Programme du parti Religion & État. HART Élections fédérales et flamandes 2029
Sur la base du modèle allemand de la Kirchensteuer, de l'Islamgesetz autrichienne (loi sur l'islam), de la loi française contre le séparatisme et du système italien de l'otto per mille
Notre vision : pourquoi un modèle hybride ?
La Belgique finance aujourd'hui les cultes reconnus et la laïcité organisée à hauteur de plus d'un demi-milliard d'euros par an, prélevé sur l'impôt général (Banque nationale de Belgique, 2020 : 487 millions d'euros de « services des communautés religieuses et autres »). Ajoutez-y les cours philosophiques distincts à l'école et les exemptions fiscales, et le total grimpe à 0,8 à 0,9 milliard d'euros par an (fact-check de Knack, mai 2022). Le citoyen n'a pas le choix : tout le monde paie pour tous les cultes reconnus, quelle que soit sa propre conviction. Dans le même temps, le contrôle de l'influence étrangère est dramatiquement lacunaire. L'État turc envoie, via le Diyanet, des imams fonctionnaires dans plus de 60 mosquées belges. L'Arabie saoudite a financé pendant des décennies la Grande Mosquée de Bruxelles, où neuf djihadistes fichés ont suivi des cours. Les services de renseignement marocains ont été accusés d'infiltrer l'Exécutif des Musulmans de Belgique. La commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016 a documenté tout cela. Et trop peu de choses ont changé depuis.
Un modèle intégralement laïque à la française rend l'État aveugle : lorsqu'une religion menace de basculer dans l'extrémisme, il n'y a ni contrôle ni possibilité d'intervenir. Le modèle allemand de la Kirchensteuer offre un contrôle par le financement, mais exclut structurellement l'islam. HART choisit une troisième voie : un modèle hybride qui respecte pleinement la liberté de religion, mais à trois conditions absolues : zéro financement étranger, transparence totale et financement exclusif via l'impôt.
PRINCIPE FONDAMENTAL : les organisations religieuses sont libres de croire, de prêcher et de pratiquer ce qu'elles veulent. Tant qu'elles se financent via le système fiscal belge, qu'elles opèrent en toute transparence et qu'elles n'acceptent aucune influence d'États ou d'organisations étrangers. Quiconque s'y soustrait est lourdement sanctionné.
Le système actuel : ce qui ne va pas
La Belgique paie plus d'un demi-milliard par an sans contrôle
La Constitution belge (article 181) oblige l'État à payer les traitements et pensions des ministres des cultes reconnus. L'addition sur l'ensemble des niveaux de pouvoir : l'autorité fédérale paie environ 143 millions d'euros par an en traitements et pensions des ministres des cultes, les pouvoirs locaux flamands versent chaque année plus de 127 millions d'euros en complément pour les fabriques d'église et les bâtiments, les pouvoirs locaux wallons plus de 91 millions d'euros, plus les subsides provinciaux et régionaux pour les restaurations. La Banque nationale a comptabilisé pour 2020 un total de 487 millions d'euros de dépenses publiques en « services des communautés religieuses et autres ». S'y ajoutent les cours philosophiques dans l'enseignement (302 millions d'euros par an rien que dans l'enseignement officiel flamand, environ 200 millions d'euros en Belgique francophone) et des exemptions fiscales comme le précompte immobilier, estimées à 130 millions d'euros. La répartition est déséquilibrée : l'Église catholique reçoit environ 75 % du budget fédéral (Husson, 2022 ; le chiffre souvent cité de 85 % date de 2008), alors que seuls 1,5 % des Belges assistent chaque semaine à la messe (comptage d'octobre 2024 : 173.335 personnes). L'islam, avec 700.000 à 900.000 fidèles selon les estimations, n'en reçoit qu'une fraction. Il n'y a aucun rapport entre le nombre de fidèles et le financement.
L'ingérence étrangère est documentée et grave
- La Turquie contrôle via Diyanet/DITIB plus de 60 mosquées belges avec des imams fonctionnaires nommés et payés depuis Ankara. Le budget du Diyanet pour 2025 s'élève à environ 3,5 milliards de dollars. Plus que les ministères turcs de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Énergie réunis. En 2017, 19 imams de la DITIB ont fait l'objet d'une enquête en Allemagne pour suspicion d'espionnage de partisans de Gülen.
- L'Arabie saoudite a consacré depuis les années soixante, selon les estimations, 70 à 100 milliards de dollars à la diffusion mondiale du salafisme. La Grande Mosquée de Bruxelles a été sous contrôle saoudien de 1969 à 2018, avec des liens avérés avec la radicalisation djihadiste.
- Le Maroc envoie chaque année des centaines d'imams en Europe (372 en 2024, dont 42 en Belgique) et exerce une influence directe via le Rassemblement des Musulmans de Belgique. Y compris des accusations d'activités d'espionnage par les services de renseignement marocains, sur la base de rapports de la Sûreté de l'État belge.
- Le Qatar a financé, via Qatar Charity, 140 projets de mosquées et de centres islamiques en Europe pour 71 millions d'euros, dont 90 % via des réseaux liés aux Frères musulmans (source : Qatar Papers, Chesnot & Malbrunot, 2019).
L'interdiction flamande du financement étranger a été partiellement annulée
Le 20 juillet 2023, la Cour constitutionnelle a annulé deux dispositions spécifiques du décret flamand de reconnaissance (2021) : l'interdiction du financement étranger portant atteinte à l'indépendance, et l'interdiction de la rémunération étrangère des ministres du culte. Le motif : « insuffisamment précis » et « ingérence disproportionnée dans la liberté de culte ». Le Diyanet et Milli Görüş avaient introduit le recours. La leçon : une interdiction doit être juridiquement inattaquable. Non discriminatoire, proportionnée et couplée à une source de financement alternative.
Le modèle HART : trois piliers
Pilier 1 : financement exclusivement via l'impôt
Chaque contribuable choisit lui-même s'il contribue à une conviction philosophique ou religieuse. Celui qui contribue affecte un pourcentage de ses revenus à une organisation convictionnelle reconnue de son choix. Celui qui ne veut pas contribuer ne paie rien : opt-out total. C'est le modèle germano-suédois, adapté au contexte belge.
Comment cela fonctionne :
- Lors de la déclaration d'impôt annuelle, chaque contribuable indique quelle organisation convictionnelle reconnue reçoit sa contribution. Il peut s'agir d'une église, d'une mosquée, d'une synagogue, d'un temple, d'une organisation laïque ou d'une association humaniste reconnue. Ou bien il choisit de ne pas contribuer.
- % du revenu imposable : le montant exact est fixé par la loi.
- Opt-out total. Celui qui ne contribue pas ne paie rien. Pas de contribution obligatoire, pas de redistribution automatique, pas de fonds neutre. Personne ne finance une conviction contre son gré. Cela rejoint directement l'article 20 de la Constitution : nul ne peut être contraint de contribuer à un culte.
- L'administration fiscale perçoit les contributions et les reverse directement aux organisations reconnues. Il n'y a aucune relation financière directe entre le citoyen et l'organisation religieuse.
- Aucun don privé aux organisations religieuses en dehors de ce système. Tout financement passe par les pouvoirs publics. Dons individuels, collectes, contributions de fondations ou de gouvernements étrangers. Tout ce qui sort du système fiscal est interdit.
Pourquoi ce modèle :
- Il donne au citoyen une liberté de choix totale. Vous financez l'organisation en laquelle vous croyez, ou vous ne financez rien. Qui croit, paie. Qui ne croit pas, ne paie pas.
- Il donne à l'État un contrôle total sur les flux financiers. Chaque euro est traçable.
- Il élimine structurellement le financement étranger. Il n'existe tout simplement aucun autre canal.
- Il est non discriminatoire. Les mêmes règles s'appliquent à toutes les convictions reconnues.
Soyons honnêtes sur la conséquence : l'opt-out total signifie que les recettes des organisations convictionnelles dépendent entièrement du nombre de citoyens qui les choisissent activement. Les organisations à faible assise voient leur financement se réduire ou disparaître. Ce n'est pas un défaut du système, c'est le système : le financement suit la conviction, pas l'histoire.
- Le modèle a fait ses preuves. L'Allemagne ne perçoit la Kirchensteuer qu'auprès des membres enregistrés (environ 12,6 milliards d'euros en 2024) ; celui qui en sort ne paie rien. La Suède perçoit, via le Skatteverket, les contributions de ceux qui sont affiliés (environ 1,4 milliard d'euros rien que pour l'Église de Suède). Les deux systèmes connaissent l'opt-out total et tiennent debout.
Note juridique : une interdiction totale des dons privés (collectes comprises) n'a aucun précédent dans une démocratie et serait très probablement invalidée par la Cour constitutionnelle et la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). La CEDH a jugé dans Sindicatul Pastorul cel bun c. Roumanie (2013) que l'autonomie des organisations religieuses est protégée. HART reconnaît qu'il s'agit du volet le plus ambitieux de la proposition et que la formulation précise doit être élaborée juridiquement pour être proportionnée. Éventuellement via un système dans lequel les dons privés sont autorisés mais soumis à des obligations de transparence et à des plafonds stricts, plutôt qu'une interdiction absolue.
Pilier 2 : zéro financement étranger, zéro influence étrangère
Interdiction absolue. Pas un seul montant d'argent, pas de soutien matériel, pas de personnel, pas de pilotage idéologique depuis l'étranger. Zéro. Cela vaut pour toutes les organisations convictionnelles reconnues, sans exception.
Concrètement :
- Zéro euro de l'étranger. Pas de financement structurel, pas de financement de projets, pas de dons, pas de prêts, pas de soutien matériel de gouvernements, fondations, ONG ou particuliers étrangers aux organisations religieuses belges.
- Pas de fonctionnaires étrangers comme ministres du culte. Tous les imams, prêtres, pasteurs, rabbins et conseillers moraux actifs en Belgique doivent avoir été formés en Belgique ou dans l'UE et ne peuvent avoir aucun lien d'emploi avec un gouvernement étranger. Le modèle Diyanet, dans lequel des fonctionnaires turcs officient comme imams dans des mosquées belges, prend fin immédiatement.
- Aucune influence étrangère sur le programme d'enseignement ou la prédication. Les organisations religieuses déterminent elles-mêmes leur contenu théologique, mais ne peuvent recevoir d'instructions d'autorités étrangères. C'est le modèle autrichien (Islamgesetz 2015) : une « attitude positive envers la société et l'État » comme condition.
- Les infractions sont lourdement sanctionnées. Les organisations qui reçoivent ou dissimulent un financement étranger perdent immédiatement leur reconnaissance et le financement fiscal qui l'accompagne. Les administrateurs sont personnellement responsables sur le plan pénal. Ce n'est pas une amende administrative. C'est un délit.
Spécifiquement : le Maroc, la Turquie et l'Arabie saoudite
Les trois pays dont l'interférence dans le paysage religieux belge est la mieux documentée sont explicitement visés. Tout lien institutionnel entre des organisations religieuses belges et le Diyanet (Turquie), le ministère marocain des Affaires religieuses, la Ligue islamique mondiale (Arabie saoudite) ou Qatar Charity est interdit. Les mosquées contrôlées ou financées par ces organisations disposent d'une période transitoire de deux ans maximum pour se conformer au système belge. Ou perdent leur reconnaissance.
Note juridique : la Cour constitutionnelle a annulé en 2023 une interdiction flamande plus limitée pour disproportion. Le modèle HART renforce l'argument de proportionnalité en offrant un canal de financement alternatif (le système fiscal), mais la combinaison avec une interdiction des dons privés nationaux le rend juridiquement plus vulnérable. L'Islamgesetz autrichienne (2015), qui n'interdit que le financement étranger et non les dons nationaux, offre le précédent le plus solide. HART plaide pour un cadre fédéral sur le modèle autrichien comme variante minimale, avec l'interdiction totale comme ambition à long terme, qui requiert une révision de la Constitution.
Pilier 3 : transparence radicale avec monitoring par IA
Chaque organisation religieuse reconnue opère en toute transparence. Non pas comme une option, mais comme condition absolue de la reconnaissance et du financement.
Concrètement :
- Toutes les finances sont publiques. Les comptes annuels sont déposés auprès d'une Agence fédérale des organisations convictionnelles à créer, contrôlés par un réviseur indépendant et accessibles au public en ligne.
- Toutes les réunions à caractère public sont enregistrées. Les sermons, conférences, cours et rassemblements publics dans les lieux de culte reconnus font l'objet d'un enregistrement audio ou vidéo, conservé pendant deux ans minimum. Cela vaut pour tous les cultes reconnus. Églises, mosquées, synagogues, temples. Sans exception.
- Monitoring par IA des contenus extrémistes. Les enregistrements sont passés au crible par des systèmes d'IA pour détecter les discours de haine, l'incitation à la violence, la discrimination et la remise en cause de l'État de droit démocratique. C'est comparable au règlement européen TCO (2021/784), qui oblige les plateformes à retirer les contenus terroristes dans l'heure, mais appliqué au contexte religieux. Un contrôle humain suit toujours. L'IA signale, les humains décident.
- Les prédicateurs et les responsables religieux sont enregistrés. Toute personne qui assure régulièrement des sermons, des conférences ou un enseignement religieux devant plus d'un nombre déterminé de participants est enregistrée auprès de l'Agence fédérale. Ce n'est pas une restriction de la liberté de religion. C'est comparable à l'obligation d'enregistrement des enseignants, des médecins et des avocats.
- Toute la communication de l'organisation est traçable. La communication officielle (lettres d'information, réseaux sociaux, communications internes aux membres) des organisations religieuses reconnues est disponible pour inspection en cas de soupçon d'extrémisme. Il ne s'agit pas de la correspondance privée des fidèles individuels, mais de la communication institutionnelle d'organisations qui reçoivent de l'argent public.
Note juridique : c'est le volet le plus poussé de la proposition. La CEDH a jugé dans Glukhin c. Russie (2023) que la surveillance par IA est « hautement intrusive » et que des alternatives moins restrictives méritent la préférence. L'AI Act européen (2024) classe la surveillance biométrique en temps réel comme à haut risque ou interdite. L'obligation d'enregistrement ne vaut que pour les réunions publiques dans les lieux de culte reconnus qui reçoivent un financement public. Pas pour la prière privée ni les réunions spirituelles personnelles. La France surveille environ 2.600 mosquées par le renseignement humain, pas par l'enregistrement obligatoire. HART est conscient que ce volet subira le contrôle juridique le plus sévère et qu'une introduction progressive, en commençant par la transparence obligatoire des finances et seulement ensuite, après validation juridique, l'obligation d'enregistrement, est plus réaliste.
Reconnaissance : conditions strictes, traitement égal
Qui entre en ligne de compte ?
Les organisations religieuses et convictionnelles qui souhaitent être reconnues, et accéder ainsi au financement fiscal, doivent satisfaire à des critères stricts, transparents et non discriminatoires.
Conditions de reconnaissance :
- Personnalité juridique de droit belge. Pas de personnes morales étrangères.
- Nombre minimum de fidèles qui désignent l'organisation comme bénéficiaire via leur déclaration d'impôt. Le seuil exact est fixé par la loi.
- Transparence financière totale : comptes annuels contrôlés par un réviseur indépendant, accessibles au public.
- Aucun financement étranger ni lien institutionnel avec des gouvernements étrangers ou des organisations contrôlées par des gouvernements étrangers.
- Tous les ministres du culte et responsables religieux sont formés en Belgique ou dans l'UE et parlent au moins une langue nationale au niveau B2.
- Adhésion à l'État de droit démocratique, à la Constitution, à l'égalité entre hommes et femmes et aux droits humains fondamentaux. C'est le modèle autrichien : une « attitude positive envers la société et l'État ».
- Enregistrement et conservation de toutes les réunions religieuses publiques.
- Rapport annuel à l'Agence fédérale sur les activités, les membres, le personnel et les finances.
Retrait de la reconnaissance :
- En cas de financement étranger constaté : retrait immédiat.
- En cas de refus de transparence ou d'inspection : suspension dans les 30 jours, retrait après 90 jours.
- En cas d'extrémisme constaté : retrait immédiat et poursuites pénales contre les responsables.
- En cas de fraude ou de détournement : retrait, récupération des fonds reçus et poursuites pénales.
L'égalité de traitement n'est pas négociable
Ces règles s'appliquent à toutes les organisations convictionnelles reconnues : catholique, protestante, juive, islamique, orthodoxe, anglicane, bouddhiste, laïque humaniste et toute autre organisation reconnue. Aucune religion n'est exemptée ni soumise à des charges plus lourdes. La Cour constitutionnelle a annulé des dispositions du décret flamand de reconnaissance en 2023 parce qu'elles étaient disproportionnées. Le modèle HART l'évite grâce à des règles universelles, identiques pour tous.
Risque : le circuit clandestin. La recherche académique (Fox, 2021 ; Laurence, 2012) avertit que les mesures répressives n'éliminent pas la religion mais la poussent dans la clandestinité. Sur les quelque 300 à 380 mosquées belges, seules 91 environ sont officiellement reconnues. Un système trop strict risque de pousser davantage de mosquées à refuser la reconnaissance et à opérer totalement hors de tout contrôle. L'inverse de l'effet recherché. HART plaide dès lors pour un investissement parallèle dans des incitants positifs : financement de formations locales d'imams, soutien aux communautés qui se conforment au système, et une période transitoire qui donne aux mosquées non reconnues la possibilité d'y adhérer.
Radicalisation en ligne : la nouvelle ligne de front
Les lieux de culte physiques ne sont plus la voie principale vers l'extrémisme. Les plateformes en ligne, elles, le sont. L'OCAM (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) a rapporté pour 2024 que 18 % des auteurs de menaces signalées étaient mineurs, dont trois quarts d'orientation djihadiste. Au cours des trois dernières années, près d'un tiers des personnes qui ont fomenté des projets d'attentat en Belgique avaient moins de 18 ans. Les plateformes en ligne, en particulier TikTok comme porte d'entrée et Telegram comme plateforme opérationnelle, y jouent un rôle central. Le niveau de la menace est fixé au niveau 3 (« grave ») depuis octobre 2023.
Mesures concrètes
- La littératie numérique comme volet obligatoire du programme scolaire : les jeunes apprennent à reconnaître la propagande, à vérifier les sources et à déjouer la manipulation (voir le chapitre Enseignement : l'informatique comme matière obligatoire).
- Étendre l'approche de Vilvorde au niveau national : implication personnelle des bourgmestres, relations de confiance avec les communautés, CSIL-R (cellules de sécurité intégrale locales) multidisciplinaires dans chaque commune. Depuis 2014, plus personne n'est parti de Vilvorde vers la Syrie. Unique en Europe.
- Exploiter pleinement les instruments européens : le règlement TCO (retrait des contenus terroristes dans l'heure), le Digital Services Act (transparence algorithmique pour les grandes plateformes) et l'Internet Referral Unit d'Europol.
- Investir dans des programmes de déradicalisation : tant en ligne (contre-discours, mentorat numérique) que hors ligne (programmes de sortie, accompagnement psychologique). Les faits montrent que le retrait de contenus ne suffit pas à lui seul. Il faut proposer l'alternative.
Faisabilité juridique : ce qu'il faut
Une révision de la Constitution est nécessaire
Le modèle HART requiert une modification de l'article 181 de la Constitution belge (financement des cultes). L'article 20 (nul ne peut être contraint de contribuer à un culte) ne doit pas être modifié : l'opt-out total met précisément le modèle en conformité avec cet article, alors que le système actuel de financement par les moyens généraux est en tension avec lui. La procédure de l'article 195 exige une déclaration de révision, la dissolution du Parlement et une majorité des deux tiers dans le Parlement nouvellement élu. C'est une procédure lourde. Mais HART vise les élections fédérales de 2029, après lesquelles une révision est possible durant la législature 2029-2034.
RGPD et vie privée
Les convictions religieuses constituent, au sens de l'article 9 du RGPD, une « catégorie particulière de données à caractère personnel ». Le système d'affectation via la déclaration d'impôt requiert une législation nationale fondée sur l'article 9(2)(g) du RGPD (« intérêt public important ») et une analyse d'impact obligatoire relative à la protection des données. L'Allemagne fonctionne depuis des décennies avec un système comparable ; la CEDH a jugé dans Wasmuth c. Allemagne (2011) que cela ne constitue pas une violation de la liberté de religion, pour autant que la valeur informative reste limitée.
L'enregistrement des réunions
C'est le volet le plus sensible. L'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme (liberté de religion) protège non seulement la croyance mais aussi sa pratique. La CEDH admet toutefois des restrictions qui sont « prévues par la loi, poursuivent un but légitime (sécurité publique, protection des droits d'autrui) et sont nécessaires dans une société démocratique ». La clé est la proportionnalité : l'obligation d'enregistrement ne vaut que pour les réunions publiques dans les lieux de culte reconnus qui reçoivent un financement public, pas pour la prière privée ni les réunions spirituelles personnelles.
Libre circulation des capitaux dans l'UE
L'article 63 du TFUE interdit les restrictions aux mouvements de capitaux, y compris avec les pays tiers. La Belgique peut invoquer l'exception d'ordre public (article 65(1)(b)), mais la mesure doit être proportionnée. La combinaison d'une interdiction totale du financement étranger avec un canal de financement alternatif (le système fiscal) renforce l'argument de proportionnalité : les organisations ne sont pas asphyxiées financièrement, elles reçoivent une alternative belge.
Preuves internationales : qu'est-ce qui marche ?
Autriche : Islamgesetz (2015)
Le modèle le plus comparable. Interdit le financement étranger structurel des organisations islamiques, exige des imams germanophones et requiert une « attitude positive envers la société et l'État ». En 2018, le gouvernement autrichien a annoncé la fermeture de 7 mosquées et l'expulsion de jusqu'à 60 imams financés par l'étranger. Même si, au final, seuls quelques-uns ont été effectivement expulsés. Faiblesse : la coupole turque ATIB a malgré tout pris le contrôle de l'organe officiel de représentation en 2016. Preuve que la législation seule ne suffit pas sans une application active.
France : loi contre le séparatisme (2021)
Impose la déclaration des dons étrangers supérieurs à 10.000 euros. Les préfets peuvent fermer temporairement des lieux de culte en cas de prêche haineux. Entre 2018 et 2024, environ 718 établissements liés à l'islam ont été fermés (mosquées, écoles, associations et entreprises confondues), dont environ 20 mosquées. Faiblesse : pas d'interdiction totale du financement étranger. Le contournement via des intermédiaires et des organisations caritatives reste possible.
Allemagne : Kirchensteuer
Génère environ 12,6 milliards d'euros par an (2024) pour les Églises chrétiennes via 8 à 9 % de l'impôt sur le revenu. Donne à l'État une transparence financière totale. Force : seuls les membres enregistrés paient ; celui qui en sort (Kirchenaustritt) ne paie rien. Faiblesse : l'islam ne peut pas participer en raison d'exigences structurelles (statut de KdöR) que les organisations islamiques ne peuvent remplir. Un problème de discrimination que le modèle HART évite grâce à des critères universels et neutres sur le plan religieux.
Italie : Otto per mille
Chaque contribuable affecte 0,8 % de son impôt à une organisation reconnue. Celui qui ne choisit pas voit sa contribution redistribuée proportionnellement. Génère environ 1,3 à 1,4 milliard d'euros par an. Force : liberté de choix pour le citoyen. Faiblesse : pas de véritable opt-out. Les choix non exprimés sont automatiquement redistribués, ce qui profite de manière disproportionnée à l'Église catholique et fait que même ceux qui ne choisissent pas financent de facto la religion. Différences importantes avec le modèle HART : HART prévoit un opt-out total, et l'Italie n'interdit pas les dons privés.
Suède : Kyrkoavgift
Depuis la séparation de l'Église et de l'État (2000), toutes les communautés religieuses enregistrées, y compris islamiques, peuvent faire percevoir leurs contributions via l'administration fiscale. L'Église de Suède perçoit 0,7 à 1,9 % du revenu imposable, soit environ 1,4 à 1,5 milliard d'euros par an. Force : le modèle le plus inclusif, y compris pour les religions minoritaires. Faiblesse : un nombre de membres en baisse (environ 1 % par an).
Le modèle HART prend le meilleur de chaque système : l'affectation via la déclaration d'impôt de l'Italie, l'opt-out total de l'Allemagne et de la Suède, la transparence financière de l'Allemagne, l'interdiction du financement étranger de l'Autriche, la législation anti-extrémisme de la France et l'inclusivité de la Suède. Combiné à une exigence de transparence pilotée par l'IA qui va plus loin que tout modèle existant.
La différence avec le système belge actuel
| Aspect | Système actuel | Modèle HART |
|---|---|---|
| Financement | Sur l'impôt général, aucune liberté de choix | Le citoyen choisit une organisation, ou opte pour l'opt-out total et ne paie rien |
| Financement étranger | Autorisé (interdiction partiellement annulée par la Cour constitutionnelle) | Absolument interdit, zéro exception |
| Transparence | Limitée, pas de comptes annuels publics obligatoires | Publicité totale : finances, réunions, personnel |
| Contrôle de l'extrémisme | Réactif (après les incidents), fragmenté | Proactif : monitoring par IA, enregistrement obligatoire, prévention |
| Répartition | Historiquement déséquilibrée (± 75 % à l'Église catholique) | Proportionnelle : le financement suit le nombre de fidèles |
| Ministres du culte | Imams fonctionnaires étrangers autorisés | Uniquement des ministres du culte formés en Belgique/UE |
| Reconnaissance | Critères opaques (condamnés par la CEDH, 2022) | Critères transparents, fixés par la loi |
| Application | Faible, rarement des sanctions | Lourdes peines en cas d'infraction, retrait immédiat |
Résumé : 7 points du programme Religion & État
| # | Point du programme | Action clé |
|---|---|---|
| 1 | Financement fiscal avec opt-out | % du revenu vers une organisation reconnue de son choix ; qui ne veut pas contribuer ne paie rien |
| 2 | Zéro financement étranger | Interdiction absolue de tout soutien financier ou matériel venant de l'étranger |
| 3 | Zéro influence étrangère | Pas d'imams fonctionnaires étrangers, pas d'instructions d'Ankara/Rabat/Riyad |
| 4 | Transparence radicale | Comptes annuels publics, enregistrement des réunions, monitoring par IA |
| 5 | Critères de reconnaissance stricts | Personnalité juridique, nombre minimum de membres, exigence linguistique B2, engagement démocratique |
| 6 | Combattre la radicalisation en ligne | Étendre l'approche de Vilvorde, exploiter les instruments européens, littératie numérique |
| 7 | Sanctions lourdes | Retrait immédiat de la reconnaissance, poursuites pénales en cas d'infraction |
Le message est clair : en Belgique, la religion est libre. Mais qui reçoit de l'argent public opère en plein jour. Pas un euro d'Ankara, de Rabat ou de Riyad. Pas d'agendas cachés. Pas de financement de l'ombre. Chaque sermon, chaque euro, chaque décision. Transparent, contrôlable, belge.
Ce programme s'appuie sur les données du budget des cultes du SPF Justice (2025), les chiffres de répartition de J.-F. Husson (2022), la Banque nationale (dépenses publiques pour les communautés religieuses, 2020), le fact-check de Knack sur le subventionnement total des convictions philosophiques et religieuses (mai 2022), L. Franken, Geld voor je god? (2021), la Cour constitutionnelle belge (arrêt du 20 juillet 2023, n° 113/2023), la CEDH (Témoins de Jéhovah d'Anderlecht, 5 avril 2022 ; Wasmuth c. Allemagne, 17 février 2011 ; Glukhin c. Russie, juillet 2023), l'Islamgesetz autrichienne (2015), la loi française contre le séparatisme (24 août 2021), les rapports annuels de l'OCAM 2024-2025, Europol TE-SAT 2025, le système allemand de la Kirchensteuer, l'otto per mille italien, le modèle suédois du kyrkoavgift et la commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 22 mars 2016 (rapport n° 1752/9).