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ONSS (Office national de sécurité sociale) : audit

Date : 2026-03-29 Catégorie : parastataux de la sécurité sociale Statut proposé : 🟠 Réformé : intégrer la perception dans la fiscalité, transformer l'ONSS en moteur de données et de répartition


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Nom officiel : Rijksdienst voor Sociale Zekerheid (RSZ) / Office national de sécurité sociale (ONSS) Base juridique : arrêté-loi du 28 décembre 1944 concernant la sécurité sociale des travailleurs ; loi du 27 juin 1969 (révision) ; loi du 29 juin 1981 (principes généraux de la sécurité sociale des travailleurs salariés) ; loi du 18 avril 2017 (réforme du financement) Créé : 1944 (après le Pacte social) Niveau de pouvoir : fédéral Gestion : comité de gestion paritaire (organisations patronales et syndicales), sous la tutelle du ministre des Affaires sociales

Budget (2024) :

Personnel (chiffres 2022, les plus récents disponibles en détail) :

1B. Que fait-il en pratique ?

L'ONSS a trois missions principales :

1. Percevoir les cotisations

2. Financer les institutions (Gestion financière globale) Depuis 1995, l'ONSS répartit, via le système de la Gestion financière globale, les cotisations perçues entre les branches de la sécurité sociale :

3. Gérer et diffuser les données

Chevauchements et complexité :

1C. Comparaison internationale

Pays-Bas. Modèle intégré (Belastingdienst) Aux Pays-Bas, le Belastingdienst perçoit depuis 2006 toutes les cotisations sociales en même temps que le précompte professionnel. L'employeur fait une seule déclaration et un seul paiement. L'UWV (Uitvoeringsinstituut Werknemersverzekeringen) gère les assurances des travailleurs salariés et paie les prestations. La SVB (Sociale Verzekeringsbank) gère les assurances populaires (AOW, allocations familiales).

Allemagne. Perception décentralisée via les caisses de maladie En Allemagne, les Krankenkassen (caisses de maladie) perçoivent toutes les cotisations sociales via le système du « Gemeinsamer Beitragseinzug ». L'employeur paie à la caisse de maladie du travailleur, qui répartit ensuite les cotisations entre la pension, le chômage, les soins de longue durée et la maladie. La Bundesagentur für Arbeit, la Deutsche Rentenversicherung et le GKV-Spitzenverband coordonnent.

Danemark. ATP + administration fiscale Le Danemark combine un financement par l'impôt (la plupart des prestations sociales sont payées par les impôts) avec le système ATP (Arbejdsmarkedets Tillægspension) pour la pension complémentaire. L'ATP gère aussi l'administration de diverses prestations sociales (pécule de vacances, congé parental, allocation de loyer).

Suisse. Caisses de compensation cantonales La Suisse connaît un système décentralisé via ±100 caisses de compensation (Ausgleichskassen) : tant cantonales que sectorielles. Les employeurs s'affilient à la caisse de compensation de leur canton. Les cotisations (8,7 % AVS/AI) sont perçues via ces caisses et redistribuées de manière centralisée.

1D. Problèmes et critiques

1. Architecture de financement complexe Le système de la Gestion financière globale + le financement alternatif + les dotations publiques rend presque impossible, pour un citoyen (ou même pour un parlementaire), de comprendre qui contribue combien et qui reçoit combien. Le « financement alternatif ». En réalité des impôts transférés. Atteint 21,4 milliards d'euros et a augmenté de 10,4 % en un an. C'est un subside caché à la sécurité sociale qui masque le coût réel.

2. Circuits de perception séparés La Belgique a trois systèmes de perception distincts : l'ONSS (salariés), l'INASTI (indépendants) et un régime distinct pour les fonctionnaires. Aux Pays-Bas, le Belastingdienst fait cela en un seul mouvement. Cela entraîne une infrastructure double, des systèmes informatiques doubles et des coûts plus élevés.

3. Forte dépendance informatique à l'égard de Smals 111 millions d'euros (38 % du budget de gestion) vont à Smals pour des services informatiques. Smals est une ASBL qui fournit l'informatique à toute la sécurité sociale. L'ONSS dispose d'une capacité informatique propre limitée et dépend structurellement de ce fournisseur unique. La diversification et le jeu du marché font défaut.

4. Débiteurs douteux et problèmes de recouvrement Bien que le taux de perception à 6 mois atteigne 99,5 %, 19.405 employeurs se trouvaient encore en recouvrement judiciaire en 2024. Les plans de paiement amiables portent sur 632 millions d'euros dont seuls 71,4 % sont effectivement perçus. La Cour des comptes a formulé à plusieurs reprises des remarques sur la comptabilité des débiteurs douteux.

5. Pas de mesure complète des résultats L'ONSS mesure son taux de perception et sa vitesse de traitement, mais il n'existe pas de benchmark indépendant et accessible au public du coût administratif par euro perçu, comparé aux équivalents étrangers. Le contrat de gestion contient des KPI, mais les résultats ne sont que peu publics.

6. Gestion paritaire. Déficit démocratique L'ONSS est administré par un comité de gestion paritaire composé d'organisations patronales et syndicales. Cela découle historiquement du Pacte social de 1944, mais en 2026 cela signifie que les partenaires sociaux. Pas le parlement. Codécident de facto de l'affectation de près de 100 milliards d'euros par an. La légitimité démocratique de cette situation est contestable.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité La sécurité sociale est à juste titre une compétence fédérale. La taille et la solidarité l'exigent. La perception doit se situer au niveau où les cotisations sont prélevées.
2 Transparence Le système de financement est opaque. Gestion globale, financement alternatif, dotations publiques. Personne ne peut suivre d'où vient l'argent ni où il va. Le citoyen ne voit que « ONSS » sur sa fiche de paie.
3 Responsabilité = financement ⚠️ L'ONSS perçoit, mais il ne décide pas des dépenses. Les institutions qui paient les prestations (ONEM, INAMI, SFP) dépensent. Le fédéral comble via le financement alternatif. Le fiscal gap est structurel.
4 Simplicité Trois systèmes de perception distincts (salariés, indépendants, fonctionnaires). Interaction complexe entre l'ONSS, la BCSS, Smals et plus de 15 institutions d'exécution. Un jeune de 16 ans ne peut pas expliquer cela.
5 Taille critique L'ONSS est assez grand pour un fonctionnement professionnel : 1.665 collaborateurs, 73 milliards d'euros perçus. Les avantages d'échelle sont exploités, surtout en informatique via Smals.
6 Compétences concurrentes ⚠️ Sans objet au sens strict (monopole fédéral). Mais les réductions groupes cibles régionalisées (depuis la sixième réforme de l'État) montrent que les entités fédérées posent déjà leurs propres accents sur le marché du travail. L'ONSS les exécute, mais cela crée de la complexité.
7 Orientation résultats ⚠️ Un taux de perception de 99,5 % est excellent. Mais il n'existe pas de benchmark public du coût administratif et de l'efficience, et la Cour des comptes relève à plusieurs reprises des problèmes de comptabilité et de gestion des débiteurs.
8 Numérique d'abord L'ONSS est un pionnier du numérique en Belgique : Dimona, DmfA, e-Box, MyCareer.be, e-Gov 3.0. 800 formulaires remplacés par 220 processus électroniques. Économie annuelle de plus d'un milliard d'euros. Le principe once only est appliqué.
9 Éprouvé à l'étranger ⚠️ Le modèle belge fonctionne, mais il n'est pas le plus efficient. Les Pays-Bas (perception intégrée via le Belastingdienst) et le Danemark (ATP) montrent que perception et impôts peuvent être plus efficients ensemble. La Belgique s'accroche à un circuit de perception distinct hérité de 1944.

Synthèse : les gains les plus importants se situent au niveau de la transparence (principe 2), de la simplicité (principe 4) et des modèles éprouvés à l'étranger (principe 9). L'ONSS fonctionne bien sur le plan opérationnel, mais il est enchâssé dans une architecture inutilement complexe.


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Réformé L'ONSS n'est pas supprimé mais fondamentalement transformé. La fonction de perception est intégrée dans l'administration fiscale (SPF Finances). L'ONSS devient un moteur allégé de données et de répartition.

3B. Proposition concrète

Ce qui change ?

  1. Perception des cotisations sociales → SPF Finances Sur le modèle néerlandais, les cotisations sociales sont perçues avec le précompte professionnel par le SPF Finances. L'employeur fait une seule déclaration et un seul paiement. Cela élimine le double circuit de perception et réduit les charges administratives.

  2. L'ONSS devient la « Caisse de sécurité sociale » (CSS) Les missions principales restantes. Gestion financière globale (répartition entre les branches), gestion des données et statistiques. Sont logées dans une organisation plus légère. Cette « Caisse de sécurité sociale » gère la répartition, pas la perception.

  3. Un seul régime pour les salariés, les indépendants et les fonctionnaires Les circuits de perception séparés (ONSS, INASTI, pensions des fonctionnaires) sont fusionnés. Une seule déclaration de cotisations, un seul système, une seule base de données.

  4. Des flux de financement transparents Le « financement alternatif » est supprimé en tant que concept distinct. La sécurité sociale est financée par (a) des cotisations et (b) une dotation fédérale fixée par la loi. Les deux montants sont publiés chaque année dans un budget citoyen.

  5. Un audit d'efficience indépendant Benchmark triennal par la Cour des comptes ou par un bureau externe : coût administratif par euro perçu, comparé aux Pays-Bas, au Danemark et à l'Allemagne.

Vers quel niveau ? Reste fédéral (et c'est correct. La sécurité sociale est une solidarité à l'échelle nationale).

Modèle de référence international : les Pays-Bas (le Belastingdienst perçoit les cotisations depuis 2006) + le Danemark (l'ATP comme organe d'exécution intégré).

Économie estimée :

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

ONSS (Office national de sécurité sociale) : réformé La perception des cotisations sociales est intégrée dans l'administration fiscale, comme aux Pays-Bas. L'ONSS devient un moteur de répartition plus léger. Une seule déclaration, un seul paiement, un seul système. Pour les salariés, les indépendants et les fonctionnaires.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

L'ONSS est le cœur financier de la sécurité sociale belge. Chaque trimestre, l'ONSS perçoit les cotisations sociales des employeurs et des travailleurs. En 2024, cela représentait 73,2 milliards d'euros. Et il les répartit entre les pensions, les soins de santé, le chômage et les autres branches. Au total, 95,9 milliards d'euros par an transitent par le système de la Gestion financière globale. L'ONSS compte ±1.665 collaborateurs et un coût de fonctionnement de ±293 millions d'euros, dont 57 % de frais de personnel et 38 % de frais informatiques (en grande partie via Smals).

Ce qui ne va pas

Le problème ne réside pas dans l'ONSS lui-même. Celui-ci fonctionne bien sur le plan opérationnel, avec un taux de perception de 99,5 %. Mais dans l'architecture qui l'entoure. La Belgique a trois systèmes de perception distincts : l'ONSS pour les salariés, l'INASTI pour les indépendants et un régime distinct pour les fonctionnaires. Chaque employeur qui occupe à la fois des salariés et des aidants indépendants se retrouve avec plusieurs déclarations, plusieurs systèmes, plusieurs échéances.

À cela s'ajoute que le financement est une énigme. Outre les cotisations, la sécurité sociale reçoit 21,4 milliards d'euros de « financement alternatif ». Des recettes fiscales transférées dont le lien avec la sécurité sociale s'est construit historiquement mais n'est plus explicable logiquement. Le fédéral comble encore avec des dotations. Résultat : personne ne peut expliquer d'où viennent précisément les près de 100 milliards d'euros par an ni où ils vont. Même la Cour des comptes peine à s'y retrouver dans la comptabilité.

Le comité de gestion paritaire des organisations patronales et syndicales administre l'ONSS depuis 1944. C'était logique quand la sécurité sociale était une « assurance des employeurs et des travailleurs ». Mais maintenant qu'un tiers du financement provient des impôts, le déficit démocratique est indéniable : le parlement. Et donc le citoyen. A trop peu de prise sur l'affectation.

Comment cela fonctionne ailleurs

Les Pays-Bas ont tranché en 2006. Depuis lors, le Belastingdienst perçoit toutes les cotisations sociales en même temps que le précompte professionnel. L'employeur fait une seule déclaration par mois. L'UWV (comparable à l'ONEM et à l'INAMI réunis) gère les assurances des travailleurs salariés, la SVB les assurances populaires. Résultat : des charges administratives plus faibles, de meilleures données, une détection de la fraude plus rapide.

Le Danemark va encore plus loin. Là-bas, la plupart des prestations sociales sont payées directement par l'impôt. Aucun circuit de perception distinct n'est nécessaire. L'ATP (Arbejdsmarkedets Tillægspension) combine la gestion des pensions, l'administration des prestations et l'analyse de données dans une seule organisation pour 5,8 millions d'affiliés. Presque entièrement numérique.

Ce que HART propose

  1. Une seule déclaration, une seule perception. Le SPF Finances perçoit les cotisations sociales avec le précompte professionnel, sur le modèle néerlandais. L'employeur fait une seule déclaration par trimestre (à terme par mois). Fini le circuit ONSS distinct.

  2. L'ONSS devient la Caisse de sécurité sociale (CSS). Les missions restantes. Répartition entre les branches, gestion des données, statistiques. Restent chez un successeur plus léger. La CSS gère la répartition, pas la perception.

  3. Un seul régime. Les circuits séparés pour les salariés (ONSS), les indépendants (INASTI) et les fonctionnaires sont fusionnés. Un seul système de cotisations, une seule base de données, une seule instance de contrôle.

  4. Un financement transparent. Le concept de « financement alternatif » disparaît. La sécurité sociale est financée par (a) des cotisations et (b) une dotation fédérale fixée par la loi. Les deux montants sont publiés chaque année dans un budget citoyen que chaque Belge peut comprendre.

  5. Un benchmark triennal. La Cour des comptes compare le coût administratif par euro perçu avec les Pays-Bas, le Danemark et l'Allemagne. Les résultats sont publics.

Ce que cela rapporte

L'ONSS n'est pas une mauvaise institution. Au contraire, c'est l'un des parastataux qui fonctionnent le mieux. Mais il est coincé dans une architecture vieille de 80 ans. Les Pays-Bas ont prouvé que cela peut se faire autrement et mieux. La Belgique mérite la même chose.


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
RSZ Jaarverslag 2024. Financieren https://www.onssrapportannuel.be/2024/nl/kerntaken/financieren/index.html Budget, répartition par branche, montants totaux de la Gestion globale
RSZ Jaarverslag 2024. Bijdragen innen https://www.rszjaarverslag.be/2024/nl/kerntaken/bijdragen-innen/index.html Taux de perception, chiffres de recouvrement, statistiques employeurs
RSZ Jaarverslag 2024. Begroting https://www.rszjaarverslag.be/2024/nl/de-rsz-in-kerncijfers/begroting/index.html Budget de gestion, frais de personnel et d'informatique
RSZ Jaarverslag 2022. Personeel https://rszjaarverslag.be/2022/nl/de-rsz-in-kerncijfers/personeel/index.html Chiffres du personnel, répartition linguistique, statut
FOD Sociale Zekerheid. RSZ-pagina https://socialsecurity.belgium.be/nl/netwerk/rijksdienst-voor-sociale-zekerheid-rsz Missions principales, missions légales
FOD Sociale Zekerheid. Financiering https://socialsecurity.belgium.be/nl/over-de-sociale-zekerheid/financiering Structure de financement, financement alternatif
RSZ. E-Government: massaal digitaal https://www.rsz.be/de-sociale-zekerheid/e-government-massaal-digitaal Numérisation, Dimona/DmfA, économies
BOSA. Digitale modernisering RSZ en KSZ https://bosa.belgium.be/nl/news/digitale-modernisering-van-de-sociale-zekerheid-wat-de-projecten-van-de-rsz-en-de-ksz e-Gov 3.0, principe once only
RSZ Jaarverslag 2024. E-Government https://www.rszjaarverslag.be/2024/nl/een-moderne-instelling/e-government/index.html Projets numériques, SDG-ONSS
Rekenhof. 180e Boek Sociale Zekerheid (2023) https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/180e_b_II_SocZk.pdf Constats sur la comptabilité de l'ONSS
Rekenhof. 181e Boek Sociale Zekerheid (2024) https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/181e_b_II_SocZk.pdf Situation financière de la sécurité sociale
Rekenhof. Eerste aanwervingen doelgroepvermindering https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2025_38_EersteAanwervingenDoelgroepverminderingRSZ_Persbericht.pdf Contrôles de l'ONSS et manquements
SIOD. RSZ inspectiedienst https://www.siod.belgie.be/nl/siod/inspectiediensten/rijksdienst-voor-sociale-zekerheid-rsz Missions d'inspection et de contrôle
Wet 27 juni 1969 (juridische basis RSZ) Via la déclaration de confidentialité de l'ONSS sur rsz.be Cadre juridique
Nederland. Government.nl. Salaries tax https://www.government.nl/topics/taxation-and-businesses/salaries-tax-and-social-insurance-contributions Modèle néerlandais de perception intégrée
Denemarken. ATP.dk https://www.atp.dk/en/our-purpose Modèle danois de gestion des pensions et d'exécution
Duitsland. Informationsportal Beitragseinzug https://www.informationsportal.de/sv-bibliothek/versicherung-und-beitragsrecht/beitragseinzug/gemeinsamer-beitragseinzug/ Modèle allemand de perception via les caisses de maladie
Zwitserland. AHV.ch https://www.ahv-iv.ch/en Modèle suisse des Ausgleichskassen
KPMG. Belgium cap on social security contributions (2025) https://kpmg.com/xx/en/our-insights/gms-flash-alert/flash-alert-2025-184.html Modifications récentes du plafond de cotisations
OECD. Social Expenditure Database (SOCX) https://www.oecd.org/en/data/datasets/social-expenditure-database-socx.html Comparaison internationale des dépenses sociales