SPF Emploi, Travail et Concertation sociale : audit
Date : 2026-03-28 Ligne : SPF Emploi & Concertation sociale Catégorie : SPF (services publics fédéraux) Statut proposé : 🟠 Réformé : réorganisation fondamentale avec transfert de la coordination de l'activation aux entités fédérées
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale (SPF ETCS) est l'un des neuf services publics fédéraux de Belgique. Le SPF a été créé en 2002 dans le cadre de la réforme Copernic, en succession de l'ancien ministère de l'Emploi et du Travail.
Base juridique : le SPF opère dans le cadre des compétences fédérales en matière de droit du travail, de relations collectives de travail et de bien-être au travail, fixées dans la Constitution et diverses lois fédérales (loi sur le travail de 1971, loi sur le bien-être de 1996, loi sur les CCT de 1968, Code pénal social).
Niveau de pouvoir : fédéral.
Ministre compétent : ministre de l'Emploi (dans l'actuel gouvernement Arizona : David Clarinval).
Personnel (2025) :
- 1.094 membres du personnel en personnes physiques (PP)
- 1.002,8 équivalents temps plein (ETP)
- Tendance à la baisse : de 1.312 PP en 2015 à 1.094 en 2025 (-17 % en 10 ans)
- Répartition linguistique : 589 néerlandophones, 502 francophones, 3 d'une autre langue
Budget : le budget de fonctionnement du SPF ETCS est estimé à environ 80 à 90 millions d'euros par an (frais de personnel et de fonctionnement). Le SPF gère en outre des budgets de programmes pour, entre autres, le Fonds de l'expérience professionnelle et des projets d'économie sociale, mais il n'est pas responsable des grands budgets d'allocations (qui relèvent de l'ONSS, de l'ONEM et de l'INAMI).
Structure organisationnelle :
4 services d'encadrement horizontaux :
- Services d'encadrement du Président (DIV)
- Personnel et Organisation (P&O)
- Budget et Contrôle de la gestion (B&CG)
- ICT
5 directions générales opérationnelles :
- DG Relations collectives de travail (CCT) secrétariat des commissions paritaires, dépôt des CCT, concertation sociale
- DG Relations individuelles du travail (RIT) droit du travail, contrats de travail, protection de la rémunération
- DG Humanisation du travail (HUT) politique de bien-être, risques psychosociaux, ergonomie
- DG Contrôle des lois sociales (CLS) inspection du travail pour la législation sociale (8 directions régionales)
- DG Contrôle du bien-être au travail (CBE) inspection sécurité et santé (8 directions régionales)
Plus la coordination :
- SIRS (Service d'information et de recherche sociale) : coordination de la lutte contre la fraude sociale, relève de plusieurs ministres
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Faciliter la concertation sociale secrétariat de ±162 commissions et sous-commissions paritaires où employeurs et syndicats négocient des CCT. En 2023-2024, 2.700 à 2.800 CCT ont été déposées.
- Réglementation du travail réglementation relative aux contrats de travail, à la durée du travail, au travail à temps partiel, au travail intérimaire et à la protection de la rémunération.
- Bien-être au travail réglementation et inspection en matière de sécurité, de santé, de charge psychosociale et d'ergonomie.
- Inspection du travail deux services d'inspection :
- CLS : 23.333 enquêtes en 2024, 47.405 demandes d'information traitées
- CBE : inspection de la réglementation sur le bien-être sur les lieux de travail
- Lutte contre la fraude sociale via la coordination du SIRS : 137.796 enquêtes d'inspection sociale clôturées en 2024 (tous services d'inspection confondus), dont 8.723 sur le dumping social.
- Politique internationale représentation auprès de l'OIT, du Conseil Emploi de l'UE et de l'Autorité européenne du travail.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- L'ONSS perçoit les cotisations sociales, là où le SPF ETCS fixe le cadre de la législation du travail
- L'ONEM exécute l'assurance chômage, mais la politique d'activation est régionale (VDAB, Forem, Actiris)
- Le SPF Sécurité sociale prépare la politique de sécurité sociale (chevauchement dans la politique de bien-être et du marché du travail)
- Les services régionaux (VDAB, Forem, Actiris, ADG) sont responsables du placement et de l'activation depuis la sixième réforme de l'État (2014), mais la législation fédérale du travail reste au SPF ETCS
Indicateurs de performance : le SPF publie chaque année des chiffres d'inspection. Il n'existe aucune évaluation indépendante systématique de l'efficacité du système de concertation sociale dans son ensemble.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : Ministerie van Sociale Zaken en Werkgelegenheid (SZW)
Le modèle néerlandais est fondamentalement différent : un seul ministère combine le droit du travail, la sécurité sociale, la politique du marché du travail et l'inspection du travail sous un même toit. La Nederlandse Arbeidsinspectie est une organisation d'exécution qui relève du SZW et qui inspecte tant les conditions de travail que la législation sociale. Ce qui, en Belgique, est réparti entre plusieurs services (CLS, CBE, inspection de l'ONSS, inspection de l'INAMI).
Les Pays-Bas n'ont pas de commissions paritaires au sens belge. Les CCT sont négociées au niveau de l'entreprise ou du secteur et peuvent être rendues obligatoires par le ministre (AVV). C'est plus simple et plus rapide que le système belge avec ses 162 commissions.
Point crucial : aux Pays-Bas, il n'y a aucun découpage de la politique du marché du travail entre régions. L'UWV (Uitvoeringsinstituut Werknemersverzekeringen) opère au niveau national, avec les communes qui accompagnent les bénéficiaires de l'aide sociale. Un seul système national, pas quatre services régionaux.
Allemagne : Bundesministerium für Arbeit und Soziales (BMAS)
L'Allemagne combine, tout comme les Pays-Bas, politique de l'emploi et sécurité sociale dans un seul ministère fédéral (BMAS). La Bundesagentur für Arbeit (BA) exécute la politique du marché du travail au niveau national avec des bureaux régionaux, mais sous pilotage fédéral. Très différent du modèle belge où l'activation est entièrement régionale.
L'Allemagne connaît par contre des compétences concurrentes (art. 72 GG) : les entités fédérées peuvent légiférer tant que la Fédération ne le fait pas. Cela évite la situation belge où les compétences sont exclusives et où la coordination est laborieuse.
Danemark : Beskæftigelsesministeriet + flexicurité
Le Danemark est mondialement salué pour son modèle de flexicurité : un « triangle d'or » composé de (1) un licenciement flexible, (2) des allocations de chômage généreuses et (3) une politique active du marché du travail intensive.
- Le Danemark consacre ±2 % du PIB à la politique active du marché du travail. Le taux le plus élevé de l'OCDE
- Un seul ministère (Beskæftigelsesministeriet) coordonne l'ensemble
- La Styrelsen for Arbejdsmarked og Rekruttering (STAR) est l'agence d'exécution nationale
- Les communes exécutent la politique d'activation au niveau local, mais dans un cadre national strict avec des KPI mesurables
- Participation obligatoire à l'activation pour les allocataires
Différence essentielle avec la Belgique : au Danemark, il y a un seul cadre national avec une exécution locale. En Belgique, il y a un cadre fédéral (loi sur le travail) avec une exécution régionale (activation), sans coordination forte. Le pire des deux mondes.
1D. Problèmes et critiques
1. Morcellement de la politique du marché du travail L'OCDE a pointé à plusieurs reprises le découpage problématique de la politique du marché du travail en Belgique. Depuis la sixième réforme de l'État (2014), l'activation, le placement et la formation professionnelle sont entièrement régionaux, tandis que la législation du travail, la sécurité sociale et la politique salariale restent fédérales. Cela crée un fossé structurel : celui qui fait la politique (le SPF ETCS, fédéral) n'est pas celui qui l'exécute (VDAB, Forem, Actiris, régional).
L'OCDE écrit littéralement : "five consecutive reforms have transferred competences from the unitary Belgian level to regions and communities in a relatively piecemeal way, resulting in a rather complicated division of powers."
2. Un système de commissions paritaires dépassé La Belgique compte 98 commissions paritaires et 64 sous-commissions (162 au total), un système issu de l'histoire qui ne correspond plus au marché du travail moderne. Après l'introduction du statut unique (2014), la séparation entre ouvriers et employés a été formellement supprimée, mais beaucoup de commissions restent exclusivement réservées aux ouvriers ou aux employés. La réforme de ce paysage est promise depuis des années mais n'a guère avancé.
3. Sous-effectif de l'inspection Avec ±1.000 collaborateurs (en baisse) pour tout le pays, le SPF doit surveiller des millions de relations de travail. En 2024, 34 postes statutaires étaient encore vacants dans les services d'inspection. La recommandation de l'OIT est d'un inspecteur pour 10.000 travailleurs. La Belgique atteint cette norme, mais la complexité de la législation met la capacité sous pression.
4. Quatre services d'inspection, coordination insuffisante L'inspection sociale en Belgique est répartie entre quatre services fédéraux : le CLS et le CBE (SPF ETCS), l'inspection de l'ONSS et l'inspection de l'INAMI. Plus les services d'inspection régionaux. Le SIRS coordonne, mais n'est pas lui-même un service d'inspection. Les Pays-Bas ont résolu cela avec une seule Nederlandse Arbeidsinspectie intégrée.
5. Pas de numérique d'abord Les commissions paritaires et le dépôt des CCT fonctionnent encore largement sur papier et via des procédures dépassées. Il n'existe aucune plateforme en ligne où employeurs et travailleurs peuvent consulter en temps réel les CCT, les barèmes salariaux et les conditions de travail qui leur sont applicables.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La législation du travail relève à juste titre du fédéral (level playing field), mais la coupure avec la politique régionale d'activation crée un vide de coordination. L'exécution n'est pas assez proche du citoyen. |
| 2 | Transparence | ❌ | Savoir quelle CCT s'applique à un travailleur est souvent opaque. Le système de 162 commissions paritaires est à peine déchiffrable pour les citoyens et les PME. Qui fait quoi en matière d'inspection (CLS vs. CBE vs. ONSS vs. INAMI) n'est pas clair. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | Le SPF élabore le cadre politique, mais l'exécution (l'activation) est financée par des dotations régionales. Il y a un fiscal gap : celui qui décide de la loi sur le travail n'est pas celui qui paie les conséquences de la (non-)activation. |
| 4 | Simplicité | ❌ | 162 commissions paritaires. 4 services d'inspection fédéraux + l'inspection régionale. Loi fédérale sur le travail + activation régionale. L'un des systèmes les plus complexes d'Europe. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Le SPF lui-même a une taille suffisante (±1.000 collaborateurs), mais les 8 directions d'inspection régionales (par service d'inspection) sont étalées trop mince. Certaines commissions paritaires desservent des secteurs extrêmement petits. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | La répartition des compétences est exclusive, pas concurrente. Les Régions ne peuvent pas s'écarter de la loi fédérale sur le travail, même si elles veulent faire mieux. Aucune place pour l'innovation régionale en droit du travail. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | L'inspection publie bien des chiffres (23.333 enquêtes en 2024), mais il n'y a pas d'évaluation systématique du système de concertation sociale. Les 2.800 CCT par an sont-elles aussi évaluées sur leur impact ? Non. |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | Le dépôt des CCT se fait en grande partie sur papier. Il n'existe pas de portail citoyen où l'on peut facilement rechercher ses conditions de travail sur la base de sa commission paritaire. Les services d'inspection se numérisent lentement. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas, l'Allemagne et le Danemark combinent tous politique de l'emploi et sécurité sociale dans un seul ministère avec une inspection intégrée. La Belgique est unique par son morcellement. |
Synthèse : 0 ✅, 4 ⚠️, 5 ❌. Le SPF obtient de mauvais résultats en matière de simplicité, de transparence, de numérique d'abord et d'expérience éprouvée à l'étranger. Les gains les plus importants se situent dans : (1) la simplification des commissions paritaires, (2) l'intégration des services d'inspection et (3) la refonte de la répartition des compétences en matière de marché du travail.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé le SPF subsiste comme service fédéral central, mais il est fondamentalement réorganisé : inspection intégrée, concertation sociale simplifiée et nouveau mécanisme de coordination avec les entités fédérées.
3B. Proposition concrète
1. Une seule inspection du travail belge Fusionner le CLS (lois sociales), le CBE (bien-être au travail), l'inspection de l'ONSS et l'inspection de l'INAMI en une seule inspection du travail belge intégrée, sur le modèle néerlandais (Nederlandse Arbeidsinspectie). Un seul inspecteur qui contrôle tout lors d'une visite d'entreprise, au lieu de quatre services qui passent séparément. Gain d'efficience estimé : 15 à 20 % grâce à des frais de structure réduits et à une meilleure coordination.
2. Réduction de moitié des commissions paritaires Réduire les 162 commissions et sous-commissions paritaires à 50 commissions sectorielles au maximum, organisées autour de la réalité économique plutôt que de lignes de partage historiques. Supprimer définitivement la séparation entre ouvriers et employés dans la structure des commissions. Miser sur un registre numérique des CCT où chaque travailleur et chaque employeur peut trouver en trois clics les conditions qui lui sont applicables.
3. Compétences concurrentes pour le marché du travail Sur le modèle allemand (art. 72 GG) : faire de la régulation du marché du travail une compétence concurrente. L'autorité fédérale pose le socle (salaire minimum, droit du licenciement, sécurité sociale), mais les entités fédérées peuvent édicter des règles plus strictes ou plus innovantes (p. ex. des salaires minimums plus élevés, des régimes de temps de travail plus flexibles, des formes de contrat expérimentales). Cela stimule l'innovation et permet aux entités fédérées de répondre aux spécificités de leur marché du travail.
4. Plateforme de coordination du marché du travail Créer une plateforme interrégionale du marché du travail permanente (comparable au modèle danois du STAR), où le SPF ETCS, le VDAB, le Forem, Actiris et l'ADG fixent ensemble des KPI, partagent des données et évaluent les politiques. Sans caractère facultatif : des objectifs mesurables avec rapportage public.
5. Numérique d'abord
- Portail CCT en ligne avec fonction de recherche par secteur, fonction et région
- Dépôt et publication numériques des CCT (en temps réel)
- Portail d'inspection intégré pour les entreprises (guichet unique)
- Once only : les données d'entreprise ne sont transmises qu'une seule fois
Économies estimées :
- Fusion des services d'inspection : 10 à 15 M€/an (moins de frais de structure, ICT partagée)
- Réduction de moitié des commissions paritaires : 5 à 10 M€/an (moins de frais de secrétariat, procédures plus rapides)
- Économie opérationnelle totale : 15 à 25 M€/an
- Meilleure détection de la fraude grâce à l'inspection intégrée : potentiellement 50 à 100 M€/an de recettes supplémentaires (spéculatif ; non compris dans le total parce qu'il s'agit d'une hausse de recettes, pas d'une économie opérationnelle)
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : registre numérique des CCT + préparation de la fusion des services d'inspection
- Années 2-3 : cadre légal des compétences concurrentes + réduction de moitié des commissions paritaires
- Années 3-5 : mise en œuvre complète de l'inspection intégrée + plateforme de coordination opérationnelle
Modifications légales requises : loi spéciale (majorité des 2/3) pour les compétences concurrentes ; loi ordinaire pour la fusion des services d'inspection et la réforme des commissions paritaires.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Réformé La Belgique a quatre services d'inspection du travail distincts, 162 commissions paritaires et une politique du marché du travail morcelée entre le niveau fédéral et le niveau régional. Nous en faisons une seule organisation capable d'agir, avec une inspection intégrée, des commissions réduites de moitié et un système numérique où chaque travailleur et chaque employeur sait en trois clics à quoi s'en tenir.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale compte environ 1.000 collaborateurs et est responsable du droit du travail belge, de la concertation sociale et de l'inspection en matière de lois sociales et de bien-être au travail. Le SPF encadre la concertation dans 162 commissions et sous-commissions paritaires, où quelque 2.800 conventions collectives de travail sont conclues chaque année. Deux services d'inspection. Le Contrôle des lois sociales (CLS) et le Contrôle du bien-être au travail (CBE) : ils ont réalisé ensemble des dizaines de milliers de contrôles en 2024.
Mais le SPF n'est qu'une pièce d'un puzzle complexe. L'inspection du travail est répartie entre quatre services fédéraux (CLS, CBE, inspection de l'ONSS, inspection de l'INAMI), plus les services régionaux. La politique du marché du travail elle-même est découpée : la législation du travail et la sécurité sociale sont fédérales, mais l'activation et le placement sont entièrement régionalisés depuis 2014 (VDAB, Forem, Actiris, ADG).
Ce qui ne va pas
Le problème fondamental est le morcellement. À trois niveaux à la fois.
Inspection : quatre services d'inspection fédéraux, chacun avec sa propre structure, ses propres systèmes ICT et sa propre couche de management, contrôlent chacun un aspect différent du même lieu de travail. Une entreprise peut recevoir quatre visites de quatre inspecteurs différents qui ne savent pas ce que l'autre a déjà contrôlé. Le SIRS coordonne, mais n'est pas lui-même un service d'inspection. Aux Pays-Bas, un seul inspecteur fait tout en une seule visite.
Concertation sociale : 162 commissions paritaires, c'est un cas unique en Europe. Beaucoup de commissions couvrent des secteurs minuscules ou sont des reliques historiques de l'époque de la séparation entre ouvriers et employés. Une séparation qui n'existe plus juridiquement depuis le statut unique de 2014, mais qui survit dans la structure des commissions. Pour les employeurs (surtout les PME), c'est un labyrinthe : quelle commission s'applique, quelles CCT sont en vigueur, quels barèmes salariaux. Cela coûte du temps et de l'argent d'y voir clair.
Répartition des compétences : l'OCDE qualifie le système belge de "a rather complicated division of powers." Celui qui fait le droit du travail (le fédéral) n'est pas celui qui exécute l'activation (le régional). Il n'existe aucun mécanisme structurel de coordination. Le résultat : quatre services régionaux de placement qui ont chacun leur propre approche, sans KPI partagés, sans benchmarking, sans pression pour apprendre les uns des autres.
Comment cela fonctionne ailleurs
Pays-Bas : un seul Ministerie van Sociale Zaken en Werkgelegenheid (SZW) combine droit du travail, sécurité sociale et politique du marché du travail. La Nederlandse Arbeidsinspectie est un service intégré unique qui combine lois sociales, conditions de travail et lutte contre la fraude. Les CCT sont conclues au niveau du secteur ou de l'entreprise et rendues obligatoires par le ministre. Sans 162 commissions.
Danemark : le modèle de flexicurité combine un licenciement flexible avec des allocations généreuses et une activation intensive. Un seul ministère coordonne l'ensemble. Les communes exécutent la politique d'activation, mais dans un cadre national strict avec des objectifs mesurables. Le Danemark consacre ±2 % du PIB à la politique active du marché du travail. Le taux le plus élevé de l'OCDE. Et il affiche un taux d'emploi de près de 80 %.
Allemagne : le BMAS (Bundesministerium für Arbeit und Soziales) combine politique de l'emploi et politique sociale dans un seul ministère fédéral. La Bundesagentur für Arbeit exécute au niveau national avec des bureaux régionaux. Point crucial : l'Allemagne connaît les compétences concurrentes. Les entités fédérées peuvent légiférer tant que la Fédération ne le fait pas, ce qui stimule l'innovation sans miner la coordination.
Ce que HART propose
Une seule inspection du travail belge. Fusionner les quatre services d'inspection fédéraux (CLS, CBE, inspection de l'ONSS, inspection de l'INAMI) en une seule organisation capable d'agir. Un seul inspecteur par visite d'entreprise, qui contrôle tout. Un seul système ICT. Une seule couche de management. Sur le modèle de la Nederlandse Arbeidsinspectie.
Réduction de moitié des commissions paritaires. De 162 à 50 commissions sectorielles au maximum, organisées autour de la réalité économique d'aujourd'hui. Fin de la séparation historique entre ouvriers et employés dans la structure des commissions. Chaque commission reçoit une taille minimale (p. ex. plus de 10.000 travailleurs) pour pouvoir fonctionner de manière professionnelle.
Un registre numérique des CCT. Un seul portail en ligne où chaque travailleur et chaque employeur peut voir en trois clics : quelle commission s'applique, quelles CCT sont en vigueur, quels barèmes salariaux s'appliquent, et quels sont les droits et les devoirs. En temps réel, toujours à jour.
Compétences concurrentes. Sur le modèle allemand : l'autorité fédérale pose le socle (salaire minimum, droit du licenciement, sécurité sociale), mais les entités fédérées peuvent innover. La Flandre veut expérimenter des régimes de temps de travail plus flexibles ? La Wallonie veut des règles plus strictes pour le travail intérimaire ? Cela doit être possible. Pour autant que le socle fédéral soit respecté.
Une plateforme interrégionale du marché du travail. Un organe de coordination permanent où le fédéral et le régional fixent ensemble des KPI, partagent les données et comparent les résultats. Rapportage public. Sans caractère facultatif. Sur le modèle danois du STAR.
Ce que cela rapporte
- Simplicité : de 4 services d'inspection à 1. De 162 commissions à 50. Compréhensible pour le citoyen et pour l'entreprise.
- Économie : estimée à 15 à 25 M€/an de frais de structure. Les 50 à 100 M€/an potentiels d'une meilleure détection de la fraude sont des recettes supplémentaires spéculatives, pas une économie opérationnelle, et ne sont pas comptés dans le total.
- Meilleur service : une seule visite d'entreprise au lieu de quatre. Un seul portail numérique pour toutes les conditions de travail.
- Innovation : les compétences concurrentes donnent aux entités fédérées la marge d'expérimenter et d'apprendre les unes des autres.
- Taux d'emploi plus élevé : une meilleure coordination entre la législation du travail et l'activation peut contribuer à l'ambition de porter le taux d'emploi belge à 80 %.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Infocenter Belgium. Statistieken FOD WASO | https://infocenter.belgium.be/nl/statistieken/fod-werkgelegenheid-arbeid-en-sociaal-overleg | 2025 | Chiffres de personnel (1.094 PP, 1.002,8 ETP), tendance 2015-2025 |
| Werkenvoor.be. FOD WASO als werkgever | https://werkenvoor.be/nl/onze-werkgevers/fod-werkgelegenheid-arbeid-en-sociaal-overleg | 2025 | Structure organisationnelle, ±1.000 collaborateurs, missions principales |
| Wikipedia NL. FOD Werkgelegenheid | https://nl.wikipedia.org/wiki/Federale_Overheidsdienst_Werkgelegenheid,_Arbeid_en_Sociaal_Overleg | 2025 | Création en 2002, directions générales, réforme Copernic |
| FOD WASO. Arbeidsinspectie TSW | https://werk.belgie.be/nl/over-de-fod/structuur-van-de-fod/arbeidsinspectie-ad-toezicht-op-de-sociale-wetten | 2025 | Structure du service d'inspection, 8 directions régionales |
| FOD WASO. Cijfer van de maand 2024 | https://werk.belgie.be/nl/nieuws/cijfer-van-de-maand-23333-onderzoeken-uitgevoerd-2024-door-de-arbeidsinspectie-toezicht-op | 2025 | 23.333 enquêtes du CLS en 2024, 47.405 demandes d'information |
| FOD WASO. Sectoraal overleg 2023-2024 | https://werk.belgie.be/nl/blog/rapport-over-de-resultaten-van-het-sectoraal-overleg-2023-2024 | 2024 | 97 % de commissions avec accord, 2.700 à 2.800 CCT |
| FOD WASO. Paritaire comités | https://werk.belgie.be/nl/themas/paritaire-comites-en-collectieve-arbeidsovereenkomsten-caos/paritaire-comites | 2025 | 98 CP + 64 sous-commissions = 162 au total |
| FOD WASO. Sociaal overleg | https://werk.belgie.be/nl/themas/sociaal-overleg | 2025 | Structure du système de concertation sociale |
| SPF Emploi. Présentation | https://emploi.belgique.be/fr/propos-du-spf/presentation | 2025 | Mission et organisation, description francophone |
| SIOD. Actieplan 2023-2024 | https://www.siod.belgie.be/sites/default/files/Downloads/Actieplan/SIOD_Actieplan_2023_2024_FR_Small.pdf | 2024 | 137.796 enquêtes en 2024, 8.723 en dumping social |
| OESO. Building Flexibility and Accountability in Belgian Employment Services | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2011/10/building-flexibility-and-accountability-into-local-employment-services-country-report-for-belgium_g17a2037/5kg3mkv0448s-en.pdf | 2011 | Morcellement de la répartition des compétences, "piecemeal transfers" |
| OESO. Belgium Economic Survey 2024 | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2024/09/oecd-economic-surveys-belgium-2024_578fb44b/c671124e-en.pdf | 2024 | Réforme du marché du travail, morcellement régional |
| OESO. Government at a Glance 2025: Belgium | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/06/government-at-a-glance-2025-country-notes_9de36e82/belgium_6e64e385/52bf90a7-en.pdf | 2025 | Structure des pouvoirs publics en Belgique |
| Government.nl. SZW organisatiestructuur | https://www.government.nl/ministries/ministry-of-social-affairs-and-employment/organisational-structure | 2025 | Modèle néerlandais : un seul ministère, inspection intégrée |
| Nederlandse Arbeidsinspectie | https://www.nllabourauthority.nl/ | 2025 | Modèle d'inspection intégrée aux Pays-Bas |
| STAR Denemarken. Flexicurity | https://www.star.dk/en/about-the-danish-agency-for-labour-market-and-recruitment/flexicurity | 2025 | Modèle danois de flexicurité, triangle d'or |
| AEA. Danish Flexicurity: Rights and Duties | https://www.aeaweb.org/articles?id=10.1257/jep.36.4.81 | 2022 | 2 % du PIB en ALMP, activation obligatoire |
| BMAS Duitsland | https://www.bmas.de/EN/Ministry/ministry.html | 2025 | Modèle allemand : ministère combiné du travail et des affaires sociales |
| Belgiumdata.com. Belgium lags Netherlands by 530.000 jobs | https://belgiumdata.com/en/belgium-labor-market-2025-data-dutch-comparison-reforms | 2025 | Comparaison du marché du travail BE et NL |
| European Labour Authority. Belgium | https://www.ela.europa.eu/en/country/belgium | 2025 | Politique de l'emploi fédérale et régionale en Belgique |
| Rekenhof. Verslag FOD WASO/RSZ samenwerking | https://cnt-nar.be/sites/default/files/documents/nl/Rapport-Rekenhof-2021-NL_0.pdf | 2021 | Audit de la Cour des comptes sur la collaboration des services d'inspection |
Résumé
Le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale est une organisation qui fonctionne mais fortement fragmentée, active dans l'une des structures de marché du travail les plus complexes d'Europe. La combinaison de quatre services d'inspection, de 162 commissions paritaires et d'un découpage fédéral-régional de la politique du marché du travail rend le système opaque, coûteux et lent.
HART propose une réforme en profondeur : inspection intégrée (modèle néerlandais), réduction de moitié des commissions paritaires, registre numérique des CCT, compétences concurrentes (modèle allemand) et plateforme de coordination interrégionale (modèle danois). L'objectif : une politique du marché du travail aussi transparente, efficiente et orientée résultats que celle de nos pays voisins.