L'avenir d'Ostbelgien (référendum) : entité fédérée ou région autonome ?. Audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : Communauté germanophone. Structure Statut proposé : 🟠 Réformé : quatrième entité fédérée à part entière, avec les compétences communautaires et régionales
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
La question centrale : quel sera le statut futur de la Communauté germanophone. Aussi appelée Ostbelgien. Au sein de la structure de l'État belge ? Deviendra-t-elle une quatrième entité fédérée à part entière dotée de ses propres compétences régionales, ou une région autonome au sein de la Wallonie avec un statut particulier ?
Situation actuelle : la Communauté germanophone est l'une des trois Communautés de Belgique, créée lors de la révision de la Constitution de 1970 sous le nom de « Rat der Deutschen Kulturgemeinschaft ». Elle dispose d'un parlement élu directement (25 membres, depuis 1974), d'un gouvernement propre (4 ministres), d'une administration propre (±160 membres du personnel) et d'un budget propre (±430 millions d'euros en 2025).
Le problème unique : la Communauté germanophone est une Communauté à part entière, mais pas une Région. Les compétences régionales sur son territoire sont en principe exercées par la Région wallonne. Via l'article 139 de la Constitution, la Région wallonne peut transférer l'exercice de compétences régionales à la Communauté germanophone. Et c'est ce qui s'est produit, par étapes :
- 1994 : protection des monuments et des sites
- 2000 : politique de l'emploi (création de l'ADG. Arbeitsamt)
- 2005 : aménagement du territoire, logement, agriculture, tutelle sur les routes, tutelle et financement des communes
- 2014 (sixième réforme de l'État) : allocations familiales, politique des aînés, parties des soins de santé, droit sanctionnel de la jeunesse
Mais il reste des compétences régionales cruciales que la Communauté germanophone n'a pas : la politique économique, l'énergie, l'environnement, la gestion de l'eau, la mobilité (routes et transports en commun), l'aménagement du territoire (en partie) et le commerce extérieur. Pour tous ces domaines, c'est la Région wallonne qui est compétente sur le territoire d'Ostbelgien.
Population et territoire :
- ±79.500 habitants (janvier 2024) : ±0,7 % de la population belge
- 854 km². 9 communes dans la province de Liège
- Deux cantons : Eupen (nord) et Sankt Vith (sud)
- Région frontalière : l'Allemagne (est), le Luxembourg (sud), la Belgique francophone (ouest)
Dette : la Communauté germanophone porte une dette de ±1,3 milliard d'euros, ce qui est élevé pour une Communauté de 79.500 habitants, mais la Cour des comptes juge la capacité de remboursement soutenable. En 2025-2026, la Communauté germanophone est la seule entité fédérée belge à présenter un budget en équilibre.
Paysage politique :
- ProDG (8 sièges sur 25) : parti régional, plaide explicitement pour Ostbelgien comme quatrième entité fédérée à part entière
- CSP (5 sièges) : chrétien-social, plus modéré sur l'autonomie
- PFF (3 sièges) : libéral, section du MR
- Vivant (4 sièges) : populiste, parti d'opposition en croissance
- SP (3 sièges) : social-démocrate
- Ecolo (2 sièges) : écologiste
L'actuelle coalition ProDG-CSP-PFF (16 sièges sur 25) soutient le principe d'une autonomie accrue.
1B. Le débat : entité fédérée ou région autonome
Option 1. Quatrième entité fédérée à part entière : La Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière qui exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, aux côtés de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles. C'est le modèle des « 4 entités fédérées » que défend notamment le constitutionnaliste Johan Vande Lanotte (« L'Union belge se compose de quatre entités fédérées »). ProDG en est le principal défenseur politique.
Avantages :
- Cohérence complète : qui décide de l'enseignement et de l'emploi décide aussi de l'économie et de la mobilité
- Fin de la situation asymétrique (une Communauté sans Région)
- Traitement égal avec les autres entités fédérées
- Positionnement international plus fort (Eurorégion Meuse-Rhin)
Inconvénients :
- Problème d'échelle : 79.500 habitants, c'est extrêmement peu pour une entité fédérée à part entière
- Financement : la Communauté germanophone dépend aujourd'hui de dotations fédérales et de transferts wallons
- Charge administrative : des compétences régionales complètes exigent une administration plus étoffée
- Révision de la Constitution nécessaire : la procédure juridique la plus lourde de Belgique
Option 2. Région autonome au sein de la Wallonie : La Communauté germanophone reste formellement une partie de la Région wallonne mais obtient un statut particulier renforcé, comparable à celui du Tyrol du Sud en Italie ou des îles Åland en Finlande. Toutes les compétences régionales pertinentes sont transférées via l'article 139, mais sans révision de la Constitution.
Avantages :
- Pragmatique : s'appuie sur le mécanisme existant de l'article 139
- Aucune révision de la Constitution nécessaire pour le cœur de la réforme
- Avantages d'échelle préservés (par exemple pour les grands travaux d'infrastructure)
- Moins de résistance politique du côté wallon
Inconvénients :
- Dépendance persistante à la bonne volonté de la Région wallonne
- Pas de voix équivalente à la table fédérale
- L'asymétrie subsiste
- Toute Région wallonne peut en principe reprendre des compétences transférées
Option 3. Fusion avec le Luxembourg ou rattachement à l'Allemagne : Ce sont des scénarios académiques qui n'ont aucun soutien politique à Ostbelgien même. L'identité est belge et germanophone ; la sécession n'est pas un sujet.
1C. Comparaison internationale
Tyrol du Sud (Italie) :
- ±530.000 habitants, 7.400 km²
- Autonomie très étendue via le deuxième statut d'autonomie (1972)
- Compétence législative propre dans presque tous les domaines
- Conserve 90 % des recettes fiscales perçues sur son propre territoire
- Représentation proportionnelle des groupes linguistiques dans toutes les fonctions publiques
- PIB régional par habitant supérieur à la moyenne italienne
- Pertinence : preuve qu'un petit territoire germanophone au sein d'un pays plus grand peut fonctionner de façon excellente avec une autonomie étendue. Mais : le Tyrol du Sud est 6 fois plus peuplé.
Îles Åland (Finlande) :
- ±30.500 habitants, 1.580 km²
- Région autonome de langue suédoise au sein de la Finlande
- Parlement propre (30 membres), gouvernement propre
- Compétentes pour l'enseignement, la culture, les soins de santé, la police, la poste, la radio et la télévision, la législation communale, l'environnement
- Démilitarisées et neutralisées
- La Finlande conserve la souveraineté sur les affaires étrangères, le droit pénal et les douanes
- Pertinence : le modèle le plus comparable en termes d'échelle. Preuve que ±30.000 personnes peuvent faire tourner une administration autonome qui fonctionne.
Écosse (Royaume-Uni) :
- Parlement dévolu doté de compétences étendues
- A connu un référendum d'indépendance (2014 : 55 % de non)
- Pertinence : montre qu'un référendum sur le statut futur peut être un instrument démocratique, mais qu'il polarise aussi.
Grisons et Appenzell (Suisse) :
- Petits cantons dotés de compétences cantonales complètes
- Appenzell Rhodes-Intérieures : ±16.000 habitants. Plus petit qu'Ostbelgien
- Preuve que la taille ne doit pas être un obstacle dans un système fédéral
- Pertinence : dans le modèle suisse, chaque canton est sur un pied d'égalité, quelle que soit sa taille. C'est l'argument le plus fort en faveur de l'option de la quatrième entité fédérée.
Îles Féroé (Danemark) :
- ±54.000 habitants
- Autogouvernement très étendu au sein du Royaume du Danemark
- Parlement propre, impôts propres, relations extérieures propres (en partie)
- Pertinence : échelle comparable, modèle réussi d'autonomie asymétrique.
1D. Problèmes et critiques
Déficit démocratique : les habitants d'Ostbelgien votent pour le Parlement wallon, mais y représentent ±2 % des sièges. Les décisions sur leur cadre de vie (routes, transports en commun, énergie) se prennent à Namur, où leur voix est négligeable.
Asymétrie : la Flandre a fusionné Communauté et Région en 1980. La Communauté française et la Région wallonne sont restées distinctes mais se recouvrent presque entièrement. Seule la Communauté germanophone se trouve dans une position unique : une Communauté sans Région.
Dépendance financière : la Communauté germanophone se finance par une dotation fédérale (sur la base du nombre d'habitants) et par des moyens transférés de la Région wallonne. L'autonomie fiscale propre est minimale. Il n'y a pas d'impôt régional, pas de précompte immobilier propre.
Problématique de la dette : 1,3 milliard d'euros de dette pour 79.500 habitants, cela fait ±16.350 euros par habitant. C'est lourd, même si le calendrier d'amortissement reste gérable.
La Wallonie comme tutelle : chaque transfert de compétence supplémentaire exige un accord avec la Région wallonne. Cela crée une relation de dépendance qui n'existe pas pour les autres Communautés.
Complexité constitutionnelle : une septième réforme de l'État qui ferait de la Communauté germanophone une entité fédérée exige une majorité des deux tiers au Parlement fédéral, plus une majorité dans chaque groupe linguistique. C'est politiquement extrêmement difficile.
Question identitaire : la Communauté germanophone est-elle assez grande pour être un État à part entière ? Les critiques pointent le risque d'une « luxembourgisation ». Une entité trop petite pour porter le coût d'un appareil public complet.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone exerce de nombreuses compétences communautaires au plus près du citoyen, mais des compétences régionales cruciales (économie, mobilité, énergie, environnement) se décident à Namur. À des centaines de kilomètres de là, dans une autre langue. |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | L'habitant moyen d'Ostbelgien parvient à peine à démêler qui est compétent : le Gouvernement de la Communauté germanophone pour l'enseignement et le bien-être, la Région wallonne pour les routes et l'économie, le fédéral pour la justice et la défense. Le chevauchement entre la Communauté germanophone et la Wallonie est opaque. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ Échec | Fiscal gap important. La Communauté germanophone dépense de l'argent qui provient en grande partie de la dotation fédérale et des transferts wallons. Pas d'impôts régionaux propres, des leviers fiscaux propres minimes. Qui décide ne paie pas. Et qui paie ne décide pas des matières régionales. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | La construction actuelle est peut-être bien le morceau le plus complexe de la structure de l'État belge. Une Communauté + des compétences régionales partielles via l'article 139 + des compétences wallonnes complètes pour le reste = incompréhensible pour tout le monde. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | 79.500 habitants, c'est peu, mais les îles Åland (30.500), Appenzell Rhodes-Intérieures (16.000) et les îles Féroé (54.000) montrent que c'est possible. L'administration actuelle de la Communauté germanophone (±160 pers.) fonctionne de façon professionnelle. La taille est un défi, pas un obstacle insurmontable. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ Échec | La Communauté germanophone ne peut pas innover dans les domaines régionaux. Si la Wallonie fait des choix en matière d'énergie ou de mobilité sur le territoire d'Ostbelgien, la Communauté germanophone n'a pas d'alternative. Pas de concurrence, pas de benchmarking, pas d'espace d'innovation. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone obtient de bons résultats en discipline budgétaire (seule entité fédérée avec un budget en équilibre en 2025-2026). Le Bürgerrat est salué à l'échelle internationale. Mais il n'existe pas de mesure systématique des résultats sur les matières régionales. Celles-ci sont gérées par la Wallonie. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone dispose de services numériques propres pour ses compétences communautaires, mais pour les matières régionales elle dépend de l'infrastructure numérique wallonne (SPW), structurellement en retard sur la flamande. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ Satisfait | Plusieurs modèles internationaux montrent que de petites entités peuvent fonctionner de façon autonome avec succès : Åland (30.500 hab.), les îles Féroé (54.000 hab.), Appenzell (16.000 hab.), le Tyrol du Sud (530.000 hab.). La Communauté germanophone s'inscrit parfaitement dans cette série. |
Synthèse : la construction actuelle échoue sur la transparence (2), la responsabilité financière (3), la simplicité (4) et les compétences concurrentes (6). Le gain le plus important réside dans la création d'un seul niveau de pouvoir cohérent qui rassemble toutes les compétences. Soit comme entité fédérée à part entière, soit comme région autonome dotée du paquet complet.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé La Communauté germanophone est transformée en une quatrième entité fédérée à part entière dotée à la fois des compétences communautaires et régionales.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- La Communauté germanophone devient la quatrième entité fédérée, aux côtés de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles
- Toutes les compétences régionales restantes sont transférées depuis la Région wallonne
- L'entité fédérée Ostbelgien exerce à la fois les compétences communautaires et régionales (comme la Flandre le fait déjà aujourd'hui)
- La structure reste compacte : un parlement de 25 sièges, 4 ministres, ±250 à 300 membres du personnel (extension des ±160 actuels)
- Le Bürgerrat (conseil citoyen permanent) est ancré dans la Constitution comme troisième pilier démocratique
- Des leviers fiscaux propres : centimes additionnels sur les impôts fédéraux, impôt régional propre
Vers quel niveau : la Communauté germanophone devient une entité fédérée à part égale dans une Belgique fédérale de quatre entités fédérées. Cela s'inscrit dans le modèle plus large de réforme de l'État de HART (suppression de la dualité Communautés/Régions, quatre entités fédérées équivalentes).
Quel modèle international :
- Principal : le modèle cantonal suisse (de petits cantons dotés de compétences complètes, à égalité avec les grands)
- Secondaire : les îles Åland (modèle d'autonomie éprouvé pour ±30.000 personnes) et les îles Féroé (54.000 personnes, impôts propres)
Impact estimé :
- Extension de l'administration : +90 à 140 membres du personnel (de ±160 à ±250-300)
- Coût supplémentaire estimé : 15 à 25 millions d'euros par an (personnel + fonctionnement pour les matières régionales)
- Économie : disparition de la couche intermédiaire Communauté germanophone-Wallonie (double administration, coûts de coordination)
- Effet net : limité, mais le gain réside dans la cohérence, la transparence et un meilleur service
Trajet de mise en œuvre :
- Phase 1 (2026-2027) : achèvement du transfert des compétences régionales restantes via l'article 139 (aucune révision de la Constitution nécessaire)
- Phase 2 (2027-2028) : révision de la Constitution reconnaissant la Communauté germanophone comme quatrième entité fédérée (nécessite une déclaration préalable de révision + une majorité des deux tiers)
- Phase 3 (2028-2029) : cadre fiscal propre : centimes additionnels et impôts régionaux
- Phase 4 (2029-2030) : mise en œuvre opérationnelle complète
Conditions à respecter :
- Les garanties linguistiques pour la minorité francophone dans les 9 communes de la Communauté germanophone (notamment autour de Malmedy) doivent être ancrées dans la Constitution
- Mécanisme de solidarité avec le niveau fédéral pour les dépenses imprévues
- Le Bürgerrat est intégré dans l'architecture constitutionnelle
Pas de référendum nécessaire : HART ne plaide pas pour un référendum sur le statut d'Ostbelgien, mais pour une décision politique dans le cadre d'une septième réforme de l'État plus large. Un référendum polariserait et n'est pas prévu par la Constitution belge. La légitimation démocratique passe par les représentants élus au PDG et au Parlement fédéral, complétés par le Bürgerrat comme instrument délibératif.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
L'avenir d'Ostbelgien. Réformé en quatrième entité fédérée à part entière
La Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière dotée de toutes les compétences communautaires et régionales. Pas par un référendum, mais comme volet logique d'une réforme de l'État plus large vers quatre entités fédérées équivalentes.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Communauté germanophone. 79.500 habitants dans 9 communes autour d'Eupen et de Sankt Vith. Est une Communauté à part entière, avec son propre parlement, son propre gouvernement et sa propre administration. Mais elle n'est pas une Région. Pour les routes, les transports en commun, l'économie, l'énergie et l'environnement sur son territoire, c'est la Région wallonne qui décide, depuis Namur. La Communauté germanophone siège au Parlement wallon avec à peine 2 % des sièges. Petit à petit, des compétences régionales ont été transférées depuis 1994 (monuments, emploi, aménagement du territoire, logement), mais le processus est lent, asymétrique et dépendant de la bonne volonté wallonne.
Ce qui ne va pas
Trois choses. Premièrement : personne ne comprend le système. L'enseignement ? La Communauté germanophone. Les routes ? La Wallonie. Les allocations familiales ? La Communauté germanophone. Les transports en commun ? La Wallonie. Le citoyen ne parvient plus à suivre qui est compétent pour quoi. Ni, dès lors, qui est responsable quand cela tourne mal. Cela viole fondamentalement le principe de transparence.
Deuxièmement : qui décide ne paie pas. La Communauté germanophone vit de dotations fédérales et de transferts wallons. Il n'y a pas d'impôts régionaux propres, pas de leviers fiscaux. C'est une recette pour une gouvernance irresponsable. Il faut dire que, paradoxalement, la Communauté germanophone est la seule entité fédérée à présenter un budget en équilibre en 2025-2026.
Troisièmement : la Communauté germanophone ne peut pas innover dans les matières régionales. Si la Région wallonne fait, en matière d'énergie ou de mobilité, d'autres choix que ce dont Ostbelgien a besoin, il n'y a pas d'alternative. Les compétences concurrentes. Le modèle allemand que HART défend. Ne fonctionnent pas quand une entité fédérée décide pour une autre.
Comment cela fonctionne ailleurs
En Suisse, le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures est un canton à part entière de ±16.000 habitants. Il a les mêmes droits que Zurich (1,5 million). En Finlande, les îles Åland (30.500 habitants) s'administrent elles-mêmes avec un parlement propre, des impôts propres et des compétences sur l'enseignement, les soins de santé, l'environnement et la police. Aux îles Féroé (54.000 habitants, Danemark), il existe même un système fiscal propre et, en partie, une politique étrangère propre. Tous ces exemples le montrent : la taille n'est pas un obstacle. La qualité de la gouvernance, si.
Et cette qualité de gouvernance est présente à Ostbelgien. L'administration de la Communauté germanophone, ±160 personnes, tourne de façon professionnelle. Le PDG, avec ses 25 membres, est efficace. Le Bürgerrat. Le panel citoyen permanent créé en 2019. Est une expérience de démocratie délibérative saluée dans le monde entier. Ostbelgien n'est pas trop petit pour s'administrer lui-même. Il le fait déjà.
Ce que HART propose
HART veut qu'Ostbelgien devienne la quatrième entité fédérée à part égale dans une Belgique réformée. Concrètement :
Toutes les compétences régionales restantes (économie, énergie, environnement, mobilité, commerce extérieur) sont transférées. D'abord via l'article 139 existant (rapide et sans révision de la Constitution), ensuite ancrées structurellement dans une septième réforme de l'État.
L'entité fédérée Ostbelgien exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, exactement comme la Flandre le fait depuis 1980. Un parlement, un gouvernement, une administration, toutes les compétences.
Des leviers fiscaux propres arrivent : des centimes additionnels sur les impôts fédéraux et un impôt régional propre, pour que l'entité fédérée qui dépense perçoive aussi elle-même (en partie). Le fiscal gap est comblé.
Le Bürgerrat est ancré dans la Constitution comme troisième pilier démocratique, à côté du parlement et du gouvernement. HART veut étendre ce modèle à toutes les entités fédérées.
L'administration croît modestement : de ±160 à ±250-300 membres du personnel, pour les tâches régionales supplémentaires. Le coût (estimé de 15 à 25 millions d'euros par an) est largement compensé par la disparition de la double structure Communauté germanophone/Wallonie.
Pas de référendum. La légitimation démocratique passe par le PDG élu et le Parlement fédéral, complétés par la démocratie délibérative via le Bürgerrat. Un référendum polariserait et n'est pas prévu par la Constitution.
Garanties linguistiques : les droits de la minorité francophone dans les communes de la Communauté germanophone sont ancrés dans la Constitution, sur le modèle des garanties linguistiques du Tyrol du Sud.
Ce que cela rapporte
- Transparence : un seul niveau de pouvoir par domaine politique. Le citoyen sait qui décide et qui est responsable.
- Cohérence : qui décide de l'enseignement et de l'emploi décide aussi de l'économie et de la mobilité. Les politiques peuvent être intégrées.
- Démocratie : 79.500 personnes obtiennent un vrai pouvoir de décision sur leur propre cadre de vie, au lieu d'une voix négligeable au Parlement wallon.
- Innovation : les compétences concurrentes permettent à Ostbelgien d'expérimenter et de se comparer aux autres entités fédérées.
- Efficacité : la couche intermédiaire Communauté germanophone/Wallonie disparaît. Un guichet, un responsable, un budget.
- Discipline budgétaire : la Communauté germanophone est déjà aujourd'hui la seule entité fédérée avec un budget en équilibre. Cela mérite plus d'autonomie, pas moins.
- Éprouvé : Åland, les Féroé, Appenzell, le Tyrol du Sud. Cela fonctionne. La Belgique n'a pas besoin de réinventer la roue.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Wikipedia. Deutschsprachige Gemeinschaft | https://de.wikipedia.org/wiki/Deutschsprachige_Gemeinschaft | Mis à jour en continu | Données de base sur la Communauté germanophone : population, superficie, historique, compétences |
| Belgium.be. La Communauté germanophone | https://www.belgium.be/en/about_belgium/government/communities/german-speaking_community | Officiel | Description officielle des compétences et de la structure |
| Belga News Agency. Only Belgium's German-speaking community balances its budget | https://www.belganewsagency.eu/only-belgiums-german-speaking-community-balances-its-budget-for-2025-2026 | 2025 | Équilibre budgétaire de la Communauté germanophone 2025-2026 |
| Cour des comptes. Ursprünglicher Haushalt 2025 DG | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_50_BudgetDG2025.pdf | 2024 | Budget de la Communauté germanophone, situation de la dette, économies |
| BRF Nachrichten. DG-Regierung erklärt Sparpläne | https://brf.be/regional/1915692/ | 2024 | Économies de 15 M€ par an, dette de 1,3 Mds € |
| PDG. Parlement der Deutschsprachigen Gemeinschaft | https://pdg.be/ | En continu | Répartition des sièges, commissions, législation |
| PDG. Brochure sur la Communauté germanophone et son Parlement | https://pdg.be/PortalData/34/Resources/dokumente/broschueren/Broschuere_DG_NL_Neu_2017.pdf | 2017 | Historique, transferts de compétences, article 139 |
| Ostbelgien Live. Compétences de la Communauté germanophone | https://ostbelgienlive.be/desktopdefault.aspx/tabid-8374/ | Officiel | Aperçu des compétences de la Communauté germanophone |
| OIDP. The Ostbelgien Model: Citizens' Council | https://oidp.net/en/practice.php?id=1237 | 2023 | Bürgerrat : structure, mode de fonctionnement, évaluation |
| Deliberative Democracy Digest. Ostbelgien Model five years on | https://www.publicdeliberation.net/the-ostbelgien-model-five-years-on/ | Janvier 2025 | Évaluation quinquennale du Bürgerrat |
| Bürgerdialog Ostbelgien | https://www.buergerdialog.be/en/citizen-council/what-is-the-citizens-council | Officiel | Composition et fonctionnement du Bürgerrat |
| Wikipedia. ProDG | https://en.wikipedia.org/wiki/ProDG_(Belgium) | En continu | Positionnement politique de ProDG : quatrième entité fédérée |
| Wikipedia. State reform in Belgium | https://en.wikipedia.org/wiki/State_reform_in_Belgium | En continu | Historique de la réforme de l'État, cadre constitutionnel |
| BelConLawBlog. Future of Belgian federalism | https://belconlawblog.com/post_type-post-p-425/ | Récent | Débat académique sur le modèle à 4 entités fédérées |
| Autonomy Experience. South Tyrol | https://www.autonomyexperience.org/en/south-tyrol/ | Officiel | Modèle international du Tyrol du Sud |
| Finland MFA. Åland Islands special status | https://um.fi/the-special-status-of-the-aland-islands | Officiel | Modèle international d'Åland |
| Wikipedia. Åland | https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%85land | En continu | Population, compétences, structure d'Åland |
| Foederalismus.at. Die Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens | https://www.foederalismus.at/de/blog/die-deutschsprachige-gemeinschaft-belgiens_293.php | Récent | Compétences, transferts, position constitutionnelle |
| La Constitution belge. Répartition des compétences | https://www.belgischegrondwet.be/dossier/bevoegdheidsverdeling | Officiel | Article 139, compétences communautaires et régionales |
| Springer. DG regionale Autonomie als Chance | https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-7091-0881-9_22 | Académique | Analyse académique de l'autonomie de la Communauté germanophone |