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AFCN (Agence fédérale de Contrôle nucléaire) : audit

Date : 2026-03-29 Statut : 🟢 Maintien Catégorie : Régulateurs et organes de contrôle fédéraux


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Nom officiel : Federaal Agentschap voor Nucleaire Controle (FANC) / Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN)

Base juridique : Loi du 15 avril 1994 relative à la protection de la population et de l'environnement contre les dangers résultant des rayonnements ionisants et relative à l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire. L'exécution opérationnelle est réglée par l'arrêté royal du 20 juillet 2001 (Règlement général de la protection de la population. RGPRI/ARBIS-2001).

Création : La loi date de 1994 (à la suite du scandale Transnuklear de 1987, lorsque des transports illégaux de déchets radioactifs via la Belgique ont été mis au jour). L'agence n'est devenue pleinement opérationnelle que le 1er septembre 2001.

Niveau de pouvoir : Fédéral. L'AFCN est un organisme public autonome d'intérêt public (catégorie C) doté de sa propre personnalité juridique. Elle relève du ministre de l'Intérieur.

Budget et financement (2022) :

Personnel (31/12/2022) : 146 collaborateurs. Pyramide des âges : 15 travailleurs (20-30 ans), 36 (30-40), 39 (40-50), 41 (50-60), 15 (60-65). En 2022, 19 collaborateurs sont partis et 14 ont été recrutés. Une contraction nette.

Filiale technique. Bel V : L'AFCN délègue les inspections techniques et les évaluations de sûreté des grandes installations nucléaires à Bel V, une filiale créée en 2007 sous la forme d'une fondation de droit privé. Bel V a plus de 50 ans d'expérience en sûreté nucléaire et en radioprotection et fonctionne comme Technical Support Organization (TSO). Le contrat de gestion entre l'AFCN et Bel V a été signé pour la dernière fois le 23 septembre 2019.

Direction :

Structure organisationnelle : Le directeur général est assisté par quatre chefs de département :

  1. Établissements et Déchets
  2. Sécurité et Transport
  3. Santé et Environnement
  4. Support

Plus les services d'encadrement : Affaires juridiques et Traductions, Prévention et Protection au travail, Communication et Information, Support administratif, Audit interne.

Organes consultatifs :

1B. Que fait-il en pratique ?

Missions principales :

Chevauchements avec d'autres institutions :

Qui est le « client » ? Les exploitants d'installations nucléaires (ENGIE Electrabel, SCK CEN), les hôpitaux et institutions médicales, les entreprises industrielles qui utilisent des rayonnements ionisants, les entreprises de transport, la population (information et protection).

Évaluations récentes :

1C. Comparaison internationale

Pays Institution Personnel Budget Centrales nucléaires Modèle
Belgique AFCN + Bel V ±146 (AFCN) + ±150 (Bel V) ≈ 300 ±29 M€ (AFCN) 7 réacteurs (5 actifs aujourd'hui, démantèlement entamé) Agence autonome + TSO, financée par des redevances
Pays-Bas ANVS ±150 n.d. 1 réacteur (Borssele) + nouveaux projets Zelfstandig Bestuursorgaan (ZBO, organe administratif autonome), indépendant depuis 2017
France ASN → ASNR (depuis 2025) ±471 (ASN) + ±1.800 (IRSN) → fusionnés ±75 M€ (ASN) 56 réacteurs Autorité indépendante, fusionnée avec son TSO (IRSN) en 2025
Finlande STUK ±350 n.d. 5 réacteurs (dont Olkiluoto 3) Agence combinée : nucléaire + rayonnements
Suisse ENSI ±150 Budget dédié via le budget fédéral 4 réacteurs Agence indépendante, avec son propre ENSI Board
Allemagne BASE + BfS + Länder ±500 et plus (répartis) n.d. 0 (toutes fermées en 2023) Partage fédéral/Länder, axé aujourd'hui sur le démantèlement et l'entreposage

Principales leçons de l'étranger :

  1. France (modèle ASNR) : Depuis le 1er janvier 2025, l'autorité de sûreté française ASN et l'institut technique IRSN ont fusionné pour former l'ASNR. Cela résout le problème de la séparation entre le régulateur et le TSO. Exactement la structure qu'a aujourd'hui la Belgique, avec l'AFCN et Bel V comme entités distinctes. La fusion donne à l'ensemble davantage de capacité d'action.

  2. Finlande (STUK) : Combine sûreté nucléaire et radioprotection dans une seule organisation, avec ±350 collaborateurs pour 5 réacteurs. Un ratio de personnel par réacteur bien plus élevé qu'en Belgique, et une reconnaissance internationale comme l'une des autorités de contrôle nucléaire les plus performantes au monde.

  3. Suisse (ENSI) : Comparable à la Belgique par la taille (±150 collaborateurs, 4 réacteurs). La différence : l'ENSI reçoit un budget annuel dédié de l'autorité fédérale, ce qui garantit une sécurité financière. En Belgique, l'AFCN dépend des redevances. Si des centrales ferment, les recettes baissent.

  4. Pays-Bas (ANVS) : Comparable par la taille (±150 collaborateurs), mais avec un seul réacteur. Les Pays-Bas doivent changer d'échelle en raison de nouveaux projets nucléaires, et peuvent tirer des leçons du modèle belge.

1D. Problèmes et critiques

1. Indépendance sous pression

2. Vulnérabilité financière

3. Brain drain et perte de compétences

4. Incidents de sûreté et questions de contrôle

5. Séparation structurelle AFCN-Bel V


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité La sûreté nucléaire est par définition une compétence fédérale (et même internationale). L'AIEA, Euratom et les traités internationaux exigent une autorité nationale. Cela ne peut pas être régional. Le bon niveau.
2 Transparence ⚠️ L'AFCN publie des rapports annuels et répond aux questions parlementaires (56 en 2022). Mais l'audit interne de 2016 a pointé des problèmes d'indépendance et de confidentialité (lettres à Electrabel ayant fuité). Le citoyen peut difficilement évaluer qui décide en dernier ressort dans les dossiers sensibles.
3 Responsabilité = financement ⚠️ L'AFCN est financée par les redevances du secteur qu'elle contrôle. Sur le principe, c'est net (le pollueur paie), mais cela crée une dépendance : si des centrales ferment, le budget baisse. L'IRRS qualifie cela de point critique. Il n'y a pas de fiscal gap au sens classique, mais bien un modèle de financement vulnérable.
4 Simplicité ⚠️ La relation AFCN-Bel V est une couche supplémentaire. Par ailleurs, les dossiers nucléaires concernent aussi l'ONDRAF, le SPF Économie, le SPF Santé publique, l'AFSCA, l'INAMI et le SPF Emploi. Un citoyen qui veut savoir qui décide en matière de sûreté nucléaire doit naviguer entre plusieurs couches.
5 Taille critique ⚠️ Avec 146 collaborateurs pour 7 réacteurs, des milliers d'autorisations et 45.000 transports par an, l'AFCN est relativement petite. La Finlande a 350 collaborateurs (STUK) pour 5 réacteurs. La combinaison AFCN + Bel V (±300) est plus réaliste, mais la séparation prive l'ensemble d'une partie de la capacité d'action d'une organisation intégrée.
6 Compétences concurrentes Sans objet. La sûreté nucléaire est exclusivement fédérale et doit le rester (obligations de droit international). Aucune marge d'innovation régionale n'est nécessaire.
7 Orientation résultats L'AFCN mesure et rend compte : 421 inspections, 102 actions d'exécution, classification INES des incidents, rapport de contrôle annuel. La mission IRRS de l'AIEA offre une peer review externe. La surveillance renforcée de Tihange montre que l'AFCN ose intervenir.
8 Numérique d'abord ⚠️ L'AFCN dispose de « systèmes IT avancés pour la gestion des activités réglementaires » (good practice IRRS). Mais elle reste avant tout une organisation d'inspection et d'autorisation. La numérisation du service aux citoyens et aux entreprises n'est pas une priorité centrale et peut être améliorée.
9 Éprouvé à l'étranger L'AFCN opère conformément aux standards internationaux (AIEA, WENRA, ENSREG, HERCA). La mission IRRS 2023 a confirmé que la Belgique satisfait aux exigences internationales. L'interface sûreté-sécurité a été relevée comme good practice.

Synthèse : L'AFCN obtient de bons résultats en matière de subsidiarité, d'orientation résultats et de standards internationaux. Le gain le plus important se situe au niveau de la soutenabilité financière (principe 3), de la simplification de la structure (principes 4 et 5. Fusion AFCN-Bel V) et du renforcement de l'indépendance et de la transparence (principe 2).


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟢 Maintien avec des réformes ciblées

La sûreté nucléaire est une mission essentielle de l'autorité fédérale et une obligation de droit international. L'AFCN est techniquement compétente et reconnue à l'international. Une suppression ou une régionalisation est exclue. Des améliorations structurelles sont en revanche nécessaires.

3B. Proposition concrète

1. Fusion de l'AFCN et de Bel V → une seule autorité de sûreté nucléaire intégrée

2. Réformer le modèle de financement : un modèle mixte

3. Renforcer légalement l'indépendance

4. Plan de compétences et de personnel

5. Accroître la transparence

Impact estimé :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

AFCN (Agence fédérale de Contrôle nucléaire) : maintien

Un seul gendarme du nucléaire au lieu de deux : fusion de l'AFCN et de Bel V en une autorité de sûreté indépendante et financièrement robuste.


Comment cela fonctionne aujourd'hui

L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) veille à la sûreté nucléaire en Belgique : des centrales de Doel et de Tihange jusqu'aux appareils de radiographie de votre hôpital. L'agence compte 146 collaborateurs, délivre chaque année des milliers d'autorisations et réalise des centaines d'inspections. À côté d'elle existe Bel V, une filiale distincte qui réalise les inspections techniques et les évaluations de sûreté. Ensemble, elles comptent quelque 300 personnes.

L'AFCN est financée presque intégralement par des redevances et des taxes du secteur qu'elle contrôle. Elle ne coûte donc que peu, voire rien, au contribuable. Les recettes se sont élevées à 29,2 millions d'euros en 2022, les charges à 25,8 millions d'euros.

Ce qui ne va pas

Trois problèmes structurels :

Premièrement : l'indépendance est sous pression. Un audit interne de 2016 constatait qu'il existe une impression que l'influence politique et économique sur l'agence augmente, surtout dans les dossiers relatifs aux centrales nucléaires. Un ancien directeur a publiquement douté de l'indépendance lors de la prolongation de Doel 1 et 2. Des lettres confidentielles à ENGIE Electrabel ont fuité.

Deuxièmement : l'argent est fragile. Comme l'AFCN vit des redevances du secteur nucléaire, ses recettes baissent structurellement lorsque des centrales nucléaires ferment. Lors de sa peer review de 2023, l'AIEA a qualifié cela de défi principal et a insisté auprès du gouvernement belge pour qu'il « prenne à temps des décisions sur la politique énergétique et les moyens financiers, afin que l'AFCN puisse remplir sa mission ».

Troisièmement : la séparation entre l'AFCN et Bel V rend l'ensemble plus complexe que nécessaire. Le régulateur et l'expert technique sont deux entités juridiques distinctes, reliées par un contrat de gestion. Cela crée des frais de structure, ralentit et complique la gouvernance.

Comment cela fonctionne ailleurs

La France a résolu cela en 2025. L'autorité de sûreté ASN et l'institut technique IRSN ont fusionné pour former l'ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) : une seule organisation qui régule et évalue techniquement. Résultat : des décisions plus rapides, un meilleur partage des connaissances, une position plus forte.

En Suisse, l'autorité de contrôle nucléaire ENSI reçoit un budget annuel garanti via le budget fédéral, indépendamment des redevances du secteur. Cela rend le financement indépendant des changements de politique.

La Finlande combine sûreté nucléaire et radioprotection dans une seule agence (STUK), avec 350 collaborateurs pour 5 réacteurs. Reconnue à l'international comme l'une des autorités de contrôle les plus performantes au monde.

Ce que HART propose

  1. Fusionner l'AFCN et Bel V en une seule autorité de sûreté nucléaire intégrée, sur le modèle français. Une seule organisation, un seul point de contact, fin du montage par contrat de gestion.

  2. Réformer le financement : conserver les redevances comme base (le secteur paie pour le contrôle), mais ajouter un financement fédéral de base garanti, pour que l'agence ne devienne pas financièrement vulnérable si des centrales ferment.

  3. Renforcer légalement l'indépendance : mandat non renouvelable de 7 ans pour le directeur général, limitation du commissaire du Gouvernement au contrôle financier, interdiction des communications ex parte dans les dossiers d'autorisation.

  4. Investir dans les gens : un plan stratégique du personnel sur 10 ans, lié tant au démantèlement qu'à l'éventuelle exploitation à long terme. Une Nuclear Academy avec le SCK CEN et les universités.

  5. Rendre le tout plus transparent : publier tous les rapports d'inspection en ligne, instaurer un registre public des autorisations, et rendre des comptes publiquement en continu via la reddition de comptes numérique permanente.

Ce que cela rapporte

Un gendarme du nucléaire qui ne dépend pas financièrement du secteur qu'il surveille. Une organisation assez forte pour dire non au monde politique et à l'exploitant. Une agence intégrée qui travaille plus vite et mieux. Sans les frais de structure de deux entités séparées.

La Belgique a devant elle des décennies nucléaires complexes : la prolongation de deux réacteurs, le démantèlement de cinq autres, le stockage à long terme des déchets radioactifs et, peut-être, de nouvelles technologies nucléaires. Cela demande une autorité de contrôle prête à y faire face. Pas deux organisations avec un contrat entre elles, mais une seule autorité disposant des moyens, des personnes et de la colonne vertébrale légale nécessaires pour accomplir sa mission.


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
AFCN Rapport annuel 2022 https://fanc.fgov.be/nl/system/files/fanc_jaarverslag_2022.pdf Chiffres clés : personnel (146), budget (29,2 M€ de recettes), inspections (421), autorisations (8.780), application (102), structure organisationnelle, incidents
AFCN. Qui sommes-nous https://fanc.be/nl/over-ons/wie-zijn-wij Structure organisationnelle, comité de direction, conseil d'administration
AFCN. Financement https://fanc.fgov.be/nl/over-ons/financiering Modèle de financement : redevances et taxes, loi de 1994, arrêté royal de 2009
AFCN. Organisation https://fanc.fgov.be/nl/over-ons/organisatie Organigramme, départements, contrat de gestion Bel V
Wikipedia NL. FANC https://nl.wikipedia.org/wiki/Federaal_Agentschap_voor_Nucleaire_Controle Création, scandale Transnuklear, directeurs généraux, critiques de 2016, Bel V
IAEA IRRS Report Belgium 2023 https://fanc.fgov.be/nl/system/files/final_irrs_report_belgium_2023.pdf Défi principal du financement et des compétences, good practice sûreté-sécurité, recommandations
IAEA. IRRS Follow-up Belgium 2024 https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/iaea-mission-recognizes-belgiums-continued-commitment-to-strengthen-nuclear-and-radiation-safety Constats du suivi, améliorations
IAEA. IRRS Mission Belgium 2023 (communiqué de presse) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/iaea-mission-commends-belgiums-commitment-to-nuclear-and-radiation-safety-identifies-areas-for-further-enhancement Résumé des constats
ENSREG. Belgium Country Profile https://www.ensreg.eu/country-profile/belgium Structure du contrôle nucléaire en Belgique
Knack. Influence politique sur l'AFCN https://www.knack.be/nieuws/belgie/steeds-meer-politieke-beinvloeding-fanc-in-dossiers-kerncentrales/ Audit interne de 2016, problèmes d'indépendance
Site de Bel V https://www.belv.be/en/ Rôle de TSO, plus de 50 ans d'expérience, contrat de gestion
SPF Économie. Acteurs de l'énergie nucléaire https://economie.fgov.be/nl/themas/energie/federale-nucleaire/spelers-op-het-gebied-van Aperçu des acteurs nucléaires en Belgique
ANVS Pays-Bas https://english.autoriteitnvs.nl/anvs Comparaison néerlandaise : ±150 collaborateurs, modèle ZBO
ASN/ASNR France. Annual Report 2024 https://regulation-oversight.asnr.fr/annual_report/2024gb/ Budget de 75 M€, 471 collaborateurs, fusion ASN-IRSN en 2025
Wikipedia EN. ASN https://en.wikipedia.org/wiki/Autorit%C3%A9_de_s%C3%BBret%C3%A9_nucl%C3%A9aire Fusion ASN-IRSN → ASNR
STUK Finlande https://stuk.fi/en/frontpage ±350 collaborateurs, agence combinée
ENSI Suisse https://en.wikipedia.org/wiki/Swiss_Federal_Nuclear_Safety_Inspectorate ±150 collaborateurs, budget dédié, indépendant depuis 2009
Greenpeace Belgique. Prolongation des centrales nucléaires https://www.greenpeace.org/belgium/nl/stories/26113/nucleaire-veiligheid-mag-niet-wijken-voor-haastige-verlenging-kerncentrales/ Critique de la prolongation et du rôle de l'AFCN