Audit : missions communales : état civil, permis, voiries locales
Date : 2026-04-01 Ligne : Missions communales. État civil, permis, voiries locales Catégorie : Communes Statut proposé : 🟠 Réformé : priorité au numérique avec des processus standardisés, augmentation d'échelle par les fusions et politique des permis uniforme
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Les missions communales forment le cœur du service quotidien au citoyen. Il s'agit de trois grands blocs qui ont historiquement toujours relevé de la commune :
1. État civil et registre de la population
- Base juridique : Code civil (titre II « Des actes de l'état civil »), loi du 18 juin 2018 portant dispositions diverses en matière de droit civil et simplifiant l'état civil, arrêté royal du 22 juillet 2019 relatif à la banque de données centrale des Actes de l'état civil (BAEC).
- Ce que cela recouvre : l'établissement des actes de naissance, de décès, de mariage, de divorce, de reconnaissance et de changement de nom. La gestion du registre de la population (domicile, composition de ménage, nationalité). La délivrance des cartes d'identité, passeports, permis de conduire, extraits et attestations.
- Officier : le bourgmestre est officier de l'état civil, mais il peut déléguer cette fonction à un échevin ou à un fonctionnaire communal.
- Numérisation : depuis le 31 mars 2019, tous les nouveaux actes de l'état civil sont établis dans la Banque de données des Actes de l'état civil (BAEC), une banque de données fédérale centralisée. Les actes papier existants sont progressivement numérisés (100 ans en arrière pour les actes de naissance). C'était une étape majeure après 200 ans de registres papier.
2. Permis
- Base juridique : en Flandre, l'Omgevingsvergunningsdecreet (décret flamand sur le permis d'environnement, 25 avril 2014, entré en vigueur en 2017) ; en Wallonie, le CoDT (Code du Développement Territorial, 2017) ; à Bruxelles, le Code bruxellois de l'Aménagement du Territoire (CoBAT).
- Ce que cela recouvre : permis d'urbanisme (construire, transformer, démolir), permis d'environnement (exploitation d'installations), permis de lotir, permis socio-économiques. En Flandre, ils ont été regroupés dans le permis d'environnement (omgevingsvergunning) en 2017. En Wallonie et à Bruxelles, des trajets séparés subsistent en partie.
- Répartition des compétences : la commune est la première instance pour la plupart des permis. La province ou la Région traite les projets plus importants (installations de classe 1, projets d'intérêt régional). Le recours va à la députation (Flandre) ou au ministre fonctionnellement compétent.
- Moyens en personnel : chaque commune dispose d'au moins un fonctionnaire de l'environnement. Les communes plus grandes ont des services d'urbanisme complets, de 5 à 15 collaborateurs. Les petites communes (<10.000 habitants) n'ont souvent que 1 à 2 personnes pour traiter tous les permis.
3. Voiries locales
- Base juridique : le Decreet Gemeentewegen flamand (décret sur les voiries communales, 3 mai 2019) ; le Code de la voirie wallon ; divers règlements fédéraux et régionaux de circulation routière.
- Ampleur : sur les ±67.000 km de routes revêtues en Belgique, ±60.000 km sont des voiries communales, soit près de 90 % de l'ensemble du réseau routier. La commune est responsable de l'aménagement, de l'entretien, de la signalisation et de la sécurité routière sur ces voiries.
- Budget : l'entretien des voiries représente en moyenne ±30 % des budgets d'investissement communaux. Avec un budget d'investissement total de 5,4 milliards d'euros (2024), cela représente grosso modo 1,5 à 1,8 milliard d'euros par an d'infrastructures routières.
- Problème : beaucoup de communes n'ont pas les moyens suffisants pour un entretien structurel. Le réseau routier flamand est dans un état moyen à mauvais, avec un retard d'entretien de plusieurs années estimé à des dizaines de milliards d'euros. La Région bruxelloise a signalé en décembre 2025 qu'elle « n'a plus d'argent pour entretenir ses propres routes ».
1B. Que fait-il en pratique ?
État civil. Réalité quotidienne :
- Une commune belge traite en moyenne 500 à 2.000 actes par an (selon sa taille).
- La centralisation dans la BAEC (2019) a été un grand pas, mais le front office (le guichet) reste communal. Les citoyens doivent toujours se rendre physiquement à la maison communale pour les mariages, certaines reconnaissances et la délivrance des documents d'identité.
- Mijn Burgerprofiel (Flandre) offre un portail numérique où les citoyens peuvent demander en ligne extraits et attestations, mais toutes les communes n'y sont pas pleinement raccordées. En Wallonie et à Bruxelles, les services numériques sont moins uniformisés.
- Les délais d'attente varient fortement : les grandes villes (Anvers, Bruxelles, Gand) connaissent régulièrement des délais de 2 à 4 semaines pour obtenir un rendez-vous au service population.
Permis. Réalité quotidienne :
- L'Omgevingsloket flamand (guichet des permis d'environnement) est une plateforme numérique centrale où les demandes sont introduites en ligne. C'est une best practice européenne : une seule plateforme pour toutes les communes flamandes.
- Mais : chaque commune applique les règles autrement. Les prescriptions urbanistiques, les règlements communaux et les plans d'exécution spatiaux (RUP) diffèrent fortement. Ce qui est autorisé dans la commune A est interdit dans la commune voisine B.
- Délais de traitement : légalement 60 à 120 jours (selon la procédure), mais dans la pratique les dossiers complexes s'étirent souvent jusqu'à 6 à 12 mois à cause des demandes d'avis à des instances externes.
- En Wallonie, le paysage des permis est plus complexe : le CoDT fonctionne avec d'autres délais et procédures que la Flandre. Bruxelles a son propre système.
- 565 politiques des permis différentes créent une mosaïque qui décourage les entreprises et les citoyens. Un entrepreneur qui travaille dans trois communes suit trois logiques différentes.
Voiries locales. Réalité quotidienne :
- 60.000 km de voiries communales, cela représente en moyenne ±106 km par commune. Mais la dispersion est énorme : les communes rurales gèrent des centaines de kilomètres, les communes urbaines moins mais plus intensivement utilisés.
- Les petites communes confient souvent la gestion technique à l'intercommunale ou au service technique provincial. Une solution pragmatique, qui crée toutefois une complexité administrative supplémentaire.
- Il n'existe aucun système national de gestion des voiries : chaque commune tient (ou ne tient pas) un relevé de l'état de ses voiries. La Flandre a une amorce avec la Wegenenquête (enquête flamande sur l'état des routes), mais il s'agit d'un échantillon, pas d'un système de gestion structurel.
- La combinaison de l'adaptation au climat (inondations, îlots de chaleur) et d'égouts vétustes rend l'entretien des voiries toujours plus cher et plus complexe.
1C. Comparaison internationale
| Aspect | Belgique | Pays-Bas | Danemark | Allemagne |
|---|---|---|---|---|
| Communes | 565 (moy. ±20.900 hab.) | 342 (moy. ±52.000 hab.) | 98 (moy. ±56.600 hab.) | ±10.800 (moy. ±7.700 hab.) |
| État civil | BAEC (centralisée depuis 2019), guichet communal | BRP (centralisé), guichet communal, entièrement numérique pour les extraits | CPR (centralisé), borger.dk (2.000 services en ligne), passage au guichet minimal | Standesamt par commune, partiellement numérisé |
| Permis | 3 systèmes régionaux, 565 applications locales | Omgevingswet (2024) : 1 cadre national, système numérique | Byggetilladelse : standardisé au niveau national, numérique | Bauamt par commune, législation des Länder |
| Gestion des voiries | ±60.000 km de voiries communales, pas de système central de gestion | ±125.000 km de voiries communales, normes CROW pour la gestion | Communal + régional, normes de qualité standardisées | Communal, mais les Kreise comme niveau supracommunal |
| Numérisation | Mijn Burgerprofiel (FL), morcelée | MijnOverheid.nl : 1 portail, tous les niveaux | borger.dk : 1 portail, 2.000+ services, 94 % d'utilisation | Onlinezugangsgesetz (OZG) : ambitieux mais retardé |
Pays-Bas. Le modèle le plus comparable :
- La Basisregistratie Personen (BRP) est un registre de la population centralisé qu'utilisent toutes les communes. Les extraits sont délivrés numériquement via MijnOverheid.nl.
- L'Omgevingswet (loi néerlandaise sur l'environnement, entrée en vigueur le 1er janvier 2024) remplace 26 lois par 1 seule loi et crée un Digitaal Stelsel Omgevingswet (DSO, système numérique de la loi sur l'environnement) par lequel toutes les demandes de permis passent en numérique. C'est une révolution par rapport à la mosaïque belge de trois systèmes régionaux.
- Le CROW (plateforme de connaissances pour les infrastructures) fixe des normes nationales de gestion des voiries. Les communes utilisent des systèmes de gestion standard (IMBOR) pour suivre l'état des routes. La Belgique n'a pas d'équivalent.
Danemark. Le modèle d'efficience :
- Après la fusion de 2007 (271 → 98 communes), les communes ont reçu des compétences supplémentaires, mais aussi plus de capacité.
- borger.dk regroupe 2.000+ services publics sur un seul portail. 94 % de la population de 15 ans et plus l'utilise. Économie : 670 millions d'euros par an (structurelle, grâce à la numérisation + l'augmentation d'échelle).
- Les demandes de permis sont entièrement numériques et standardisées au niveau national. Pas de 98 interprétations différentes. Un cadre unique avec une application locale.
- Résultat : le Danemark est 1er à l'indice ONU de l'e-gouvernement. La Belgique est 56e.
Allemagne. Le modèle d'avertissement :
- Avec ±10.800 communes, l'Allemagne est encore bien plus fragmentée que la Belgique, mais le niveau du Landkreis (294 Kreise) fait office de couche supracommunale qui regroupe les missions complexes.
- L'Onlinezugangsgesetz (OZG, loi sur l'accès en ligne) visait à offrir tous les services publics en numérique pour fin 2022. C'est un échec. Seuls ±25 % l'étaient fin 2024. L'exemple allemand montre que la numérisation ne réussit pas sans réforme structurelle du paysage communal.
1D. Problèmes et critiques
1. Morcellement des services 565 communes = 565 manières différentes de fournir les mêmes services de base. Un déménagement au-delà de la frontière communale signifie un guichet complètement nouveau, de nouvelles procédures, de nouveaux systèmes numériques. Mijn Burgerprofiel (Flandre) rassemble cela en partie, mais le back office reste différent d'une commune à l'autre.
2. Problème d'échelle pour les permis Les petites communes (<10.000 habitants, ±40 % de toutes les communes belges) n'ont souvent que 1 à 2 fonctionnaires de l'environnement qui traitent tout : de l'abri de jardin au complexe industriel. Ce fonctionnaire doit maîtriser le droit des permis, le droit de l'environnement, le droit de l'aménagement du territoire, le droit du patrimoine et le droit de la procédure administrative. C'est irréaliste. Conséquence : une qualité variable, des délais de traitement plus longs et davantage de procédures de recours.
3. Fracture numérique entre les Régions La Flandre dispose de l'Omgevingsloket (plateforme numérique centrale), de Mijn Burgerprofiel et du databroker MAGDA. La Wallonie et Bruxelles sont à la traîne. Il n'existe pas de plateforme numérique nationale pour les services communaux. Trois Régions, trois vitesses.
4. Entretien des voiries structurellement sous-financé ±60.000 km de voiries communales pour 565 communes = en moyenne 106 km par commune. Mais beaucoup de petites communes ont un patrimoine routier qu'elles ne peuvent pas assumer financièrement. L'entretien des voiries coûte en moyenne 50.000 à 100.000 euros par km pour un réaménagement complet. Le retard total se chiffre en dizaines de milliards d'euros.
5. Pas de KPI uniformes Il n'existe aucun système qui mesure et compare la qualité des services communaux. Le Gemeente- en Stadsmonitor flamand (moniteur des communes et des villes) est un début, mais il repose sur des enquêtes auprès des citoyens, pas sur des indicateurs de résultats objectifs (délais de traitement, maturité numérique, état des voiries). En Wallonie et à Bruxelles, même cela manque.
6. Pression des pensions et du personnel Les frais de personnel communaux s'élèvent à ±7 milliards d'euros par an (48 % des dépenses opérationnelles). À cela s'ajoutent ±1 milliard d'euros d'obligations de pension pour les fonctionnaires statutaires. 96 % des communes citent ce point comme leur plus grand défi financier. Le vieillissement du personnel communal rend la situation plus aiguë.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ | Les missions communales (état civil, permis, voiries locales) relèvent par excellence du niveau local. Le citoyen a un contact direct avec la maison communale. C'est le bon niveau. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Le citoyen peut voir qui décide localement, mais l'enchevêtrement d'avis supracommunaux (pompiers, inspection de l'environnement, patrimoine immobilier, société des eaux) sur les permis rend opaque qui décide de fait. 565 politiques des permis différentes ne sont pas comparables. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | Les communes supportent les coûts de missions définies en partie au niveau fédéral ou régional (état civil = loi fédérale, permis d'environnement = décret régional). Le financement via le Fonds des communes n'est pas lié aux missions. L'entretien des voiries est chroniquement sous-financé. La responsabilité est communale, mais le budget ne suit pas. |
| 4 | Simplicité | ❌ | 565 communes × 3 cadres régionaux = une mosaïque. Le citoyen en Flandre suit un autre trajet de permis que celui de Wallonie ou de Bruxelles. Au sein d'une même Région, l'application locale diffère de commune en commune. C'est le contraire de la simplicité. |
| 5 | Taille critique | ❌ | ±40 % des communes belges comptent moins de 10.000 habitants. Ces communes n'ont pas l'échelle nécessaire pour engager du personnel spécialisé (fonctionnaires de l'environnement, juristes, informaticiens). La moyenne (20.900 habitants) est déjà faible par rapport aux Pays-Bas (52.000) et au Danemark (56.600), mais derrière la moyenne se cache une longue traîne de microcommunes. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | Les communes ont de l'autonomie dans leur politique des permis, ce qui autorise en principe l'innovation. Mais dans la pratique, cela mène à l'arbitraire plutôt qu'à l'innovation : des projets de construction identiques sont appréciés de manière opposée dans des communes voisines. Pas de « race to the top » mais une « lottery by postcode ». |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Pas de KPI uniformes pour les délais de traitement, les temps d'attente au service population, l'état des voiries ou la maturité numérique. Le Gemeente- en Stadsmonitor flamand est une première amorce, mais il mesure la perception, pas les résultats. En Wallonie et à Bruxelles, tout instrument comparable fait défaut. La politique n'est pas ajustée sur la base des résultats, parce que les résultats ne sont pas mesurés. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Des pas en avant : la BAEC (état civil, 2019), l'Omgevingsloket flamand, Mijn Burgerprofiel. Mais : trois systèmes régionaux sans interopérabilité nationale, pas de once only sur tous les niveaux, guichet physique encore et toujours la norme pour beaucoup de démarches (mariage, documents d'identité), et grande fracture numérique entre les Régions et entre grandes et petites communes. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas (Omgevingswet + MijnOverheid.nl), le Danemark (borger.dk + communes fusionnées) et l'Estonie (X-Road) montrent que des plateformes numériques centralisées combinées à des communes plus grandes délivrent de meilleurs services à moindre coût. La Belgique ne suit systématiquement aucun de ces modèles. |
Synthèse : 1 ✅, 4 ⚠️, 4 ❌. Les missions communales se situent au bon niveau (subsidiarité ✅), mais l'exécution échoue sur la simplicité (mosaïque de 565 × 3 systèmes), la taille critique (trop de petites communes pour des missions complexes), l'orientation résultats (pas de KPI) et l'épreuve de l'étranger (aucun modèle de référence n'est suivi). Le gain le plus important se situe dans : l'augmentation d'échelle (fusions), la standardisation (un cadre numérique par Région ou national) et la mesure des résultats (KPI contraignants).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé Les missions communales restent à la commune, mais l'exécution est fondamentalement modernisée par les fusions, la standardisation numérique et la mesure des résultats.
3B. Proposition concrète
1. Augmentation d'échelle : fusions vers ±200 communes (minimum 25.000 habitants)
- Chaque commune doit avoir une échelle suffisante pour disposer en interne de personnel spécialisé : au moins 2 fonctionnaires de l'environnement, un juriste, un coordinateur informatique, un ingénieur des voiries.
- La norme danoise (minimum 20.000 habitants) est un plancher ; vu la complexité des compétences belges, 25.000 est plus réaliste.
- Mécanisme : étendre à toutes les Régions la reprise de dette flamande par fusion ; par phases, sur 2 législatures (2029-2041).
- Économie estimée : sur la base de l'expérience danoise (-9 % de coûts opérationnels après fusion) et de la tendance néerlandaise : 500 millions à 1 milliard d'euros par an d'efficience administrative, parce que 365 administrations communales, secrétariats, services informatiques et comptabilités sont regroupés.
2. Une seule plateforme numérique nationale de services (« Ma Commune »)
- Sur le modèle danois (borger.dk) : un seul portail où chaque citoyen peut régler tous les services communaux, quelle que soit sa commune.
- Intégration de Mijn Burgerprofiel (Flandre), de Mon Espace (concept wallon) et d'IRISbox (Bruxelles) dans une seule plateforme.
- Le once only comme loi : la commune ne demande jamais une information qui figure déjà dans un registre de base (Registre national, BCE, BAEC, Cadastre).
- Guichet physique comme filet de sécurité : garanti par la loi pour celles et ceux qui ne suivent pas le numérique, mais plus la norme.
- Référence : le Danemark économise 296 millions d'euros par an grâce à la communication numérique obligatoire. Ramené à l'échelle belge (11,5 millions contre 5,9 millions d'habitants) : potentiellement 500 à 600 millions d'euros par an.
3. Une politique des permis standardisée par entité fédérée
- L'Omgevingsloket flamand est une best practice. L'étendre à la Wallonie et à Bruxelles (ou imposer des équivalents régionaux).
- Au sein de chaque Région : maximum 20 affectations types avec des conditions uniformes. Les communes peuvent compléter, mais pas déroger au cadre de base.
- Un seul guichet numérique par Région (la Flandre l'a déjà), avec des délais standards juridiquement contraignants (approbation automatique en cas de dépassement, comme aux Pays-Bas).
- Avantage : les entreprises et les citoyens savent à l'avance ce qui est autorisé. Moins de procédures de recours, un développement économique plus rapide.
4. Un système national de gestion des voiries
- Sur le modèle néerlandais (CROW/IMBOR) : des normes standards contraignantes pour l'état des voiries, avec un système de gestion numérique qui suit l'état de chaque voirie communale.
- Création d'un fonds régional d'investissement pour les voiries communales (par analogie avec le Fietsfonds flamand, le fonds vélo) qui co-investit dans l'entretien structurel, lié à des mesures de l'état du réseau.
- Coordination supracommunale : les voiries qui relient plusieurs communes sont gérées par une structure de coopération supracommunale (cf. les vervoersregio's, régions de transport).
5. Des KPI contraignants pour les services communaux
- Chaque commune fait rapport chaque année sur : le délai de traitement moyen des permis, le temps d'attente au service population, le % de transactions numériques, l'indice d'état des voiries et la satisfaction des citoyens.
- Publication sur un tableau de bord public (sur le modèle du Gemeente- en Stadsmonitor flamand, mais avec des indicateurs mesurables).
- Les communes qui sous-performent structurellement reçoivent d'abord un appui ; en cas d'échec persistant, la fusion devient obligatoire.
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1-2 (2029-2030) : cadre législatif pour les fusions + la plateforme numérique, conception du cadre de KPI
- Année 3-5 (2031-2033) : première vague de fusions, pilote de la plateforme nationale de services, standardisation de la politique des permis
- Année 5-8 (2033-2036) : deuxième vague de fusions, plateforme pleinement opérationnelle, système de gestion des voiries
- Année 8-12 (2036-2041) : fusions de finalisation, transformation numérique complète, économies structurelles réalisées
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Missions communales (état civil, permis, voiries locales) : Réformé 565 communes qui organisent chacune leur propre guichet, leur politique des permis et leur entretien des voiries : cela peut se faire plus intelligemment. HART choisit des communes plus grandes avec plus de capacité, une seule plateforme numérique pour tous les services communaux et des permis standardisés. Pour que le citoyen reçoive partout la même qualité.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Chaque commune belge fournit au citoyen trois grands blocs de services : l'état civil (naissance, mariage, décès, documents d'identité), les permis (construire, transformer, exploiter) et les voiries locales (90 % de toutes les routes revêtues en Belgique. ±60.000 des 67.000 km). Ensemble, cela représente un coût de personnel de 7 milliards d'euros par an et un budget d'investissement de 5,4 milliards d'euros. L'état civil est numérisé depuis 2019 dans une banque de données centrale (la BAEC), mais le guichet reste communal. Les permis suivent trois systèmes régionaux : la Flandre a un Omgevingsloket central, la Wallonie et Bruxelles travaillent avec d'autres cadres et d'autres délais.
Ce qui ne va pas
Le problème central est le morcellement. 565 communes, cela signifie 565 manières différentes de fournir les mêmes services de base. Un permis de bâtir à Zedelgem suit une autre logique que dans la commune voisine de Torhout. Un déménagement au-delà de la frontière communale signifie un guichet complètement nouveau, de nouvelles procédures, parfois de nouveaux systèmes numériques.
Les petites communes (moins de 10.000 habitants. Près de 40 % du total) n'ont souvent que 1 à 2 fonctionnaires pour traiter tous les permis : de l'abri de jardin au complexe industriel. Ce fonctionnaire doit maîtriser le droit de l'urbanisme, le droit de l'environnement, le droit du patrimoine et le droit de la procédure administrative. Ce n'est tout simplement pas réaliste. Conséquence : une qualité variable, des délais de traitement plus longs et davantage de recours devant le Conseil pour les contestations des autorisations.
Pour l'entretien des voiries, le tableau est tout aussi sombre. 60.000 km de voiries communales réparties entre 565 communes. En moyenne 106 km par commune, mais avec une dispersion énorme. Le retard d'entretien total se chiffre en dizaines de milliards d'euros. La Région bruxelloise a publiquement admis en décembre 2025 qu'elle « n'a plus d'argent pour entretenir ses propres routes ». Et il n'existe aucun système national qui suit l'état des voiries communales : chaque commune tient (ou ne tient pas) sa propre administration.
Sur le plan numérique, il y a des progrès. Mijn Burgerprofiel en Flandre, l'Omgevingsloket, la BAEC. Mais aucune cohérence. Trois Régions, trois écosystèmes numériques, pas de once only sur tous les niveaux. Le Danemark offre 2.000 services publics sur un seul portail (borger.dk) et économise ainsi 296 millions d'euros par an. La Belgique a au moins trois portails qui offrent chacun une partie des services.
Comment cela fonctionne ailleurs
Le Danemark a fusionné radicalement en 2007, passant de 271 à 98 communes (minimum 20.000 habitants). Le résultat : 9 % de dépenses opérationnelles en moins, 5,4 % de personnel communal en moins (de 424.000 à 401.000 entre 2007 et 2016), et des communes assez grandes pour exécuter professionnellement des missions complexes. Y compris les soins de santé et l'enseignement. En même temps, le Danemark a lancé borger.dk : un seul portail numérique pour tous les services publics. 94 % de la population l'utilise. Le résultat : le Danemark est 1er à l'indice ONU de l'e-gouvernement. La Belgique est 56e.
Les Pays-Bas ont introduit le 1er janvier 2024 l'Omgevingswet, qui remplace 26 lois par 1 seule loi. Toutes les demandes de permis passent par le Digitaal Stelsel Omgevingswet (DSO). Les citoyens et les entreprises savent à l'avance ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, quelle que soit la commune où ils construisent. Les Pays-Bas disposent en outre des normes CROW pour la gestion des voiries : un système standard national que les communes utilisent pour suivre l'état de leurs routes et planifier l'entretien. La Belgique n'a pas d'équivalent.
Ce que HART propose
HART veut maintenir les missions communales au niveau local. C'est là qu'elles ont leur place. Mais l'exécution doit être fondamentalement modernisée, via quatre piliers :
Premièrement : une augmentation d'échelle vers ±200 communes d'une taille minimale de 25.000 habitants. Cela donne à chaque commune la capacité d'avoir du personnel spécialisé : plusieurs fonctionnaires de l'environnement, un juriste propre, un coordinateur informatique, un ingénieur des voiries. La reprise de dette flamande en cas de fusion (jusqu'à 16 millions d'euros par fusion) est étendue à toutes les Régions. Par phases, sur deux législatures.
Deuxièmement : une seule plateforme numérique nationale de services sur le modèle danois. Que vous habitiez à Anvers ou à Arlon : la même expérience numérique pour l'état civil, les permis et les signalements concernant les voiries. Le once only comme loi. La commune ne demande jamais ce qui figure déjà au Registre national, à la BCE ou au Cadastre. Guichet physique comme filet de sécurité pour celles et ceux qui ne suivent pas le numérique, mais plus comme norme.
Troisièmement : des règles de permis standardisées par entité fédérée. Les communes peuvent poser des accents locaux, mais le cadre de base est uniforme. Un seul guichet numérique par entité fédérée (la Flandre l'a déjà). Des délais juridiquement contraignants, avec approbation automatique en cas de dépassement.
Quatrièmement : un système national de gestion des voiries sur le modèle CROW. L'état de chaque voirie communale est suivi. Un fonds régional d'investissement cofinance l'entretien structurel, lié à des normes de qualité mesurables.
Ce que cela rapporte
La combinaison des fusions et de la numérisation produit des économies structurelles. Sur la base de l'expérience danoise (9 % de réduction des coûts opérationnels après fusion, 670 millions d'euros par an d'économie grâce à la numérisation) et ramené à l'échelle belge : 1 à 1,5 milliard d'euros par an de gain d'efficience au niveau communal. C'est de l'argent qui se libère pour de meilleures routes, des permis plus rapides et plus de personnel dans les services qui comptent : l'accueil de la petite enfance, la sécurité, la politique sociale.
Mais il ne s'agit pas seulement d'argent. Il s'agit de pouvoirs publics qui fonctionnent. Où vous obtenez une réponse à votre permis de bâtir en 30 jours, pas après 6 mois. Où vous demandez vos extraits depuis votre fauteuil, pas après deux semaines d'attente pour un rendez-vous. Où chaque voirie communale est en état correct, pas avec des nids-de-poule qui durent déjà depuis trois hivers.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| VVSG. Burgemeester taken en bevoegdheden | https://www.vvsg.be/kennisitem/vvsg/bm-taken-en-bevoegdheden | 2024 | Rôle du bourgmestre comme officier de l'état civil |
| Departement Omgeving. Gemeentewegen: wie is de wegbeheerder? | https://omgeving.vlaanderen.be/nl/decreten-en-uitvoeringsbesluiten/wetwijzer/gemeentewegen-wie-is-de-wegbeheerder | 2024 | Base juridique des voiries communales, responsabilité du gestionnaire |
| Belgium.be. Bevoegdheden gemeenten | https://www.belgium.be/en/about_belgium/government/Communes/competence | 2024 | Aperçu des compétences communales |
| Belfius. Studie Lokale Financiën 2024 | https://www.belfius.be/retail/nl/publicaties/actualiteit/2024-w025/gemeentebesturen/index.aspx | 2024 | 14,8 Mds € de dépenses opérationnelles, 2.179 €/habitant, frais de personnel 7 Mds € |
| Rijksarchief. Digitalisering burgerlijke stand | https://arch.arch.be/index.php?l=nl&m=nieuws&r=alle-nieuwsberichten&a=2021-04-01-de-digitalisering-en-ontsluiting-van-de-burgerlijke-stand-een-langverwacht-koninklijk-besluit.-en-nu | 2021 | Centralisation de la BAEC depuis le 31 mars 2019, historique de 200 ans de registres papier |
| Koen Geens. Digitalisering burgerlijke stand | https://www.koengeens.be/policy/digitalisering-burgerlijke-stand | 2019 | Projet BAEC, millions d'actes papier numérisés |
| Green Valley Belgium. Burgerlijke stand gaat digitaal | https://www.greenvalleybelgium.be/burgerlijke-stand-gaat-digitaal/ | 2019 | Avantages de la numérisation, suppression des archives papier |
| Rijksoverheid.nl. Taken van een gemeente | https://www.rijksoverheid.nl/onderwerpen/gemeenten/taken-gemeente | 2025 | Missions communales néerlandaises à titre de comparaison |
| ProDemos. Taken en inkomsten gemeente | https://prodemos.nl/kennis/informatie-over-politiek/de-gemeente/wat-doet-de-gemeente/ | 2024 | Services communaux néerlandais |
| Wikipedia. Strukturreformen (Denemarken) | https://en.wikipedia.org/wiki/Strukturreformen | 2024 | Fusion communale danoise 271 → 98, résultats |
| Regioner.dk. The Local Government Reform in Brief | https://www.regioner.dk/media/2845/the-local-government-reform-in-brief.pdf | 2007 | Objectifs initiaux de la fusion danoise |
| Staat van de Uitvoering. Deense digitale overheid | https://staatvandeuitvoering.nl/case/deense-digitale-overheid-succesvol-dankzij-langetermijn-strategie/ | 2024 | borger.dk, 670 M€ d'économie, KOMBIT |
| iBestuur. Digitaal tenzij in Denemarken | https://www.binnenlandsbestuur.nl/digitaal/eu-subsidies/digitaal-tenzij-in-denemarken | 2023 | 94 % d'utilisation de borger.dk, communication numérique obligatoire |
| Nazka. Belgische gemeentefusies 2024-2025 | https://www.nazka.be/en/news/municipal-mergers-2025 | 2025 | Aperçu des fusions récentes, carte des frontières actualisées |
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| Vlaams Parlement. Evaluatie fusies | https://www.vlaamsparlement.be/nl/parlementair-werk/commissies/commissievergaderingen/1892994/verslag/1898011 | avril 2025 | Évaluation des fusions communales par la commission de l'Administration intérieure |
| BOS+. Het Vlaamse wegennet: een vage rekening | https://bosplus.be/nieuws/het-vlaamse-wegennet-een-vage-rekening/ | 2024 | 60.000 km de voiries communales sur 67.000 km au total |
| VRT NWS. Brussel geen geld voor wegenonderhoud | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/12/16/brussel-heeft-geen-geld-meer-om-eigen-wegen-te-onderhouden/ | déc. 2025 | Bruxelles ne peut plus entretenir ses propres routes |
| Wegenbouw.be. €1,4 mld extra onderhoud wegen | https://www.wegenbouw.be/nieuws/10857/regeerakkoord-1-4-miljard-euro-extra-voor-onderhoud-wegen-en-nieuwe-projecten | 2024 | Budget routier supplémentaire de l'accord de gouvernement flamand |
| Vlaanderen. Omgevingsvergunning | https://www.vlaio.be/nl/begeleiding-advies/bedrijfslocatie/bouwen-en-uitbreiden/de-omgevingsvergunning | 2024 | L'Omgevingsloket flamand comme plateforme centrale |
| Audit Vlaanderen. Lokale besturen | https://www.auditvlaanderen.be/lokale-besturen | 2024 | Mécanismes d'audit et de contrôle des administrations locales |
| VVSG. Lokale besturen als werkgever | https://www.vvsg.be/dossiers/memorandum-2024/lokale-besturen-als-belangrijke-en-aantrekkelijke-werkgevers | 2024 | 193.549 travailleurs / 150.755 ETP dans les administrations locales flamandes |
| Burgerprofiel.be. Mijn Burgerprofiel | https://www.burgerprofiel.be/ | 2025 | Portail numérique des services communaux flamands |
| Council of Europe. Local democracy Belgium | https://rm.coe.int/1680747fc5 | 2014 | Autonomie locale belge, compétences, financement |
| CEMR. Belgium country profile | https://terri.cemr.eu/en/country-profiles/belgium.html | 2024 | Structure des administrations locales, répartition des compétences |
Phase 6 : archivage et suivi
Fichier : HART/staatshervorming audit/Gemeentelijke taken. Audit 2026-04-01.md
TRACKER.md : ligne Gemeentelijke taken cochée [x] avec la date 2026-04-01.