Parquet fédéral : audit
Date : 2026-03-29 Catégorie : pouvoir judiciaire et organes constitutionnels Statut proposé : 🟠 Réformé : renforcé et modernisé
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Parquet fédéral est une composante du ministère public compétente sur l'ensemble du territoire belge. Il n'est rattaché à aucune juridiction de jugement en particulier. Unique au sein du ministère public belge.
Base juridique :
- Loi du 22 décembre 1998 relative à l'intégration verticale du ministère public (accord Octopus)
- Loi du 21 juin 2001 modifiant diverses dispositions en ce qui concerne le parquet fédéral
- Opérationnel depuis le 21 mai 2002
Création : le Parquet fédéral est né de l'accord Octopus (24 mai 1998), en réponse aux carences structurelles mises au jour par l'affaire Dutroux. Les parquets locaux n'étaient pas en mesure de s'attaquer efficacement à la criminalité transfrontalière. Il fallait un organe central doté d'une compétence nationale.
Composition (cadre légal) :
- 1 procureur fédéral (actuellement Ann Fransen, depuis le 1er avril 2024)
- 16 magistrats fédéraux néerlandophones (au moins 1/3 légalement bilingues)
- 16 magistrats fédéraux francophones (au moins 1/3 légalement bilingues)
- ±90 collaborateurs administratifs sous la direction d'un secrétaire en chef
- Total : ±125 personnes
Mandats : tous les titulaires ont un mandat de 5 ans. Le procureur fédéral peut être renouvelé une fois ; les magistrats fédéraux sans limite.
Autorité : le Parquet fédéral est placé sous l'autorité unique et directe du ministre de la Justice. Son fonctionnement est évalué par le Collège des procureurs généraux. Le procureur général de Gand est responsable des relations avec le Parquet fédéral.
Budget : il n'existe pas de budget publié séparément pour le Parquet fédéral. Il relève du budget global du ministère public, qui fait partie du budget du SPF Justice (±2,76 milliards d'euros en 2025). Plus de la moitié de ce budget va à l'ordre judiciaire (tribunaux + parquets).
1B. Que fait-il en pratique ?
Le Parquet fédéral a quatre missions principales :
1. Exercer l'action publique (dans des cas limitativement énumérés) :
- Crimes contre la sûreté de l'État
- Trafic et traite des êtres humains organisés
- Terrorisme
- Violations graves du droit international humanitaire (compétence exclusive)
- Piraterie contre des navires belges (compétence exclusive)
- Infractions commises par des militaires belges à l'étranger
- Cybercriminalité à l'échelle nationale
2. Coordination de l'action publique :
- Lorsque des faits connexes sont pendants devant plusieurs parquets
- Organiser des réunions de coordination
- Centraliser les dossiers auprès d'un seul parquet
3. Coopération internationale :
- Point de contact central pour les autorités étrangères
- Traitement de l'entraide judiciaire
- Point de contact EUROJUST
- Supervision du mandat d'arrêt européen
- Coopération avec l'EPPO (Parquet européen, opérationnel depuis juin 2021)
4. Autres missions :
- Surveillance du fonctionnement général et particulier de la police fédérale
- Présidence de la commission de protection des témoins
- Uniformité des méthodes particulières de recherche (MPR)
- Coordination de la lutte contre le terrorisme
- Cellule nationale d'identification ADN
- Cellule nationale d'assistance aux victimes
Grands dossiers récents :
- SKY ECC : décryptage d'un réseau téléphonique chiffré (2021). En 2024, 52 nouvelles enquêtes encore ouvertes ; 643 enquêtes au total, 180 en cours.
- Qatargate : enquête pour corruption au Parlement européen. Arrêt de 113 pages ; 20 inculpés (situation en février 2026).
- Terrorisme : plus de 70 personnes citées à comparaître en 2024. Tendance inquiétante : le nombre de mineurs suspectés de terrorisme est passé de 16 (2022) à 24 (2023) puis à 55 (2024).
- Cyberattaques 2024 : contre la Sûreté de l'État, les Affaires étrangères, la Défense, la Police fédérale, le Comité R, la SNCB et le Centre pour la Cybersécurité.
Dossiers ratés :
- Opération Calice : 15 ans d'enquête sur les abus sexuels dans l'Église, clôturée sans poursuites (suspects décédés, déjà condamnés, ou faits prescrits).
- Tueurs du Brabant : enquête officiellement clôturée en juin 2024 sans percée.
1C. Comparaison internationale
| Belgique | Allemagne | Pays-Bas | Danemark | Suède | |
|---|---|---|---|---|---|
| Institution | Parquet fédéral | Generalbundesanwalt (GBA) | Landelijk Parket + Functioneel Parket | Rigsadvokaten (Director of Public Prosecutions) | Åklagarmyndigheten |
| Personnel | ±125 (33 magistrats) | ±300 (110 procureurs fixes + 50 détachés) | Deux parquets spécialisés (±500 pers. au total) | ±120 (au niveau central) + 1.500 pour l'ensemble du système | ±2.250 (1.400 procureurs) |
| Focus | Terrorisme, criminalité organisée, traite des êtres humains, cybercriminalité, crimes de guerre | Sûreté de l'État, terrorisme, espionnage, crimes de guerre | Criminalité organisée, terrorisme, cybercriminalité + séparément : criminalité financière et environnementale | Criminalité organisée, terrorisme, cybercriminalité | Idem + unités spécialisées pour l'environnement, la corruption, la sécurité |
| Indépendance | Sous l'autorité du ministre de la Justice | Fonctionnaire politique. Peut être mis en non-activité par le ministre | Ministère public indépendant sous le Collège des PG | Sous le ministère de la Justice | Totalement indépendant du gouvernement |
| Particularité | Parité linguistique (NL/FR) | Les procureurs des entités fédérées sont détachés au niveau fédéral | Séparation : Landelijk Parket (grande criminalité) + Functioneel Parket (financier/environnement) | Le chef de la police locale est aussi chef des poursuites locales | Système intégré avec 31 bureaux locaux et 5 unités de spécialistes |
Principaux enseignements de la comparaison :
Allemagne (GBA) : avec ±300 collaborateurs, largement le double de la Belgique, pour un pays qui compte 7,5 fois plus d'habitants. Le rapport magistrats/population est comparable, mais l'Allemagne détache structurellement des procureurs venus des entités fédérées. La Belgique ne le fait pas.
Pays-Bas : ont résolu le problème en créant deux parquets nationaux spécialisés : le Landelijk Parket (grande criminalité et criminalité organisée) et le Functioneel Parket (criminalité financière, économique et environnementale). Cela évite qu'une seule institution doive tout faire.
Suède : avec 2.250 collaborateurs, le modèle le plus professionnel. Totalement indépendant du gouvernement. Cinq unités spécialisées (environnement, corruption, sécurité, criminalité organisée). Les KPI et la mesure des résultats y sont la norme.
Danemark : intègre poursuites et police au niveau local (le chef de la police est aussi chef des poursuites), avec des unités spécialisées au-dessus du niveau local. Plus efficient parce qu'il y a moins de maillons.
1D. Problèmes et critiques
1. Pénurie structurelle de personnel. Le problème central Le rapport annuel 2024 parle d'un « déficit de capacité aigu et intenable ». Le Parquet fédéral manque de magistrats depuis des années :
- La Cyber Unit est retombée à 2 magistrats néerlandophones et 0,5 magistrat francophone. Le niveau le plus bas depuis sa création en 2018
- Il n'y a aucun spécialiste des enquêtes sur le darknet, malgré son importance pour le trafic de drogue, le trafic d'armes et les rançongiciels
- Seuls 3 magistrats traitent les dossiers de corruption. En plus d'autres formes de criminalité organisée
- Dans les dossiers sans suspects détenus, les délais d'attente atteignent plusieurs années
2. La parité linguistique comme problème structurel L'exigence légale de 16 magistrats NL + 16 FR (avec 1/3 de bilingues par groupe linguistique) rend le recrutement d'autant plus difficile. Les juristes bilingues sont rares et sont mieux payés dans le secteur privé.
3. Pas de budget propre. Pas d'autonomie financière Le Parquet fédéral n'a pas de ligne budgétaire propre. Il dépend du budget global du SPF Justice et du ministère public. Il est dès lors difficile d'investir stratégiquement dans la spécialisation (cyber, corruption, terrorisme).
4. La numérisation prend du retard La Cour des comptes a jugé en janvier 2025 que la numérisation de la Justice se déroule de manière « trop chaotique », « sans stratégie claire » et avec « une maîtrise insuffisante des risques ». Le système de gestion des dossiers MaCH a certes été déployé au Parquet fédéral (depuis 2019), mais son intégration avec les autres systèmes reste déficiente. JustConsult et Just-on-Web existent, mais sont encore loin de couvrir tous les dossiers.
5. Dépendance politique Le Parquet fédéral est placé sous l'autorité directe du ministre de la Justice. Dans les dossiers sensibles (Qatargate, ingérence étrangère), cette structure peut miner l'apparence d'indépendance. Même si, en pratique, il n'y a pas de pilotage politique direct des dossiers individuels.
6. Chevauchement avec l'EPPO Depuis juin 2021, le Parquet européen (EPPO) est opérationnel. La Belgique y participe. Cela crée une couche supplémentaire pour les infractions financières portant atteinte aux intérêts de l'UE, avec des chevauchements et des conflits de compétence possibles avec le Parquet fédéral.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ | Le Parquet fédéral traite à juste titre les affaires qui dépassent les parquets locaux : terrorisme, criminalité organisée, crimes de guerre, cybercriminalité. L'existence d'un parquet national est logique et nécessaire. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Le Parquet fédéral publie des rapports annuels, mais n'a pas de budget publié séparément. Le citoyen ne peut pas voir quels moyens vont à quelles priorités. La hiérarchie (ministre → PG de Gand → procureur fédéral) est complexe. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Le Parquet fédéral n'a pas de ligne budgétaire propre. Celui qui décide des priorités (le procureur fédéral) ne décide pas du budget (le ministre de la Justice / le SPF Justice). Fiscal gap typique : une responsabilité sans autonomie financière. |
| 4 | Simplicité | ⚠️ | La structure du ministère public est complexe : 14 parquets de première instance, 5 parquets généraux, 1 parquet fédéral, et désormais aussi l'EPPO. Le citoyen ne comprend pas qui est compétent pour quoi. Mais le Parquet fédéral lui-même a une structure relativement simple. |
| 5 | Taille critique | ❌ | Avec seulement 33 magistrats pour l'ensemble du pays, le Parquet fédéral est structurellement trop petit pour ses missions. À titre de comparaison : l'Allemagne compte ±160 procureurs au niveau fédéral, pour un pays 7,5 fois plus grand. Proportionnellement bien davantage. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ | Sans objet. Les poursuites sont à juste titre une compétence exclusivement fédérale. Il n'y a aucune raison de régionaliser cela. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | Des rapports annuels sont publiés, avec de la casuistique et des tendances. Mais il n'y a pas de KPI formels, pas de mesure publique des résultats, ni d'évaluation systématique des délais de traitement, des taux de réussite ou de l'efficience. L'opération Calice (15 ans, 0 condamnation) et les tueurs du Brabant (plus de 40 ans, 0 condamnation) illustrent l'absence de reddition de comptes sur les résultats. |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | La Cour des comptes a jugé en 2025 que la numérisation de la Justice se déroule de manière « trop chaotique ». Le système MaCH a été déployé mais son intégration avec les autres systèmes est déficiente. Pas d'outils numériques spécialisés pour les dossiers complexes que traite le Parquet fédéral (traçage des cryptomonnaies, analyse du darknet, OSINT). |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ⚠️ | Le concept d'un parquet national existe dans tous les pays de comparaison. Mais la variante belge est en sous-effectif, sous-dotée et moins spécialisée que des institutions comparables aux Pays-Bas (deux parquets spécialisés), en Suède (cinq unités de spécialistes) ou même en Allemagne (le détachement depuis les entités fédérées comme instrument de personnel flexible). |
Synthèse : les gains les plus importants se situent au niveau de la taille critique (sous-effectif structurel), de la responsabilité = financement (pas de budget propre) et du numérique d'abord (retard de numérisation). Le Parquet fédéral est conceptuellement juste mais opérationnellement vidé de sa substance.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé Le Parquet fédéral doit être maintenu comme institution, mais fondamentalement renforcé et modernisé. Le concept est correct, l'exécution est insuffisante.
3B. Proposition concrète
1. Renforcement du personnel sur le modèle allemand et néerlandais
- Doublement du cadre légal : de 33 à au moins 60-65 magistrats fédéraux
- Introduction d'un système de détachement (sur le modèle allemand) : des magistrats des entités fédérées sont détachés pour 2 à 3 ans au Parquet fédéral, ce qui procure une capacité flexible et un échange de connaissances
- Suppression de la parité linguistique stricte pour les magistrats. Remplacée par une exigence linguistique fonctionnelle (bilinguisme prouvé, mais pas de quotas fixes par groupe linguistique)
2. Spécialisation sur le modèle néerlandais et suédois
- Création de quatre unités de spécialistes permanentes au sein du Parquet fédéral :
- Unité Terrorisme & Sûreté de l'État (existante, à formaliser)
- Unité Cybercriminalité & Recherche numérique (renforcement des 2,5 magistrats actuels vers 10 et plus)
- Unité Criminalité organisée & Traite des êtres humains (y compris les réseaux de drogue, le suivi de SKY ECC)
- Unité Crimes internationaux & Corruption (crimes de guerre, dossiers de type Qatargate, ingérence étrangère)
3. Autonomie financière
- Ligne budgétaire propre dans le budget fédéral, distincte du SPF Justice
- Cadre budgétaire pluriannuel (3 à 5 ans) pour les investissements stratégiques
- Publication transparente du budget et de son utilisation dans le rapport annuel
4. Numérisation
- Laboratoire de criminalistique numérique propre (ou partagé avec la police fédérale)
- Outils obligatoires : traçage des cryptomonnaies, analyse du darknet, capacité OSINT
- Intégration aux systèmes européens (EPPO, Eurojust, Europol)
- Gestion des dossiers entièrement numérique avec un accès en temps réel pour toutes les parties concernées
5. Indépendance renforcée
- Remplacer l'autorité directe du ministre de la Justice par un modèle comparable à celui de la Suède : indépendance opérationnelle, avec reddition de comptes au parlement via le rapport annuel
- Nomination du procureur fédéral par un organe de nomination indépendant (cf. la proposition de HART d'un Organe de nomination indépendant + ABD)
6. Mesure des résultats
- Introduction de KPI formels : délais de traitement, taux de réussite, taux de traitement des dossiers
- Évaluation externe annuelle par la Cour des comptes
- Reddition de comptes numérique permanente (cf. la proposition de HART) : le Parquet fédéral publie ses résultats en continu et les explique au parlement dès que des écarts l'exigent
Impact estimé :
- Doublement des frais de personnel : ±10-15 millions d'euros par an en plus (33 magistrats supplémentaires + appui)
- Numérisation : ±5-10 millions d'euros d'investissement unique
- Rendement potentiel : une meilleure lutte contre la criminalité financière, les réseaux de drogue et la corruption rapporte un multiple via les confiscations et les amendes (les seules enquêtes SKY ECC ont déjà permis des dizaines de millions d'euros de saisies)
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1 : ligne budgétaire propre + modification légale du cadre du personnel + démarrage du système de détachement
- Année 2 : création des quatre unités de spécialistes + laboratoire de criminalistique numérique
- Année 3 : capacité opérationnelle complète + premier rapportage KPI
- Nécessite : une modification du Code judiciaire + une loi budgétaire
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Parquet fédéral. Réformé Le procureur national de la Belgique est structurellement en sous-effectif et sous-doté. HART double la capacité, crée quatre unités spécialisées, et donne au Parquet fédéral un budget propre et une véritable indépendance. Sur l'exemple des Pays-Bas et de la Suède.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le Parquet fédéral est le seul parquet de Belgique compétent sur tout le territoire. Il traite les dossiers les plus lourds : terrorisme, criminalité organisée, traite des êtres humains, cybercriminalité, crimes de guerre et corruption au niveau international. Il compte 33 magistrats et environ 90 collaborateurs administratifs. Il a été créé en 2002, après l'accord Octopus qui a suivi l'affaire Dutroux.
Ce qui ne va pas
Le Parquet fédéral est structurellement vidé de sa substance. Le rapport annuel 2024 parle d'un « déficit de capacité aigu et intenable ». Exemples concrets :
La Cyber Unit. Responsable de la lutte contre les rançongiciels, le piratage et l'espionnage numérique. Elle ne compte plus que 2,5 magistrats. C'est le niveau le plus bas depuis sa création en 2018. Il n'y a aucun spécialiste des enquêtes sur le darknet, alors que c'est là que prospèrent le trafic de drogue, le trafic d'armes et la pédopornographie.
Seuls 3 magistrats traitent tous les dossiers de corruption. En plus d'autres formes de criminalité grave. Et cela alors que la Belgique est en plein dans l'enquête Qatargate, avec 20 inculpés et un arrêt de 113 pages.
Le Parquet fédéral n'a pas de budget propre. Il dépend du budget global du SPF Justice. Celui qui décide des priorités (le procureur fédéral) ne décide pas de l'argent (le ministre). C'est comme si vous donniez à un commandant des pompiers la responsabilité de tous les incendies du pays, mais que vous le laissiez mendier pour chaque lance à incendie.
La numérisation est à la traîne. La Cour des comptes a jugé en janvier 2025 que la numérisation de la Justice se déroule de manière « trop chaotique », sans stratégie claire. Le Parquet fédéral n'a pas les outils spécialisés pour le traçage des cryptomonnaies, la criminalistique numérique et le renseignement de sources ouvertes.
Comment cela fonctionne ailleurs
Les Pays-Bas ont résolu le problème en créant deux parquets nationaux spécialisés : le Landelijk Parket pour la grande criminalité et la criminalité organisée, et le Functioneel Parket pour la criminalité financière et environnementale. Chacun a son propre focus, ses propres moyens et sa propre expertise.
La Suède va encore plus loin. L'Åklagarmyndigheten compte 2.250 collaborateurs, dont 1.400 procureurs, répartis en cinq unités spécialisées (environnement, corruption, sûreté de l'État, criminalité organisée). Elle est totalement indépendante du gouvernement. Les résultats sont mesurés avec des KPI et rapportés publiquement chaque année.
L'Allemagne a un parquet fédéral (Generalbundesanwalt) avec ±300 collaborateurs, dont ±160 procureurs. Particularité : les entités fédérées détachent structurellement leurs propres magistrats vers le niveau fédéral pour des périodes de 2 à 3 ans. Cela procure une capacité flexible et un partage des connaissances entre les niveaux.
Ce que HART propose
Doublement de la capacité : de 33 à au moins 60-65 magistrats fédéraux. Plus l'introduction d'un système de détachement par lequel des magistrats des entités fédérées viennent temporairement au Parquet fédéral. Sur le modèle allemand.
Quatre unités spécialisées : Terrorisme & Sûreté de l'État, Cybercriminalité & Recherche numérique, Criminalité organisée & Traite des êtres humains, et Crimes internationaux & Corruption. Chacune avec sa propre expertise et son propre chef d'équipe.
Budget propre : une ligne budgétaire distincte dans le budget fédéral, avec un cadre pluriannuel de 3 à 5 ans. Publiée de manière transparente. Fini de mendier auprès du SPF Justice.
Véritable indépendance : remplacer l'autorité directe du ministre de la Justice par une indépendance opérationnelle assortie d'une reddition de comptes au parlement. Nomination du procureur fédéral par un organe indépendant.
Saut numérique : un laboratoire de criminalistique numérique propre, avec des outils de traçage des cryptomonnaies, d'analyse du darknet et d'OSINT. Intégration complète aux systèmes européens (EPPO, Eurojust, Europol).
Mesure des résultats : des KPI sur les délais de traitement, les taux de réussite et le traitement des dossiers. Évaluation annuelle par la Cour des comptes. Reddition de comptes publique au parlement.
Ce que cela rapporte
L'investissement supplémentaire s'élève à ±15-25 millions d'euros par an. Une fraction du budget de la Justice, qui est de 2,76 milliards d'euros. Mais le rendement est bien plus élevé :
- Une meilleure lutte contre les réseaux de drogue : la seule opération SKY ECC a mené à 643 enquêtes et à des dizaines de millions d'euros de saisies.
- Un traitement plus rapide des dossiers de terrorisme et de corruption, au lieu d'années d'attente.
- Une Belgique plus crédible au niveau international. Crucial pour un pays qui héberge le Parlement européen et le quartier général de l'OTAN.
- Un Parquet fédéral qui peut faire ce pour quoi il a été créé : poursuivre efficacement les criminels les plus lourds de ce pays.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| Openbaar Ministerie. Organisatie en kenmerken Federaal Parket | https://www.om-mp.be/nl/uw-om/federaal-parket/organisatie-kenmerken | Structure, composition, mandats |
| Openbaar Ministerie. Opdrachten Federaal Parket | https://www.om-mp.be/nl/uw-om/federaal-parket/opdrachten | Compétences et missions |
| VRT NWS. Jaarverslag federaal parket, onderbemanning (mei 2025) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/05/25/jaarverslag-federaal-parket/ | Pénurie de personnel, Cyber Unit, chiffres |
| BRUZZ. Chronisch magistratentekort Brussel (mei 2025) | https://www.bruzz.be/actua/justitie/chronisch-magistratentekort-vertraagt-zware-dossiers-brussel-2025-05-26 | Délais d'attente, conséquences de la pénurie |
| Knack. Verdachten terrorismezaken steeds jonger | https://www.knack.be/nieuws/belgie/maatschappij/verdachten-in-terrorismezaken-steeds-jonger-blijkt-uit-jaarverslag-federaal-parket/ | Chiffres du terrorisme chez les mineurs |
| Belga News Agency. Belgium's top prosecutor calls for more resources (2025) | https://www.belganewsagency.eu/belgiums-top-prosecutor-calls-for-more-resources-to-tackle-international-corruption | Ann Fransen sur les moyens en matière de corruption |
| Wikipedia NL. Federaal parket | https://nl.wikipedia.org/wiki/Federaal_parket | Historique, base juridique |
| Wet van 21 juni 2001. Etaamb | https://etaamb.openjustice.be/nl/wet-van-21-juni-2001_n2001009458.html | Base juridique |
| Wet van 22 december 1998. Etaamb | https://etaamb.openjustice.be/nl/wet-van-22-december-1998_n1999009059.html | Accord Octopus, intégration verticale |
| Openbaar Ministerie. 20 jaar Federaal Parket | https://5370.f2w.bosa.be/nl/article/20-jaar-federaal-parket | Historique |
| Wikipedia EN. Federal prosecutor's office (Belgium) | https://en.wikipedia.org/wiki/Federal_prosecutor%27s_office_(Belgium) | Contexte anglophone |
| Generalbundesanwalt. About us | https://www.generalbundesanwalt.de/EN/About-us/about-us-node.html | Comparaison allemande : ±300 collaborateurs |
| Wikipedia EN. Public Prosecutor General (Germany) | https://en.wikipedia.org/wiki/Public_Prosecutor_General_(Germany) | Structure et chiffres allemands |
| Netherlands Public Prosecution Service. National Office | https://www.prosecutionservice.nl/organisation/national-office | Comparaison néerlandaise : Landelijk Parket |
| Danish Prosecution Service. About | https://anklagemyndigheden.dk/en/about-the-prosecution-service | Comparaison danoise |
| Swedish Prosecution Authority. Facts and Organisational Chart | https://www.aklagare.se/en/about-us/facts-and-organisational-chart/ | Comparaison suédoise : 2.250 collaborateurs |
| EPPO. Belgium | https://www.eppo.europa.eu/en/about/members/belgium | Coopération EPPO |
| VRT NWS. Digitalisering justitie Rekenhof (januari 2025) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/01/09/justitie-digitaal-digitalisering-rekenhof/ | Audit de la Cour des comptes sur la numérisation |
| FOD Justitie. Audit Rekenhof reactie | https://justitie.belgium.be/nl/nieuws/persberichten/audit_van_het_rekenhof_reactie_fod_justitie | Réaction du SPF Justice |
| VRT NWS. Memorandum FOD Justitie budget (2024) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/07/02/memorandum-fod-justitie-minder-gebouwen-een-maximum-aantal-gev/ | Budget de la Justice ±2,76 Mds € |
| Qatargate. Wikipedia NL | https://nl.wikipedia.org/wiki/Qatargate | Contexte Qatargate |
| Jaarverslag OM 2024 | https://5370.f2w.bosa.be/sites/default/files/Jaarverslag%20OM%202024.pdf | Rapport annuel du ministère public |