Trois tranches claires, une quotité exemptée d'impôt fortement relevée, et un Groeipakket (les allocations familiales flamandes) qui sort les familles avec enfants de la pauvreté. Pas d'idéologie, pas de chiffres ronds, pas de calcul au doigt mouillé.
Juste du calcul, sur de vraies données de ménages belges.
La réforme
La Belgique compte aujourd'hui quatre tranches (25 %, 40 %, 45 %, 50 %) avec un taux maximal de 50 % à partir d'environ 50.060 euros (exercice d'imposition 2026). La quotité exemptée d'impôt est de 10.910 euros, bien en dessous du plafond de la tranche la plus basse, de sorte que les bas revenus subissent rapidement la pression fiscale. HART simplifie en trois tranches et relève la quotité exemptée d'impôt à 16.000 euros, pour qu'elle coïncide exactement avec le plafond de la tranche la plus basse.
Le résultat : les premiers 16.000 euros de revenus sont entièrement exonérés d'impôt. La classe moyenne retrouve de l'air. Tout le monde y gagne, les déciles inférieurs et moyens le plus. Testé sur de vraies données de ménages belges.
En plus de la réforme fiscale, HART applique une hausse de 25 % du Groeipakket (montant de base, supplément d'âge, supplément social, allocations d'orphelin et d'invalidité). Cette hausse bénéficie de manière ciblée aux familles avec enfants et aux parents isolés, précisément les groupes où le risque de pauvreté est aujourd'hui le plus élevé.
Les chiffres
EUROMOD simule la réforme ménage par ménage sur le jeu de données SILC officiel d'Eurostat. Les graphiques ci-dessous montrent la variation annuelle du revenu disponible par décile et l'effet sur la pauvreté par type de ménage.
Tout le monde y gagne. Les déciles les plus bas gagnent le plus en termes relatifs : D2-D3 gagnent 4,7 à 5,7 % de leur revenu disponible, sous l'effet du Groeipakket et de la quotité exemptée d'impôt, qui couvre désormais toute la tranche la plus basse. La classe moyenne (D3-D7) gagne le plus en valeur absolue, 1.862 à 2.091 euros par an. Le décile supérieur (D10) y gagne aussi : +1.131 euros, mais seulement 1,1 % par rapport à son revenu.
L'effet sur la pauvreté est le plus fort pour les familles avec enfants et les familles monoparentales, précisément les groupes cibles où la pauvreté est aujourd'hui la plus concentrée. Les mères isolées y gagnent le plus : 3,04 points de pourcentage de risque de pauvreté en moins.
La méthode
EUROMOD est le modèle officiel de microsimulation impôts-prestations (tax-benefit) de l'Union européenne, développé et entretenu par le Joint Research Centre (JRC) de la Commission européenne. Le modèle simule les effets des réformes fiscales et de sécurité sociale sur des centaines de milliers de ménages réels et anonymes du jeu de données SILC d'Eurostat.
La version belge pour 2025 est alimentée par les données EU-SILC, calibrées sur les indices de revenus et de prix de la Banque nationale de Belgique. HART a encodé lui-même la réforme via EUROMOD Online, l'interface publique du JRC. Les résultats bruts (déciles, Gini, AROP, par type de ménage) ont été repris tels quels. Pas de doigt mouillé, pas de cherry-picking.
EUROMOD est utilisé par la Commission européenne, la BCE, l'OCDE et les instituts nationaux de statistique. C'est le modèle de référence pour l'analyse d'impact fiscal en Europe.
Pas de profils hypothétiques. La simulation tourne sur les microdonnées SILC d'Eurostat : des milliers de ménages belges anonymisés, avec leurs revenus, compositions familiales et dépenses réels.
Le tableau des déciles, le coefficient de Gini et les chiffres AROP proviennent directement des résultats EUROMOD. Pas de calculs maison, pas d'effets omis.
Tous les paramètres (tranches, seuils, quotité exemptée d'impôt, hausse du Groeipakket) sont documentés publiquement. Tout économiste ou journaliste peut refaire la simulation via EUROMOD Online.