) où l'enseignement public et l'enseignement libre fusionnent
- Des « brede scholen » (écoles élargies) qui combinent enseignement, accueil de l'enfance et activités extrascolaires
- Des avantages d'échelle grâce à des pouvoirs organisateurs supra-scolaires
Allemagne. Les Länder :
- L'enseignement est une compétence des Länder (Länderhoheit)
- De petits Länder comme Brême (±680.000 hab.) et la Sarre (±980.000 hab.) gèrent des systèmes d'enseignement entièrement propres
- La KMK (Kultusministerkonferenz) assure la coordination et la reconnaissance mutuelle
- Des Bildungsstandards nationaux comme exigences minimales
1D. Problèmes et critiques
1. La pénurie d'enseignants. Le plus gros problème : Une prévision établie en 2023 montre que la pénurie d'enseignants dans la Communauté germanophone continuera d'augmenter jusqu'en 2040. Dans PISA 2022, 66 % des directeurs d'école signalaient que la pénurie d'enseignants entrave l'enseignement (OCDE : 27,1 %). La Communauté germanophone doit rivaliser avec l'Allemagne (salaires plus élevés, impôts moindres) et avec le reste de la Belgique pour recruter.
2. Les économies 2025-2026 : Le Gouvernement de la Communauté germanophone économise 15 millions d'euros par an sur les dépenses courantes, dont 4,5 millions d'euros sur les frais de personnel. Concrètement, la composante variable de la prime de fin d'année (2,5 % du salaire annuel brut indexé) est suspendue « jusqu'à nouvel ordre » à partir de 2025. Critique : cela mine l'attractivité du métier précisément au moment où la pénurie s'aggrave.
3. Des performances PISA moyennes malgré des dépenses élevées : L'OCDE qualifie les performances de moyennes « gerade auch im Verhältnis zu den eingesetzten Ressourcen » (justement aussi au regard des moyens engagés). Cela pointe un problème d'efficience.
4. Un pourcentage élevé de redoublants (28,4 %) : Plus du double de la moyenne de l'OCDE. Le redoublement coûte cher (une année supplémentaire par élève coûte des dizaines de milliers d'euros au système) et son efficacité est scientifiquement contestée.
5. Un problème d'échelle : Avec 13.130 élèves et trois réseaux scolaires séparés, la taille est très réduite. Chaque réseau doit organiser séparément son inspection, le développement de ses programmes d'études et sa formation continue. La question est de savoir si ce modèle est suffisamment efficient.
6. Pas d'université : Les étudiants doivent quitter la Communauté germanophone pour l'enseignement universitaire. Beaucoup ne reviennent pas. Un problème de fuite des cerveaux.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ | L'enseignement est une compétence communautaire que la Communauté germanophone exerce entièrement elle-même. Les décisions sont prises par le niveau de pouvoir le plus proche. C'est un exemple d'école de subsidiarité qui fonctionne. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | La structure à trois réseaux dans un système aussi petit est relativement complexe pour les parents. Le GUW est dirigé directement par le ministre. Il n'y a pas de tampon ni de fédération de pouvoirs organisateurs. L'information budgétaire est disponible mais pas toujours facilement accessible. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | La Communauté germanophone décide de l'enseignement mais le finance en grande partie via des dotations fédérales et des contributions wallonnes. Sa capacité fiscale propre est limitée. Il y a un fiscal gap : qui décide (la Communauté germanophone) n'est pas qui perçoit (le fédéral et la Wallonie). |
| 4 | Simplicité | ⚠️ | Trois réseaux scolaires pour 13.130 élèves, c'est relativement complexe. Le GUW (8 écoles), l'OSU (22 écoles) et le FSU (8 écoles) ont chacun leurs propres structures. Dans un système de cette taille, une simplification dégagerait un gain d'efficience. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | La Communauté germanophone est le plus petit système d'enseignement de Belgique. Avec ±78.000 habitants et 13.130 élèves, la taille est comparable à celle d'une ville flamande moyenne. Cela rend la spécialisation difficile (par exemple l'inspection, le développement des programmes d'études, le recrutement des enseignants), mais donne aussi de l'agilité. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ | La Communauté germanophone dispose d'une marge politique complète et expérimente activement (par exemple la Bildungsvision 2040, la suppression des devoirs dans l'enseignement fondamental, le Bürgerrat). Sa petite taille en fait un laboratoire idéal pour l'innovation dans l'enseignement. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | La participation à PISA est positive, mais les résultats sont moyens et en baisse. Le pourcentage de redoublants (28,4 %) est alarmant. La Bildungsvision 2040 mise sur le suivi des compétences, mais des KPI concrets et des mécanismes de sanction font encore défaut. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Peu d'informations sur la numérisation de l'enseignement dans la Communauté germanophone. La Bildungsvision 2040 cite les compétences numériques comme priorité, mais la mise en œuvre concrète accuse un retard sur la Flandre et les Pays-Bas. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ | La Communauté germanophone s'oriente activement à l'international : revues de l'OCDE (2022, 2024), participation à PISA, Bildungsvision 2040 fondée sur des bonnes pratiques internationales. Le modèle du Tyrol du Sud et celui du Luxembourg servent de références. |
Synthèse : 3× ✅, 6× ⚠️, 0× ❌
Les principaux gains se situent dans :
- Taille critique et simplicité rationaliser les trois réseaux, renforcer la coopération supra-scolaire
- Orientation résultats réduire drastiquement le redoublement, instaurer des KPI concrets
- Responsabilité = financement davantage de responsabilité fiscale propre dans la future structure d'entités fédérées
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟢 Maintenu avec renforcement
L'enseignement germanophone est une réussite de la subsidiarité. Une petite communauté gère son propre enseignement, adapté à la langue et à la culture locales. C'est exactement ce que HART défend. Mais le système peut être plus efficient.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Dans le modèle HART, la Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière (ou une région autonome dotée de compétences étendues). L'enseignement reste intégralement une compétence de l'entité fédérée. Cela ne change rien à la pratique quotidienne mais renforce sa position constitutionnelle.
Rationalisation des trois réseaux scolaires. Avec 13.130 élèves répartis sur trois réseaux, les frais de structure sont trop élevés. HART propose :
- Une seule structure de coordination supra-scolaire qui regroupe l'inspection, le développement des programmes d'études et la formation continue pour tous les réseaux (comme l'AHS le fait déjà en partie pour la formation continue)
- Les réseaux conservent leur identité mais partagent les fonctions de back-office
- Modèle : le Danemark, où de petites communes organisent l'enseignement ensemble via des structures « fælles » (partagées)
Réduire le redoublement de moitié, à moins de 15 % en 2035 via un système de soutien à trois niveaux (général, renforcé, spécialisé) : le passage automatique remplace le redoublement. Les preuves scientifiques sont sans équivoque : Hattie d = -0,32. Le budget qui va aujourd'hui aux années supplémentaires est réinvesti dans le soutien préventif.
Renforcer le recrutement des enseignants :
- La parité salariale avec des fonctions comparables en Allemagne (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) comme objectif chiffré
- Une reconnaissance accélérée des diplômes allemands et luxembourgeois
- Des parcours de reconversion professionnelle via l'AHS
- Un soutien au logement pour les enseignants qui déménagent vers la Communauté germanophone
Responsabilité fiscale : dans le modèle HART, chaque entité fédérée reçoit davantage de capacité fiscale propre. L'entité fédérée germanophone (Ostbelgien) finance en partie l'enseignement sur ses moyens propres, ce qui renforce le lien entre l'investissement et le résultat.
Réformes de contenu (la philosophie éducative de HART adaptée à l'échelle de la Communauté germanophone) :
- Curriculum individuel : trois niveaux par matière principale (base, standard, avancé), tronc commun jusqu'à 15 ans, pas de filières séparées. Différenciation au sein des matières, pas entre élèves.
- Informatique et littératie numérique comme matière obligatoire
- Tests centraux de qualité sur une architecture de gains d'apprentissage : mesures à 12, 15 et 18 ans, pré-test et post-test. Publication au niveau de l'école (gains d'apprentissage corrigés selon le statut socio-économique), en interne aux niveaux de la classe et de l'enseignant pour la réflexion pédagogique.
- Reconnaissance des diplômes via un concordat interrégional (modèle suisse HarmoS)
Modèle international : le Tyrol du Sud (région germanophone autonome dotée de son propre enseignement, avec des performances supérieures à la moyenne nationale et une autonomie scolaire poussée).
Gain d'efficience estimé : la rationalisation des trois réseaux et la réduction de moitié du redoublement peuvent rapporter de 5 à 10 millions d'euros par an dans un budget de ±190 millions d'euros. De l'argent qui peut aller au recrutement des enseignants et à l'amélioration de la qualité.
Horizon temporel : rationalisation des réseaux : 5 ans. Réduction de moitié du redoublement : 10 ans. Parité salariale : progressivement sur 2 législatures.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Enseignement germanophone. Maintenir La Communauté germanophone conserve intégralement son enseignement. C'est la subsidiarité à son meilleur. Mais trois réseaux scolaires pour 13.000 élèves, ce sont trop de frais de structure. Nous rationalisons le back-office et investissons l'argent économisé dans les enseignants et la qualité.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Communauté germanophone gère son propre enseignement de manière totalement autonome depuis 1989. Environ 13.130 élèves sont répartis sur trois réseaux scolaires : l'enseignement communautaire (GUW, 8 écoles), l'enseignement communal (OSU, 22 écoles) et l'enseignement libre catholique (FSU, 8 écoles). L'Autonome Hochschule d'Eupen forme les enseignants. Le budget total de l'enseignement s'élève à environ 190 millions d'euros, dont près des trois quarts vont aux salaires. Ces moyens proviennent en grande partie de la dotation fédérale et de la Région wallonne. La Communauté germanophone ne perçoit elle-même quasiment aucun impôt.
Ce qui ne va pas
Le système a trois problèmes structurels. Premièrement : les performances sont moyennes. L'OCDE qualifie les résultats de « moyens au regard des moyens engagés ». Dans PISA 2022, les scores en lecture et en mathématiques ont significativement baissé. Près de 3 élèves sur 10 (28,4 %) redoublent au moins une fois. Plus du double de la moyenne de l'OCDE, qui est de 11,4 %. Cela coûte des millions par an au système en années supplémentaires qui, scientifiquement, ne rapportent presque rien.
Deuxièmement : la pénurie d'enseignants est aiguë. Deux tiers des directeurs d'école signalent que la pénurie entrave l'enseignement (moyenne de l'OCDE : 27 %). Une prévision de 2023 montre que le besoin continuera d'augmenter jusqu'en 2040. Pendant ce temps, le Gouvernement de la Communauté germanophone économise 4,5 millions d'euros par an sur les frais de personnel et suspend la partie variable de la prime de fin d'année. Exactement le mauvais signal.
Troisièmement : trois réseaux scolaires séparés pour 13.130 élèves, ce sont des frais de structure qu'un petit système ne peut pas se permettre. Chaque réseau organise séparément son inspection, ses programmes d'études et sa formation continue. Dans une ville comme Hasselt (nombre d'élèves comparable), personne n'accepterait trois administrations scolaires parallèles.
Comment cela fonctionne ailleurs
Le Tyrol du Sud en Italie est le meilleur modèle de comparaison : une région germanophone autonome (±526.000 habitants) dotée de son propre système d'enseignement. Il compte trois groupes linguistiques, chacun avec son propre système scolaire, mais avec une structure de coordination partagée au niveau provincial. Les écoles disposent d'une large autonomie sur la didactique, l'organisation et les finances. Le résultat : des performances supérieures à la moyenne italienne.
Le Danemark montre comment de petites communes organisent l'enseignement de manière efficiente via des structures supra-scolaires partagées. Les Pays-Bas démontrent, avec leurs écoles de coopération, que l'enseignement public et l'enseignement libre peuvent fusionner sans perdre leur identité.
Ce que HART propose
HART conserve intégralement l'enseignement germanophone comme compétence de l'entité fédérée. C'est la subsidiarité à son meilleur. Mais nous rationalisons l'organisation :
Les trois réseaux conservent leur identité pédagogique, mais partagent des fonctions de back-office : l'inspection, le développement des programmes d'études, la formation continue, l'informatique et l'administration du personnel sont regroupés dans une seule structure de coordination. L'Autonome Hochschule, qui le fait déjà en partie pour la formation continue, en devient le point d'ancrage naturel.
Le redoublement doit être réduit de moitié, à moins de 15 % d'ici 2035, via un système de soutien à trois niveaux (général, renforcé, spécialisé) : le passage automatique remplace le redoublement. Les preuves scientifiques sont sans équivoque : le redoublement est l'une des interventions les plus nuisibles dans l'enseignement (Hattie : d = -0,32).
Nous nous attaquons à la pénurie d'enseignants avec la parité salariale avec la Rhénanie-du-Nord-Westphalie comme objectif chiffré, une reconnaissance accélérée des diplômes allemands et luxembourgeois, et des parcours attractifs de reconversion professionnelle via l'AHS.
Les réformes de contenu suivent la philosophie éducative de HART adaptée à l'échelle de la Communauté germanophone : un curriculum individuel avec trois niveaux par matière principale (base, standard, avancé) et un tronc commun jusqu'à 15 ans. La différenciation se fait au sein des matières, pas entre les élèves. L'informatique et la littératie numérique deviennent une matière obligatoire. Des tests centraux de qualité à 12, 15 et 18 ans mesurent les gains d'apprentissage via une architecture de pré-test et de post-test. Les résultats sont rendus publics au niveau de l'école (corrigés pour le contexte socio-économique), mais restent internes aux niveaux de la classe et de l'enseignant, pour la réflexion pédagogique et non pour établir un classement. La reconnaissance des diplômes passe par un concordat interrégional sur le modèle suisse HarmoS. Essentiel pour une région frontalière où les élèves poursuivent leur parcours vers l'Allemagne, le Luxembourg ou la Belgique francophone.
Dans le modèle d'État de HART, l'entité fédérée germanophone (ou région autonome) reçoit davantage de responsabilité fiscale propre. Qui décide de l'enseignement en porte aussi les conséquences financières. Cela rend la politique plus tranchée.
Ce que cela rapporte
La rationalisation des trois réseaux et la réduction de moitié du redoublement peuvent libérer de 5 à 10 millions d'euros par an dans un budget de ±190 millions d'euros. Cet argent va à ce qui compte vraiment : recruter et garder de bons enseignants, des classes plus petites et un meilleur accompagnement pour les élèves qui risquent de décrocher.
La Communauté germanophone devient une région modèle : assez petite pour être agile, assez autonome pour expérimenter, et dotée des bons incitants pour livrer des résultats. Exactement ce que le Bürgerrat. Leur innovation démocratique qui fait école dans le monde entier. Prouve déjà en matière de participation citoyenne.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Ostbelgien Bildung. Schülerzahlen 2024-2025 | https://ostbelgienbildung.be/desktopdefault.aspx/tabid-2195/4516_read-32080/ | 2024 | Nombre d'élèves, répartition par niveau |
| Ostbelgien Bildung. Die Schulnetze | https://ostbelgienbildung.be/desktopdefault.aspx/tabid-2188/4267_read-31598/ | - | Structure des trois réseaux, nombre d'écoles par réseau |
| OCDE. Quality and Equity of Schooling in the German-speaking Community of Belgium | https://www.oecd.org/en/publications/quality-and-equity-of-schooling-in-the-german-speaking-community-of-belgium_9a6b6f3a-en.html | 2022 | Résultats PISA, analyse d'échelle, recommandations, financement |
| OCDE. Promoting students' competencies (DG Belgium) | https://www.oecd.org/en/publications/promoting-students-competencies-and-effective-pedagogies-for-the-21st-century-in-the-german-speaking-community-of-belgium_fe5f6cfb-en.html | 2024 | Bildungsvision 2040, politique des devoirs, pénurie d'enseignants |
| Cour des comptes. Ursprünglicher Haushalt 2025 DG | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_50_BudgetDG2025.pdf | 2024 | Budget 2025, dotation wallonne de 93,1 M€ |
| ProDG. Vorstellung Haushalt 2024 DG | https://prodg.be/wp-content/uploads/vorstellung-haushalt-2024-op.pdf | 2024 | Recettes et dépenses totales de la Communauté germanophone en 2024 |
| Eurydice. Bildungsfinanzierung DG | https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/belgium-german-speaking-community/funding-education | - | Structure de financement, frais de personnel 73,9 %, régime de subventionnement |
| Ostbelgien Direkt. Einsparungen im Unterrichtswesen | https://ostbelgiendirekt.be/kuerzungen-im-unterrichtswesen-401305 | 2025 | Économies de 15 M€/an, suspension de la prime de fin d'année |
| BRF. Lehrermangel: Ein anhaltendes Problem | https://brf.be/regional/1521398/ | 2023 | Prévision de la pénurie d'enseignants jusqu'en 2040 |
| BRF. DG-Regierung erklärt Sparpläne | https://brf.be/regional/1915692/ | 2025 | 4,5 M€ d'économies sur les frais de personnel |
| Ostbelgien Bildung. Bildungsvision 2040 | https://ostbelgienbildung.be/desktopdefault.aspx/tabid-7717/ | 2023 | Vision stratégique jusqu'en 2040, agenda de réforme |
| Ostbelgien Statistik. PISA 2022 | https://ostbelgienstatistik.be/desktopdefault.aspx/tabid-5365/9307_read-50556/ | 2023 | Scores PISA en lecture, mathématiques et sciences |
| Wikipedia. Autonome Hochschule Ostbelgien | https://de.wikipedia.org/wiki/Autonome_Hochschule_Ostbelgien | - | Structure de l'AHS, formations, création en 2005 |
| Wikipedia. Bildungssystem in Südtirol | https://de.wikipedia.org/wiki/Bildungssystem_in_S%C3%BCdtirol | - | Comparaison internationale : système trilingue, autonomie scolaire |
| Autonome Provinz Bozen. Schulautonomie | https://www.provinz.bz.it/bildung-sprache/deutschsprachige-schule/bildungsverwaltung/autonomie-schulen.asp | - | Modèle sud-tyrolien d'autonomie scolaire |
| OCDE. Education at a Glance 2025: Luxembourg | https://www.oecd.org/en/publications/education-at-a-glance-2025_1a3543e2-en/luxembourg_8f94ae45-en.html | 2025 | Luxembourg : dépenses par élève, taille des classes, multilinguisme |
| PDG Brochure. Die DG und ihr Parlament | https://pdg.be/PortalData/34/Resources/dokumente/broschueren/Broschuere_DG_NL_Neu_2017.pdf | 2017 | Compétences de la Communauté germanophone, base constitutionnelle |