SPF Finances : audit de la réforme de l'État
Date : 2026-03-28 Ligne : SPF Finances. ±20.000 pers. Catégorie : SPF (services publics fédéraux) Statut proposé : 🟠 Réformé : réorganiser en profondeur
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Service public fédéral Finances (SPF Finances) est le plus grand service public fédéral de Belgique. Créé en 1830 comme ministère des Finances. L'un des cinq ministères d'origine lors de la création de la Belgique. Transformé en SPF en 2002 dans le cadre de la réforme Copernic.
Base juridique : arrêté royal du 17 février 2002 (réforme Copernic) ; diverses lois organiques (Code des impôts sur les revenus 1992, Code de la TVA, Code des douanes, etc.)
Niveau de pouvoir : fédéral
Personnel : 18.334 membres du personnel (31 décembre 2020). En baisse historique, de ±30.000 au début des années 2000 à ±20.000 aujourd'hui, sous l'effet des départs à la retraite et d'un recrutement insuffisant.
Budget de fonctionnement 2023 :
- Total : 2,134 Mds € (crédits d'engagement) / 2,062 Mds € (crédits de liquidation)
- Dépenses de personnel : 1,507 Mds € (70,6 % du total)
- ICT : 143,7 M€
- Fonctionnement général et investissements : 169,7 M€
- Dépenses de fonctionnement spécifiques : 90,3 M€
Structure. 6 administrations générales :
- AGFisc (Fiscalité) : ±7.287 pers. Cœur de métier : établissement et contrôle des impôts sur les revenus et de la TVA
- AGD&A (Douanes et Accises) : ±3.227 pers. Cœur de métier : contrôle douanier, accises, contrôle aux frontières
- AGPR (Perception et Recouvrement) : cœur de métier : perception effective des impôts, recouvrement des arriérés
- AGISI (Inspection spéciale des impôts) : cœur de métier : lutte contre la fraude fiscale grave
- AGDP (Documentation patrimoniale) : cœur de métier : cadastre, enregistrement, hypothèques, domaines
- AGTrésorerie (Trésorerie) : cœur de métier : gestion de la trésorerie, dette publique, dépôts
S'y ajoutent les services d'encadrement (RH, ICT, Budget et Contrôle de la gestion, Logistique) et les services autonomes (Décisions anticipées, Conciliation fiscale, Audit interne).
Tutelle : le ministre des Finances + le président du comité de direction (haut fonctionnaire)
Siège : North Galaxy Towers, Bruxelles
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Établissement, contrôle et perception de tous les impôts fédéraux (impôt des personnes physiques, impôt des sociétés, TVA, accises, droits d'enregistrement, etc.)
- Contrôle et administration en matière de douanes
- Cadastre et documentation patrimoniale
- Gestion de la trésorerie de l'État et de la dette publique
- Lutte contre la fraude fiscale
Recettes fiscales : le SPF Finances perçoit la totalité des recettes fiscales sur base de caisse pour l'État belge, y compris les recettes qui sont ensuite transférées à d'autres pouvoirs publics. En 2024, 136,2 milliards d'euros ont été reversés à d'autres pouvoirs publics. Soit 85,4 % de tous les impôts perçus. Le SPF est donc en réalité le percepteur de tous les niveaux de pouvoir.
Chevauchements et morcellement :
- Le SPF perçoit des impôts pour le fédéral, les Régions, les Communautés et les communes (centimes additionnels), mais n'a aucun droit de regard sur la politique de ces autres niveaux
- Les administrations fiscales régionales (p. ex. Vlabel, le service flamand des impôts) perçoivent séparément leurs propres impôts régionaux. Doubles structures
- Le cadastre (AGDP) chevauche l'aménagement du territoire et l'urbanisme régionaux
Indicateurs de performance et audits :
- Cour des comptes (2024) : l'audit de suivi sur les dispenses de versement du précompte professionnel a montré que les recommandations de la Cour des comptes n'ont été que partiellement mises en œuvre. Montant record de 193 millions d'euros récupérés sur des dispenses de précompte professionnel indûment appliquées en 2023, 193 millions d'euros en 2024. Près du double de 2023 et six fois plus qu'en 2019.
- Pénurie de personnel : le syndicat CGSP documente depuis des années une pénurie de personnel criante. Les centres de scanning de Gand et de Namur accusent d'importants retards. Des citoyens reçoivent des rappels injustifiés parce que les déclarations ne sont pas traitées à temps.
- Numérisation de Tax-on-web : usage en hausse, mais problèmes techniques récurrents. En avril 2025, MyMinfin et Tax-on-web sont restés indisponibles pendant des jours. Critique de l'absence d'un point d'accès numérique central et d'un fonctionnement dans un « vide juridique et opérationnel » (Ichiban Consult).
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : Belastingdienst
- Personnel : 28.500 ETP (cadre organique), taux d'occupation de ±100 % en 2024 après un recrutement record de 3.634 ETP
- Recettes perçues : 375 Mds € en 2024 (en hausse depuis 298 Mds € en 2020)
- Population : 17,9 millions (contre 11,7 millions en Belgique)
- Ratio personnel/population : 1 ETP pour 628 habitants
- Numérique : système entièrement intégré, déclarations préremplies
- Structure : un seul service pour tout le pays, pas de découpage régional
Comparaison avec la Belgique :
- Belgique : ±20.000 pers. pour 11,7 millions d'habitants = 1 ETP pour 585 habitants
- Pays-Bas : 28.500 ETP pour 17,9 millions = 1 ETP pour 628 habitants
- La Belgique a relativement plus de personnel, mais de moins bons résultats en matière de service et de contrôle. Cela révèle une inefficience structurelle due à le morcellement
Suède : Skatteverket
- Personnel : ±10.800 collaborateurs (2011)
- Population : 10,5 millions
- Ratio : 1 collaborateur pour ±972 habitants. Nettement plus efficient
- Numérisation : leader mondial. Programme TINA (2014) : 90 % des 8,4 millions de déclarations sont traitées de manière entièrement automatique. Déclarations préremplies. Le citoyen ne doit que confirmer par SMS
- Création : 2004, par la fusion de l'administration fiscale nationale + 10 services régionaux → un seul service national
- Résultat : coûts drastiquement plus bas, meilleure conformité fiscale, satisfaction des citoyens plus élevée
Allemagne : Bundeszentralamt für Steuern (BZSt) + Finanzämter
- Structure : modèle fédéral. Le BZSt (2.200 pers.) pour la coordination et les dossiers internationaux, les Finanzämter au niveau des entités fédérées pour l'exécution
- Numérisation : système ELSTER pour les déclarations en ligne, automatisation croissante
- Pertinence : le modèle allemand montre comment une administration fiscale peut fonctionner dans un système fédéral où les entités fédérées exécutent tout en respectant des normes fédérales
Danemark : Skattestyrelsen
- Structure : ministère des Impôts avec 9 agences spécialisées, 26 implantations
- Priorité : numérisation et automatisation poussées
- Comparaison : pays plus petit (5,9 millions), mais modèle de centralisation efficiente
1D. Problèmes et critiques
Pénurie chronique de personnel : depuis plus d'une décennie, trop peu de personnes sont recrutées pour absorber la vague des départs à la retraite. De ±30.000 à ±18.000-20.000 sans numérisation proportionnelle. Conséquence : retards, erreurs, rappels injustifiés.
Tax gap. Analyse du FMI (2021) :
- Écart de conformité TVA estimé à 10,4 % de l'obligation TVA totale (2018). Mise à jour : le VAT Gap Report 2025 de la Commission européenne mesure 12,3 % pour 2023 (+0,6 pp par rapport à 2022), contre une moyenne européenne de 9,5 % ; plus élevé qu'en France (5,6 %), aux Pays-Bas (7,0 %) et en Allemagne (9,7 %)
- Écart de conformité stable autour de ±2 % du PIB sur 2011-2021
- Économie informelle nettement plus importante que dans les pays voisins
- Faible « tax morale » (civisme fiscal) en raison de la complexité du système fiscal et de coûts de conformité élevés
Fragmentation de la perception : le SPF perçoit pour tout le monde mais n'a aucune prise sur la politique fiscale des Régions et des communes. Les administrations fiscales régionales (Vlabel, SPW Fiscalité) créent des structures parallèles. Le citoyen ne s'y retrouve plus.
Informatique dépassée : malgré les investissements dans Tax-on-web et MyMinfin, des problèmes informatiques structurels subsistent. Le système n'est pas « once only ». Les citoyens doivent fournir les mêmes informations à différentes administrations. Critique de l'absence d'un cadre juridique pour les services numériques.
Complexité de la législation fiscale : la Cour des comptes constate à plusieurs reprises que la législation est compliquée, évolue régulièrement et comporte des imprécisions. Cela rend le contrôle et l'application plus coûteux et plus difficiles.
Cadastre dépassé : la documentation patrimoniale (cadastre, enregistrement) fonctionne encore en partie avec des systèmes obsolètes. Le visualiseur CadGIS connaît des problèmes techniques récurrents.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ Partiel | La perception relève à juste titre du fédéral pour les impôts fédéraux, mais le morcellement avec les services régionaux (Vlabel, SPW) mine le principe de subsidiarité. Qui perçoit quoi et pour qui reste opaque. |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | Le citoyen ne peut pas voir qui perçoit quel impôt, qui reçoit l'argent et qui est responsable des erreurs. 85,4 % des recettes sont reversées. Le flux financier est invisible. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ Échec | Écart fiscal énorme : le SPF perçoit pour tous les niveaux, mais ces niveaux déterminent eux-mêmes leur politique fiscale sans supporter les coûts de perception. Aucun lien direct entre qui décide et qui paie l'exécution. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | 6 administrations générales, des services d'encadrement, des services autonomes, plus les administrations fiscales régionales. La Cour des comptes qualifie elle-même la législation de « compliquée ». Un jeune de 16 ans (ou un adulte) ne peut pas expliquer ce système. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | Le SPF lui-même est assez grand, mais la scission avec les services régionaux crée des unités trop petites. Vlabel, le SPW Fiscalité et Bruxelles Fiscalité sont séparés. Échelle sous-optimale pour les investissements informatiques. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ Échec | Aucune place pour l'innovation régionale dans la perception des impôts. Les Régions ont créé leurs propres services à côté du SPF, mais sans coordination ni mécanisme de concurrence. Résultat : duplication, pas d'innovation. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ Échec | Tax gap de ±2 % du PIB (> 10 Mds €/an). Écart TVA de 12,3 % (2023, CE), en hausse et pire qu'en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. La pénurie de personnel entraîne des rappels injustifiés. Les résultats sont mesurés mais pas imposés. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | Tax-on-web existe et se développe, mais n'est pas once only. Pannes récurrentes (avril 2025). Aucun portail numérique central qui intègre tout. La Suède traite 90 % automatiquement. La Belgique n'y est pas. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ Échec | La Suède (Skatteverket), les Pays-Bas (Belastingdienst) et le Danemark prouvent qu'une administration fiscale intégrée et numérisée fournit de meilleurs résultats avec moins de personnel. La Belgique ne suit pas ce modèle. |
Synthèse : 0 ✅, 3 ⚠️, 6 ❌. Le SPF Finances échoue sur 6 des 9 principes. Les gains les plus importants se situent au niveau de :
- Simplicité + transparence une seule administration fiscale intégrée au lieu du fédéral et du régional côte à côte
- Numérique d'abord automatisation complète sur le modèle suédois
- Orientation résultats s'attaquer au tax gap de plus de 10 milliards d'euros par an avec plus de contrôles et une législation plus simple
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé le SPF Finances est fondamentalement réformé pour devenir une administration fiscale belge moderne et intégrée.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Une seule administration fiscale belge fusion du SPF Finances, de Vlabel (service flamand des impôts), du SPW Fiscalité (Wallonie) et de Bruxelles Fiscalité en une seule administration fiscale nationale. Les impôts régionaux sont perçus par le même service que les impôts fédéraux. Un seul guichet, un seul système, une seule facture.
Numérisation complète sur le modèle suédois investir dans un système de type TINA : déclarations préremplies sur la base des données connues (employeur, banque, cadastre). Objectif : 90 % des déclarations traitées automatiquement. Le citoyen confirme via une application ou par SMS. Tax-on-web est remplacé par une plateforme de nouvelle génération.
Principe once only le citoyen ne communique ses informations qu'une seule fois aux pouvoirs publics. L'administration fiscale belge va chercher les données dans la Banque-Carrefour, eHealth, le cadastre et d'autres bases de données publiques. Fini les doubles déclarations.
Plan de réduction de moitié du tax gap plan concret pour réduire de moitié l'écart de conformité, de ±2 % du PIB à ±1 % du PIB en 10 ans. Cela représente 2 à 4 milliards d'euros de recettes supplémentaires par an (la fourchette reflète l'incertitude de l'estimation du FMI et le fait qu'aucun pays n'a réduit son tax gap de moitié en une décennie). Investissements dans des profils de risque pilotés par l'IA, des contrôles ciblés et une simplification de la législation.
Réorientation du personnel pas plus de personnel, mais un autre personnel. Moins de fonctions administratives (automatisées), plus d'analystes de données, de spécialistes IT et d'enquêteurs antifraude. Ratio visé : 1 ETP pour 800 habitants (aujourd'hui ±585) grâce aux gains d'efficience.
Les entités fédérées fixent les taux, le fédéral perçoit dans le modèle HART à 4 entités fédérées, chaque entité fixe ses propres taux et déductions (dans des fourchettes fédérales, sur le modèle allemand). L'administration fiscale belge perçoit tout de manière centralisée. Ainsi, l'avantage d'échelle est préservé et la duplication disparaît.
Modèle international : combinaison du modèle suédois (numérisation, automatisation) et du modèle allemand (les entités fédérées déterminent la politique, le fédéral coordonne et perçoit).
Économie estimée :
- Suppression des doubles structures (Vlabel, SPW Fiscalité, Bruxelles Fiscalité) : 100 à 200 M€/an de coûts opérationnels
- Réduction de moitié du tax gap : 2 à 4 Mds €/an de recettes supplémentaires (l'estimation du FMI a une marge d'erreur de 20-30 % ; aucun pays n'a réduit ce gap de moitié en 10 ans)
- Réduction du personnel par l'automatisation, à terme : 200 à 400 M€/an
- Potentiel total : 2,5 à 5,2 Mds €/an (dont la part du lion provient d'une meilleure conformité)
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : cadre légal + plan de fusion + architecture informatique
- Années 3-5 : fusion progressive des services régionaux + lancement de la nouvelle plateforme numérique
- Années 5-8 : intégration complète + 90 % d'automatisation
- Nécessite : une loi à majorité spéciale (adaptation de la répartition des compétences)
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SPF Finances. Réformé → administration fiscale belge Une seule administration fiscale intégrée et numérisée pour tout le pays. Le citoyen ne transmet ses données qu'une seule fois, et 90 % des déclarations sont traitées automatiquement. Les administrations fiscales régionales y sont intégrées. Résultat : un meilleur service, moins d'erreurs et des milliards d'euros de recettes supplémentaires grâce à la réduction du tax gap.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Belgique a dans le SPF Finances son plus grand service public fédéral, avec quelque 20.000 collaborateurs et un budget de fonctionnement de plus de 2 milliards d'euros par an. Le SPF est réparti en six administrations générales : Fiscalité, Douanes et Accises, Perception et Recouvrement, Inspection spéciale des impôts, Documentation patrimoniale et Trésorerie. À côté de cela, les Régions ont chacune créé leur propre administration fiscale : Vlabel en Flandre, le SPW Fiscalité en Wallonie et Bruxelles Fiscalité en Région bruxelloise. Le résultat est une mosaïque de services qui travaillent les uns à côté des autres et les uns à travers les autres.
De tous les impôts que le SPF perçoit, 85,4 % sont reversés à d'autres pouvoirs publics. Le SPF est donc de facto le caissier de tout le pays, mais il n'a aucun droit de regard sur la politique fiscale des Régions et des communes.
Ce qui ne va pas
Le système échoue sur plusieurs fronts à la fois. Premièrement : la pénurie de personnel est chronique. Le SPF est passé de ±30.000 à ±18.000-20.000 collaborateurs sans que la numérisation ait compensé. Conséquence : des retards dans les centres de scanning, des rappels injustifiés adressés aux citoyens et de moins en moins de contrôles fiscaux.
Deuxièmement : le tax gap, la différence entre ce que les citoyens et les entreprises doivent payer et ce que l'État reçoit effectivement. Il est énorme. La Commission européenne mesure un écart de conformité TVA belge de 12,3 % en 2023 (moyenne européenne : 9,5 %), plus élevé qu'en France, en Allemagne et aux Pays-Bas ; plus de 5 milliards d'euros par an rien que pour la TVA. Selon le FMI, l'écart de conformité total se situe de manière stable autour de 2 % du PIB, soit plus de 10 milliards d'euros de recettes manquées par an. L'économie informelle est en Belgique nettement plus importante que dans les pays voisins.
Troisièmement : la fragmentation. À côté du SPF Finances existent des administrations fiscales régionales qui ont chacune leurs propres systèmes informatiques, leur propre personnel et leurs propres procédures. Un citoyen qui habite en Flandre paie ses impôts fédéraux via Tax-on-web et ses impôts régionaux via Vlabel. Deux systèmes différents, deux canaux de communication différents, deux fois les mêmes données à transmettre.
Quatrièmement : la numérisation patine. Tax-on-web et MyMinfin sont disponibles, mais tombent régulièrement en panne. En avril 2025, ils sont restés inaccessibles pendant des jours. Le système n'est pas « once only » : le citoyen doit fournir les mêmes informations à différentes administrations. Comparez cela avec la Suède, où 90 % des déclarations sont traitées automatiquement.
Comment cela fonctionne ailleurs
La Suède est le modèle de référence. Le Skatteverket (l'administration fiscale suédoise) a été créé en 2004 par la fusion de l'administration fiscale nationale et de dix services régionaux en un seul service national. Avec ±10.800 collaborateurs pour 10,5 millions d'habitants (1 pour 972 habitants. Belgique : 1 pour 585), le Skatteverket traite 90 % de l'ensemble des 8,4 millions de déclarations de manière entièrement automatique. Le citoyen reçoit une déclaration préremplie et confirme en un clic ou par SMS. Le programme TINA qui l'a rendu possible a été déployé en trois ans et demi.
Les Pays-Bas gèrent la Belastingdienst avec 28.500 ETP pour 17,9 millions d'habitants. Un seul service pour tout le pays, pas de découpage régional. En 2024, un montant record de 375 milliards d'euros a été perçu. Le service investit structurellement dans le personnel : en 2024, 3.634 nouveaux collaborateurs ont été recrutés, un record.
L'Allemagne montre comment un pays fédéral peut percevoir les impôts : le Bundeszentralamt für Steuern (2.200 pers.) coordonne au niveau fédéral, tandis que les entités fédérées exécutent via leurs Finanzämter. Le système ELSTER offre une plateforme numérique nationale. Les entités fédérées peuvent mener une politique, la perception est coordonnée.
Ce que HART propose
HART veut réformer le SPF Finances pour en faire une administration fiscale belge un seul service intégré qui perçoit tous les impôts pour tous les niveaux de pouvoir.
Étape 1 : fusionner les administrations fiscales régionales (Vlabel, SPW Fiscalité, Bruxelles Fiscalité) avec le SPF Finances. Un seul système informatique, un seul pool de personnel, un seul portail pour l'usager.
Étape 2 : investir dans une plateforme numérique de nouvelle génération sur le modèle suédois. Déclarations préremplies sur la base des données que les pouvoirs publics possèdent déjà (employeur, banque, cadastre, sécurité sociale). Objectif : 90 % de traitement automatique dans les 5 à 8 ans.
Étape 3 : introduire le principe once only. Le citoyen ne communique ses informations qu'une seule fois aux pouvoirs publics. L'administration fiscale belge va tout chercher dans les bases de données existantes (Banque-Carrefour, eHealth, cadastre).
Étape 4 : réorienter le personnel. Moins de fonctions administratives (elles sont automatisées), plus d'analystes de données, de spécialistes IT et d'enquêteurs antifraude. Lancer un plan concret pour réduire le tax gap de moitié.
Étape 5 : dans le modèle HART à 4 entités fédérées, chaque entité fixe ses propres taux et déductions (dans des fourchettes fédérales, sur le modèle allemand). L'administration fiscale belge perçoit tout de manière centralisée. Ainsi, l'avantage d'échelle est préservé.
Ce que cela rapporte
Le gain potentiel est énorme :
- Réduction de moitié du tax gap : de ±2 % à ±1 % du PIB = 2 à 4 milliards d'euros par an de recettes supplémentaires pour l'ensemble des pouvoirs publics (fourchette due à l'incertitude de l'estimation du FMI et au rythme de mise en œuvre)
- Gain d'efficience par la fusion : 100 à 200 millions d'euros par an grâce à la suppression des doubles structures
- Meilleur service : un seul portail, une seule déclaration, fini les erreurs dues aux doubles systèmes
- Économie de personnel à terme : grâce à l'automatisation, le ratio peut atteindre 1 ETP pour 800 habitants, ce qui représente une économie de 200 à 400 millions d'euros par an
- Satisfaction des citoyens plus élevée : si la Suède y arrive avec la moitié du personnel par habitant, la Belgique le peut aussi
Le gain potentiel total. Meilleure perception + économies. S'élève à 2,5 à 5,2 milliards d'euros par an. Même le bas de cette fourchette dépasse l'ensemble du budget de fonctionnement du SPF Finances. Ce n'est pas une économie de bouts de chandelle. C'est une réforme structurelle qui se rembourse de nombreuses fois.