SPW (Service public de Wallonie) : 8 directions générales. Audit
Date : 2026-03-30 Catégorie : Entité fédérée wallonne. SPW et institutions Statut proposé : 🟠 Réformé : modernisation en profondeur et allègement
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Service public de Wallonie (SPW) Base juridique : arrêté du Gouvernement wallon du 18 décembre 2003, réformé par décret ; opérationnel depuis le 1er août 2008, en remplacement du Ministère de la Région wallonne et du Ministère de l'Équipement et des Transports. Création : 1er août 2008 Niveau de pouvoir : Région wallonne Forme juridique : appareil administratif central de la Région wallonne. Pas de personnalité juridique distincte, mais l'administration centrale qui exécute la politique du Gouvernement wallon.
Budget : le budget régional wallon total s'élève à ±22 milliards d'euros de dépenses (2025). Le SPW en gère la très grande majorité : ±17,6 milliards d'euros de factures et de demandes de subsides ont été traités en 2024 par la seule division de contrôle du SPW Finances. Le budget de fonctionnement proprement dit (personnel, bâtiments, ICT) du SPW lui-même est estimé à 1 à 1,5 milliard d'euros. Le reste, ce sont des transferts, des subsides et des investissements canalisés via le SPW. Personnel : 10.981 agents (2025), stable autour de 10.000 depuis quinze ans. 56,1 % de statutaires, 43,9 % de contractuels (chiffres 2020). Tutelle : le SPW relève directement du Gouvernement wallon. Il est dirigé par un secrétaire général et 8 directeurs généraux. Le pilotage politique passe par les ministres compétents et leurs cabinets (±986 collaborateurs de cabinet pour l'ensemble des gouvernements francophones).
Les 8 directions générales
Le SPW se compose de 8 entités (après la réorganisation de 2021) :
Transversal :
- SPW Secrétariat général coordination centrale, stratégie, audit, relations internationales
- SPW Support personnel, bâtiments, communication, services juridiques
- SPW Digital infrastructure informatique, services numériques (8 départements, plus de 9.500 PC, 2.950 serveurs)
Opérationnel : 4. SPW Mobilité et Infrastructures routes, voies navigables, transports en commun 5. SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement agriculture, nature, environnement 6. SPW Territoire, Logement, Patrimoine, Énergie aménagement du territoire, logement, patrimoine, énergie 7. SPW Intérieur et Action sociale tutelle sur les pouvoirs locaux, intégration sociale 8. SPW Économie, Emploi et Recherche économie, emploi, recherche 9. SPW Finances impôts, budget, comptabilité (il y a donc en réalité 9 entités, mais le décompte officiel les regroupe en « 8 directions générales + secrétariat général »)
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales : Le SPW est le bras exécutif du Gouvernement wallon. Il prépare la politique, l'exécute, gère les flux de subsides, délivre des permis, perçoit des impôts, entretient les infrastructures (routes, voies navigables) et fournit des services aux citoyens et aux entreprises. En 2024, il a traité :
- 163.655 factures et demandes de subsides (17,6 Mds €)
- plus de 3 Mds € de droits fiscaux établis (dont 2,1 Mds € de précompte immobilier)
- ±200 missions d'audit réalisées
- 4.305 dossiers de sanction traités
- 60.000 m² de bureaux réaménagés
Chevauchements avec d'autres institutions : Le SPW chevauche structurellement plusieurs niveaux :
- Fédéral : les SPF couvrent en partie les mêmes domaines politiques (économie, emploi, environnement). Après la sixième réforme de l'État, les compétences sont réparties mais pas toujours clairement délimitées.
- Provinces : les 5 provinces wallonnes (±10.000 membres du personnel au total pour les 10 provinces belges) ont des missions qui se chevauchent en matière de coordination supracommunale, de planification d'urgence et de tutelle.
- OIP et pararégionaux : à côté du SPW existent ±29 OIP wallons (organismes d'intérêt public) comme l'AVIQ, le Forem, l'IFAPME, la SWDE, etc. Chacun avec sa propre personnalité juridique, son propre personnel et son propre budget. Cela crée un réseau complexe d'organismes d'exécution.
- FWB (Fédération Wallonie-Bruxelles) : les compétences communautaires (enseignement, culture, aide aux personnes) sont gérées séparément, ce qui entraîne des problèmes de coordination sur le territoire wallon.
Indicateurs de performance : Le SPW publie chaque année un rapport d'activités avec des chiffres d'output (nombre de dossiers traités, de factures, etc.), mais :
- Il n'existe aucun indicateur d'outcome systématique (quel est l'effet pour le citoyen ?)
- La Cour des comptes a signalé à plusieurs reprises l'absence de mesures de performance fiables
- Il n'existe aucun benchmark avec d'autres régions ou d'autres pays
Constats de la Cour des comptes (2020-2025) :
- 2020 : des milliards d'euros d'erreurs comptables. Dette envers Sowafinal mal comptabilisée (694 millions d'euros). Aides corona surestimées de 303 millions d'euros. 1.655 hectares de terrains non valorisés.
- 2024 (37e cahier, novembre 2025) : « Lacunes systémiques et dérives dans la gestion financière. » Créances et avances non inventoriées. Patrimoine immobilier inconnu et sous-évalué. 873 millions d'euros de charges d'intérêts sur la dette régionale. La Cour des comptes ne peut certifier aucune image fidèle du patrimoine wallon.
- Audit des assurances : le SPW s'assure sans procédure de marché public, sans inventaire de ses polices, sans norme de gestion des risques.
Cyberattaque d'avril 2025 : Le 17 avril 2025, le SPW a été touché par une cyberattaque de grande ampleur. Des serveurs obsolètes, non mis à jour, ont été exploités. Des adresses IP liées à la Russie ont été identifiées. Conséquences : sites et systèmes injoignables pendant des semaines, report de 60 jours pour les procédures administratives, 10 millions d'euros de budget supplémentaire pour la cybersécurité, contrats d'urgence avec Microsoft (316.000 euros) et NRB (412.000 euros). Une information judiciaire fédérale a été ouverte.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : administration provinciale + services de l'État
- Structure : 12 provinces disposant chacune d'un appareil administratif compact (±500 à 1.500 collaborateurs par province). Les services de l'État (Rijkswaterstaat, UWV, etc.) exécutent la politique nationale au niveau local.
- Personnel provincial total : ±12.000 ETP pour 12 provinces / 17,8 millions d'habitants
- Comparaison : la Wallonie compte ±11.000 collaborateurs au SPW + ±29 OIP pour 3,6 millions d'habitants. Les Pays-Bas ont proportionnellement beaucoup moins de fonctionnaires régionaux.
- Clé : les Pays-Bas combinent une couche provinciale compacte et de solides services d'exécution nationaux. Pas de duplication par région.
Allemagne : Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW)
- Structure : la NRW (18 millions d'habitants, ±5 fois la Wallonie) a une Landesverwaltung à 3 niveaux : les ministères (11 + Staatskanzlei), les Bezirksregierungen (5 administrations intermédiaires) et les autorités administratives inférieures.
- Modèle : compétences concurrentes avec le niveau fédéral. Les Länder ont une pleine autonomie politique tant que le Bund ne légifère pas.
- Échelle : avec sa Landesverwaltung, la NRW gère des domaines politiques comparables à ceux du SPW, mais pour 5 fois plus d'habitants, avec une couche de management plus professionnelle et une numérisation plus poussée.
Danemark : 5 régions (réforme de 2007)
- Structure : après la grande réforme de 2007, 14 comtés ont été remplacés par 5 régions (1,17 million d'habitants en moyenne). Les régions sont responsables au premier chef des soins de santé. Les 98 communes ont reçu davantage de missions.
- Numérisation : 93 % des Danois utilisent les services publics numériques. Le numérique d'abord comme norme.
- Confiance : 72 % des Danois font confiance aux pouvoirs publics (moyenne de l'OCDE : 51 %).
- Clé : le Danemark a prouvé que l'augmentation d'échelle + la numérisation mènent à un meilleur service et à plus d'efficience.
Suisse : administrations cantonales
- Structure : 26 cantons disposant chacun de leur propre administration. De ±40.000 habitants (Appenzell Rhodes-Intérieures) à ±1,5 million (Zurich).
- Modèle : subsidiarité extrême, mais avec une forte coopération intercantonale (concordats) et une standardisation numérique.
- Responsabilité fiscale : les cantons perçoivent leurs propres impôts et financent leur propre politique. L'écart fiscal est minime.
1D. Problèmes et critiques
Chaos comptable chronique : depuis des années, la Cour des comptes ne peut certifier aucune image fidèle. En 2024, les créances n'étaient pas inventoriées, l'immobilier n'était pas valorisé et les obligations de consolidation n'étaient pas respectées. L'échéance de la consolidation a été reportée à 2030 au plus tard.
Morcellement avec les OIP : à côté du SPW existent ±29 organismes d'intérêt public dotés de leur propre personnalité juridique. Chacun avec ses propres RH, sa propre informatique, sa propre comptabilité. Cela rend impossibles une politique intégrée et des avantages d'échelle.
Échec de la cybersécurité : l'attaque d'avril 2025 a révélé des serveurs obsolètes et non mis à jour. Une faille de sécurité élémentaire pour une organisation qui compte 10.000 PC et 2.950 serveurs.
Politisation des nominations au sommet : la réforme Galant (2025) remplace les mandats par des CDI assortis de clauses résolutoires en cas de changement de gouvernement. Des critiques (notamment le GERFA) avertissent que cela renforce au contraire la politisation : les top managers sont désormais contractuellement liés à la déclaration de politique du gouvernement.
Retard numérique : la Wallonie est en retard sur la Flandre et sur Bruxelles en matière d'e-gouvernement. « Mon Espace » existe, mais la stratégie est morcelée et la mise en œuvre est lente. Le SPW Digital n'a reçu 14 millions d'euros supplémentaires qu'en 2026.
Absence de mesure des résultats : le SPW rapporte des chiffres d'output (nombre de dossiers) mais aucun indicateur d'outcome (effet sur le citoyen, satisfaction, délais de traitement comparés à des benchmarks).
Culture des cabinets : avec ±986 collaborateurs de cabinet pour l'ensemble des gouvernements francophones, une grande partie du travail de politique publique se fait en dehors de l'administration. Cela mine la professionnalisation du SPW lui-même.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Le SPW se situe au niveau régional, ce qui est en principe correct. Mais le morcellement avec ±29 OIP et les chevauchements avec les provinces et la FWB font que les compétences ne se trouvent pas clairement à un seul niveau. |
| 2 | Transparence | ❌ | La Cour des comptes ne peut certifier aucune image financière fidèle. Les cabinets font du travail de politique publique en dehors de l'administration. Le citoyen ne peut pas voir qui décide et qui paie. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | La Wallonie perçoit ±3 milliards d'euros d'impôts propres mais dépend fortement des dotations fédérales (loi spéciale de financement). L'écart fiscal est important : celui qui dépense l'argent (la Wallonie) n'est pas celui qui le perçoit (en grande partie le fédéral). |
| 4 | Simplicité | ❌ | SPW + 29 OIP + 5 provinces + FWB sur le même territoire + 253 communes + cabinets = un écheveau inextricable. Aucun jeune de 16 ans ne peut expliquer cela. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | 10.981 agents pour 3,6 millions d'habitants est en soi gérable. Mais le morcellement entre le SPW, 29 OIP et les provinces fait que les entités individuelles sont souvent trop petites pour une gestion professionnelle (informatique, RH, comptabilité). |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Il n'y a aucune logique de compétences concurrentes. La répartition fédéral/Région/Communauté est rigide, exclusive et propice aux conflits. Aucun espace d'innovation. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Aucun indicateur d'outcome systématique. Aucun benchmarking. La Cour des comptes signale à plusieurs reprises l'absence de mesure de performance. L'output est rapporté (dossiers traités), les outcomes non (effet sur le citoyen). |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | Retard sur la Flandre et sur Bruxelles. Serveurs obsolètes (cyberattaque de 2025). Stratégie de numérisation morcelée. « Mon Espace » est un début, mais pas une plateforme once only à part entière. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Le modèle du SPW (administration centrale lourde + des dizaines d'OIP satellites + une couche provinciale + une couche communautaire distincte) n'a aucun équivalent international qui fonctionne. Les Pays-Bas, le Danemark et l'Allemagne travaillent avec des modèles plus compacts et plus intégrés. |
Synthèse : 0 ✅, 3 ⚠️, 6 ❌. Le SPW échoue sur 6 des 9 principes. Les gains les plus importants sont à réaliser sur la transparence (une comptabilité fiable), la simplicité (intégration des OIP et suppression de la couche provinciale) et le numérique d'abord (une plateforme d'e-gouvernement à part entière).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé le SPW est fondamentalement modernisé et allégé pour devenir une administration intégrée de l'entité fédérée wallonne.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Rationalisation des OIP : les ±39 OIP wallons sont rationalisés en ±15 organismes. Les organismes opérationnels clés (Jobcenter wallon/Forem, AWE/environnement, WEA/économie, Agence du logement) deviennent des agences d'exécution autonomes avec contrats de performance. Les OIP plus petits et de soutien (CRA-W, APAQ-W, IFAPME et autres) sont intégrés comme départements du SPW, avec des services partagés pour les RH, l'informatique et la comptabilité.
Suppression de la couche provinciale : les 5 provinces wallonnes sont supprimées. Leurs missions (tutelle supracommunale, planification d'urgence) sont intégrées au SPW (SPW Intérieur) ou déléguées à des communes renforcées.
Gestion financière professionnelle : obligation d'une comptabilité conforme aux normes IPSAS dans les 3 ans. Comptes annuels audités par un tiers. Publication d'un indice de transparence annuel reprenant les délais de traitement, les scores de satisfaction et le coût par service.
Transformation numérique d'abord : tous les services aux citoyens numériques dans les 5 ans. « Mon Espace » est développé en une plateforme once only à part entière, sur le modèle danois. Investissement dans des normes de base de cybersécurité (fini les serveurs obsolètes).
Réduction des cabinets : maximum 10 collaborateurs par ministre. Symétrique avec la Flandre (voir wl-regering). Le travail de politique publique revient au SPW. Cela renforce la professionnalisation de l'administration.
Contrats de résultats : chaque DG reçoit des KPI mesurables portant sur les outcomes (pas seulement sur les outputs). Benchmarking annuel avec les équivalents flamands et des références internationales.
Modèle international : combinaison du modèle néerlandais (couche provinciale compacte + services nationaux forts) et du modèle danois (numérique d'abord + augmentation d'échelle + mesure des résultats).
Gain d'efficience estimé :
- Intégration des OIP : économie sur les frais de structure estimée à 50 à 100 M€/an (29 directions distinctes, RH, informatique, conseils d'administration)
- Suppression des provinces (part wallonne) : économie de ±100 à 150 M€/an
- Réduction des cabinets : économie de ±50 M€/an
- Meilleure numérisation : moins de traitement manuel, des délais plus courts, moins d'erreurs
- Total : estimé à 200 à 400 M€/an d'économies directes, en plus des gains d'efficience
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : comptabilité conforme aux normes IPSAS, réduction des cabinets, préparation de l'intégration des OIP
- Années 2-3 : intégration des premiers OIP (en commençant par les services de soutien), déploiement de la plateforme numérique
- Années 3-5 : intégration complète, suppression des provinces, contrats de résultats opérationnels
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SPW (Service public de Wallonie) : Réformé L'administration centrale wallonne est modernisée : ±39 OIP rationalisés en ±15 organismes, le numérique par défaut, et pour la première fois depuis des années une comptabilité qui est exacte.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le Service public de Wallonie (SPW) est l'appareil administratif du Gouvernement wallon. Près de 11.000 fonctionnaires répartis dans 8 directions générales exécutent la politique wallonne : des routes et des voies navigables à l'économie, l'environnement, le logement et les impôts. En 2024, le SPW a traité pour 17,6 milliards d'euros de factures et de subsides. Le budget wallon total s'élève à ±22 milliards d'euros.
À côté du SPW existent encore ±39 organismes autonomes (les OIP, organismes d'intérêt public) comme le Forem (placement), l'AVIQ (aide aux personnes et handicap) et l'IFAPME (formation professionnelle). Chacune de ces organisations a son propre conseil d'administration, son propre service du personnel, son propre département informatique et sa propre comptabilité. Ajoutez-y les 5 provinces wallonnes, et l'administration wallonne devient un labyrinthe d'instances.
Ce qui ne va pas
Depuis des années, la Cour des comptes belge ne peut approuver aucune image financière fiable de la Wallonie. En novembre 2025, le verdict était à nouveau accablant : créances non inventoriées, immobilier non valorisé, règles comptables non respectées. L'écart avec des pays comme les Pays-Bas ou le Danemark. Où les administrations régionales publient des comptes annuels audités de manière professionnelle. Est criant.
En avril 2025, le SPW a été touché par une cyberattaque de grande ampleur. Des pirates se sont introduits via des serveurs obsolètes qui n'avaient pas été mis à jour. Une faille de sécurité élémentaire. Pendant des semaines, les sites publics ont été injoignables. Les procédures administratives ont dû être reportées de 60 jours. Cela a coûté 10 millions d'euros de mesures d'urgence.
Pendant ce temps, ±986 collaborateurs de cabinet (pour l'ensemble des gouvernements francophones) travaillent souvent à la politique en dehors de l'administration. Cela mine le professionnalisme du SPW : pourquoi investir dans des fonctionnaires solides si le travail de politique publique se fait de toute façon au cabinet ?
Le morcellement entre le SPW, ±39 OIP et 5 provinces rend impossibles les avantages d'échelle. Chaque organisation fait tourner sa propre informatique, ses propres RH, sa propre comptabilité. Cela fait plus de 40 fois les mêmes frais de structure, alors que la Wallonie dans son ensemble ne compte que 3,6 millions d'habitants.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, les 12 provinces disposent chacune d'un appareil administratif compact de 500 à 1.500 collaborateurs. L'exécution lourde (routes, eau, marché du travail) est assurée par des services nationaux comme Rijkswaterstaat et l'UWV. Pas de duplication provinciale, pas de forêt d'organisations satellites.
Le Danemark est allé plus loin encore en 2007 : 14 comtés ont été fusionnés en 5 régions, les communes ont été agrandies et la numérisation est devenue la norme. Résultat : 93 % des Danois utilisent les services publics numériques, 72 % font confiance aux pouvoirs publics (moyenne de l'OCDE : 51 %). Plus efficient, plus transparent, plus proche du citoyen.
En Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne), une entité fédérée de 18 millions d'habitants. Cinq fois la Wallonie. La Landesverwaltung gère des domaines politiques comparables avec une structure rationalisée de 11 ministères et 5 Bezirksregierungen, sans une forêt d'agences distinctes.
Ce que HART propose
HART veut réformer le SPW pour en faire une administration d'entité fédérée moderne et intégrée :
Premièrement : les ±39 organismes autonomes (OIP) sont rationalisés en ±15. Les organismes opérationnels clés. Le Jobcenter wallon, l'Agence wallonne de l'Environnement (AWE), l'Agence wallonne de l'Économie (WEA), l'Agence du logement. Deviennent des agences d'exécution autonomes avec contrats de performance. Les OIP plus petits et de soutien sont intégrés comme départements du SPW, avec des services partagés : un seul service RH, une seule plateforme informatique, une seule comptabilité. Les conseils d'administration deviennent des conseils consultatifs sans frais de structure propres.
Deuxièmement : les provinces wallonnes sont supprimées. Ce qui est utile (tutelle supracommunale, planification d'urgence) passe au SPW ou à des communes renforcées.
Troisièmement : dans les 3 ans, une comptabilité conforme aux normes internationales (IPSAS), auditée par un tiers et accessible au public. Fini les « anomalies de plusieurs milliards d'euros ».
Quatrièmement : tous les services aux citoyens numériques dans les 5 ans. « Mon Espace » devient un guichet numérique à part entière, sur le modèle danois. Investir dans la cybersécurité pour qu'une attaque comme celle d'avril 2025 ne puisse plus se produire.
Cinquièmement : ramener les cabinets à un maximum de 10 collaborateurs par ministre. Symétrique avec la Flandre. Le travail de politique publique appartient à l'administration, pas à des collaborateurs politiques.
Sixièmement : chaque département reçoit des objectifs mesurables portant sur les résultats (pas seulement sur le nombre de dossiers traités), avec un benchmarking annuel.
Ce que cela rapporte
La rationalisation de ±39 organismes en ±15 permet d'économiser, selon les estimations, de 85 à 155 millions d'euros par an de frais de structure. La suppression de la couche provinciale permet d'économiser encore de 100 à 150 millions d'euros. Des cabinets plus petits font économiser ±50 à 65 millions (voir wl-regering). Une meilleure numérisation réduit les coûts de traitement et les erreurs.
Mais le gain le plus important n'est pas financier : c'est une administration qui peut expliquer au citoyen qui est responsable, qui a une comptabilité exacte, qui est joignable numériquement et qui est jugée sur ses résultats. C'est ce que la Wallonie mérite. C'est ce que HART veut construire.