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Gouvernement de la Communauté germanophone : audit

Item : Gouvernement de la Communauté germanophone. 4 ministres Catégorie : Communauté germanophone. Structure Date : 2026-03-31 Statut : 🟢 Maintenu (avec recommandations)


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Le Gouvernement de la Communauté germanophone (Regierung der Deutschsprachigen Gemeinschaft) est le pouvoir exécutif de la Communauté germanophone de Belgique, également appelée Ostbelgien. Il se compose d'un ministre-président et de trois ministres. Le plus petit collège gouvernemental de toutes les entités fédérées belges.

Base juridique :

Historique :

Niveau de pouvoir : Communauté (pas Région) : mais fonctionne de facto comme une mini-entité fédérée, avec toujours plus de compétences régionales transférées depuis la Région wallonne.

Composition actuelle (Paasch III, juillet 2024) :

Ministre Parti Compétences
Oliver Paasch (ministre-président) ProDG Pouvoirs locaux, aménagement du territoire, finances
Jérôme Franssen CSP Enseignement, formation, emploi
Gregor Freches PFF Culture, sport, tourisme, médias
Lydia Klinkenberg ProDG Famille, affaires sociales, logement, santé

Coalition : ProDG (8) + CSP (5) + PFF (3) = 16/25 sièges

Budget : ±342,5 millions d'euros de dotation totale (2024), dont 321,3 millions d'euros de recettes générales Dette : 1,3 milliard d'euros Économies 2025-2026 : 15 millions d'euros par an sur les dépenses courantes

Personnel :

Population : 79.537 habitants (1er janvier 2025) Superficie : 846 km² Communes : 9 (Eupen, Sankt Vith, Kelmis, Lontzen, Raeren, Bütgenbach, Büllingen, Amel, Burg-Reuland)

1B. Que fait-il en pratique ?

Missions principales : Le gouvernement de la Communauté germanophone rédige les projets de décret, exécute les décrets adoptés par le parlement, coordonne la politique communautaire, gère les relations extérieures dans le cadre de ses compétences et organise l'administration.

Compétences (constituées historiquement) :

Chevauchement : limité. La Communauté germanophone est le seul niveau de pouvoir belge où les compétences communautaires et les compétences régionales (transférées) se rejoignent dans une seule institution. Il n'y a pas de Région distincte. Les communes germanophones se situent sur le territoire wallon (province de Liège, arrondissement de Verviers).

Public : directement 79.537 citoyens. Une échelle comparable à celle d'une ville flamande de taille moyenne (pensez à Turnhout ou à Roulers).

Indicateurs de performance : la Communauté germanophone dispose d'un « Finanzmonitor » en ligne. Un outil en temps réel qui permet aux citoyens de suivre l'exécution du budget ligne par ligne. C'était une première belge en matière de transparence budgétaire.

Audits : la Cour des comptes (Rechnungshof) contrôle chaque année les budgets et les comptes de la Communauté germanophone, comme pour les autres Communautés et Régions.

1C. Comparaison internationale

Åland (Finlande) :

Tyrol du Sud (Italie) :

Canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures (Suisse) :

Danemark/Scandinavie :

Conclusion de la comparaison internationale : la Communauté germanophone est petite, mais pas unique. Åland, les îles Féroé et Appenzell montrent que l'autonomie démocratique fonctionne à cette échelle. Avec ses 4 ministres, le gouvernement de la Communauté germanophone est proportionnellement même lean par rapport à ces références.

1D. Problèmes et critiques

Points forts (inhabituel dans un audit belge) :

  1. Gouvernement svelte : 4 ministres avec 40 collaborateurs de cabinet, c'est de loin le collège gouvernemental le plus économe de Belgique. À titre de comparaison : le gouvernement flamand compte 9 ministres avec ±272 membres de cabinet, le fédéral 15 ministres avec ±838.
  2. Bürgerrat : le conseil citoyen permanent (24 citoyens tirés au sort, depuis 2019) est une première mondiale en démocratie délibérative. Six assemblées citoyennes organisées sur les soins, l'enseignement inclusif, le logement, les compétences numériques, l'intégration et les compétences des élèves.
  3. Finanzmonitor : transparence budgétaire en ligne et en temps réel. Unique en Belgique.
  4. Formation de gouvernement rapide : Paasch III a été formé le 13 juin 2024, quatre jours après les élections. Ailleurs en Belgique, cela a pris des mois, voire des années.

Problèmes :

  1. Accumulation de dette : 1,3 milliard d'euros de dette pour 79.537 habitants = ±16.350 € par habitant. C'est significatif.
  2. Besoin d'économies : économiser 15 millions d'euros par an sur un budget de ±342 millions d'euros, c'est ±4,4 %. Ce n'est pas trivial. Gel des recrutements au ministère.
  3. Autonomie fiscale limitée : la Communauté germanophone ne perçoit elle-même pratiquement aucun impôt. Elle dépend presque entièrement des dotations fédérales et des transferts de la Région wallonne. Qui paie ne décide pas.
  4. Échelle démocratique : 25 députés et 4 ministres pour 79.537 habitants, c'est une représentation démocratique par habitant élevée, mais le revers est une expertise de contrôle limitée. Les petits groupes politiques ont peu de moyens pour l'investigation parlementaire.
  5. Statut futur incertain : la Communauté germanophone est-elle une entité fédérée à part entière dans une future réforme de l'État, ou une région autonome au sein de la Wallonie ? Cette question reste sans réponse.

Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité La Communauté germanophone gouverne au plus près du citoyen. 79.537 habitants, 9 communes, 1 gouvernement. Circuits courts, accessibilité directe. Le transfert progressif de compétences de la Région wallonne vers la Communauté germanophone (2000-2020) s'inscrit parfaitement dans le principe de subsidiarité.
2 Transparence Championne belge. Finanzmonitor (suivi budgétaire en temps réel), publication des salaires ministériels et des frais de cabinet, Bürgerrat comme innovation démocratique. Le citoyen peut voir précisément qui décide et ce que cela coûte.
3 Responsabilité = financement ⚠️ C'est ici que se situe le point faible. La Communauté germanophone ne perçoit pratiquement aucun impôt propre. ±95 % du budget arrive par dotations. Qui décide (la Communauté germanophone) ne paie pas (le fédéral et la Wallonie). Le fiscal gap est important. La dette de 1,3 milliard d'euros (16.350 € par habitant) souligne ce problème.
4 Simplicité 4 ministres, 40 membres de cabinet, 1 ministère. Pas de Région distincte, pas de commission communautaire distincte. Un seul point de contact pour tout. On ne peut presque pas faire plus simple en Belgique.
5 Taille critique ⚠️ 79.537 habitants, c'est peu. Comparable à une seule ville flamande de taille moyenne. Cela fonctionne, mais la spécialisation est limitée. Le ministère (317 collaborateurs) doit couvrir tous les domaines. La comparaison internationale (Åland, îles Féroé, Appenzell) montre que c'est possible, mais cela reste un défi.
6 Compétences concurrentes La Communauté germanophone est de fait déjà le laboratoire belge des compétences concurrentes. Par le transfert progressif depuis la Région wallonne, elle expérimente sa propre politique dans des domaines comme l'emploi, le logement et le tourisme. Souvent avec d'autres accents que la Wallonie.
7 Orientation résultats ⚠️ Le Finanzmonitor mesure l'exécution du budget, mais les véritables KPI de résultat (résultats scolaires, délais d'attente dans les soins, taux de chômage) sont moins visibles en tant que système. Le Bürgerrat impose bien un suivi politique des propositions des panels citoyens.
8 Numérique d'abord ⚠️ Le Finanzmonitor est en avance sur le plan numérique. Mais la Communauté germanophone suit largement l'infrastructure numérique wallonne pour de nombreux processus administratifs. Une véritable stratégie once-only à son propre niveau n'existe pas.
9 Éprouvé à l'étranger Le Bürgerrat est internationalement un modèle de référence (OCDE, UE). L'échelle et la structure sont comparables à celles d'Åland, des îles Féroé et d'Appenzell. Des mini-autonomies dont le fonctionnement est éprouvé.

Synthèse : 5× ✅, 4× ⚠️, 0× ❌

Le gouvernement de la Communauté germanophone obtient des résultats étonnamment bons. Les plus grands gains sont à faire sur :

  1. Responsabilité = financement : davantage de capacité fiscale propre est nécessaire
  2. Orientation résultats : une mesure des résultats plus systématique
  3. Numérique d'abord : une stratégie numérique propre au lieu de la dépendance à la Wallonie

Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟢 Maintenu Le gouvernement de la Communauté germanophone est le collège gouvernemental qui fonctionne le mieux en Belgique. Svelte, transparent, démocratiquement innovant. Aucune réforme n'est nécessaire, un renforcement l'est.

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

  1. Clarifier le statut : dans la réforme de l'État de HART, la Communauté germanophone devient une quatrième entité fédérée à part entière (à côté de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles). Plus une Communauté, mais une entité fédérée dotée de l'ensemble des compétences régionales et communautaires. Cela formalise ce qui se développe déjà de facto.

  2. Renforcer l'autonomie fiscale : par analogie avec le modèle cantonal suisse, l'entité fédérée germanophone reçoit une compétence fiscale propre limitée (centimes additionnels à l'impôt des personnes physiques, comparables aux centimes additionnels communaux). Objectif : ramener le fiscal gap de ±95 % à moins de 50 %.

  3. Le Bürgerrat comme modèle : le conseil citoyen permanent est formellement ancré dans la Constitution (aujourd'hui uniquement par décret). HART propose d'utiliser le modèle d'Ostbelgien comme source d'inspiration pour la participation citoyenne dans les autres entités fédérées.

  4. Gouvernement maintenu à 4 ministres. Aucune extension. C'est la référence de ce qui est proportionnellement nécessaire.

Modèle international : un mélange d'Åland (protection de la minorité linguistique + autonomie) et du canton suisse (responsabilité fiscale).

Impact estimé :

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

Gouvernement de la Communauté germanophone (4 ministres) : maintenir La Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière. Le gouvernement le plus svelte et le plus transparent de Belgique reste l'exemple.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

La Communauté germanophone. 79.537 habitants dans neuf communes autour d'Eupen et de Sankt Vith. Dispose d'un parlement propre (25 membres) et d'un gouvernement de quatre ministres. C'est le plus petit niveau de pouvoir de Belgique, mais il fonctionne remarquablement bien. Le ministre-président Oliver Paasch (ProDG) dirige depuis 2014 une coalition qui a été formée en quatre jours en 2024. Alors que la formation du gouvernement fédéral a duré des mois. Le budget total s'élève à ±342 millions d'euros, les cabinets comptent 40 collaborateurs (à titre de comparaison : les cabinets fédéraux en comptent 838).

Ce qui ne va pas

En réalité, pas grand-chose. Et c'est bien là le point. La Communauté germanophone est la preuve qu'une administration petite et svelte peut bel et bien fonctionner en Belgique. Mais il y a deux problèmes structurels. Premièrement : la Communauté germanophone dépend presque entièrement des dotations fédérales et wallonnes. Elle ne perçoit elle-même pratiquement aucun impôt. Qui décide ne paie pas. C'est un déficit démocratique. Deuxièmement : le statut juridique est flou. La Communauté germanophone est-elle une Communauté ? Une proto-entité fédérée ? Les compétences augmentent, mais le cadre juridique reste à la traîne.

Comment cela fonctionne ailleurs

Les îles Åland (Finlande) sont encore plus petites avec 30.000 habitants, mais elles ont un parlement propre, une perception propre des impôts et même leur propre timbre-poste. Protégées par un traité international en tant que minorité suédophone. En Suisse, Appenzell Rhodes-Intérieures (16.000 habitants) fonctionne comme un canton à part entière, avec ses propres impôts et sa propre législation. Les îles Féroé (53.000 habitants, Danemark) disposent d'une autonomie très étendue, y compris une politique étrangère propre pour certains domaines. Les petites autonomies fonctionnent. À condition d'être coresponsables sur le plan financier.

Ce que HART propose

La Communauté germanophone devient une quatrième entité fédérée à part entière dans le modèle HART à quatre entités fédérées (Flandre, Wallonie, Bruxelles, Ostbelgien). Plus une « Communauté », mais une entité fédérée dotée de toutes les compétences qui vont avec. Y compris les compétences régionales qui sont aujourd'hui transférées une à une depuis la Wallonie. Le gouvernement reste à quatre ministres : c'est la référence d'une gouvernance proportionnée. La Communauté germanophone reçoit une compétence fiscale propre limitée (centimes additionnels à l'impôt des personnes physiques), de sorte que qui décide contribue aussi au paiement. Et le Bürgerrat. Le conseil citoyen permanent de 24 citoyens tirés au sort qui fonctionne depuis 2019 comme une première mondiale. Est ancré dans la Constitution comme exemple pour toute la Belgique.

Ce que cela rapporte

Aucune économie, car la Communauté germanophone est déjà le niveau de pouvoir le plus économe de Belgique. Mais une clarté démocratique : le citoyen sait exactement quel niveau est responsable de quoi. Une responsabilisation financière : la perception propre des impôts oblige à une gestion économe. Et un produit d'exportation : le modèle d'Ostbelgien de démocratie délibérative (Bürgerrat) et de transparence budgétaire (Finanzmonitor) mérite d'être suivi dans le reste du pays. La plus petite entité fédérée de Belgique est déjà aujourd'hui la mieux gouvernée. Donnez-lui le statut qu'elle mérite.


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
Wikipedia. Deutschsprachige Gemeinschaft https://de.wikipedia.org/wiki/Deutschsprachige_Gemeinschaft Population, superficie, compétences, historique
Wikipedia. Regierung der DG https://de.wikipedia.org/wiki/Regierung_der_Deutschsprachigen_Gemeinschaft Composition de Paasch III, base juridique
PDG. Le gouvernement https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-4095/ Composition et compétences officielles
Ostbelgien Direkt. Paasch maakt kosten publik https://ostbelgiendirekt.be/paasch-macht-ausgaben-publik-181377 Salaires ministériels, frais de cabinet, chiffres du personnel
Ostbelgien Direkt. Finanzlage DG real-time https://ostbelgiendirekt.be/finanzlage-der-dg-in-echtzeit-178741 Finanzmonitor, transparence
De Specialist. Begroting DG 2025-2026 in evenwicht https://www.despecialist.eu/nl/nieuws/opmerkelijk-begroting-2025-en-2026-van-duitse-gemeenschap-in-evenwicht.html Budget, dette, économies
BRF Nachrichten. DG-Regierung erklärt Sparpläne https://brf.be/regional/1915692/ Mesures d'économies 2025-2026
Cour des comptes. Budget initial de la Communauté germanophone 2025 https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_50_BudgetDG2025.pdf Contrôle budgétaire
VRT NWS. Vier dagen na verkiezingen: Paasch III https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/06/13/vier-dagen-na-verkiezingen-heeft-duitstalige-gemeenschap-nieuwe/ Formation du gouvernement en 2024
OIDP. The Ostbelgien Model https://oidp.net/en/practice.php?id=1237 Bürgerrat, démocratie délibérative
Public Deliberation. Ostbelgien Model: five years on https://www.publicdeliberation.net/the-ostbelgien-model-five-years-on/ Évaluation du Bürgerrat après 5 ans
Wikipedia. Åland Islands https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%85land Comparaison internationale
Wikipedia. South Tyrol https://en.wikipedia.org/wiki/South_Tyrol Comparaison internationale
Autonomy Experience. South Tyrol https://www.autonomyexperience.org/en/south-tyrol/ Modèle d'autonomie du Tyrol du Sud
Belgium.be. German-speaking Community https://www.belgium.be/en/about_belgium/government/communities/german-speaking_community Description officielle de la Communauté germanophone