VGC (Commission communautaire flamande) : audit
Date : 2026-03-31 Statut : 🟠 Réformé Catégorie : Région bruxelloise. Structure
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Vlaamse Gemeenschapscommissie (VGC), Commission communautaire flamande Base juridique : Constitution belge (art. 136) et loi spéciale du 12 janvier 1989 relative aux Institutions bruxelloises (Livre III). La VGC a été créée comme institution décentralisée de la Communauté flamande. Création : 1989, lors de la troisième réforme de l'État. La VGC succède à la Nederlandse Cultuurcommissie (NCC, 1971) et à la Nederlandse Gemeenschapscommissie (1980). Niveau de pouvoir : niveau communautaire. Plus précisément la Communauté flamande sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale.
Budget :
- Budget total 2025 : ±219 millions d'euros de recettes, ±195 millions d'euros de dépenses
- Dotation de la Région bruxelloise : ±100 millions d'euros par an
- Dotation de la Communauté flamande : ±50 millions d'euros par an (en baisse. Une économie de 3,75 % a été annoncée)
- Subside pour les défis métropolitains : 19 millions d'euros à partir de 2026 (contre 20,5 millions d'euros auparavant)
- Subside complémentaire de la Région bruxelloise pour le personnel : ±5 millions d'euros par an
Personnel : 1.200+ collaborateurs (personnel enseignant des établissements gérés par la VGC compris)
Gouvernance :
- Conseil de la VGC : 17 membres néerlandophones du Parlement bruxellois + 5 suppléants (22 au total). Fonctionne comme organe législatif. Le « parlement des Flamands à Bruxelles ».
- Collège de la VGC : les 2 ministres néerlandophones + 1 secrétaire d'État néerlandophone du Gouvernement bruxellois. Décide par consensus.
- Collège actuel (2026-2029) : Elke Van den Brandt (présidente. Budget, bien-être, santé, famille, politique urbaine), Dirk De Smedt (enseignement, constructions scolaires, patrimoine, médias), Ans Persoons (culture, jeunesse, sport, centres communautaires, vivre ensemble, diversité).
- Cieltje Van Achter, ministre flamande chargée de Bruxelles, assiste au Collège avec voix consultative.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales : La VGC est le pouvoir organisateur des institutions monocommunautaires néerlandophones à Bruxelles dans les domaines suivants :
- Enseignement enseignement néerlandophone à Bruxelles : constructions scolaires, extension de capacité, formation des enseignants, prime bruxelloise aux enseignants
- Culture centres communautaires, bibliothèques, maisons de la culture, arts, éducation culturelle
- Bien-être & Santé politique de santé préventive, accueil de la petite enfance, soins aux aînés, santé mentale
- Jeunesse & Sport travail de jeunesse, infrastructures sportives
- Le néerlandais comme langue de lien promotion de la langue, occasions de pratique, soutien linguistique dans les services
Principe monocommunautaire : la VGC n'est compétente que pour les institutions qui relèvent exclusivement de la communauté néerlandophone (par leur organisation ou leurs activités). Les institutions bicommunautaires ou bilingues relèvent de la COCOM/GGC.
Chevauchements et tensions :
- La Communauté flamande est aussi directement compétente à Bruxelles pour les matières communautaires. La VGC est juridiquement une institution décentralisée de la Communauté flamande. Pas une entité autonome. La Flandre ne peut pas transférer de compétences supplémentaires à la VGC (limite inscrite dans la loi spéciale).
- Cela conduit à une ambiguïté structurelle : la VGC est-elle un partenaire ou une subordonnée ? La N-VA veut plus de conditions et de contrôle sur les moyens de la VGC ; Groen et Vooruit plaident pour plus d'autonomie et un financement inconditionnel.
- Le Gouvernement flamand exerce une tutelle administrative. Il peut suspendre ou annuler les décisions de la VGC en cas de contrariété avec la législation ou l'intérêt général.
Indicateurs de performance :
- Aucun tableau de bord de KPI publiquement disponible n'a été trouvé
- Il existe bien des plans pluriannuels avec des objectifs politiques (2022-2025, 2026-2029)
- L'administration publie des plans de management et des plans opérationnels, mais la mesure externe des résultats (des audits de la Cour des comptes portant spécifiquement sur la VGC) est peu visible
Évaluation récente :
- Les audits de la Cour des comptes portant spécifiquement sur la VGC ne sont pas aisément accessibles dans les sources publiques
- L'autorité flamande contrôle bien le budget et les comptes annuels
1C. Comparaison internationale
Le problème que la VGC résout : comment organiser les services communautaires (enseignement, culture, bien-être) pour une communauté linguistique minoritaire dans une ville ou une région multilingue ?
Tyrol du Sud (Italie) : modèle proportionnel :
- Trois groupes linguistiques (allemand 69 %, italien 26 %, ladin 5 %) sous une seule administration provinciale
- Pas de « commissions communautaires » distinctes. À la place, une représentation proportionnelle dans le gouvernement provincial et une répartition proportionnelle des fonctions publiques et des moyens
- Enseignement : des systèmes linguistiques séparés (germanophone, italophone, ladin) mais sous une seule administration
- Soins de santé et bien-être : un service bilingue, pas séparé par groupe linguistique
- Avantage : une seule administration, moins de frais de structure, une représentation garantie par des quotas
- Inconvénient : le système exige un recensement permanent par groupe linguistique (la « déclaration d'appartenance linguistique »)
Canton de Fribourg (Suisse) : principe territorial :
- Canton bilingue (français ±66 %, allemand ±34 %)
- Une seule administration cantonale qui travaille dans les deux langues
- Pas de commissions communautaires distinctes. Le service suit le principe territorial (une langue par commune)
- Les fonctionnaires doivent être bilingues au niveau cantonal
- Université de Fribourg : seule université bilingue de Suisse
- Avantage : simple, pas de doubles structures, le bilinguisme comme norme
- Inconvénient : moins adapté à une ville où les deux langues se mêlent au quotidien (la réalité bruxelloise)
Berlin (Allemagne) : integrated governance :
- 12 Bezirke (districts) avec leur propre administration, mais sous une seule administration urbaine
- Pas de couches de pouvoir liées à la langue. Les services d'intégration et de culture sont organisés territorialement
- Un service multilingue par un soutien linguistique au sein des structures existantes
- Avantage : pas de structures administratives parallèles par communauté linguistique
- Pas directement comparable : Berlin n'a pas de répartition linguistique constitutionnelle comme la Belgique
Conclusion de la comparaison internationale : aucun pays comparable ne connaît un système de trois commissions communautaires parallèles (VGC + COCOF + COCOM) par-dessus un gouvernement régional. Le Tyrol du Sud est le plus proche quant au problème posé (territoire multilingue avec garanties pour les minorités) mais le résout par une représentation proportionnelle au sein d'une seule administration. Pas par des couches de pouvoir distinctes.
1D. Problèmes et critiques
Relation floue avec la Flandre : la VGC est juridiquement subordonnée à la Communauté flamande, mais fonctionne en pratique comme un niveau de pouvoir quasi autonome. Les débats au Parlement flamand montrent un désaccord structurel sur le degré d'autonomie.
Dépendance budgétaire : ±70 % des recettes de la VGC proviennent de dotations (Flandre + Région bruxelloise). La VGC n'a quasiment aucune autonomie fiscale. Qui paie décide.
Baisse des moyens flamands : la Flandre économise au moins 20 millions d'euros sur Bruxelles (2025-2026). La dotation pour les défis métropolitains baisse de 1,5 million d'euros. Cela met le fonctionnement de la VGC sous pression.
Faible poids démocratique : le Conseil de la VGC est composé de 17 députés bruxellois qui exercent cette fonction en plus de la leur. Ce n'est pas un organe élu séparément. Le Collège n'est pas élu séparément non plus mais est automatiquement composé des membres néerlandophones du Gouvernement bruxellois.
Chevauchement avec trois niveaux : la politique néerlandophone à Bruxelles touche à la VGC (comme pouvoir organisateur), à la Communauté flamande (comme communauté compétente), à la Région bruxelloise (comme bailleur de fonds) et à la COCOM/GGC (pour les matières bicommunautaires). Quatre acteurs pour une seule ville.
Un carcan monocommunautaire dans une ville multilingue : Bruxelles est de facto multilingue. La VGC n'est compétente que pour les institutions néerlandophones. Beaucoup de Bruxellois. Multilingues, allophones. N'entrent ni dans la case « néerlandophone » ni dans la case « francophone ».
Pénurie d'enseignants et problème de capacité : l'enseignement néerlandophone à Bruxelles souffre d'une pénurie structurelle d'enseignants et d'un manque de places, malgré une forte demande. La VGC a doublé la prime aux enseignants, mais le problème est structurel.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La VGC opère près du citoyen bruxellois, ce qui est une bonne chose. Mais la relation hiérarchique avec la Flandre (qui peut suspendre et annuler) mine le pouvoir de décision local. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Pour le citoyen moyen, il est impossible de savoir qui décide réellement de l'enseignement néerlandophone à Bruxelles : la VGC, la Communauté flamande ou la Région bruxelloise ? Trois sources de financement, trois lignes de pilotage. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Fiscal gap classique : la VGC décide des dépenses mais ne perçoit quasiment aucun impôt elle-même. ±70 % des recettes viennent de dotations. La Flandre et la Région bruxelloise paient, mais la VGC dépense. Sans reddition de comptes fiscale directe. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Le paysage bruxellois compte trois commissions communautaires (VGC, COCOF, COCOM) par-dessus un gouvernement régional, deux Communautés directement compétentes et 19 communes. La VGC est une couche supplémentaire dans un système déjà incompréhensible. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | 1.200+ collaborateurs et ±219 millions d'euros de budget, c'est opérationnellement viable. Mais la VGC dessert une communauté néerlandophone en recul à Bruxelles (officiellement ±17 sièges parlementaires sur 89 = ±19 %). Le public concerné devient de plus en plus multilingue, et pas exclusivement néerlandophone. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Pas de place pour l'innovation : la VGC est liée à la réglementation flamande et ne peut pas s'en écarter. C'est un organe d'exécution, pas un législateur disposant de sa propre marge politique. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | Les plans pluriannuels contiennent des objectifs politiques, mais les tableaux de bord de KPI publiquement disponibles et les audits externes de résultats sont rares. Le budget est contrôlé, mais les résultats de la politique ne sont pas mesurés ni publiés de manière systématique. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | La VGC a un site internet moderne et se numérise progressivement, mais elle n'est pas en tête de peloton. Pas de principe once only clair ni de service numérique intégré par-delà la frontière linguistique. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Aucun pays comparable ne connaît un système de trois commissions communautaires dans une seule ville. Le Tyrol du Sud (modèle proportionnel au sein d'une seule administration) et Fribourg (principe territorial) résolvent des problèmes comparables de manière plus simple. |
Synthèse : la VGC obtient ses plus mauvais résultats sur la Simplicité (❌), la Responsabilité = financement (❌), les Compétences concurrentes (❌) et le principe Éprouvé à l'étranger (❌). Les gains les plus importants se situent dans la simplification de la structure administrative et le rétablissement du lien entre qui décide et qui paie.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé la VGC passe du statut d'institution décentralisée de la Communauté flamande à celui de composante intégrée de l'administration de l'entité fédérée bruxelloise, avec des garanties linguistiques constitutionnelles sur le modèle du Tyrol du Sud.
3B. Proposition concrète
Ce qui change : Dans le modèle HART à quatre entités fédérées (Flandre, Wallonie, Bruxelles, Ostbelgien), les commissions communautaires disparaissent comme couches de pouvoir distinctes. À la place :
Bruxelles comme entité fédérée à part entière reçoit directement toutes les compétences communautaires (enseignement, culture, bien-être, santé), au lieu de passer par des détours (la VGC pour le néerlandophone, la COCOF pour le francophone, la COCOM pour le bicommunautaire).
Des garanties linguistiques constitutionnelles sur le modèle du Tyrol du Sud :
- Représentation proportionnelle de la communauté néerlandophone dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise
- Représentation néerlandophone garantie au parlement et au gouvernement de l'entité fédérée
- Procédure de sonnette d'alarme pour les décisions qui portent atteinte aux droits d'une communauté linguistique
- Un service bilingue comme norme (et non comme exception)
L'enseignement néerlandophone devient une compétence autonome au sein de l'entité fédérée bruxelloise, avec son propre organe de gestion et un budget garanti (un pourcentage du budget de l'entité fédérée ancré dans la Constitution). Ce n'est plus une VGC. C'est un organe administratif à part entière, comparable à l'administration germanophone de l'enseignement au Tyrol du Sud.
La culture, le bien-être et la santé sont organisés de manière bilingue sous l'administration de l'entité fédérée bruxelloise, avec des garanties linguistiques. Les services néerlandophones ne sont pas démantelés mais intégrés dans un cadre plus efficace.
La COCOF disparaît également. Les compétences communautaires francophones à Bruxelles sont elles aussi intégrées dans l'entité fédérée bruxelloise.
La COCOM/GGC devient le noyau ou plutôt : elle disparaît comme organe distinct et devient l'administration bruxelloise standard de l'entité fédérée. Tous les Bruxellois sont servis par une seule administration.
Vers quel niveau : le niveau de l'entité fédérée bruxelloise (nouveau).
Modèle international : le Tyrol du Sud (représentation proportionnelle + garanties linguistiques au sein d'une seule administration) combiné au modèle de Fribourg (une fonction publique bilingue au niveau de l'administration).
Gain d'efficience estimé :
- Suppression de trois couches de pouvoir (VGC + COCOF + COCOM) → une seule administration de l'entité fédérée bruxelloise
- Moins de frais de structure : une seule administration au lieu de trois administrations parallèles
- Meilleur service : les citoyens ne doivent plus chercher à quelle commission ils peuvent s'adresser
- Économie estimée : difficile à chiffrer exactement, mais les frais de structure combinés de trois administrations de commission (frais de personnel, immobilier, IT, gouvernance) sont significatifs. De manière conservatrice : 15 à 25 millions d'euros par an de gain d'efficience grâce au dédoublonnage.
Trajet de mise en œuvre :
- Exige une révision de la Constitution (art. 135-136) et une révision de la loi spéciale relative aux Institutions bruxelloises
- Phase 1 (0-2 ans) : élaborer le cadre constitutionnel des garanties linguistiques, concevoir le modèle de représentation proportionnelle
- Phase 2 (2-4 ans) : intégrer les compétences de la VGC, de la COCOF et de la COCOM dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise
- Phase 3 (4-6 ans) : transition complète, personnel de la VGC intégré dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
VGC (Commission communautaire flamande) : réformée La VGC est intégrée dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise. Les droits des néerlandophones sont ancrés dans la Constitution via une représentation proportionnelle, sur le modèle du Tyrol du Sud. Mieux protégés qu'aujourd'hui, mais sans couche de pouvoir supplémentaire.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Commission communautaire flamande (VGC) est l'administration de la Communauté flamande à Bruxelles. Elle est compétente pour l'enseignement, la culture, le bien-être et la santé néerlandophones en Région bruxelloise. La VGC dispose d'un budget de ±219 millions d'euros (2025), de plus de 1.200 collaborateurs, et elle est dirigée par un Conseil de 17 députés bruxellois néerlandophones et un Collège de 3 membres néerlandophones du Gouvernement bruxellois.
La VGC est l'une des trois commissions communautaires de Bruxelles. À côté d'elle existent la COCOF (l'équivalent francophone) et la COCOM/GGC (pour les matières bicommunautaires). Ce sont trois structures administratives distinctes, chacune avec son conseil, son collège, son administration et son budget. Par-dessus le Gouvernement bruxellois.
Ce qui ne va pas
Le problème central est une complexité sans plus-value. Bruxelles compte aujourd'hui effectivement quatre couches de pouvoir pour les matières communautaires : la Communauté flamande (directement compétente), la VGC (comme institution décentralisée), la Région bruxelloise (comme cofinanceur) et la COCOM pour les institutions bilingues. Pour un citoyen qui cherche une école, fréquente un centre culturel ou a besoin de soins à domicile, il est impossible de savoir qui est compétent et responsable.
La VGC est en outre entièrement dépendante sur le plan fiscal : ±70 % de son budget provient de dotations de la Flandre et de la Région bruxelloise. Qui paie décide. Et cela conduit à une tension permanente. La Flandre veut plus de contrôle, la VGC veut plus d'autonomie. Pendant ce temps, les moyens flamands diminuent : au moins 20 millions d'euros d'économies sur Bruxelles en 2025-2026.
Juridiquement, la VGC n'est pas un niveau de pouvoir à part entière. Elle ne peut pas s'écarter de la réglementation flamande et n'a pas de pouvoir législatif propre. C'est un organe d'exécution qui se comporte comme un niveau de pouvoir. Une dérive structurelle.
Enfin : le modèle monocommunautaire ne correspond plus à la réalité bruxelloise. Bruxelles est une ville multilingue. Beaucoup de Bruxellois parlent le français, le néerlandais et d'autres langues encore. La pensée en cases (néerlandophone ou francophone) crée des trous dans le service.
Comment cela fonctionne ailleurs
Au Tyrol du Sud (Italie) vivent trois communautés linguistiques. Germanophone (69 %), italophone (26 %) et ladine (5 %) : ensemble sous une seule administration provinciale. Il n'y a pas de « commissions communautaires » distinctes. À la place, chaque groupe linguistique obtient une représentation garantie par la Constitution dans le gouvernement provincial et une part proportionnelle des fonctions publiques et des moyens. L'enseignement est séparé par langue, mais sous un seul toit administratif. Les soins de santé et le bien-être sont organisés de manière bilingue.
Le canton suisse de Fribourg (français 66 %, allemand 34 %) connaît une seule administration cantonale qui travaille dans les deux langues. Les fonctionnaires sont bilingues au niveau cantonal. L'Université de Fribourg est la seule université bilingue de Suisse. Pas de structures administratives parallèles par groupe linguistique.
Dans aucun modèle européen comparable nous ne trouvons trois commissions communautaires par-dessus un gouvernement régional dans une seule ville.
Ce que HART propose
HART fait de Bruxelles une entité fédérée à part entière qui reçoit elle-même toutes les compétences communautaires. Enseignement, culture, bien-être, santé. La VGC, la COCOF et la COCOM/GGC disparaissent comme couches de pouvoir distinctes. À leur place vient un seul gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise, avec de solides garanties linguistiques constitutionnelles :
Représentation proportionnelle de la communauté néerlandophone au parlement et au gouvernement de l'entité fédérée. Ancrée dans la Constitution, et non dépendante de la bonne volonté politique.
Autonomie pour l'enseignement néerlandophone via un organe de gestion distinct au sein de l'entité fédérée, avec une part de budget garantie. Comparable à la manière dont le Tyrol du Sud organise l'enseignement germanophone.
Un service bilingue comme norme chaque Bruxellois reçoit des services en néerlandais ou en français, sans devoir chercher de quelle commission ils relèvent.
Procédure de sonnette d'alarme pour les décisions qui portent atteinte aux droits d'une communauté linguistique. Un mécanisme de protection ultime, comparable au modèle fédéral actuel mais appliqué au niveau de l'entité fédérée.
Le personnel de la VGC est intégré dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise. Les écoles, centres communautaires, bibliothèques et services d'aide néerlandophones continuent d'exister et sont même mieux protégés. Non par une petite couche de pouvoir distincte, mais par des droits constitutionnels.
Ce que cela rapporte
- Simplicité : une seule administration au lieu de quatre structures parallèles. Le citoyen sait où s'adresser.
- Protection renforcée : des garanties linguistiques constitutionnelles sont plus solides qu'une dotation qui peut baisser chaque année. Une représentation proportionnelle est plus forte qu'une VGC dépendante de la bonne volonté flamande.
- Efficience : une seule administration au lieu de trois, économie estimée à 15 à 25 millions d'euros par an de frais de structure (trois administrations, trois cabinets, trois systèmes IT, trois départements RH).
- Meilleur service : le bilinguisme comme standard, pas comme exception. Les Bruxellois multilingues ne doivent plus être poussés dans une case linguistique.
- Reddition de comptes fiscale : l'entité fédérée bruxelloise perçoit et dépense. Fini le fiscal gap par les dotations.
Phase 5 : sources
Synthèse
La VGC est une structure administrative née de l'histoire, qui trouve son origine dans les compromis communautaires de 1989. Elle accomplit un travail important pour la communauté néerlandophone à Bruxelles. En particulier dans l'enseignement, la culture et le bien-être. Mais la structure elle-même est dépassée : une institution décentralisée sans pouvoir législatif propre, fiscalement dépendante de deux autres autorités, prise dans un carcan monocommunautaire qui ne correspond pas à la réalité multilingue de Bruxelles.
HART propose de ne pas supprimer la VGC mais de la transformer : les droits des néerlandophones sont mieux protégés (par la Constitution, sur le modèle du Tyrol du Sud) mais la couche de pouvoir distincte disparaît. Une seule entité fédérée bruxelloise, avec des garanties linguistiques plus solides qu'une dotation en baisse. Ce n'est pas moins de protection. C'est une meilleure protection.