CNT (Conseil national du Travail) : audit
Date : 2026-03-30 Catégorie : Concertation sociale & conseils consultatifs Statut proposé : 🟠 Réformé : fusion avec le CCE en un seul Conseil socio-économique (SER)
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Conseil national du Travail (CNT), en néerlandais Nationale Arbeidsraad (NAR), est un organe consultatif paritaire fédéral pour les matières sociales. C'est un organisme d'intérêt public, créé par la loi du 29 mai 1952.
Base juridique : loi du 29 mai 1952 organisant le Conseil national du Travail, modifiée à plusieurs reprises (notamment par la loi du 5 décembre 1968 qui lui a conféré la compétence de conclure des CCT).
Niveau de pouvoir : fédéral. Le CNT relève de la compétence du ministre fédéral de l'Emploi.
Composition : le CNT est composé paritairement de 26 membres effectifs :
- 13 représentants des employeurs : FEB/VBO (8), UCM/UNIZO (3), FWA/Boerenbond (1), secteur non marchand (1)
- 13 représentants des travailleurs : FGTB/ABVV (6), CSC/ACV (6), CGSLB/ACLVB (1)
Les membres sont nommés par arrêté royal pour un mandat renouvelable de 4 ans.
Structure : trois niveaux :
- Le Conseil en séance plénière se réunit au moins une fois par trimestre (en pratique tous les mois). Les décisions requièrent la présence d'au moins 50 % des membres, représentant ensemble au moins 90 % des deux groupes.
- Le Bureau exécutif président, secrétaire, quatre vice-présidents et quatre membres sur base paritaire. Il se réunit tous les mois.
- Cinq commissions permanentes :
- C.10. Conseils d'entreprise
- C.38. Relations individuelles de travail
- C.44. Relations collectives de travail
- C.51. Sécurité sociale
- C.76. Organisation internationale du Travail (OIT)
Secrétariat : environ 40 collaborateurs, nommés par le Conseil. Le secrétaire et le secrétaire adjoint sont nommés par le Roi. Établi avenue de la Joyeuse Entrée 17-21, 1040 Bruxelles.
Budget : estimé à 5 à 7 millions d'euros par an (frais de personnel du secrétariat + frais de fonctionnement). Le CNT est financé par une dotation fédérale. Les chiffres récents exacts ne sont pas disponibles publiquement sous une forme facilement accessible. La Cour des comptes a réalisé un audit en 2021.
Président : Rudi Delarue (depuis 2025).
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Rendre des avis au gouvernement ou au parlement sur des questions sociales, d'initiative ou sur demande. Cela comprend des avis sur des projets de loi, des arrêtés royaux et des questions de politique relatives au travail, à la sécurité sociale et aux relations de travail.
- Conclure des CCT depuis 1968, le CNT peut conclure des conventions collectives de travail interprofessionnelles de portée nationale, généralement rendues obligatoires par arrêté royal. Plus de 170 CCT ont été conclues à ce jour.
- Rôle de substitution le CNT peut agir comme commission paritaire lorsqu'une commission paritaire sectorielle ne fonctionne pas.
Niveau d'activité : en 2021-2022, le secrétariat a organisé plus de 300 réunions par an et ouvert chaque année plus de 100 nouveaux dossiers. Le tout avec un effectif en diminution. Le personnel partant n'a pas toujours été remplacé.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- Le CCE (Conseil central de l'Économie) traite les questions économiques. Le CNT et le CCE collaborent, mais restent des institutions séparées, avec des secrétariats, des budgets et des lieux de réunion distincts. Alors même que les partenaires sociaux sont en grande partie les mêmes dans les deux conseils.
- Au niveau régional existent des conseils consultatifs parallèles : le SERV (Flandre), le CESE Wallonie, Brupartners et le WSRDG (Communauté germanophone).
- Au total, la Belgique compte au moins 6 conseils consultatifs socio-économiques pour un pays de 11,5 millions d'habitants.
Indicateurs de performance : il n'existe ni KPI ni mesures de résultat accessibles au public. Le CNT rend compte via des rapports d'activité (nombre d'avis, nombre de CCT), mais ne mesure pas l'impact de ses avis sur les politiques ni le respect de ses CCT.
Audit de la Cour des comptes (2021) : la Cour des comptes a établi en 2021 un rapport sur le CNT. Le texte complet est disponible en PDF, mais difficile à déchiffrer numériquement. Il ressort du contexte que la Cour des comptes s'est intéressée à la gouvernance, à la gestion financière et à la structure vieillie du personnel.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. Sociaal-Economische Raad (SER)
- Un seul organe qui combine le rôle consultatif social et le rôle consultatif économique (ce qui, en Belgique, est réparti entre le CNT et le CCE).
- 33 membres : 11 employeurs, 11 travailleurs, 11 kroonleden indépendants (membres nommés par la Couronne, souvent des professeurs d'économie ou de droit). Les kroonleden garantissent l'intérêt général. La Belgique n'a pas cela.
- ±165 collaborateurs au secrétariat, frais de personnel de 17,2 millions d'euros (2024).
- Le SER rend des avis sur les grandes lignes de la politique socio-économique et exerce en outre des missions légales (notamment la loi sur les conseils d'entreprise et le contrôle du code de conduite en matière de fusions).
- Différence cruciale : grâce aux kroonleden, le SER rend des avis qui ne reflètent pas seulement les intérêts des employeurs et des travailleurs, mais aussi l'intérêt général. Cela renforce la qualité et la crédibilité des avis.
Allemagne. Pas d'équivalent
- L'Allemagne n'a pas de conseil national du travail. Le pays connaît la Tarifautonomie : les organisations d'employeurs et de travailleurs négocient librement, sans organe consultatif institutionnel. Les pouvoirs publics n'interviennent que pour le salaire minimum (Mindestlohnkommission).
- La concertation sociale se déroule de manière informelle et via les Tarifverträge sectoriels.
- Différence : l'Allemagne mise sur l'autonomie décentralisée ; la Belgique centralise via le CNT.
Danemark. Pas d'organe consultatif formel
- Le Danemark ne connaît pas davantage d'organe consultatif national formel pour le marché du travail. Le système repose sur la concertation tripartite : des négociations ad hoc entre le gouvernement, les employeurs (DA) et les syndicats (FH).
- Le modèle danois est plus souple et plus rapide que le modèle belge : des accords tripartites sont conclus quand c'est nécessaire, sans structure institutionnelle permanente.
Autriche. Sozialpartnerschaft
- L'Autriche connaît un système de chambres obligatoires : l'Arbeiterkammer (BAK, ±4 millions de membres obligatoires) et la Wirtschaftskammer (WKÖ). Avec les syndicats (ÖGB) et la chambre d'agriculture, elles forment la Sozialpartnerschaft.
- La BAK compte ±1.200 collaborateurs et un budget d'environ 500 millions d'euros (financé par des cotisations obligatoires des travailleurs, 0,5 % du salaire brut).
- Différence : le modèle autrichien est bien plus vaste et plus large, mais aussi plus coûteux et moins transparent (cotisations obligatoires).
Conclusion de la comparaison internationale : le modèle néerlandais du SER offre la meilleure référence. Il combine les fonctions consultatives sociales et économiques dans un seul organe, avec des kroonleden indépendants qui garantissent l'intérêt général. C'est précisément ce qui manque à la Belgique : le CNT et le CCE sont séparés, et il n'y a pas de membres indépendants.
1D. Problèmes et critiques
Morcellement : la Belgique compte au moins 6 conseils consultatifs socio-économiques (CNT, CCE, SERV, CESE Wallonie, Brupartners, WSRDG). Le CNT et le CCE traitent des thèmes apparentés avec les mêmes partenaires sociaux, mais depuis des institutions séparées. C'est unique en Europe.
Pas de voix indépendante : contrairement au SER néerlandais, le CNT n'a ni kroonleden ni experts indépendants. Les avis sont par définition un compromis entre employeurs et travailleurs. L'intérêt général (consommateurs, demandeurs d'emploi, jeunes, pensionnés, indépendants extérieurs aux organisations représentées) n'est pas représenté.
La loi sur la norme salariale comme symptôme : la loi de 1996 (norme salariale) limite les négociations salariales à l'évolution du coût salarial dans les pays voisins (DE, FR, NL). Le CCE calcule la marge, le CNT négocie à son sujet. Ce système rigide. Unique en Europe. Réduit la marge de manœuvre de la concertation au point que le CNT n'est parfois qu'une chambre d'enregistrement pour une marge techniquement fixée à 0,0 %.
Secrétariat en diminution : le rapport d'activité 2021-2022 signale que le personnel partant n'a pas toujours été remplacé, alors que le nombre de dossiers et de réunions restait élevé. Cela révèle un sous-investissement structurel.
Transparence limitée : les budgets et les comptes annuels du CNT ne sont pas facilement accessibles en ligne pour les citoyens. Le rapport d'activité est limité en ampleur et se concentre sur la quantité (nombre d'avis) plutôt que sur la qualité ou l'impact.
Pas de mesure d'impact : il n'existe aucun système accessible au public qui mesure combien d'avis du CNT sont effectivement traduits en politiques, ni quel est l'impact des CCT interprofessionnelles sur le marché du travail.
Doublons avec les conseils régionaux : le SERV en Flandre a un rôle comparable pour les matières régionales, et il existe un chevauchement structurel pour les dossiers qui ont à la fois une dimension fédérale et une dimension régionale (p. ex. la politique du marché du travail, où le VDAB est régional alors que l'ONEM et la sécurité sociale sont fédéraux).
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ Partiel | Le CNT opère au niveau fédéral, ce qui est logique pour les CCT interprofessionnelles. Mais la régionalisation de la politique du marché du travail (VDAB, Forem, Actiris) crée un décalage : le CNT rend des avis sur des matières qui sont en partie régionales. |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | Le budget et les comptes annuels ne sont pas facilement publics. Aucune vue sur les avis qui se traduisent en politiques. Les citoyens ne savent ni ce que fait le CNT, ni ce qu'il coûte. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ Partiel | Le CNT est financé par une dotation fédérale. Les partenaires sociaux qui siègent au conseil ne décident pas du budget. Les pouvoirs publics paient, les partenaires sociaux rendent des avis. Il n'y a pas de lien direct entre les prestations et le financement. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | La séparation entre le CNT et le CCE n'est explicable à aucun citoyen. Pourquoi deux conseils distincts, avec en grande partie les mêmes membres, pour des thèmes sociaux et économiques ? Plus 4 équivalents régionaux. Total : 6 conseils. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | Avec ±40 collaborateurs, le secrétariat est petit mais fonctionnel. L'échelle suffit pour les tâches actuelles, mais elle est trop réduite pour une véritable analyse en profondeur ou une recherche indépendante (comparaison : le SER néerlandais compte 165 collaborateurs). |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ Échec | Il n'y a pas de place pour l'innovation régionale dans la concertation sociale. Le CNT opère de haut en bas ; les entités fédérées ne peuvent pas déroger aux CCT interprofessionnelles. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ Échec | Pas de KPI, pas de mesure d'impact, pas d'évaluation de la qualité des avis ni du respect des CCT. Le reporting porte sur les activités (input), pas sur les résultats (outcome). |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | Le site (cnt-nar.be) a été récemment rénové et donne accès aux CCT et aux avis. Mais le registre des CCT n'est pas intégré à une fonction de recherche moderne, et les services numériques aux employeurs et aux travailleurs restent limités. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ Échec | Le modèle belge de CNT et CCE séparés, sans membres indépendants, est unique en Europe. Et pas dans le bon sens. Les Pays-Bas (SER), l'Autriche (Sozialpartnerschaft) et le Danemark (tripartite) disposent tous soit d'organes combinés, soit de membres indépendants, soit de structures plus souples. |
Synthèse : 0 × ✅ | 4 × ⚠️ | 5 × ❌
Le CNT échoue sur 5 des 9 principes. Les gains les plus importants se situent au niveau de :
- Simplicité fusion du CNT et du CCE en un seul organe
- Transparence reddition de comptes publique avec mesure d'impact
- Éprouvé à l'étranger introduction de kroonleden sur le modèle néerlandais
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé Le CNT est transformé, avec le CCE, en un Conseil socio-économique belge (SER), sur le modèle néerlandais.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- Fusion du CNT et du CCE en un seul SER belge. Un secrétariat, un budget, une adresse. La séparation entre thèmes sociaux et économiques disparaît. Dans la réalité, ils sont de toute façon liés.
- Introduction de kroonleden 9 experts indépendants (nommés par le parlement sur proposition des universités), aux côtés de 13 représentants des employeurs et de 13 représentants des travailleurs. Total : 35 membres. Les kroonleden garantissent l'intérêt général et apportent une expertise académique.
- Rapport d'impact obligatoire tous les 2 ans, le SER publie un rapport indiquant quels avis ont été suivis et quel impact ont eu les CCT interprofessionnelles.
- Tableau de bord public budget, comptes annuels, activités et impact disponibles en ligne pour chaque citoyen.
- Coopération avec les conseils des entités fédérées le SER belge se coordonne structurellement avec le SERV, le CESE Wallonie, Brupartners et le WSRDG via un rapport commun annuel.
Vers quel niveau : reste fédéral. La concertation sociale interprofessionnelle est une compétence fédérale.
Modèle international : le SER néerlandais (organe combiné avec kroonleden).
Économie estimée : l'économie directe est limitée (±1 à 2 millions d'euros grâce à la fusion des secrétariats du CNT et du CCE), mais le vrai gain réside dans :
- Une meilleure qualité des avis grâce aux kroonleden
- Moins de doublons entre le CNT et le CCE
- Plus de transparence et de légitimité démocratique
- Une prise de décision plus rapide grâce à un seul organe au lieu de deux
Trajet de mise en œuvre :
- Phase 1 (année 1) : préparer la modification légale. Révision de la loi de 1952 (CNT) et de la loi de 1948 (CCE)
- Phase 2 (année 2) : fusion des secrétariats, nomination des kroonleden, nouveau règlement d'ordre intérieur
- Phase 3 (année 3) : opérationnel comme SER belge, premier rapport d'impact
Modifications légales requises : révision de la loi du 29 mai 1952 (CNT) et de la loi du 20 septembre 1948 (CCE). Pas de révision de la Constitution nécessaire.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
CNT (Conseil national du Travail) : Réformé La Belgique a deux conseils consultatifs distincts pour l'emploi et l'économie (le CNT et le CCE), avec en grande partie les mêmes membres mais des secrétariats séparés. Nous les fusionnons en un seul SER belge doté d'experts indépendants, comme les Pays-Bas le font depuis des décennies.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le Conseil national du Travail (CNT) a été créé en 1952 comme organe consultatif fédéral pour les questions sociales. Il compte 26 membres : 13 représentants des employeurs et 13 représentants des travailleurs. Le CNT rend des avis au gouvernement et conclut des conventions collectives de travail interprofessionnelles (CCT) : plus de 170 à ce jour. Elles deviennent contraignantes par arrêté royal pour tous les employeurs et tous les travailleurs de Belgique. Le secrétariat compte environ 40 collaborateurs et est financé par une dotation fédérale.
À côté du CNT existe le Conseil central de l'Économie (CCE), qui réunit les mêmes partenaires sociaux, mais pour les thèmes économiques. Ensemble, ils forment le cœur de la concertation sociale interprofessionnelle belge. S'y ajoutent encore quatre conseils consultatifs régionaux (SERV, CESE Wallonie, Brupartners, WSRDG). Au total, la Belgique compte au moins six conseils consultatifs socio-économiques pour 11,5 millions d'habitants.
Ce qui ne va pas
Le problème fondamental, c'est le morcellement. Le CNT et le CCE traitent des thèmes apparentés avec en grande partie les mêmes membres, mais depuis deux institutions séparées, avec leurs propres secrétariats, budgets et salles de réunion. Aucun pays comparable en Europe ne fait cela.
Il manque en outre des voix indépendantes. Le CNT se compose exclusivement de représentants des employeurs et des travailleurs. L'intérêt général. Celui des consommateurs, des demandeurs d'emploi, des jeunes, des pensionnés, des petits indépendants. N'y est pas représenté. Les avis sont par définition un compromis entre deux parties, pas une mise en balance de l'intérêt général de la société.
La transparence est insuffisante. Le budget et les comptes annuels ne se trouvent pas facilement en ligne. Il n'existe pas d'indicateurs publics mesurant combien d'avis du CNT sont effectivement traduits en politiques, ni quel est l'impact des CCT interprofessionnelles. Le citoyen paie, mais ne peut pas contrôler ce que cela rapporte.
Enfin, le secrétariat est structurellement en sous-effectif. Le personnel partant n'est pas toujours remplacé, alors que le nombre de dossiers et de réunions reste élevé. Cela mine la qualité de la préparation.
Comment cela fonctionne ailleurs
Les Pays-Bas ont un seul Conseil socio-économique (SER) qui combine les fonctions consultatives sociales et économiques. Le SER compte 33 membres : 11 employeurs, 11 travailleurs et 11 kroonleden indépendants. Des professeurs et des experts nommés par la Couronne, qui garantissent l'intérêt général. Le secrétariat compte environ 165 collaborateurs et dispose d'un budget de plus de 17 millions d'euros (2024). Le SER publie chaque année un rapport annuel détaillé avec une justification financière.
Les kroonleden font la différence. Ils apportent une expertise académique, ils ne sont liés ni aux intérêts des employeurs ni à ceux des travailleurs, et ils font en sorte que les avis aillent plus loin qu'un compromis entre deux parties. Ce modèle fonctionne depuis 1950 et fait référence à l'échelle internationale.
L'Allemagne et le Danemark n'ont pas d'équivalent du CNT. Ils misent sur la Tarifautonomie décentralisée (Allemagne) ou sur une concertation tripartite souple (Danemark). Les deux modèles sont plus légers et plus rapides que le modèle belge.
Ce que HART propose
Fusion du CNT et du CCE en un seul Conseil socio-économique belge (SER). Une seule institution, un seul secrétariat, un seul budget. La séparation artificielle entre « social » et « économique » disparaît. Dans la réalité, le marché du travail et l'économie sont indissociables.
Introduction de 9 kroonleden : des experts indépendants nommés par le parlement sur proposition des universités belges. Ils représentent l'intérêt général et apportent un savoir scientifique. Avec 13 représentants des employeurs et 13 représentants des travailleurs, ils forment un conseil de 35 membres.
Rapport d'impact obligatoire : tous les deux ans, le SER publie un rapport public indiquant quels avis ont été suivis par le gouvernement, lesquels ne l'ont pas été (et pourquoi), et quel est l'impact mesurable des CCT interprofessionnelles.
Tableau de bord public : budget, comptes annuels, liste des membres, avis et leur suivi. Tout est disponible en ligne pour chaque citoyen.
Coordination structurelle avec les conseils consultatifs régionaux (SERV, CESE Wallonie, Brupartners, WSRDG) via un rapport commun annuel sur le marché du travail.
Ce que cela rapporte
- Simplicité : deux institutions n'en font plus qu'une. Le citoyen ne doit plus comprendre pourquoi le CNT et le CCE existent séparément.
- De meilleurs avis : les kroonleden apportent une expertise indépendante et élargissent la perspective au-delà de l'opposition employeurs contre travailleurs.
- Transparence : un tableau de bord public rend visible ce que le SER coûte, fait et obtient.
- Économie limitée : ±1 à 2 millions d'euros grâce à la fusion de deux secrétariats (estimation), plus les doublons évités.
- Une légitimité démocratique renforcée : des membres indépendants et un rapport d'impact rendent la concertation sociale contrôlable par le citoyen et par le parlement.
- Éprouvé : les Pays-Bas le font depuis 75 ans. Cela fonctionne.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| FOD Werkgelegenheid. NAR | https://werk.belgie.be/nl/themas/sociaal-overleg/interprofessioneel-niveau/nationale-arbeidsraad-nar | Base juridique, missions, composition |
| NAR officiële website | https://cnt-nar.be/nl | Structure, commissions, registre des CCT |
| Wikipedia NL. Nationale Arbeidsraad | https://nl.wikipedia.org/wiki/Nationale_Arbeidsraad | Historique, composition, 5 commissions, >100 CCT |
| NAR Activiteitenrapport 2021-2022 | https://cnt-nar.be/sites/default/files/activity_reports/nl/Activiteitenrapport%202021-2022_0.pdf | 300+ réunions/an, 100+ dossiers/an, effectif en diminution |
| Rekenhof rapport NAR 2021 | https://cnt-nar.be/sites/default/files/documents/nl/Rapport-Rekenhof-2021-NL_0.pdf | Audit financier, gouvernance |
| SER Nederland Jaarverslag 2024. Financiën | https://publicaties.ser.nl/ser_jaarverslag_2024/financien | Budget 17,2 M€ de frais de personnel, 145 ETP |
| SER Nederland Jaarverslag 2024. Mens & Organisatie | https://publicaties.ser.nl/ser_jaarverslag_2024/mens_organisatie | ±165 collaborateurs |
| Wikipedia NL. SER Nederland | https://nl.wikipedia.org/wiki/Sociaal-Economische_Raad_(Nederland) | 33 membres, système des kroonleden |
| Eurofound. Collective bargaining in Belgium | https://www.eurofound.europa.eu/en/countries/belgium/collective-bargaining | Loi sur la norme salariale, AIP, trois systèmes de concertation |
| ETUI. Industrial relations Belgium | https://www.etui.org/covid-social-impact/belgium/industrial-relations-in-belgium-background-summary | Structure de la concertation sociale, 6 conseils consultatifs |
| Advantage Austria. Sozialpartnerschaft | https://www.advantageaustria.org/us/zentral/business-guide/investieren-in-oesterreich/arbeit-und-beruf/sozialpartnerschaft/sozialpartnerschaft.en.html | Modèle autrichien, Arbeiterkammer |
| Wikipedia EN. Chamber for Workers (Austria) | https://en.wikipedia.org/wiki/Chamber_for_Workers_and_Employees | BAK : ±4 millions de membres, ±1.200 collaborateurs |
| CRB website | https://www.ccecrb.fgov.be/home/nl | Missions du CCE, coopération avec le CNT |
| SERV. Advies hervorming adviesraden | https://www.serv.be/serv/publicatie/advies-hervorming-strategische-adviesraden | Réforme flamande des conseils consultatifs |
| Arbeitgeber.de. Tarifautonomie | https://arbeitgeber.de/en/themen/arbeitsrecht-und-tarifpolitik/tarifbindung/ | Modèle allemand de concertation décentralisée |
| Star.dk. Tripartite agreement | https://star.dk/en/social-partners/tripartite-agreement | Modèle tripartite danois |
Résumé
Le CNT est une institution qui a joué un rôle historique important dans la concertation sociale belge. Plus de 170 CCT interprofessionnelles en témoignent. Mais la structure est dépassée : la séparation d'avec le CCE n'est plus de son temps, l'absence de membres indépendants mine la crédibilité, et la transparence fait défaut. Le modèle néerlandais du SER offre une alternative éprouvée qui fonctionne depuis 75 ans. HART propose une fusion en un seul SER belge, avec des kroonleden, un rapport d'impact et un tableau de bord public.