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Reddition de comptes numérique permanente : audit

Date : 2026-03-30, remaniée le 2026-07-28 Catégorie : Nouveau fédéral (proposition de HART) Statut : 🟠 Nouveau/réformé. Introduction d'une reddition de comptes numérique permanente, que la Belgique n'a pas

Remaniement 2026-07-28 : cette proposition s'appelait d'abord « Journée de la reddition de comptes » (moment annuel sur le modèle néerlandais). Elle a été remaniée en reddition de comptes numérique permanente : pas une séance photo annuelle, mais un état continu. Les phases 1 et 2 (analyse de la situation actuelle et comparaison internationale) restent valables comme fondement ; les phases 3 et 4 contiennent la proposition remaniée.


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Une Journée de la reddition de comptes est un moment annuel fixe où le gouvernement rend compte au Parlement de l'exécution du budget et de la politique menée l'année précédente. C'est le miroir de l'élaboration budgétaire : là où le budget porte sur des plans et des promesses, la Journée de la reddition de comptes porte sur des résultats et des réalisations.

L'idée centrale : le gouvernement ne présente pas seulement combien il a dépensé, mais aussi ce que cela a rapporté. Le Parlement en débat ensuite, et la cour des comptes indépendante présente son appréciation. Ce n'est qu'après que le Parlement donne « décharge » (quitus) : ou non.

La Belgique n'a pas cet instrument. Le Parlement belge approuve des budgets, mais il n'existe aucun moment structuré et fixe où le Parlement évalue systématiquement l'exécution de ce budget et demande des comptes au gouvernement. La Cour des comptes publie bien des rapports et des observations, mais il n'y a :

Le problème belge des comptes est criant. L'approbation du « compte général ». Le document qui montre combien les pouvoirs publics ont réellement dépensé. Accuse structurellement des années de retard. En 2020, la Cour des comptes s'est pour la première fois prononcée sur les comptes annuels de l'autorité fédérale. La Cour des comptes s'est abstenue de se prononcer parce qu'il y avait « trop d'incertitudes et de manquements significatifs ». Les problèmes comprenaient des enregistrements incomplets de recettes, des biens immobiliers diplomatiques qui ne figuraient pas au bilan, et des frais de personnel qui n'avaient pas été correctement traités.

1B. Comment cela fonctionne-t-il en pratique (Belgique) ?

La reddition de comptes budgétaire belge est morcelée et inefficace :

  1. Cour des comptes : publie chaque année un « Cahier d'observations » (le 182e cahier date de 2025) dans lequel elle analyse les comptes fédéraux. Ce rapport va à la Chambre des représentants. Mais : il n'y a aucun moment fixe où le Parlement en débat en séance plénière, et l'attention de la presse et du monde politique est minimale.

  2. Commission des Finances et du Budget : examine les observations de la Cour des comptes en commission, mais ces discussions sont techniques, peu publiques, et débouchent rarement sur des conséquences politiques.

  3. Compte général : la loi du 22 mai 2003 prescrit que le ministre du Budget soumette à la Chambre le projet de loi d'approbation du compte général avant le 30 juin, après que le compte a été établi le 31 mars. En pratique, cela accuse structurellement du retard. En 2001, des accords ont été conclus pour limiter le retard à trois ans. La loi d'approbation du compte général de 2023 n'a été déposée que fin 2024.

  4. Pas de reddition de comptes sur les résultats : en Belgique, on rend compte des finances (combien a été dépensé), mais à peine des résultats (ce que cela a rapporté). Il n'existe pas d'évaluations systématiques des politiques par poste budgétaire qui soient soumises au Parlement.

  5. Niveaux multiples, zéro coordination : à côté de l'autorité fédérale, les Régions, les Communautés et les pouvoirs locaux rendent eux aussi des comptes. Mais chacun à son propre moment, dans son propre format, sans la moindre comparabilité mutuelle ni débat coordonné.

1C. Comparaison internationale

Pays-Bas : le modèle de référence : la Journée de la reddition de comptes

Les Pays-Bas ont introduit en 2000 la Journée de la reddition de comptes (« Gehaktdag »), le troisième mercredi de mai. C'est le modèle le plus abouti et directement applicable à la Belgique.

Comment cela fonctionne :

  1. Date : le troisième mercredi de mai, chaque année. En 2026, le 20 mai.

  2. Ce qui se passe :

    • Le ministre des Finances présente le rapport financier annuel de l'État à la Tweede Kamer. Il contient les rapports annuels de tous les ministères.
    • Le président de l'Algemene Rekenkamer (l'équivalent néerlandais de la Cour des comptes) présente en même temps son enquête de reddition de comptes. Une évaluation indépendante de ces rapports annuels.
    • Depuis 2008, tous les rapports sont rendus publics immédiatement.
  3. Le débat de reddition de comptes :

    • Peu après la Journée de la reddition de comptes, la Tweede Kamer tient un débat de reddition de comptes en séance plénière. L'ensemble du gouvernement est présent, mais le premier ministre et le ministre des Finances prennent la parole.
    • Ensuite, les commissions parlementaires examinent les rapports annuels individuels avec les ministres compétents. Sur la mise en œuvre des politiques, les résultats et les coûts.
    • À l'issue de la procédure dans les deux chambres, la décharge est accordée : les ministres sont « déchargés de la responsabilité de la politique financière menée ».
  4. L'Algemene Rekenkamer :

    • Évalue par ministère : les chiffres financiers sont-ils fiables ? La politique a-t-elle été exécutée de manière régulière ? Les résultats visés ont-ils été atteints ?
    • Applique un Strategische Evaluatie Agenda (SEA, agenda stratégique d'évaluation) par budget. Un aperçu des évaluations de politiques réalisées et prévues.
    • En 2025, l'Algemene Rekenkamer a signalé que 3 ministères connaissaient de « graves problèmes de gestion » (Justice et Sécurité, Défense, Affaires étrangères) et que les ministres « rapportaient peu de résultats de politique ».
  5. Participation citoyenne (V-100) :

    • Depuis 2017, après la Journée de la reddition de comptes, 100 citoyens sont invités par la Chambre à évaluer de manière critique les rapports annuels. Cela augmente la portée publique.

Résultats et critiques :

Budget et personnel : l'Algemene Rekenkamer compte ±300 collaborateurs et un budget de ±34 M€ (2024). L'enquête de reddition de comptes est l'une de ses activités centrales.

Allemagne : Bundesrechnungshof et Entlastung

En Allemagne, le gouvernement fédéral soumet chaque année au Parlement un Haushaltsrechnung (compte budgétaire). Le Bundesrechnungshof (cour des comptes fédérale, ±1.600 collaborateurs) l'évalue et publie un rapport annuel (Bemerkungen). Le Parlement accorde ensuite l'Entlastung (quitus/décharge) au gouvernement.

Différence avec les Pays-Bas : il n'y a pas d'« événement » fixe ni de journée avec une attention publique. La décharge est traitée en commission. Le système est solide, mais moins visible pour le citoyen.

Suède : Riksrevisionen et årsredovisning

Le système suédois est fortement intégré aux plafonds de dépenses pluriannuels (voir l'audit précédent). La Riksrevisionen (cour des comptes, ±330 collaborateurs) évalue le compte du gouvernement (årsredovisning) qui est soumis au Riksdag au plus tard le 15 avril. Le Riksdag en débat. Le système est efficace, mais moins professionnalisé comme événement public que le modèle néerlandais.

Suisse : double contrôle parlementaire

La Suisse applique deux commissions de surveillance parlementaires parallèles :

Différence : pas de moment public fixe de reddition de comptes, mais un contrôle permanent en commission. Moins visible pour les citoyens.

Danemark : Statsrevisorerne

Le Danemark a un système de 6 Statsrevisorerne (réviseurs d'État) élus par le Parlement, qui évaluent les comptes annuels. La Rigsrevisionen (cour des comptes) réalise le travail d'audit proprement dit. Il existe un Beretning (rapport) annuel qui est discuté au Parlement.

Nouvelle-Zélande : Wellbeing Framework

La Nouvelle-Zélande a intégré à partir de 2019 le Living Standards Framework dans le cycle budgétaire. La loi prescrit que le gouvernement rende compte chaque année d'objectifs de bien-être (pas seulement des finances). La cour des comptes évalue aussi la qualité de ce rapportage sur le bien-être. Le système va donc plus loin que la reddition de comptes financière : il mesure aussi l'impact sociétal.

1D. Problèmes et critiques (situation belge actuelle)

  1. Retard structurel des comptes : l'approbation des comptes fédéraux accuse des années de retard. Cela rend le contrôle parlementaire a posteriori inutile. On ne peut pas corriger ce qui a mal tourné il y a trois ans.

  2. Pas de reddition de comptes sur les résultats : le Parlement belge débat des estimations budgétaires, mais à peine de ce qu'a rapporté la politique budgétée auparavant. Il n'y a pas de KPI ni d'indicateurs de performance par domaine politique.

  3. Cour des comptes en sous-effectif pour cette tâche : la Cour des comptes belge (±600 collaborateurs pour tous les niveaux. Fédéral, Régions, Communautés, provinces) contrôle les finances de l'ensemble des pouvoirs publics belges, mais n'a pas la capacité d'une évaluation systématique des politiques.

  4. Culture politique de la non-reddition de comptes : dans la culture politique belge, les dépassements budgétaires sont rarement sanctionnés. Les ministres changent de portefeuille, les coalitions changent, et personne n'est tenu personnellement comptable des résultats. Une Journée de la reddition de comptes romprait structurellement avec cela.

  5. Les citoyens sont hors jeu : il n'y a pas un seul moment dans le processus budgétaire belge où les citoyens sont systématiquement associés à l'évaluation des dépenses publiques.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité ⚠️ La reddition de comptes est en partie fédérale, en partie régionale. Mais il n'y a aucune coordination. Il manque un moment de reddition de comptes global. Une Journée de la reddition de comptes fédérale convient au niveau fédéral, avec la possibilité pour les entités fédérées de faire de même.
2 Transparence C'est le problème central. Il n'existe aucun moment fixe et public où le citoyen peut voir ce que les pouvoirs publics ont fait de l'argent des impôts. Les rapports de la Cour des comptes sont techniques et inaccessibles.
3 Responsabilité = financement Le lien manque totalement. On rend compte de postes budgétaires, mais pas des résultats obtenus avec ceux-ci. Le fiscal gap rend l'ensemble encore plus opaque.
4 Simplicité Le système actuel est morcelé : Cour des comptes, commissions, pas de moment fixe, pas de coordination entre les niveaux, pas de débat public. Un citoyen ne peut pas comprendre comment les pouvoirs publics rendent des comptes.
5 Taille critique ⚠️ La Cour des comptes est professionnelle mais en sous-effectif pour un contrôle systématique des résultats. L'Algemene Rekenkamer aux Pays-Bas (300 ETP pour le seul État central) face à la Cour des comptes belge (±600 ETP pour tous les niveaux) illustre le problème d'échelle.
6 Compétences concurrentes ⚠️ Pas directement applicable, mais une Journée de la reddition de comptes peut inciter les entités fédérées à instaurer leur propre journée de reddition de comptes et à apprendre les unes des autres.
7 Orientation résultats C'est le plus grand échec. En Belgique, aucun résultat n'est mesuré, aucun KPI n'est suivi par domaine politique, et aucune évaluation de politique n'est systématiquement soumise au Parlement. La Journée de la reddition de comptes est par excellence l'instrument pour l'imposer.
8 Numérique d'abord Les rapports annuels et les comptes sont des PDF techniques que personne ne lit. Aux Pays-Bas, les rapports annuels sont depuis 2008 immédiatement publics et disponibles en version numérique, avec le site rijksuitgaven.nl qui visualise les dépenses par ministère. La Belgique n'a rien de comparable.
9 Éprouvé à l'étranger Le modèle néerlandais existe depuis 2000 (26 ans), il est ancré institutionnellement, et l'OCDE le considère comme une best practice. La Suède, l'Allemagne, le Danemark et la Suisse disposent de mécanismes comparables.

Synthèse : la Journée de la reddition de comptes obtient de mauvais résultats sur 5 des 9 principes. Le gain le plus important peut être réalisé sur la transparence (principe 2), l'orientation résultats (principe 7) et la simplicité (principe 4). C'est un instrument déjà éprouvé à l'étranger et relativement simple à introduire. Il n'exige aucune révision de la Constitution, seulement une volonté politique et une adaptation du règlement parlementaire.


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Nouveau/réformé introduction d'une reddition de comptes numérique permanente, un instrument de reddition de comptes que la Belgique n'a pas aujourd'hui.

3B. Proposition concrète

HART propose : une reddition de comptes numérique permanente. Pas une séance photo annuelle, mais un état continu : un tableau de bord en direct, des drapeaux rouges automatiques et une décharge continue. Sur le modèle slovéno-britannique, complété par la mesure des résultats néo-zélandaise.

Une Journée de la reddition de comptes annuelle est une séance photo ; un tableau de bord permanent est une caméra de surveillance. HART choisit la seconde.

Qu'est-ce qui change exactement ?

  1. Un tableau de bord de reddition de comptes en direct par ministre : chaque dépense supérieure à 500 €, chaque contrat et chaque campagne est en ligne en temps réel, alimenté automatiquement depuis les systèmes comptables (Fedcom et ses équivalents dans les entités fédérées) et relié à l'objectif, au résultat et à la portée. Pas de rapportage distinct a posteriori : les données coulent directement de la source. Comparable à l'Erar slovène et au rijksuitgaven.nl néerlandais, mais par ministre et avec un lien vers les résultats.

  2. Système de drapeaux rouges : les écarts apparaissent automatiquement sur le tableau de bord et à l'ordre du jour de la commission compétente de la Chambre : attribution sans mise en concurrence, dépassement de budget, avis négatif de l'Inspection des Finances passé outre, portée qui reste très inférieure à l'objectif. La reddition de comptes devient event-driven au lieu de calendar-driven. Les critères des drapeaux rouges sont fixés par la loi, pas négociés politiquement au cas par cas.

  3. Décharge continue : la Chambre peut à tout moment tenir un débat de reddition de comptes et un vote de décharge par programme de politique publique. Un ministre avec des drapeaux rouges en suspens répond publiquement dans les 30 jours, sur le tableau de bord lui-même. Un ministre qui n'obtient pas la décharge présente un plan d'amélioration dans les 60 jours.

  4. Trois piliers de données continus :

    • Financier : dépenses réelles face au budget, par SPF et par programme, en direct.
    • Régularité : la Cour des comptes obtient un accès numérique aux données en temps réel et certifie en continu au lieu de le faire des années plus tard.
    • Résultats : chaque ministère rend compte automatiquement chaque trimestre des KPI par programme de politique publique, via un Strategische Evaluatie Agenda sur le modèle néerlandais. Pas « nous avons dépensé X millions d'euros », mais « nous visions Y, le résultat est Z ».
  5. Publication trimestrielle par ministre des contacts avec les lobbies, des cadeaux, des voyages et des dépenses de communication, sur le modèle des ministerial transparency returns britanniques.

  6. Les entités fédérées suivent : HART vise à ce que la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et Ostbelgien introduisent le même système, avec des données mutuellement comparables. La Flandre peut bouger la première sans réforme fédérale.

Vers quel niveau ?

C'est un instrument fédéral, mais avec l'intention que les entités fédérées le reprennent. La Flandre peut prendre les devants par décret.

Quel modèle international ?

Le modèle slovène (Erar : toutes les transactions de l'ensemble du secteur public en ligne, en continu) et le modèle britannique (chaque dépense départementale supérieure à 25.000 £ publiée mensuellement en ligne depuis 2010 ; publication trimestrielle des rencontres, cadeaux et voyages par membre du gouvernement) comme base, complétés par :

Économie ou gain d'efficience estimé

La reddition de comptes numérique permanente est avant tout une réorganisation de processus existants plus un investissement informatique. Coûts estimés :

Le rendement est incommensurable mais structurel : un contrôle public permanent des dépenses publiques conduit à moins de gaspillage, et la menace d'un drapeau rouge automatique agit préventivement sur chaque décision de dépense. Si la reddition de comptes permanente ne conduisait qu'à une utilisation 0,1 % meilleure du budget fédéral (±170 milliards d'euros), cela représenterait une économie de 170 millions d'euros par an. La Slovénie et le Royaume-Uni prouvent que la technologie nécessaire existe depuis plus de dix ans.

Trajet de mise en œuvre

  1. Année 1 (2027) : base légale : obligation de publier les dépenses supérieures à 500 €, critères légaux de drapeau rouge, publication des avis de l'IF. Aucune révision de la Constitution nécessaire.
  2. Années 1-2 : la Cour des comptes reçoit une mission légale, des moyens et un accès numérique aux données en temps réel (modification de la loi organique de la Cour des comptes). Début de la connexion à Fedcom.
  3. Année 2 : introduction du Strategische Evaluatie Agenda par budget : chaque ministère définit des KPI lors de l'élaboration budgétaire ; la publication trimestrielle par ministre démarre.
  4. Années 2-3 : tableau de bord en direct par SPF, système de drapeaux rouges actif ; décharge continue ancrée dans le règlement de la Chambre.
  5. Année 3 et suivantes : déploiement vers les entités fédérées et les communes, avec des données mutuellement comparables.

Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

Reddition de comptes numérique permanente. Nouveau Le gouvernement ne rend pas des comptes une fois par an, mais chaque jour : chaque dépense supérieure à 500 €, chaque contrat et chaque campagne figure en direct sur un tableau de bord public, relié à l'objectif et au résultat. Si quelque chose ne va pas, un drapeau rouge apparaît automatiquement à l'ordre du jour du Parlement. Parce que le contrôle de l'argent des impôts ne peut pas être un rituel annuel.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

La Belgique n'a pas de moment fixe où le gouvernement rend compte de la politique menée. La Cour des comptes publie chaque année un rapport sur les comptes fédéraux, mais il n'y a ni débat en séance plénière, ni événement public, ni lien systématique entre ce que le gouvernement a promis et ce qu'il a réellement atteint. L'approbation des comptes fédéraux accuse structurellement des années de retard. En 2020, la Cour des comptes s'est pour la première fois prononcée sur les comptes annuels. Et elle s'est abstenue parce qu'il y avait « trop d'incertitudes et de manquements significatifs ».

Ce qui ne va pas

Le Parlement belge débat avec enthousiasme des nouveaux budgets. Combien d'argent va où. Mais il ne regarde guère en arrière. L'enseignement a-t-il obtenu de meilleurs résultats grâce aux millions supplémentaires ? Y a-t-il moins de chômeurs grâce à la politique d'activation ? Personne ne le sait, parce que personne ne le demande. Les ministres changent de portefeuille, les coalitions changent, et le contribuable reste sans la moindre vue sur ce qu'il est advenu de son argent. Il n'y a pas de KPI, pas de mesure des résultats, pas de tableau de bord public. Le processus budgétaire est une rue à sens unique : l'argent y entre, mais personne ne contrôle ce qui en sort.

Comment cela fonctionne ailleurs

La Slovénie montre, via l'application web publique Erar, toutes les transactions de toutes les institutions publiques et entreprises publiques en continu : chaque paiement, chaque fournisseur, chaque jour. Le système est géré par la commission anticorruption et y est utilisé comme arme structurelle contre le clientélisme. Le Royaume-Uni publie depuis 2010 chaque mois toute dépense départementale supérieure à 25.000 £, et chaque membre du gouvernement publie chaque trimestre ses rencontres, cadeaux et voyages. Les Pays-Bas ont depuis 2000 une Journée de la reddition de comptes annuelle avec vote de décharge et le tableau de bord public rijksuitgaven.nl ; cela prouve que la reddition de comptes publique change la culture budgétaire, mais cela reste un seul moment par an. En Suède, la reddition de comptes budgétaire est liée aux plafonds de dépenses pluriannuels : la Riksrevisionen évalue non seulement les chiffres, mais aussi si les pouvoirs publics sont restés dans les plafonds légaux.

Ce que HART propose

HART veut une reddition de comptes numérique permanente. Chaque dépense supérieure à 500 €, chaque contrat et chaque campagne figure en direct sur un tableau de bord public unique par ministre, alimenté automatiquement depuis la comptabilité et relié à l'objectif, au résultat et à la portée. Les écarts génèrent automatiquement un drapeau rouge qui arrive à l'ordre du jour de la commission parlementaire compétente : attribution sans mise en concurrence, dépassement de budget, avis négatif de l'Inspection des Finances ignoré, portée qui reste très inférieure à l'objectif. Le Parlement peut à tout moment tenir un débat de reddition de comptes et un vote de décharge par programme de politique publique ; un ministre avec des drapeaux rouges en suspens répond publiquement dans les 30 jours, sur le tableau de bord lui-même. Chaque ministre publie automatiquement chaque trimestre ses contacts avec les lobbies, ses cadeaux, ses voyages et ses dépenses de communication. La Cour des comptes obtient un accès aux données en temps réel et certifie en continu au lieu de le faire des années plus tard. Les entités fédérées introduisent le même système ; la Flandre peut bouger la première.

Ce que cela rapporte

Premièrement : la transparence sans délai d'attente. Chaque citoyen peut voir chaque jour ce qu'il advient de l'argent des impôts, pas trois ans plus tard. Deuxièmement : un meilleur contrôle politique. Une journée annuelle de reddition de comptes est une séance photo à laquelle un ministre peut se préparer ; un tableau de bord permanent est une caméra de surveillance qui tourne en continu. Troisièmement : une meilleure utilisation des deniers. Celui qui sait que chaque dépense est visible dès le premier jour et que chaque écart génère automatiquement un drapeau rouge réfléchit à deux fois avant de signer. La Slovénie et le Royaume-Uni prouvent depuis plus de dix ans que la technologie existe et fonctionne. Les coûts sont limités (±5 à 10 M€ en une fois plus quelques millions d'euros par an pour la Cour des comptes), l'économie potentielle grâce à une meilleure gestion budgétaire en représente un multiple. Cela n'exige aucune révision de la Constitution, seulement une législation et une volonté politique.


Phase 5 : sources

# Source URL Utilisé pour
1 Tweede Kamer der Staten-Generaal. Verantwoordingsdag 2025 https://www.tweedekamer.nl/nieuws/kamernieuws/verantwoordingsdag-2025-zijn-de-plannen-waargemaakt Procédure et résultats de la Journée de la reddition de comptes néerlandaise 2025
2 Rijksoverheid.nl. Verantwoordingsdag: wat is dat ook alweer? https://www.rijksoverheid.nl/onderwerpen/verantwoordingsdag/verantwoordingsdag-wat-is-dat-ook-alweer Description de la procédure, du débat et du quitus
3 Algemene Rekenkamer. Verantwoordingsdag 2025: de belangrijkste resultaten https://www.rekenkamer.nl/documenten/2025/05/21/verantwoordingsdag-2025 Constats de l'Algemene Rekenkamer 2025, problèmes de gestion
4 Algemene Rekenkamer. Verantwoordingsdag overzichtspagina https://www.rekenkamer.nl/onderwerpen/v/verantwoordingsdag Rôle de l'Algemene Rekenkamer, enquête de reddition de comptes, SEA
5 House of Representatives NL. Accountability Day https://www.houseofrepresentatives.nl/how-parliament-works/princes-day-accountability-day/accountability-day Description en anglais de la procédure, du débat et du quitus
6 Parlement.com. Dag van de verantwoording https://www.parlement.com/id/vh8lnhrpmxvs/dag_van_de_verantwoording Historique, procédure depuis 2000, V-100, « gehaktdag »
7 Rijksuitgaven.nl. Verantwoordingsdag 2025 & Verantwoordingsdebat https://rijksuitgaven.nl/verantwoordingsdag/ Exemple de tableau de bord public
8 Erasmus University Repository. 20 jaar Verantwoordingsdag: Inzicht voor Kamercommissies https://repub.eur.nl/pub/125796/ Évaluation académique de 20 ans de Journée de la reddition de comptes
9 Government.nl. Finance minister Heinen: Sound figures should be viewed with caution https://www.government.nl/latest/news/2025/05/21/finance-minister-heinen-sound-figures-should-be-viewed-with-caution-given-international-situation Journée de la reddition de comptes la plus récente (2025)
10 Rekenhof België. Competences https://www.ccrek.be/en/about-page/competences Compétences de la Cour des comptes belge
11 Rekenhof België. 182e Boek met opmerkingen federaal https://5303.f2w.bosa.be/sites/default/files/Docs/182e_b_opm_fed.pdf Observations les plus récentes de la Cour des comptes sur les comptes fédéraux
12 N-VA. Rekenhof beoordeelt federale cijfers als ruim ondermaats https://www.n-va.be/nieuws/na-de-brusselse-rekeningen-beoordeelt-rekenhof-ook-de-federale-cijfers-als-ruim-ondermaats La Cour des comptes s'est abstenue de se prononcer sur les comptes annuels 2020
13 Wikipedia. Court of Audit of Belgium https://en.wikipedia.org/wiki/Court_of_Audit_of_Belgium Aperçu de la structure et des compétences de la Cour des comptes
14 Wet van 22 mei 2003. Organisatie begroting en comptabiliteit federale staat https://etaamb.openjustice.be/nl/wet-van-22-mei-2003_n2003003367.html Cadre légal des comptes fédéraux
15 Bundesrechnungshof. About us https://www.bundesrechnungshof.de/EN/1_about_us/about_us_node.html Cour des comptes allemande, rapport annuel, Entlastung
16 Sveriges Riksdag. Determines the central government budget https://www.riksdagen.se/en/how-the-riksdag-works/what-does-the-riksdag-do/determines-the-central-government-budget/ Processus budgétaire suédois et reddition de comptes
17 ESV (Zweden): Outcome of the Central Government Budget https://www.esv.se/english/outcome-of-the-central-government-budget/ Reddition de comptes budgétaire suédoise
18 Swiss Federal Audit Office. Annual Report 2024 https://www.efk.admin.ch/en/the-sfaos-2024-annual-report-watching-over-the-use-of-public-funds/ Contrôle financier fédéral suisse
19 SGI Network. Switzerland Horizontal Accountability https://www.sgi-network.org/2024/Switzerland/Horizontal_Accountability Commissions de surveillance parlementaires suisses
20 New Zealand Treasury. Wellbeing Budget 2019 https://www.treasury.govt.nz/publications/wellbeing-budget/wellbeing-budget-2019 Budget du bien-être néo-zélandais et mesure des résultats
21 NZ Office of the Auditor-General. Treasury's approach to reporting well-being https://www.oag.parliament.nz/2023/te-tai-waiora-commentary/part3.htm Évaluation du rapportage sur le bien-être par la cour des comptes
22 Hansard Society. How does Parliament approve Government spending? https://www.hansardsociety.org.uk/publications/guides/how-does-parliament-approve-government-spending-procedural-guide Système britannique des Estimates Days à titre de comparaison
23 FOD BOSA. Federale begroting https://bosa.belgium.be/nl/themas/begroting-en-boek-houding/federale-begroting Processus budgétaire belge
24 Etaamb. Wet tot goedkeuring algemene rekening 2023 https://etaamb.openjustice.be/nl/document_n2024011820.html Retard dans l'approbation des comptes fédéraux
25 Portal NIO (Slovenië). Erar: application for the portrayal of public money use https://nio.gov.si/en/products/erar+aplikacija+za+prikaz+porabe+javnega+denarja+v+republiki+sloveniji Modèle slovène Erar : toutes les transactions du secteur public en ligne, en continu
26 UNODC. Erar Slovenian government spending application (presentatie KPK) https://www.unodc.org/documents/treaties/UNCAC/WorkingGroups/workinggroup4/2016-August-22-24/Presentations/Slovenia_-_Mr._Lado_Langof.pdf Fonctionnement et effet anticorruption d'Erar
27 GOV.UK. Spending over £25,000 (departementale transparantiedata) https://www.gov.uk/government/collections/spending-over-25-000 Publication mensuelle britannique des dépenses départementales depuis 2010
28 GOV.UK. Ministers' transparency publications https://www.gov.uk/government/collections/ministers-transparency-publications Publication trimestrielle britannique des rencontres, cadeaux et voyages par membre du gouvernement

Audit réalisé le 2026-03-30 dans le cadre de l'audit ligne par ligne de la réforme de l'État de HART. Remanié le 2026-07-28, de la Journée de la reddition de comptes annuelle vers la reddition de comptes numérique permanente, à la suite de l'enquête Wassalon.