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Conseil Supérieur de la Santé (CSS/HGR) : audit

Date : 2026-03-30 Catégorie : Concertation sociale & conseils consultatifs Statut proposé : 🟠 Réformé : fusion de la fonction consultative avec Sciensano en un seul institut scientifique de santé publique


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS, en néerlandais : Hoge Gezondheidsraad/HGR) est l'organe consultatif scientifique du SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement. C'est l'une des plus anciennes institutions publiques encore existantes de Belgique, créée en 1849, avant même que la Belgique ait cinquante ans.

Base juridique :

Niveau de pouvoir : fédéral. Relève administrativement du SPF Santé publique

Composition (AR 2007) :

Bureau actuel :

Budget et personnel :

1B. Que fait-il en pratique ?

Missions principales :

Production : le CSS rend chaque année 30 à 50 avis. Pendant le COVID-19, la production a été plus élevée (stratégie de vaccination, soins psychosociaux, stratégie de testing).

Méthode de travail : pour chaque demande d'avis, un groupe de travail est constitué à partir du réseau d'experts. Le groupe de travail effectue une revue de la littérature, délibère et soumet un projet d'avis au Collège. Le Collège valide et publie.

Chevauchements avec d'autres institutions :

Le citoyen ne sait pas laquelle de ces institutions dit en réalité la « vérité scientifique » sur une question de santé. Pendant le COVID-19, c'était particulièrement visible : le CSS, Sciensano, le GEMS (groupe d'experts ad hoc), le RAG et des virologues individuels livraient chacun leurs analyses, parfois avec des nuances différentes.

Indicateurs de performance : il n'existe pas de KPI formels ni d'évaluations externes (p. ex. par la Cour des comptes) du fonctionnement du CSS qui soient publiquement disponibles. Le seul étalon est le nombre d'avis publiés.

1C. Comparaison internationale

Pays-Bas. Gezondheidsraad :

Allemagne. Robert Koch Institut (RKI) + Wissenschaftlicher Beirat :

Danemark. Sundhedsstyrelsen (Danish Health Authority) :

Suède. Folkhälsomyndigheten :

Suisse :

Conclusion de la comparaison internationale : la Belgique est un des rares pays à disposer d'un organe consultatif distinct et semi-indépendant pour la santé publique, séparé de l'institut de recherche (Sciensano). Tous les pays comparables (NL, DE, DK, SE, CH) intègrent la fonction consultative soit dans un organe fortement indépendant doté de son propre budget (Pays-Bas), soit dans l'institut national de santé publique lui-même (Allemagne, Danemark, Suède).

1D. Problèmes et critiques

  1. Indépendance floue : le CSS se dit indépendant, mais il n'a pas de base légale propre (un simple AR), pas de budget propre, et son secrétariat est composé de fonctionnaires du SPF Santé publique. Le ministre nomme les experts. Comparez avec les Pays-Bas, où le Gezondheidsraad est ancré légalement dans la Gezondheidswet.

  2. Chevauchement et morcellement : au moins 4 institutions fédérales formulent des avis scientifiques sur la santé publique (CSS, Sciensano, KCE, comité scientifique de l'AFSCA). Pendant le COVID, la cacophonie des organes consultatifs (CSS, GEMS, RAG, Sciensano) était déroutante pour le citoyen comme pour les décideurs.

  3. Manque de transparence sur les moyens : il n'existe pas de rapport annuel public avec des données financières, pas d'audit de la Cour des comptes, pas de KPI formels. Impossible de mesurer si le CSS fonctionne bien.

  4. Controverses sur la qualité scientifique :

    • 2019 : un avis sur les « maladies de civilisation » (mise en garde contre les tatouages, le vernis à ongles, le granola) a été tourné en ridicule par les médias
    • 2019 : la Société belge de psychiatrie a critiqué la méthodologie d'un rapport lié au DSM publié dans The Lancet Psychiatry
    • 2021 : trois experts nucléaires sur 23 ont refusé de signer un rapport sur le risque nucléaire parce que les conclusions n'étaient pas fondées sur les « principes de la bonne recherche scientifique ». Le SCK CEN a estimé que leur intégrité scientifique était mise en cause.
  5. Petit secrétariat : avec ±6 collaborateurs, le secrétariat est en sous-effectif au regard de l'étendue du mandat. Comparaison : les Pays-Bas ont 49 collaborateurs pour un organe comparable.

  6. Non contraignant et peu de suivi : les avis du CSS ne sont pas contraignants. Il n'existe aucun mécanisme formel qui vérifie si et comment les avis sont mis en œuvre. Exemple : le CSS avait rendu un avis négatif sur le COVID Safe Ticket pour les mineurs. Il a tout de même été introduit à partir de 12 ans.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité L'avis scientifique sur la santé publique est à juste titre une compétence fédérale. Les problèmes de santé ne s'arrêtent pas aux frontières régionales.
2 Transparence ⚠️ Les avis sont publics, mais il n'y a aucune transparence sur le budget, l'affectation du personnel ou la façon dont le ministre compose la liste des experts. Pas de rapport annuel avec reddition de comptes financière.
3 Responsabilité = financement Pas de budget propre. Le CSS dépend entièrement du SPF Santé publique. Ceux qui décident (les experts) n'ont aucune autonomie financière. Le ministre qui paie nomme aussi les experts. Risque d'influence indirecte.
4 Simplicité Au moins 4 institutions fédérales rendent des avis sur la santé publique (CSS, Sciensano, KCE, comité de l'AFSCA). Pendant le COVID, s'y sont ajoutés des organes ad hoc (GEMS, RAG). Le citoyen ne comprend pas qui fait quoi.
5 Taille critique ⚠️ Le réseau de 1.500 experts est impressionnant, mais le secrétariat de ±6 ETP est trop petit pour le soutenir professionnellement.
6 Compétences concurrentes Sans objet. Il s'agit d'un organe consultatif purement fédéral. Les entités fédérées ont leurs propres organes consultatifs (p. ex. le SAR WGG en Flandre) pour les compétences communautaires.
7 Orientation résultats Pas de KPI, pas d'évaluation externe, pas de suivi de la mise en œuvre des avis. On compte les avis, mais on ne mesure pas s'ils ont un impact.
8 Numérique d'abord ⚠️ Les avis sont en ligne, mais il n'existe pas de plateforme numérique où les citoyens peuvent consulter facilement l'information santé. Comparez avec le Gezondheidsraad néerlandais, qui attire 244.000 visites de site par an et répond aux questions des citoyens.
9 Éprouvé à l'étranger Le modèle d'un petit organe consultatif dépendant, sans moyens propres, est dépassé au niveau international. Les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède montrent que l'intégration (avis + recherche dans un seul institut) ou une véritable indépendance (loi propre, budget propre) fonctionne mieux.

Synthèse : 3 ❌, 3 ⚠️, 3 ✅. Les plus grands gains se situent au niveau de la Simplicité (fusion des fonctions consultatives), de la Responsabilité = financement (budget propre ou intégration) et de l'Orientation résultats (KPI et mesure d'impact).


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Réformé La fonction consultative scientifique du CSS est intégrée dans un Sciensano renforcé, sur le modèle du RKI allemand ou du Folkhälsomyndigheten suédois.

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

  1. Le CSS est supprimé en tant qu'organe distinct. La fonction consultative scientifique est logée chez Sciensano, qui est transformé en un véritable institut national de santé publique sur le modèle allemand et suédois.
  2. Sciensano reçoit un conseil consultatif ancré dans la loi (pas un AR, mais une loi) avec son propre budget de fonctionnement. Comparable à la STIKO au sein du RKI.
  3. Le conseil consultatif au sein de Sciensano conserve le réseau d'experts du CSS (le système de 200 experts nommés + un réseau plus large fonctionne bien), mais reçoit :
    • Une base légale propre (une loi votée au Parlement, pas un simple AR)
    • Un budget de fonctionnement propre d'au moins 5 millions d'euros par an (comparable au Gezondheidsraad néerlandais)
    • Un secrétariat de ±25 ETP (aujourd'hui ±6)
    • Une indépendance formelle vis-à-vis du ministre pour la nomination des experts (nomination par un comité indépendant, pas par le ministre)
  4. Les structures consultatives ad hoc (les constructions du type GEMS) deviennent superflues : en cas de crise, Sciensano est le seul point de contact scientifique.
  5. Le KCE conserve son propre mandat pour le health technology assessment, mais se coordonne avec le conseil consultatif au sein de Sciensano pour éviter les chevauchements.

Vers quel niveau : fédéral (inchangé). L'avis en santé publique reste une compétence fédérale.

Modèle international : une combinaison du RKI allemand (intégration avis + recherche) et du Gezondheidsraad néerlandais (indépendance légale, budget propre, reddition de comptes parlementaire).

Gain d'efficience estimé :

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

Conseil Supérieur de la Santé. Réformé Le plus ancien organe consultatif de santé publique de Belgique (1849) est intégré dans Sciensano. Un seul institut scientifique qui fait à la fois de la recherche et de l'avis. Comme c'est la norme depuis longtemps aux Pays-Bas, en Allemagne et en Suède.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) est l'organe consultatif scientifique de l'autorité fédérale pour la santé publique. Il a été créé en 1849 et travaille avec un réseau de plus de 1.500 experts qui rendent, sans rémunération, des avis sur la vaccination, l'alimentation, l'environnement & la santé, la santé mentale et les maladies infectieuses. Un Collège de 30 experts valide les avis, soutenu par un secrétariat de seulement ±6 collaborateurs au sein du SPF Santé publique. Le CSS rend chaque année 30 à 50 avis.

Ce qui ne va pas

Le problème n'est pas le CSS lui-même. La qualité des experts est élevée. C'est la structure autour de lui. La Belgique compte au moins quatre institutions fédérales qui rendent des avis scientifiques sur la santé publique : le CSS, Sciensano, le Centre d'expertise des soins de santé (KCE) et le comité scientifique de l'agence alimentaire AFSCA. Pendant la pandémie de COVID sont venus s'y ajouter le groupe d'experts GEMS et le Risk Assessment Group (RAG).

Résultat : plus personne ne savait qui était en réalité le point de référence scientifique. Le citoyen entendait différents experts avec parfois des nuances différentes. Et le CSS lui-même ? Il n'a pas de budget propre (il dépend du SPF Santé publique), pas d'ancrage légal (un simple arrêté royal), et un secrétariat qui, à 6 personnes, ne peut évidemment pas soutenir professionnellement un réseau de 1.500 experts. Il n'y a pas d'évaluation externe, pas de KPI, et personne ne vérifie si les avis sont effectivement appliqués. Lorsque le CSS a rendu en 2021 un avis négatif sur le COVID Safe Ticket pour les mineurs, il a simplement été ignoré.

Comment cela fonctionne ailleurs

Aux Pays-Bas, le Gezondheidsraad a sa propre base légale (la Gezondheidswet), un budget de 6 millions d'euros par an, un secrétariat de 49 collaborateurs, et il rend compte directement au gouvernement et au Parlement. Ça, c'est de la vraie indépendance.

En Allemagne, l'Institut Robert Koch (RKI, ±1.500 collaborateurs) est le seul point de référence scientifique pour la santé publique. Il combine recherche, surveillance et avis politique. Y compris la fameuse STIKO qui détermine la politique de vaccination. Pas besoin d'organe consultatif distinct.

En Suède, l'Institut de santé publique et l'Institut de lutte contre les maladies infectieuses ont fusionné en 2014 pour former le Folkhälsomyndigheten (±500 collaborateurs) : une seule institution pour le monitoring, la recherche et l'avis.

La tendance est partout la même : intégrer la fonction consultative dans l'institut national de santé publique, ou rendre l'organe consultatif réellement indépendant avec sa propre base légale et ses propres moyens. La Belgique ne fait ni l'un ni l'autre.

Ce que HART propose

Le CSS est supprimé en tant qu'organe distinct. La fonction consultative scientifique est intégrée dans un Sciensano renforcé, transformé en l'équivalent belge du RKI allemand. Un seul institut scientifique national de santé publique qui fait à la fois de la recherche et de l'avis.

Concrètement :

Ce que cela rapporte


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
Hoge Gezondheidsraad. Over ons https://www.hgr-css.be/over-ons Mission, identité, valeurs fondamentales
Hoge Gezondheidsraad. Organisatie https://www.hgr-css.be/organisatie Composition du Collège, Bureau, secrétariat, Commission de déontologie
FOD Volksgezondheid. Hoge Gezondheidsraad https://www.health.belgium.be/nl/hoge-gezondheidsraad Ancrage administratif
KB 5 maart 2007. Oprichting HGR https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-05-maart-2007_n2007022420.html Base juridique, composition, missions, procédure de nomination
KB 23 oktober 2023. Benoeming College https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-23-oktober-2023_n2023044602.html Nomination la plus récente des membres du Collège
MB 8 mei 2007. Huishoudelijk reglement https://etaamb.openjustice.be/nl/ministerieel-besluit-van-08-mei-2007_n2007022843.html Méthode de travail et règles internes
Wikipedia NL. Hoge Gezondheidsraad https://nl.wikipedia.org/wiki/Hoge_Gezondheidsraad Historique, controverses (2019 maladies de civilisation, 2021 rapport nucléaire)
Gezondheidsraad Nederland. In cijfers 2023 https://www.gezondheidsraad.nl/over-ons/overig-werk/jaarverslag/jaarverslag-2023/de-gezondheidsraad-in-cijfers-2023 Budget 6,01 M€, 49 collaborateurs, 23 avis, 114 membres du conseil
Gezondheidsraad Nederland. Organisatie https://www.gezondheidsraad.nl/over-ons/organisatie Structure du secrétariat, du conseil, des commissions
Robert Koch Institute. Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Koch_Institute Structure, ±1.500 collaborateurs, STIKO, intégration recherche+avis
Robert Koch Institute. BMG https://www.bundesgesundheitsministerium.de/en/ministry/authorities-within-the-remit/robert-koch-institute-rki Mandat et position dans le système allemand
Public Health Agency of Sweden. Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Public_Health_Agency_of_Sweden Fusion 2014, ±500 collaborateurs, intégration des fonctions
Folkhälsomyndigheten. Brief facts https://www.folkhalsomyndigheten.se/the-public-health-agency-of-sweden/about-us/brief-facts-and-organisation/ Structure organisationnelle en Suède
Danish Health Authority. Organisation https://www.sst.dk/en/english/About-us/Organisation Réforme 2025, intégration des fonctions d'avis et d'analyse
Sciensano. COVID-19 missies https://covid-19.sciensano.be/nl/missies-van-sciensano Coordination du RAG, collaboration avec le CSS
HGR. Vaccinatiestrategie COVID-19 https://www.hgr-css.be/en/report/9597-9611/vaccination-strategy-covid-19 Rôle pendant le COVID-19
EKIF Zwitserland. ScienceDirect https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0264410X1000201X Modèle suisse de commission par domaine