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Cabinets wallons : ±986 (tous les gouvernements francophones réunis)

Audit de la réforme de l'État HART

Date : 2026-03-30 Statut : 🟠 Réformé Ligne : entité fédérée wallonne. Gouvernement


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Les cabinets ministériels wallons sont les équipes personnelles de conception des politiques et d'appui des ministres du Gouvernement wallon. Comme dans le reste de la Belgique, chaque ministre wallon dispose d'un cabinet composé de membres du staff (conseillers politiques), de personnel d'appui (secrétariat, chauffeurs, etc.) et de fonctionnaires détachés.

Important : le chiffre de ±986 ne renvoie pas seulement au Gouvernement wallon, mais au total de tous les cabinets francophones réunis la Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et la part francophone des cabinets bruxellois. C'est un problème typiquement belge : à cause de la lasagne institutionnelle, les responsables politiques francophones ont des cabinets à plusieurs niveaux de pouvoir à la fois.

Base juridique :

Composition. Gouvernement wallon (2024-2029, MR-Engagés) :

Composition. FWB (2024-2029) :

Total de tous les cabinets francophones réunis (RW + FWB) :

Budget (cabinets wallons uniquement) :

Budget officiel 2024-2029 (FWB) :

Niveau de pouvoir : Région wallonne + Fédération Wallonie-Bruxelles

1B. Que fait-il en pratique ?

Missions formelles (identiques à celles des cabinets flamands) :

Ce qui ne va pas en pratique. Et pourquoi c'est pire en Wallonie qu'en Flandre :

  1. Des cabinets doubles à cause d'institutions doubles. L'existence simultanée de la Région wallonne et de la FWB fait que les ministres francophones ont souvent un double mandat, et donc des collaborateurs de cabinet à deux niveaux. Cela explique pourquoi les responsables politiques francophones ont ±2,4 fois plus de collaborateurs de cabinet que les Flamands (693 contre 283 sous la législature précédente, selon le GERFA).

  2. Une structure politique parallèle. Comme en Flandre, les cabinets forment une structure parallèle à côté de l'administration (le SPW. Service public de Wallonie). Mais là où la Flandre a construit depuis 2006 (BBB. Beter Bestuurlijk Beleid) un modèle de gouvernance plus professionnel, l'administration wallonne est moins réformée. La méfiance politique à l'égard de la fonction publique y est historiquement plus enracinée.

  3. Le circuit du détachement comme financement caché. 56 % des collaborateurs de cabinet wallons sont des fonctionnaires détachés payés par leur administration d'origine. La Cour des comptes qualifie cela à plusieurs reprises de problème d'opacité budgétaire : le coût réel des cabinets est presque le double du budget officiel.

  4. Effet de pantouflage. Après une législature, les collaborateurs de cabinet sont régulièrement placés à des fonctions dirigeantes dans l'administration, les parastataux ou les entreprises publiques (« parachutage »). Cela mine la méritocratie et l'indépendance des pouvoirs publics.

  5. Le SePAC, un contrôle faible. Il existe un Service permanent d'aide, de gestion et de contrôle interne des cabinets ministériels (SePAC) de 19 collaborateurs (13 wallons, 6 FWB), mais cet organe a une capacité d'action limitée et dépend lui-même du gouvernement qu'il doit contrôler.

Exemples individuels (législature précédente 2019-2024) :

À titre de comparaison : un ministre flamand avait en moyenne ±32 collaborateurs (272 au total pour 9 ministres).

1C. Comparaison internationale

Les Pays-Bas. Pas de cabinets : Les Pays-Bas ne connaissent pas de cabinets ministériels au sens belge. Les ministres sont assistés par :

Cela fonctionne parce que les Pays-Bas ont une tradition de hauts fonctionnaires politiquement neutres. L'élaboration des politiques est aux mains de l'appareil administratif, qui rend des avis sur la base de sa connaissance et de son expérience, sans profil politique.

La France. Les cabinets existent, mais ils sont plus strictement encadrés :

L'Allemagne. Des Politische Beamte au lieu de cabinets :

Le Danemark. Une politisation minimale :

La Suède. Le modèle des Government Offices :

Résumé de la comparaison :

Pays Personnel politique par ministre Personnel politique total
Belgique/Wallonie ±46 ETP ±570 (RW+FWB)
Flandre ±32 ±272
France ±15 (max. légal) ±482
Suède ±10 ±240
Pays-Bas ±2-3 ±50-60
Danemark ±1-2 ±30-40
Allemagne ±4-6 (Staatssekretäre) ±100-150

1D. Problèmes et critiques

Cour des comptes : des critiques répétées :

GERFA (Groupe d'étude et de réforme de la fonction administrative) :

Les Engagés (partenaire de coalition) :

Critiques académiques :

Critiques dans les médias :


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité ⚠️ Les cabinets eux-mêmes sont régionaux (le bon niveau), mais la double existence de la Région wallonne et de la FWB crée des cabinets doubles pour les mêmes responsables politiques. Un problème de subsidiarité causé par la structure institutionnelle
2 Transparence Le principal point noir. 56 % des coûts cachés via le détachement. La Cour des comptes le dénonce à plusieurs reprises. Aucune liste complète et accessible au public des collaborateurs de cabinet avec leurs fonctions et leur rémunération
3 Responsabilité = financement Écart fiscal classique : les cabinets sont en partie financés par d'autres administrations qui prêtent « gratuitement » leurs fonctionnaires. Celui qui décide (le ministre) ne paie pas le coût complet
4 Simplicité Le système est d'une complexité inexplicable. Trois niveaux de pouvoir (RW, FWB, Bruxelles) avec chacun ses propres cabinets, des doubles nominations, des règles de détachement opaques et un SePAC en guise de contrôle de façade
5 Taille critique ⚠️ Les cabinets pris un à un sont trop grands pour leur mission formelle (le conseil politique), mais trop petits pour assurer de fait toute la préparation des politiques qu'ils prennent en charge en pratique
6 Compétences concurrentes Sans objet au sens positif. Le système des cabinets est un unicum belge qui n'existe dans aucun autre pays européen à cette échelle. Il n'y a pas d'innovation concurrente
7 Orientation résultats Aucun KPI, aucune mesure des résultats, aucune évaluation. Les cabinets ne rendent aucun compte public de ce qu'ils produisent. Il n'y a ni benchmark, ni audit des résultats des politiques
8 Numérique d'abord Les cabinets fonctionnent en grande partie dans une culture du papier et de la réunion. Pas de tableau de bord public, pas de transparence numérique, pas d'open data sur la composition et les coûts
9 Éprouvé à l'étranger Le système des cabinets à cette échelle est une exception à l'échelle internationale. Les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark, la Suède. Tous fonctionnent avec une fraction de ce personnel politique

Score de synthèse : 0 ✅ · 2 ⚠️ · 7 ❌

Les gains les plus importants sont à réaliser sur :

  1. La transparence un reporting public et complet de tous les coûts, détachement compris
  2. La simplicité la fusion des niveaux de pouvoir élimine automatiquement les cabinets doubles
  3. L'orientation résultats instaurer des KPI et une reddition de comptes publique

Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Réformé les cabinets ne sont pas supprimés (un ministre a besoin d'une équipe restreinte), mais fondamentalement recalibrés sur le modèle suédois/néerlandais.

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

  1. Fusion FWB + Région wallonne → une seule entité fédérée wallonne = un seul ensemble de cabinets. Cela seul divise déjà par deux le nombre de collaborateurs de cabinet francophones. Dans le modèle HART à 4 entités fédérées, la FWB disparaît comme niveau de pouvoir, ce qui résout définitivement le problème des cabinets doubles.

  2. Un maximum légal de 10 collaborateurs par ministre sur le modèle néerlandais/suédois. Symétrique avec la Flandre (max. 10 par ministre, ±90 au total). Cela ramène le total pour le gouvernement de l'entité fédérée wallonne de 367 ETP à un maximum de ±75 ETP (7 ministres × ±10).

  3. Interdiction du détachement gratuit. Chaque collaborateur de cabinet figure au budget des cabinets, quelle que soit son origine. Fini les coûts cachés. Le coût salarial réel est supporté par le cabinet.

  4. Publication obligatoire de la liste complète du personnel avec le nom, la fonction, l'origine (administration/externe) et le salaire brut. Sur le modèle de la transparence scandinave.

  5. Clause anti-pantouflage. Après leur fonction de cabinet, les collaborateurs ne peuvent pendant 2 ans occuper aucune fonction dirigeante dans l'administration ou dans des entreprises publiques relevant de leur ancien ministre (période de cooling-off).

  6. KPI et évaluation. Chaque cabinet publie annuellement un rapport d'activités avec des résultats mesurables (nombre de décrets préparés, de questions parlementaires traitées, de notes de politique produites). La Cour des comptes en évalue chaque année le rapport coût-bénéfice.

Modèle international de référence : les Pays-Bas (ABD + staff politique minimal, ±2-3 par ministre) et la Suède (Government Offices avec ±10 collaborateurs politiques par ministre). Symétrique avec le modèle flamand (max. 10 par ministre).

Économie estimée :

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

Cabinets wallons. Réformés Les ministres francophones comptent ensemble près de 1.000 collaborateurs de cabinet répartis sur trois niveaux de pouvoir. Deux fois plus que leurs collègues flamands, et dix fois plus qu'aux Pays-Bas. HART ramène ce nombre à ±75 en fusionnant des niveaux de pouvoir et en instaurant un maximum légal de 10 par ministre. Symétrique avec la Flandre.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

Chaque ministre belge a un « cabinet » : une équipe de collaborateurs nommés politiquement qui donne des avis, prépare les décrets et assiste le ministre. En Wallonie, les ministres de la Région wallonne comptent ensemble 367 collaborateurs (ETP). Ajoutez-y les cabinets de la Fédération Wallonie-Bruxelles (203 ETP) : car il s'agit en grande partie des mêmes responsables politiques à double mandat. Et vous arrivez à 570. Avec la part francophone des cabinets bruxellois, le total dépasse les 900.

Le budget officiel des cabinets wallons s'élevait en 2021 à quelque 22 millions d'euros. Mais ce n'est que la moitié de l'histoire : 56 % du personnel est constitué de fonctionnaires prêtés « gratuitement » par leur administration d'origine. La Cour des comptes a calculé que ces coûts cachés représentent 14,8 millions d'euros supplémentaires. La facture réelle : au moins 37 millions d'euros par an, pour le seul niveau wallon.

Ce qui ne va pas

Trois problèmes fondamentaux :

Premièrement, les cabinets doubles. Parce que la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles coexistent, les ministres francophones ont des cabinets à deux niveaux. Résultat : ils ont en moyenne 2,4 fois plus de collaborateurs que les ministres flamands. Une seule ministre wallonne (Christie Morreale, Santé) avait 65 collaborateurs de cabinet. Plus que l'ensemble du personnel politique de certains pays scandinaves.

Deuxièmement, l'opacité budgétaire. La Cour des comptes met en garde depuis des années : les budgets publiés ne montrent que la moitié des coûts réels. Les fonctionnaires détachés sont payés par leur service d'origine, mais travaillent pour le ministre. Cet argent disparaît des radars. Aucun citoyen ne peut vérifier ce que ses cabinets coûtent réellement.

Troisièmement, l'État parallèle. Les cabinets reprennent un travail que l'administration (le SPW) devrait faire. Préparation des politiques, rédaction des décrets, négociations. Cela démotive les fonctionnaires, crée du travail en double et fait que le savoir des politiques publiques se perd à chaque changement de gouvernement. Les meilleurs fonctionnaires sont aspirés vers les cabinets et, après la législature, replacés à des fonctions dirigeantes (« parachutage »).

Comment cela fonctionne ailleurs

Les Pays-Bas sont le contre-exemple le plus radical. Il n'y existe pas de cabinets ministériels. Les ministres travaillent avec le sommet de la fonction publique et ont 2 à 3 assistants politiques. Le personnel politique total pour l'ensemble des Pays-Bas : 50 à 60 personnes, pour un pays de 18 millions d'habitants. En Suède, chaque ministre a une dizaine de collaborateurs politiques, au sein d'un service public intégré (le Regeringskansliet). La France, qui connaît bien les cabinets, les a légalement limités à 15 par ministre. Une limite que la Belgique ne connaît pas. Le Danemark compte quelque 30 à 40 conseillers politiques pour tout le pays.

Dans tous ces pays, les pouvoirs publics fonctionnent mieux qu'en Belgique. Non pas malgré l'absence de grands cabinets, mais précisément grâce à la confiance placée dans des fonctionnaires professionnels.

Ce que HART propose

Étape 1 : un seul niveau de pouvoir. En fusionnant la Région wallonne et la FWB en une seule entité fédérée wallonne, les cabinets doubles disparaissent automatiquement. Un gouvernement = un seul ensemble de cabinets.

Étape 2 : un maximum légal de 10 collaborateurs par ministre, sur le modèle néerlandais/suédois. Symétrique avec la Flandre. Cela ramène le total des cabinets de l'entité fédérée wallonne à un maximum de ±75 ETP. Une baisse de 87 %.

Étape 3 : une transparence totale. Chaque collaborateur de cabinet. Fonctionnaires détachés compris. Figure au budget des cabinets avec son nom, sa fonction et son coût salarial. Fini le financement caché.

Étape 4 : l'anti-pantouflage. Après une fonction de cabinet s'applique un cooling-off de 2 ans pour les fonctions dirigeantes dans le secteur public. Fini les nominations politiques systématiques via les cabinets.

Ce que cela rapporte

L'économie directe s'élève à 50-65 millions d'euros par an, grâce à la réduction du nombre de collaborateurs de cabinet et à la disparition des coûts de détachement cachés. Mais le gain réel est plus important : une fonction publique plus professionnelle, plus autonome et plus motivée, qui n'est plus continuellement minée par des structures politiques parallèles. Des pouvoirs publics où la mémoire institutionnelle est préservée, où les nominations au sommet se font au mérite, et où le citoyen peut voir ce que ses cabinets coûtent.


Phase 5 : sources

Source URL Date Utilisé pour
Revue Politique. Coupes dans les cabinets ministériels https://www.revuepolitique.be/coupes-dans-les-cabinets-ministeriels-en-belgique-francophone-juste-un-effet-dannonce/ 2024 Chiffres ETP RW + FWB 2019-2024 vs 2024-2029, réductions budgétaires
RTBF. Qui compose les cabinets ministériels https://www.rtbf.be/article/qui-compose-les-cabinets-ministeriels-et-combien-coutent-ils-enquete-sur-le-cote-cour-des-ministeres-1-2-11269155 2023 Nombre moyen de collaborateurs par ministre et par niveau, budgets totaux
L'Avenir. FWB cabinets mis au régime https://www.lavenir.net/actu/belgique/politique/2024/11/25/en-federation-wallonie-bruxelles-les-cabinets-ministeriels-mis-au-regime-par-le-gouvernement-mr-engages-K4WK5BUEPRDPHLAYS4RZYCV2CE/ 2024-11-25 Chiffres des cabinets de la FWB 2024-2029, par ministre
L'Avenir. Cour des Comptes kabinetten Wallonië https://www.lavenir.net/actu/belgique/2023/01/17/depenses-des-cabinets-wallons-la-cour-des-comptes-enfonce-le-clou-KXKGXP26RFFT3BXIQQISZ7WX7I/ 2023-01-17 Rapport de la Cour des comptes : coûts de détachement cachés de 14,8 M€, coût réel de 37 M€
La Libre. Réduction des cabinets https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2024/09/05/la-reduction-des-cabinets-ministeriels-rapporterait-6-millions-deuros-QKL4GYIYL5COZJBACP6D7VGNA4/ 2024-09-05 Chiffre d'économie de 6 M€
Business AM. Franstalige ministers dubbel zoveel https://businessam.be/franstalige-ministers-hebben-twee-keer-zoveel-kabinetsmedewerkers-als-hun-vlaamse-collegas/ 2021 Comparaison francophones (693) vs Flamands (283), exemples individuels
VRT NWS. 838 kabinetsmedewerkers https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2020/10/14/hebben-we-echt-838-kabinetsmedewerkers-nodig-of-kan-het-ook-zoa/ 2020-10-14 Comparaison Belgique/Pays-Bas, coûts totaux de 197,64 M€, analyse structurelle
Wallex. Arrêté 15 juillet 2024 https://wallex.wallonie.be/eli/arrete/2024/07/15/2024010995 2024-07-15 Base juridique du régime des cabinets 2024-2029
Wallex. Arrêté 14 sept 2019 https://wallex.wallonie.be/eli/arrete/2019/09/14/2019030867/2019/12/20 2019-09-14 Régime des cabinets précédent avec le SePAC
Franceinfo. Macron kabinetten https://www.franceinfo.fr/politique/gouvernement-d-edouard-philippe/emmanuel-macron-reduit-le-nombre-de-collaborateurs-dans-les-cabinets-ministeriels_2197814.html 2017 Modèle français : max. 15 par ministre
Légifrance. Décret 2024-23 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048969473 2024-01-17 Décret français sur les cabinets 2024
Les Engagés. Minder kabinetten https://www.lesengages.be/propositions/reduisons-le-nombre-de-ministres-et-supprimons-progressivement-les-cabinets/ 2024 Proposition politique : suppression progressive des cabinets
CRISP. La réforme des cabinets ministériels https://www.crisp.be/2015/06/la-reforme-des-cabinets-ministeriels/ 2015 Analyse académique de la réforme des cabinets
Government.se. Government Offices https://www.government.se/the-government-offices/about-the-government-offices/ . Modèle suédois : 4.800 collaborateurs, ±5 % de politiques
Newsmonkey. Waalse kabinetten 4x Vlaanderen https://newsmonkey.be/brusselse-en-waalse-regering-met-belachelijk-veel-kabinetsmedewerkers-bijna-vier-keer-zo-veel-als-in-vlaanderen/ 2021 Comparaison de la taille des cabinets par niveau de pouvoir