SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement : audit
Date : 2026-03-28 Ligne : SPF Santé publique Catégorie : SPF (services publics fédéraux) Statut proposé : 🟠 Réformé : réorganiser en profondeur
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Service public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement (SPF SPSCAE) Nom néerlandais : Federale Overheidsdienst Volksgezondheid, Veiligheid van de Voedselketen en Leefmilieu (FOD VVVL)
Création : 2001, dans le cadre de la réforme Copernic. Le SPF a repris des missions de l'ancien ministère des Affaires sociales, de la Santé publique et de l'Environnement.
Base juridique : arrêté royal du 23 mai 2001 portant création des SPF dans le cadre de la réforme Copernic.
Niveau de pouvoir : fédéral.
Personnel : ±1.500 collaborateurs (source : werkenvoor.be, 2026).
Budget : le budget de fonctionnement propre du SPF est estimé à ±300 à 400 millions d'euros (crédits administratifs et crédits de politique). Le SPF gère en outre indirectement des milliards via le Budget des moyens financiers (BMF) des hôpitaux. Le budget total de la santé qui transite par l'autorité fédérale (INAMI + SPF + agences) s'élève à ±45 à 50 milliards d'euros.
Implantation : immeuble Galilée, avenue Galilée 5/2, 1210 Bruxelles. Partagé depuis 2021 avec l'INAMI et l'AFMPS dans le cadre du « Service Center Gezondheid ».
Ministres responsables (gouvernement Arizona, 2025) :
- Frank Vandenbroucke (Vooruit) : Affaires sociales et Santé publique
- David Clarinval (MR) : Emploi, Économie et Agriculture
- Jean-Luc Crucke (Les Engagés) : Climat, Mobilité et Transition écologique
- Annelies Verlinden (CD&V) : Justice, chargée de la Mer du Nord
Quatre ministres pour un seul SPF. C'est en soi déjà un signal du nœud de compétences belge.
Structure organisationnelle. 5 directions générales + 2 services :
- DG Soins de santé
- DG Animaux, Végétaux et Alimentation
- DG Environnement
- Direction Expertise médicale (Medex)
- DG Préparation et Réponse aux Situations d'Urgence sanitaire
- Direction Services d'appui
- Services du Président
Institutions et agences liées :
- Sciensano (institut scientifique fédéral, ±700 collaborateurs)
- AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé)
- AFSCA (Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire)
- KCE (Centre fédéral d'expertise des soins de santé)
- Conseil Supérieur de la Santé
1B. Que fait-il en pratique ?
Le SPF Santé publique opère dans quatre domaines politiques :
1. Santé (cœur de métier)
- Organisation et financement des hôpitaux (via le BMF)
- Politique de santé et réglementation des professions de soins
- Coordination de l'aide médicale urgente (système 112)
- Agrément des professions des soins de santé
- Expertise médicale (Medex) pour les fonctionnaires et l'invalidité
2. Alimentation
- Normes et contrôles sur le tabac, l'alcool et les cosmétiques
- Application des normes européennes de sécurité alimentaire
- Sécurité des produits tout au long de la chaîne alimentaire
3. Animaux et végétaux
- Santé animale et qualité des produits d'origine animale
- Protection des végétaux, pesticides, engrais
- Organismes génétiquement modifiés (OGM)
4. Environnement
- Politique intégrée des produits
- Réduction des gaz à effet de serre (niveau fédéral)
- Règlement REACH (substances chimiques)
- Coordination de la politique environnementale internationale
- Protection de la mer du Nord
- Convention CITES (espèces menacées)
Chevauchements avec d'autres institutions : Le chevauchement est énorme. La politique de santé est morcelée entre au moins 6 ministres de la santé publique (sous l'Arizona, neuf auparavant). La répartition entre le curatif (fédéral) et le préventif (Communautés et Régions) crée une rupture artificielle. Exemple : le dépistage du cancer est organisé par les Régions, mais les tests sont remboursés par l'INAMI (fédéral). Les services d'ambulance sont fédéraux, le transport de malades est régional.
Indicateurs de performance : Le KCE (centre d'expertise) publie tous les quelques années un Health System Performance Assessment (HSPA). L'édition la plus récente (2024, KCE Report 376) contient 142 indicateurs assortis d'un système de « feux de signalisation » :
- Feux verts : usage de médicaments bon marché, dialyse à faible intensité de soins
- Feux rouges : surconsommation d'antibiotiques et d'antidépresseurs, accès inégal aux soins préventifs
- La mortalité évitable est 40 % plus élevée en Wallonie et 20 % plus élevée à Bruxelles qu'en Flandre
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. Ministerie van VWS
- Un ministre + deux secrétaires d'État (contre plus de 4 ministres en Belgique)
- Un seul ministère clair avec trois directions générales : Santé publique, Soins de santé, Soins de longue durée
- Des agences sous une seule coupole : RIVM (santé publique), IGJ (inspection), CBG (médicaments), CIBG (registres)
- Pas de découpage régional ou communautaire. Tout est piloté au niveau national
- Prévention et soins curatifs sous la même ministre
- Résultat : les Pays-Bas obtiennent constamment de meilleurs résultats en matière de mortalité évitable, de satisfaction des patients et de coordination
Allemagne. Bundesministerium für Gesundheit (BMG)
- Un ministère fédéral + 5 instituts qui en dépendent (Robert Koch Institut, Paul-Ehrlich-Institut, BfArM, BZgA, DIMDI)
- Les entités fédérées (Länder) ont des compétences concurrentes : elles peuvent légiférer tant que le niveau fédéral ne le fait pas
- La Gesundheitsministerkonferenz comme organe de coordination (comparable à la CIM belge, mais plus efficace grâce à une hiérarchie claire)
- Résultat : malgré 16 entités fédérées, il y a plus de cohérence qu'en Belgique avec ses 6 pouvoirs publics
Danemark
- Un ministère de la Santé au niveau national
- 5 régions responsables des hôpitaux
- 98 communes pour la prévention et les soins à domicile
- Quatre agences nationales : Autorité de la santé, Agence des médicaments, Autorité de la sécurité des patients, Autorité des données de santé
- Numérisation et benchmarking poussés (études de performance publiées par le ministère avec les régions)
- Plus de 80 % de satisfaction dans la population (OCDE)
- Dépenses de santé : 10,8 % du PIB, comparable à la Belgique (11,0 %) mais avec des résultats nettement meilleurs en prévention
Comparaison des dépenses (OCDE, 2021-2023) :
| Pays | Dépenses % PIB | Par habitant (US$) | Mortalité évitable |
|---|---|---|---|
| Belgique | 11,0 % | ±6.022 | Moyenne UE |
| Pays-Bas | 10,2 % | ±6.190 | Plus faible qu'en Belgique |
| Danemark | 10,8 % | ±7.140 | Nettement plus faible |
| Allemagne | 12,7 % | ±7.383 | Comparable |
| Moy. OCDE | ±9,2 % | ±4.714 | . |
La Belgique dépense relativement beaucoup mais consacre une part plus faible à la prévention et une part plus élevée aux soins hospitaliers que des pays comparables.
1D. Problèmes et critiques
1. Le morcellement des compétences est kafkaïen La Belgique a compté jusqu'en 2024 neuf ministres de la santé publique. Sous le gouvernement Arizona, ce nombre est réduit à six, mais les problèmes structurels demeurent :
- Soins curatifs = fédéral, soins préventifs = Communautés et Régions
- Les hôpitaux reçoivent un financement fédéral mais un agrément régional
- Ambulances fédérales, transport de malades régional
- La Conférence interministérielle Santé publique (CIM) tente de coordonner, mais n'a aucun pouvoir de décision contraignant
2. Le SPF lui-même est un hybride étrange Le SPF combine quatre domaines politiques radicalement différents sous un même toit :
- Soins de santé (hôpitaux, médecins)
- Chaîne alimentaire (avec l'AFSCA)
- Animaux et végétaux
- Environnement (climat, mer du Nord, substances chimiques) La logique en est historique (héritage de l'ancien ministère), pas fonctionnelle.
3. Chevauchements entre agences
- SPF Santé publique + AFSCA + AFMPS + Sciensano + KCE + INAMI. Six entités fédérales actives dans le domaine de la santé
- En 2016, un « Redesign » a été lancé pour intégrer huit institutions de santé. Ce processus avance lentement et de manière limitée.
- Depuis 2021, le SPF, l'INAMI et l'AFMPS partagent certes le même bâtiment (Service Center Gezondheid), mais l'intégration structurelle reste superficielle.
4. La prévention est le parent pauvre La Belgique consacre structurellement moins à la prévention que des pays comparables. La mortalité évitable y est nettement plus élevée qu'aux Pays-Bas ou au Danemark. Cela est aggravé par la scission des compétences : l'autorité fédérale finance les soins curatifs, mais la prévention relève des Communautés, qui ont moins de moyens.
5. Inégalité régionale La mortalité évitable est 40 % plus élevée en Wallonie et 20 % plus élevée à Bruxelles qu'en Flandre (KCE HSPA 2024). Cela révèle une inégalité structurelle dans le système.
6. Surconsommation Des feux rouges dans le rapport du KCE pour l'usage des antibiotiques, les antidépresseurs et l'accès inégal aux soins. La coordination entre la première ligne et les soins spécialisés obtient un score faible.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Les soins de santé sont majoritairement fédéraux, ce qui est logique pour un accès égal. Mais la scission préventif/curatif place la prévention à un niveau inférieur, avec moins de moyens. Les missions environnementales sont en partie mieux situées au niveau régional. |
| 2 | Transparence | ❌ | Le citoyen ne peut pas voir qui est responsable. Six ministres, des dizaines d'agences, des compétences qui se chevauchent. Personne n'est vraiment interpellable. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Fiscal gap classique : financement fédéral (INAMI) mais agrément régional des hôpitaux. Qui décide ne paie pas, qui paie ne décide pas. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Quatre domaines politiques sous un seul SPF qui ont peu à voir les uns avec les autres. Six institutions fédérales de santé côte à côte. Six ministres. Explicable à un jeune de 16 ans ? Absolument pas. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Avec 1.500 collaborateurs, le SPF est en soi assez grand. Mais le morcellement entre agences (Sciensano ±700, AFMPS, AFSCA, KCE, INAMI) fait qu'aucune entité n'a la vue d'ensemble. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Il n'existe aucun système de compétences concurrentes. Il y a une scission rigide, ancrée dans la Constitution, que personne ne peut modifier sans majorités spéciales. Aucune marge d'innovation pour les entités fédérées. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | Le KCE mesure les performances (HSPA), mais les résultats débouchent rarement sur une correction structurelle. Les feux rouges restent rouges sur plusieurs éditions. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | La plateforme eHealth existe et fonctionne en partie (prescription électronique, eHealthBox), mais l'intégration entre les niveaux est défaillante. Le once only reste un avenir lointain. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas, le Danemark et l'Allemagne montrent tous que cela peut être plus simple et plus efficace. La Belgique ignore structurellement ces modèles. |
Synthèse : 0 ✅ · 4 ⚠️ · 5 ❌
Le SPF Santé publique échoue sur les principes les plus fondamentaux : la transparence, la simplicité et le lien entre responsabilité et financement. Les gains les plus importants se situent au niveau de la simplicité (démêler l'écheveau institutionnel), de la transparence (un seul ministre, un seul point de contact) et des compétences concurrentes (donner aux entités fédérées de la marge pour innover en prévention).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé le SPF est organisé sur des bases fondamentalement différentes : scindé en unités logiques et intégré avec les agences apparentées.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Scinder le SPF en deux entités logiques :
- Le ministère fédéral de la Santé intègre l'actuelle DG Soins de santé, la DG Préparation et Réponse, Medex, et absorbe les missions stratégiques de l'INAMI, de l'AFMPS et du KCE. Un seul ministre, une seule organisation, un seul point de contact.
- La DG Animaux, Végétaux et Alimentation part à l'AFSCA (qui assure déjà les missions d'inspection. Fusion logique)
- La DG Environnement part aux entités fédérées (compétence régionale, comme elle l'est déjà largement en pratique)
Un seul ministre de la Santé publique au niveau fédéral. Pas quatre. Pas six. Un seul.
Prévention et soins curatifs sous la même autorité :
- Une législation-cadre fédérale pour la prévention (exigences minimales, financement)
- Les entités fédérées exécutent avec des compétences concurrentes (modèle allemand) : elles peuvent aller au-delà du minimum fédéral
- Fin de la scission artificielle qui fait de la prévention un parent pauvre
Service Center Gezondheid → Agence fédérale de la Santé :
- L'actuelle co-implantation du SPF, de l'INAMI et de l'AFMPS devient une véritable fusion
- Une seule organisation qui gère à la fois la politique, le financement, les médicaments et le centre d'expertise
- Sur le modèle de l'écosystème néerlandais du VWS
Pilotage par les résultats ancré :
- Le tableau de bord de KPI (bâti sur le HSPA du KCE) devient contraignant
- Les feux rouges doivent déboucher sur un plan d'action dans les 2 ans
- Reddition de comptes continue au parlement (reddition de comptes numérique permanente)
Modèle international : les Pays-Bas (VWS) pour la structure, le Danemark pour la numérisation et le benchmarking, l'Allemagne pour les compétences concurrentes en prévention.
Gain d'efficience estimé :
- Réduction de 6 à 1 ministre de la santé publique = moins de coûts de coordination, décisions plus rapides
- Intégration de 6 entités fédérales de santé → moins de frais de structure, moins de doublons
- Meilleure prévention → coûts curatifs plus bas à terme (l'OCDE estime le ROI de la prévention entre 1:4 et 1:14)
- Estimation prudente : 50 à 100 M€/an d'économie administrative + un gain de santé significatif à moyen terme
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : fusion du SPF Santé publique + intégration stratégique de l'AFMPS et du KCE → Agence fédérale de la Santé
- Années 2-3 : transfert de la DG Environnement aux entités fédérées, de la DG Animaux, Végétaux et Alimentation à l'AFSCA
- Années 3-5 : législation-cadre sur les compétences concurrentes en prévention
- Nécessite : des lois ordinaires pour la fusion, une loi spéciale pour le transfert de compétence en prévention
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SPF Santé publique. Réformé Six institutions fédérales de santé et six ministres pour un seul domaine : ce n'est pas un système, c'est le chaos. HART en fait une seule Agence fédérale de la Santé, avec un seul ministre, et donne aux entités fédérées une vraie marge pour la politique de prévention.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le SPF Santé publique est l'un des neuf services publics fédéraux, créé en 2001, avec ±1.500 collaborateurs. Le SPF combine quatre domaines politiques qui ont peu à voir les uns avec les autres : les soins de santé, la chaîne alimentaire, les animaux et les plantes, et l'environnement. À côté du SPF, cinq autres institutions fédérales sont actives dans la santé : l'INAMI (±45 milliards d'euros de budget), l'AFMPS (médicaments), Sciensano (recherche), le KCE (centre d'expertise) et l'AFSCA (sécurité alimentaire). La Belgique a six ministres de la santé publique. Jusqu'en 2024, ils étaient neuf.
Ce qui ne va pas
La politique de santé belge souffre de trois problèmes structurels.
Premièrement, le morcellement des compétences. Les soins curatifs sont fédéraux, la prévention relève des Communautés et des Régions. Cela paraît logique, mais le résultat est absurde : le dépistage du cancer est organisé par les Régions, mais les tests sont remboursés par l'INAMI (fédéral). Les services d'ambulance sont fédéraux, le transport de malades est régional. Les hôpitaux reçoivent un financement fédéral mais un agrément régional. Personne n'a la vue d'ensemble, tout le monde renvoie la balle à l'autre.
Deuxièmement, la prolifération institutionnelle. Six entités fédérales font de la santé, chacune avec sa propre direction, son propre budget, ses propres systèmes informatiques. En 2016, un « Redesign » a été lancé pour rationaliser tout cela. Dix ans plus tard, le résultat est que trois institutions partagent le même bâtiment. Mais structurellement, rien n'a changé.
Troisièmement, la négligence de la prévention. La Belgique consacre structurellement moins à la prévention que des pays comparables. Le résultat : la mortalité évitable est 40 % plus élevée en Wallonie et 20 % plus élevée à Bruxelles qu'en Flandre (KCE HSPA 2024). La surconsommation d'antibiotiques et d'antidépresseurs reçoit depuis des années un « feu rouge » dans les mesures de performance, sans que rien ne change structurellement.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, tout relève du Ministerie van VWS : un ministre, deux secrétaires d'État, trois directions générales, et des agences (RIVM, IGJ, CBG) qui opèrent clairement sous la même coupole. Prévention et soins curatifs relèvent de la même ministre. Le résultat : une mortalité évitable plus faible, une satisfaction des patients plus élevée, une meilleure coordination. Avec des dépenses plus faibles en pourcentage du PIB (10,2 % contre 11,0 % en Belgique).
Au Danemark, le ministère de la Santé coordonne au niveau national, avec cinq régions pour les hôpitaux et 98 communes pour la prévention et les soins à domicile. Quatre agences nationales couvrent l'ensemble. La numérisation est très avancée et la satisfaction de la population dépasse 80 %.
En Allemagne, le BMG fédéral compte cinq instituts qui en dépendent et les 16 entités fédérées travaillent avec des compétences concurrentes : elles peuvent légiférer tant que le niveau fédéral ne le fait pas. Cela évite l'impasse belge où personne ne peut rien changer.
Ce que HART propose
HART réforme le SPF Santé publique en trois étapes.
Étape 1 : nous fusionnons le SPF Santé publique avec les fonctions stratégiques de l'AFMPS et du KCE en une seule Agence fédérale de la Santé. Une seule organisation qui combine la politique, le financement, la surveillance des médicaments et la construction des connaissances. L'INAMI subsiste comme organe d'exécution de l'assurance maladie, mais fait rapport à l'agence.
Étape 2 : nous détachons les missions non liées à la santé. La DG Animaux, Végétaux et Alimentation part à l'AFSCA. Qui assure déjà ces missions d'inspection. La DG Environnement part aux entités fédérées, où l'environnement est déjà largement une compétence régionale.
Étape 3 : nous instaurons des compétences concurrentes pour la prévention, sur le modèle allemand. L'autorité fédérale fixe des exigences minimales (programmes de dépistage, taux de vaccination, soins de santé mentale). Les entités fédérées peuvent aller plus loin. Ainsi, la prévention reçoit l'attention et le financement qu'elle mérite.
Un seul ministre de la santé publique au niveau fédéral. Pas quatre, pas six. Un seul.
Ce que cela rapporte
Une politique de santé enfin organisée de manière logique. Un seul point de contact pour le citoyen au lieu d'un labyrinthe d'agences. Des décisions plus rapides, en éliminant la coordination entre six ministres. Une estimation prudente de 50 à 100 millions d'euros par an d'économie administrative grâce à l'intégration des institutions fédérales de santé. Et le plus important : une meilleure politique de prévention qui, à terme, sauve des vies et fait baisser les coûts curatifs. L'OCDE estime le rendement des investissements en prévention entre 1:4 et 1:14. Chaque euro consacré à la prévention économise quatre à quatorze euros de frais de maladie.