Fiscalité locale : additionnels à l'IPP + précompte immobilier
Audit réalisé : 2026-04-01 Statut : 🟠 Nouveau/réformé Catégorie : Communes. Financement
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
La fiscalité locale en Belgique repose sur deux piliers : la taxe additionnelle à l'impôt des personnes physiques (additionnels à l'IPP) et les centimes additionnels au précompte immobilier (PrI). Ensemble, ils représentent environ 80 % des recettes fiscales des 565 communes belges.
Taxe additionnelle à l'impôt des personnes physiques (additionnels à l'IPP) : les communes prélèvent un pourcentage au-dessus de l'impôt fédéral des personnes physiques. Le conseil communal fixe le taux chaque année. En 2026, la moyenne flamande s'élève à 7,22 % (médiane nationale : 7,5 %). Les taux varient de 0 % (Knokke-Heist, Coxyde) à 9 % (Messines). L'autorité fédérale perçoit ces additionnels en même temps que l'impôt des personnes physiques et les reverse aux communes. Un système qui existe depuis des décennies.
Centimes additionnels au précompte immobilier (PrI) : les communes prélèvent des centimes additionnels au-dessus du prélèvement de base régional sur le revenu cadastral (RC). En Flandre, le taux de base régional s'élève à 3,97 %. Les communes y ajoutent des centimes additionnels. La moyenne nationale s'élève en 2026 à 916 centimes additionnels. La moyenne bruxelloise se situe à 2.940 centimes additionnels. Les provinces prélèvent elles aussi des centimes additionnels (en moyenne ±1.485 en Flandre).
Base juridique : article 170 §4 de la Constitution (pouvoir fiscal communal), Vlaamse Codex Fiscaliteit (code fiscal flamand, PrI), Code des impôts sur les revenus 1992 (additionnels à l'IPP). La loi spéciale de financement règle la répartition des moyens.
Recette totale (2024) :
- PrI : ±3 milliards d'euros (45 % des impôts communaux)
- Additionnels à l'IPP : ±2,6 milliards d'euros (38 % des impôts communaux)
- Autres impôts propres : ±1,1 milliard d'euros (17 %)
- Total des recettes fiscales des communes : ±6,7 milliards d'euros (en moyenne 995 euros par habitant)
Perception : les additionnels à l'IPP sont perçus par le SPF Finances et reversés ensuite. Le PrI est perçu en Flandre par le Vlaamse Belastingdienst (VLABEL, service flamand des impôts), en Wallonie par le SPW Fiscalité, et à Bruxelles par Bruxelles Fiscalité.
1B. Que fait-il en pratique ?
Dépendance financière : les recettes fiscales propres (additionnels à l'IPP + PrI + autres) ne représentent qu'environ 38 % des recettes totales des communes flamandes. Les subsides et les dotations. Dont le Fonds des communes (±3 milliards d'euros par an en Flandre) : représentent environ 44 % des recettes. Les villes-centres sont encore plus dépendantes : jusqu'à 55 % de leurs recettes proviennent de subsides. Cela crée une dépendance structurelle vis-à-vis des niveaux de pouvoir supérieurs.
Le problème du RC : le précompte immobilier est basé sur le revenu cadastral, qui reflète la valeur locative estimée d'un bien au 1er janvier 1975. La révision décennale (« péréquation ») prévue par la loi n'a jamais eu lieu depuis. Depuis 1991, les RC sont bien indexés chaque année (coefficient d'indexation 2025 : 2,2446), mais cette indexation linéaire n'absorbe pas les énormes écarts de prix du marché immobilier. Résultat : un logement situé dans un quartier urbain en vogue, avec un RC fixé en 1975, paie relativement beaucoup moins de PrI qu'un bien équivalent ailleurs. C'est structurellement injuste.
De grandes différences régionales et locales : deux ménages au profil identique et au logement comparable peuvent payer jusqu'à 1.000 euros par an de différence d'impôt local, uniquement à cause de la commune où ils habitent (RTBF, 2026). En 2026, 86 communes ont augmenté leurs centimes additionnels au PrI et 46 leur taux d'additionnels à l'IPP. 24 communes ont augmenté les deux en même temps.
Chevauchement dans la perception : les additionnels à l'IPP sont perçus au niveau fédéral (SPF Finances), le PrI au niveau régional (trois services différents : VLABEL, SPW Fiscalité, Bruxelles Fiscalité). La commune fixe le taux mais ne perçoit rien elle-même. Cela crée une chaîne complexe d'échanges d'informations et de reversements, avec des retards.
Aucun lien avec les performances : il n'existe pas le moindre lien entre la pression fiscale locale et la qualité du service. Une commune peut augmenter ses taux sans aucune reddition de comptes sur ce que le citoyen reçoit en retour. Les indicateurs de performance ne sont pratiquement pas utilisés dans la fiscalité locale.
1C. Comparaison internationale
Les Pays-Bas. L'OZB basé sur la valeur de marché actuelle (WOZ) : L'impôt foncier néerlandais (onroerendezaakbelasting, OZB) est calculé sur la base de la valeur WOZ, fixée chaque année par des experts en fonction de la valeur de marché actuelle (date de référence : le 1er janvier de l'année précédente). Les communes fixent le taux de l'OZB comme un pourcentage de la valeur WOZ. Le système est transparent : les citoyens reçoivent chaque année une décision WOZ et peuvent introduire une réclamation. Il n'existe pas d'impôt local additionnel sur les revenus aux Pays-Bas. Les communes n'ont pas de centimes additionnels sur l'impôt sur les revenus. La principale source de recettes locales est l'OZB, plus les transferts du Fonds des communes (±74,7 % des recettes locales proviennent de transferts). Les communes néerlandaises sont donc fortement dépendantes de l'État, mais leur impôt foncier est au moins basé sur des valeurs actuelles.
Le Danemark. L'impôt communal sur les revenus (kommuneskat) : Le système danois donne aux communes une autonomie fiscale très large. Les communes lèvent leur propre impôt sur les revenus (kommuneskat) : en moyenne 25,1 % en 2025, variant de ±23,4 % (Rudersdal) à ±26,3 % (plusieurs communes). Cela représente 88,7 % des recettes fiscales locales. Les communes ont une liberté totale pour fixer le taux. Le Danemark compte 98 communes (après la vague de fusions de 2007, en baisse depuis 271), soit ±60.000 habitants en moyenne. Le système est transparent : chaque citoyen sait exactement combien il paie à sa commune. Dépenses locales par habitant : 18.470 euros par an. Les plus élevées d'Europe.
L'Allemagne. Gewerbesteuer + Grundsteuer avec Hebesatz : Les communes allemandes lèvent deux grands impôts propres : la Gewerbesteuer (impôt sur les entreprises, ±55 milliards d'euros par an) et la Grundsteuer (impôt foncier). Les deux fonctionnent avec un Hebesatz (taux de prélèvement) que le conseil communal fixe lui-même. Le Hebesatz de la Gewerbesteuer varie de 200 % à 500 %, celui de la Grundsteuer de ±200 % à ±900 %. La Gewerbesteuer est la principale source de recettes propres des communes allemandes. En 2025, une réforme en profondeur de la Grundsteuer a été menée, avec une évaluation sur des valeurs actuelles. Précisément la révision que la Belgique reporte depuis 50 ans. Les communes prennent aussi une part dans l'Einkommensteuer (15 %) et l'Umsatzsteuer (TVA, 2,2 %).
La Suisse. Un système fiscal entièrement communal : Les communes suisses lèvent un impôt propre sur les revenus comme supplément à l'impôt cantonal, de manière analogue au système belge, mais avec une évaluation actuelle des valeurs immobilières et beaucoup plus de transparence. Le supplément communal (« Steuerfuss ») est fixé démocratiquement chaque année.
1D. Problèmes et critiques
Un revenu cadastral basé sur les valeurs de 1975. La révision décennale légalement obligatoire n'a plus été effectuée depuis 50 ans. C'est l'injustice structurelle la plus lourde de la fiscalité locale belge. L'immobilier est taxé sur la base de valeurs locatives fictives d'il y a un demi-siècle.
Aucune transparence sur les recettes locales. Les additionnels à l'IPP sont un centime additionnel sur l'impôt fédéral des personnes physiques. Le citoyen voit cela comme « des impôts » tout court, pas comme une contribution communale. Au Danemark, chaque citoyen sait exactement ce qu'il paie à sa commune ; en Belgique, c'est caché dans l'avertissement-extrait de rôle fédéral.
Une dépendance extrême aux transferts. Avec seulement ±38 % de recettes fiscales propres, les communes belges sont structurellement dépendantes des dotations. Cela mine le principe « qui décide, paie » et rend les communes vulnérables aux économies décidées par les niveaux de pouvoir supérieurs.
Trois services de perception pour le PrI. Le précompte immobilier est perçu par un service différent dans chaque Région (VLABEL, SPW, Bruxelles Fiscalité), chacun avec ses propres logiciels, ses procédures et ses délais de reversement. Pas d'avantages d'échelle, mais de la complexité.
Aucun lien avec les performances. Il n'existe aucun mécanisme qui lie des impôts locaux plus élevés à un meilleur service. Les communes peuvent augmenter leurs taux sans reddition de comptes.
Les centimes additionnels provinciaux comme couche supplémentaire. Les provinces prélèvent elles aussi des centimes additionnels au PrI. En moyenne ±1.485 en Flandre. En cas de suppression des provinces (proposition de HART), ce flux de recettes doit être redistribué.
Le refus politique de réviser le RC. Toute tentative de péréquation est bloquée politiquement parce qu'elle confronterait les propriétaires ayant un RC faible à un impôt plus élevé. Le résultat est un système structurellement injuste, mais politiquement intouchable.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ Partiel | Les communes fixent les taux. C'est bien. Mais elles ne perçoivent rien elles-mêmes (fédéral ou régional), et la fixation du RC est entièrement fédérale, sans actualisation. Le niveau le plus proche décide en partie, mais n'a aucun contrôle sur la base imposable. |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | Le citoyen ne reçoit pas d'avertissement-extrait de rôle communal distinct. Les additionnels à l'IPP sont cachés dans l'enrôlement fédéral. Le PrI repose sur un RC incompréhensible datant de 1975. Personne ne comprend combien il paie à sa commune. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ Échec | Les communes ne déterminent elles-mêmes qu'environ 38 % de leurs recettes. 44 % viennent de transferts. Qui décide ne paie pas. Il y a un énorme fiscal gap. Cela mine fondamentalement la reddition de comptes démocratique. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | Trois services de perception (VLABEL, SPW, Bruxelles Fiscalité), deux types d'impôts (additionnels à l'IPP + PrI), les centimes additionnels provinciaux par-dessus, une indexation du RC que personne ne comprend, et un système de reversement avec des retards. Un jeune de 16 ans ne comprend pas cela. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | Les 565 communes varient énormément (Herstappe : 83 habitants contre Anvers : 530.000). Beaucoup de petites communes n'ont pas l'échelle nécessaire pour une gestion financière professionnelle. Mais le système fiscal lui-même ne connaît pas de problème d'échelle. Le problème se situe au niveau des communes elles-mêmes. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ Partiel | Les communes se font déjà concurrence dans les faits par les taux (Knokke à 0 % d'additionnels à l'IPP pour attirer les personnes aisées). Mais cette concurrence est opaque et non encadrée. Il n'existe pas de minimum fédéral pour les additionnels à l'IPP (il y a bien une fourchette de fait). La concurrence fiscale entre communes est une réalité, mais sans règles du jeu. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ Échec | Pas de KPI qui relient la pression fiscale locale au service rendu. Pas de benchmarking entre communes sur le rapport qualité-prix. Les taux sont fixés sur la base d'arbitrages politiques, pas de performances. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | Les avertissements-extraits de rôle sont disponibles en version numérique via MyMinfin/Tax-on-web (additionnels à l'IPP) et les portails régionaux (PrI). Mais il n'existe pas de tableau de bord intégré où le citoyen pourrait voir sa pression fiscale locale totale, la comparer avec d'autres communes et la relier au service rendu. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ Échec | Les Pays-Bas (WOZ sur la valeur actuelle), le Danemark (impôt communal transparent sur les revenus), l'Allemagne (réforme de la Grundsteuer en 2025) : tous les pays de référence ont modernisé leur fiscalité locale. Avec son RC de 1975, la Belgique est une exception européenne. |
Synthèse : 5 × ❌ Échec, 4 × ⚠️ Partiel, 0 × ✅ Satisfait. La fiscalité locale obtient de très mauvais résultats. Les trois principes où les gains sont les plus importants sont la transparence (impôt communal caché), la responsabilité = financement (dépendance extrême aux transferts) et l'éprouvé à l'étranger (révision du RC sur la base de valeurs actuelles).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Nouveau/réformé Le système de fiscalité locale est fondamentalement modernisé sur trois points : une évaluation sur des valeurs actuelles, un impôt communal transparent et une autonomie fiscale renforcée.
3B. Proposition concrète
1. Remplacer le revenu cadastral par une évaluation sur des valeurs actuelles (modèle néerlandais et allemand)
Le RC de 1975 est remplacé par une évaluation annuelle sur la base des valeurs de marché actuelles, sur le modèle néerlandais du WOZ. Le Vlaamse Belastingdienst (et ses équivalents dans les autres entités fédérées) réalise la taxation sur la base des prix de vente, des loyers et de critères objectifs. Chaque propriétaire reçoit chaque année une décision de valeur, avec possibilité de réclamation. L'Allemagne a mené exactement cette réforme en 2025. C'est donc possible.
Impact estimé : neutre budgétairement en cas de baisse simultanée des taux. La recette totale du PrI reste de ±3 milliards d'euros, mais la répartition devient plus juste. L'immobilier dont la valeur a fortement augmenté depuis 1975 (centres urbains, communes côtières) paie davantage ; l'immobilier qui a relativement moins augmenté paie moins.
2. Un impôt communal transparent. Le modèle danois
Les additionnels à l'IPP sont détachés de l'avertissement-extrait de rôle fédéral. Les communes envoient leur propre avertissement-extrait de rôle distinct (« enrôlement communal ») qui montre clairement combien le citoyen paie à sa commune. Ce n'est pas un nouvel impôt. Ce sont les mêmes additionnels à l'IPP, mais rendus visibles. Disponibles en version numérique via un tableau de bord communal avec comparaison entre communes.
3. Une autonomie fiscale renforcée. Moins de transferts, plus de recettes propres
La part des recettes fiscales propres doit passer de ±38 % à au moins 55 % des recettes communales totales. Cela se fait :
- En transférant les centimes additionnels provinciaux aux communes lors de la suppression des provinces (±600 millions d'euros en Flandre)
- En réformant le Fonds des communes : moins de dotation automatique, davantage de clés de répartition objectives basées sur les missions et les performances
- En autorisant les communes à instaurer un prélèvement économique local limité (sur le modèle allemand de la Gewerbesteuer), en remplacement de la prolifération de petites taxes communales
4. Un lien avec les performances. Une reddition de comptes locale permanente
Chaque commune publie en continu le lien entre ses recettes fiscales et les services rendus, avec un benchmarking par rapport à des communes comparables. Le tout est rendu accessible en version numérique via une plateforme centrale.
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : cadre légal pour l'évaluation sur des valeurs actuelles + projets pilotes dans 20 communes
- Années 2-3 : déploiement de l'évaluation dans toutes les communes + avertissement-extrait de rôle communal distinct
- Années 3-5 : réforme du Fonds des communes + transfert des centimes additionnels provinciaux + instauration du prélèvement économique local
Économie ou gain d'efficience estimé :
- Trois services de perception du PrI → un par entité fédérée (déjà le cas dans le modèle HART) : économie de frais de structure
- Une base imposable plus juste : meilleure conformité, moins de réclamations à terme
- Suppression des centimes additionnels provinciaux comme couche distincte : simplification
- Une autonomie fiscale renforcée : meilleure reddition de comptes démocratique, dépenses plus efficientes
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Fiscalité locale. Réformé Les impôts communaux deviennent transparents et justes : le précompte immobilier est basé sur les valeurs immobilières actuelles au lieu d'estimations de 1975, et chaque citoyen voit clairement combien il paie à sa commune.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Les communes belges tirent leur argent de deux grands impôts : la taxe additionnelle à l'impôt des personnes physiques (additionnels à l'IPP, ±2,6 milliards d'euros par an) et les centimes additionnels au précompte immobilier (PrI, ±3 milliards d'euros par an). Ensemble, ils représentent 80 % de leurs recettes fiscales. La commune fixe le taux, mais ne perçoit rien elle-même. L'autorité fédérale perçoit les additionnels à l'IPP, et la Région perçoit le PrI. De plus, seuls 38 % du budget communal total proviennent d'impôts propres ; 44 % viennent de subsides et de dotations des niveaux de pouvoir supérieurs.
Le précompte immobilier est calculé sur le revenu cadastral (RC), une estimation de la valeur locative de votre logement au 1er janvier 1975. Oui, 1975. Il y a plus de 50 ans. La loi prévoit que ces valeurs soient révisées tous les dix ans. Cela n'a jamais eu lieu. Les RC sont bien indexés chaque année par un coefficient (2,2446 en 2025), mais il s'agit d'un ajustement linéaire qui n'absorbe pas les énormes écarts de prix du marché immobilier.
Ce qui ne va pas
Le résultat est structurellement injuste. Un appartement dans un quartier gantois très prisé, avec un RC fixé en 1975, paie relativement beaucoup moins qu'un logement comparable ailleurs, là où les prix ont moins fortement augmenté. Deux ménages avec le même revenu et un logement comparable peuvent payer jusqu'à 1.000 euros par an de différence d'impôt local, uniquement à cause de la commune où ils habitent.
Le citoyen n'a aucune idée de ce qu'il paie à sa commune. Les additionnels à l'IPP sont cachés dans l'avertissement-extrait de rôle fédéral. Le PrI vient de la Région. Il n'existe pas de « facture communale » qui dise clairement : voici ce que vous payez, voici ce que vous recevez en échange.
Les communes sont aussi structurellement dépendantes des niveaux de pouvoir supérieurs. Si la Flandre fait des économies sur le Fonds des communes, les communes sont forcées d'augmenter leurs taux. Sans rien pouvoir y faire elles-mêmes. Le principe « qui décide, paie » est violé chaque jour.
Et puis il y a l'absurdité de trois services de perception distincts pour le même impôt : VLABEL en Flandre, le SPW en Wallonie, Bruxelles Fiscalité à Bruxelles. Trois fois la même fonction, trois fois d'autres logiciels, trois fois d'autres procédures.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, l'impôt foncier (OZB) est basé sur la valeur WOZ : la valeur de marché actuelle de votre logement, fixée à nouveau chaque année par des experts. Chaque propriétaire reçoit une décision WOZ et peut introduire une réclamation. C'est transparent, actuel et compréhensible.
Au Danemark, chaque citoyen paie un impôt communal sur les revenus (kommuneskat) : 25,1 % en moyenne. Directement à sa commune. Cela figure sur un avertissement-extrait de rôle distinct. Chaque Danois sait exactement combien il contribue à sa commune. Après une vague de fusions en 2007 (de 271 à 98 communes), le Danemark a la fiscalité locale la plus transparente d'Europe.
En Allemagne, l'autorité fédérale a mené en 2025 une réforme en profondeur de la Grundsteuer, au cours de laquelle les valeurs immobilières ont été actualisées pour la première fois depuis des décennies. Précisément l'opération que la Belgique reporte depuis un demi-siècle. Les communes allemandes disposent en outre de la Gewerbesteuer. Un impôt local sur les entreprises qui leur donne une solide base de recettes propres.
Ce que HART propose
Premièrement : remplacer le revenu cadastral par une évaluation sur des valeurs actuelles, sur le modèle néerlandais du WOZ. Une taxation annuelle sur la base des vraies valeurs de marché. Neutre budgétairement. Les taux baissent, mais la base imposable est correcte. L'Allemagne l'a fait en 2025. Nous le pouvons aussi.
Deuxièmement : rendre l'impôt communal visible. Chaque citoyen reçoit un avertissement-extrait de rôle communal distinct. En version numérique, avec une comparaison entre communes et un aperçu de ce que la commune fait de cet argent.
Troisièmement : renforcer l'autonomie fiscale des communes. Moins de dépendance aux dotations, plus de recettes propres. Les centimes additionnels provinciaux sont transférés lors de la suppression des provinces. Le Fonds des communes est réformé avec des clés de répartition objectives. Les communes reçoivent la possibilité d'instaurer un prélèvement économique local limité.
Quatrièmement : relier les impôts aux performances. Chaque commune publie chaque année un aperçu transparent de ses recettes fiscales par rapport aux services rendus, avec un benchmarking par rapport à des communes comparables.
Ce que cela rapporte
Un impôt foncier plus juste, basé sur ce que vaut votre logement aujourd'hui, pas sur ce qu'il valait il y a 50 ans. De la transparence : chaque citoyen sait combien il paie à sa commune et ce qu'il reçoit en échange. Une démocratie locale plus forte : les communes responsables de leurs propres recettes prennent de meilleures décisions. Et de la simplification : un seul service de perception par entité fédérée au lieu de la mosaïque actuelle.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|---|
| 1 | BDO. Belastingtarieven 2026 | https://www.bdo.be/nl-be/publicaties/artikels/2026/belastingtarieven-2026-hoe-scoort-jouw-gemeente | 2026 | Taux moyens des additionnels à l'IPP et au PrI en 2026, nombre de communes en hausse |
| 2 | BATIBOUW. Gemeentelijke fiscaliteit 2026 | https://batibouw.com/nl/articles/1250/gemeentelijke-fiscaliteit-2026-onroerende-voorheffing-stijgt-in-86-gemeenten | 2026 | 86 communes augmentent le PrI, 46 augmentent les additionnels à l'IPP |
| 3 | RTBF. 1.000 euros d'écart d'une commune à l'autre | https://www.rtbf.be/article/1000-euros-de-difference-d-une-commune-a-l-autre-votre-commune-a-t-elle-augmente-ses-impots-locaux-en-2026-11677984 | 2026 | Impact sur le citoyen, différences régionales |
| 4 | VRT NWS. Belastingdruk gemeenten | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/09/26/het-cijfer-belastingdruk-gemeenten/ | 2024 | Variation des taux par commune, 995 euros par habitant |
| 5 | VVSG. Gemeentelijke belastingtarieven | https://www.vvsg.be/nieuwsoverzicht/geen-wijzigingen-in-de-gemeentelijke-belastingtarieven | 2025 | Stabilité des taux en 2025, structure des additionnels à l'IPP et du PrI |
| 6 | Belfius. Gemeentebesturen geven €2.179 uit per inwoner | https://www.belfius.be/retail/nl/publicaties/actualiteit/2024-w025/gemeentebesturen/index.aspx | 2024 | Recettes fiscales totales de 6,7 Mds €, répartition PrI et additionnels à l'IPP |
| 7 | FinConnect. Subsidies lokale besturen | https://www.finconnect.be/nieuws/nieuwsbericht/720858527752521987 | 2024 | 38 % de recettes propres, 44 % de subsides, Fonds des communes ±3 Mds € |
| 8 | Vlaanderen.be. Berekening OOV | https://www.vlaanderen.be/en | 2025 | Taux de base régional de 3,97 %, coefficient d'indexation 2,2446 |
| 9 | Forum for the Future. 50 jaar KI | https://blog.forumforthefuture.be/nl/article/50-jaar-kadastraal-inkomen-het-geheim-van-de-eeuwige-fiscale-jeugd./26448 | 2025 | Problématique du RC, péréquation reportée |
| 10 | Wikipedia. Kadastraal inkomen | https://nl.wikipedia.org/wiki/Kadastraal_inkomen | . | Historique, base légale, indexation depuis 1991 |
| 11 | IBSA Bruxelles. Gemiddeld 2.940 opcentiemen Brussel | https://bisa.brussels/wist-je-dat/2-940-gemeentelijke-opcentiemen-worden-gemiddeld-in-brussel-geheven-op-de-onroerende-voorheffing | . | Centimes additionnels bruxellois au PrI |
| 12 | SPF Finances. Aanslagvoeten gemeentebelasting 2024 | https://fin.belgium.be/sites/default/files/media/documents/tarieven-gemeentebelasting-2024.pdf | 2024 | Taux officiels par commune |
| 13 | Waarderingskamer (NL): WOZ en gemeentebelastingen | https://www.waarderingskamer.nl/woz-wijzer/uitleg-woz-waarde/gebruik-van-de-woz-waarde/woz-en-de-gemeentebelastingen | . | Système néerlandais du WOZ |
| 14 | VNG (NL): Onroerendezaakbelastingen | https://vng.nl/artikelen/onroerendezaakbelastingen | . | Système néerlandais de l'OZB, autonomie communale |
| 15 | The Local Denmark. Municipal tax rates 2025 | https://www.thelocal.dk/20241030/danish-municipalities-announce-new-tax-rates-for-2025 | 2024 | Kommuneskat moyenne de 25,1 %, 98 communes |
| 16 | PWC. Denmark individual taxes | https://taxsummaries.pwc.com/denmark/individual/taxes-on-personal-income | 2025 | Système fiscal communal danois |
| 17 | Droomhuisduitsland. Grundsteuern | https://www.droomhuisduitsland.com/grundsteuern/ | . | Système allemand de la Grundsteuer, Hebesatz |
| 18 | KDZ. European Local Government Finances | https://www.kdz.eu/en/news/blog/european-local-government-finances-and-local-autonomy | . | Comparaison internationale de l'autonomie locale |
| 19 | OCDE. Fiscal Decentralisation Database | https://www.oecd.org/en/data/datasets/oecd-fiscal-decentralisation-database.html | 2023 | Comparaison OCDE de la décentralisation fiscale |
| 20 | BNB. Financiën lokale overheid België | https://www.nbb.be/doc/ts/publications/economicreview/2018/ecotijdi2018_h2.pdf | 2018 | Analyse structurelle des finances locales |
| 21 | Statistiek Vlaanderen. Fiscale autonomie | https://www.statistiekvlaanderen.be/nl/ksmd-266-fiscale-autonomie | . | Autonomie fiscale des communes flamandes |