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Point 17 sur 30

Climat et environnement

Principe fondamental : le pollueur paie. Toujours, partout, sans exception. Pas de commerce du droit de polluer. Pas de quotas d'émission gratuits pour les multinationales. Pas de compensation carbone où l'on plante une forêt au Congo pour continuer à brûler du fossile à Anvers.

Principe fondamental : le pollueur paie. Toujours, partout, sans exception. Pas de commerce du droit de polluer. Pas de quotas d'émission gratuits pour les multinationales. Pas de compensation carbone où l'on plante une forêt au Congo pour continuer à brûler du fossile à Anvers. La seule solution est de brûler moins de combustibles fossiles. Par une autre production, un autre transport et une autre consommation. Notre environnement n'est pas négociable : toute forme de pollution, de fraude ou de négligence est sanctionnée avec la plus grande sévérité. Qui empoisonne, paie. Ou va en prison.

La Belgique affiche des résultats honteux en matière de climat et d'environnement. Nous sommes 37e au Climate Change Performance Index 2026. Catégorie « Low performer ». Nos émissions de gaz à effet de serre atteignent 9 tonnes d'équivalent CO₂ par habitant, deux tonnes au-dessus de la moyenne européenne. Notre part d'énergie renouvelable (14,3 %) est l'une des plus faibles d'Europe. Le secteur des transports émet 18 % de plus qu'en 1990. Le seul grand secteur en hausse. À peine 0,5 % des cours d'eau flamands atteignent un bon état écologique. 79,6 % de nos habitats sont en mauvais état. Plus du double de la moyenne européenne. La Belgique utilise 7,7 kg de pesticides par hectare. Près de trois fois la moyenne européenne. Et l'usine 3M de Zwijndrecht a empoisonné des milliers d'habitants aux PFAS pendant que les pouvoirs publics regardaient sans réagir. À ce jour, personne n'est en prison.

En même temps, la Belgique a des atouts. Nous recyclons 79,2 % de nos déchets d'emballages. Champion d'Europe. Notre capacité nucléaire couvre 42 % de la production d'électricité. Le VIB-UGent est un leader mondial de la biotechnologie végétale. Et la cour d'appel de Bruxelles a condamné en 2023 l'État fédéral et deux Régions pour politique climatique insuffisante. La volonté est là. La politique, non. HART veut changer cela.


Les faits

Indicateur Belgique Contexte
Climate Change Performance Index 2026 37e. « Low performer » NL : 10e. FR : 21e. DE : 22e
Émissions de gaz à effet de serre 106,5 MtCO₂-eq (2022) ; ± 9 tonnes/habitant Moy. UE : ± 7,25 tonnes/habitant. FR : ± 6,5. DE : ± 9,6
Réduction par rapport à 1990 -27 % au total Objectif 2030 (ESR) : -47 % par rapport à 2005. Projection à politique inchangée (WEM) : -22 % → écart de ± 25 pp. Avec mesures additionnelles (WAM) : écart de ± 4 pp, moyennant les flexibilités
Énergie renouvelable 14,3 % de la consommation finale brute (2024) Moy. UE : ± 25,2 %. La plus faible de l'UE
Mix électrique 2024 Nucléaire 42,4 %. Renouvelable 29,8 %. Fossile 22,7 % (dont gaz 17,6 %) Éolien 18,6 %, solaire 11,8 %. Après la fermeture de Doel-3/Tihange-2 : CO₂ de l'électricité +13 %
Transport +18 % d'émissions par rapport à 1990 Seul grand secteur en hausse. 22 % des émissions totales, ± 35 % des émissions ESR
Qualité de l'eau (Flandre) 0,5 % des cours d'eau en bon état écologique L'échéance 2027 de la directive-cadre européenne sur l'eau ne sera pas respectée
Taux d'épuration des eaux usées Flandre : ± 88 %. Bruxelles : ± 100 % DE : ± 97 %. NL : ± 99 %. Moy. UE : ± 90 %
Habitats en mauvais état 79,6 % Moy. UE : 35,8 %. Plus de deux fois pire
Nature protégée 14,7 % de la superficie terrestre Moy. UE : 26,4 %. Objectif 2030 : 30 %
Usage de pesticides 7,7 kg/ha. Troisième plus élevé de l'UE Moy. UE : 2,9 kg/ha. ± 2,7× la moyenne
Recyclage des emballages 79,2 %. Le plus élevé de l'UE Mais : mise en décharge ± 1 % (faible), incinération 44 % (trop élevée)
PFAS (Zwijndrecht) 48 % des riverains au-dessus de la valeur de référence de l'EFSA 3M paie 571 M€ d'assainissement. Aucune condamnation pénale
Prix du carbone EU ETS ± 70-80 €/tonne (fév. 2026) Le prix est resté 15 années sur 21 sous les ± 25 €/tonne nécessaires à une décarbonation effective

Sources : CCPI 2026 (Germanwatch) ; UNFCCC National Inventory 2024 ; Eurostat ; Elia ; EC Climate Action Factsheet Belgium 2023 ; VMM ; IRCEL ; EEA Europe's Environment 2025 ; Fost Plus ; VRT NWS ; arrêts de la CJUE ; Trading Economics.


1. Halte au marché des émissions : le pollueur paie directement

Position : Le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (EU Emissions Trading System, ETS) existe depuis 2005. La promesse : un mécanisme de marché qui réduit efficacement les émissions. La réalité : pendant 15 des 21 années, le prix du carbone est resté sous les quelque 25 €/tonne que les économistes jugent au minimum nécessaires pour une décarbonation effective. Dont 7 à 8 années même sous 10 €/tonne, et en 2007, le prix est tombé à 0 €. Entre 2013 et 2020, les pollueurs industriels ont reçu 4,3 milliards de quotas d'émission gratuits. Plus qu'ils n'en ont réellement utilisé. CE Delft estime les bénéfices d'aubaine (windfall profits) jusqu'à 50 milliards d'euros (2008-2019) : les entreprises qui ont reçu des quotas gratuits ont répercuté le coût d'opportunité sur leurs clients et empoché la différence. La valeur des quotas non mis aux enchères : 127 milliards d'euros (2012-2022), projetée à 331 milliards d'euros (2023-2033).

Entre-temps, l'industrie qui a reçu plus de 90 % de quotas gratuits n'a réduit ses émissions que de 9 % à peine en dix ans. Alors que le secteur de l'énergie, soumis à des quotas entièrement mis aux enchères, a atteint 30 % (Bruegel, janvier 2026). Moins de 5 % des recettes carbone sont réinvestis dans la décarbonation industrielle. Une étude Yale/LUISS (2024) qualifie l'ETS de « remarquablement inefficace comme mécanisme de marché » : beaucoup d'entreprises n'échangent pas, le timing est sous-optimal et certaines firmes régulées spéculent avec des informations privilégiées. Les intermédiaires financiers. Banques, fonds spéculatifs, consultants. Gagnent des milliards grâce à un système censé sauver le climat.

Une étude pionnière parue dans Science (Stechemesser et al., 2024) a analysé 1.500 mesures climatiques dans le monde et n'a trouvé que 63 « réussites » avec de fortes réductions d'émissions. La conclusion : les mesures les plus efficaces sont la réglementation directe et la taxation directe, les interdictions du charbon, la sortie progressive des combustibles fossiles, les normes d'efficacité, les obligations en matière de renouvelable, les taxes carbone nationales. L'échange de quotas d'émission ne fonctionne pas à lui seul. C'est une excuse. Il donne aux entreprises des droits négociables sur les émissions, qu'elles répercutent sur leurs clients ou thésaurisent, au lieu de polluer moins. Il déplace le problème vers les compensations, les droits sur papier et les intermédiaires financiers, au lieu de le résoudre. La Norvège, la Suède et la Suisse montrent que des taxes nationales en plus de l'ETS rapportent davantage que l'ETS seul : la Norvège atteint environ 150 €/tonne sur le secteur pétrolier, la Suède 130 €/tonne sur les carburants de transport et les combustibles de chauffage.

HART veut en finir avec le système où l'on peut acheter et vendre le droit de polluer. La seule manière de réduire les émissions fossiles, c'est de brûler moins de fossile. Pas d'échanger des droits sur papier. Pas de compenser dans des forêts tropicales. Pas de spéculer sur les marchés du carbone. Réglementer directement, sanctionner directement, réduire directement.

Tant que l'EU ETS existe, HART plaide au sein de l'UE pour la suppression des quotas gratuits et l'extension du CBAM. En même temps, nous militons pour une approche européenne coordonnée sans ETS : des taxes minimales contraignantes et des échéances communes de sortie du fossile pour tous les États membres. La vraie solution réside dans la réglementation directe et la taxation directe, pas dans un marché spéculatif.

Ce que nous allons faire :

  • La Belgique plaide au sein de l'UE pour la suppression des quotas d'émission gratuits avant 2030, pas seulement en 2034 comme prévu actuellement. Tant que les entreprises reçoivent des quotas gratuits, elles n'ont aucune incitation à se décarboner. Les 331 milliards d'euros de quotas gratuits projetés (2023-2033) constituent le plus grand subside caché à l'industrie fossile en Europe.
  • Affecter 100 % des recettes des enchères ETS à la décarbonation directe. La Belgique a perçu environ 1,2 milliard d'euros de recettes d'enchères ETS en 2023. Actuellement, l'essentiel va au budget général. HART veut que chaque euro aille à la décarbonation de l'industrie, à la rénovation des logements et aux énergies renouvelables. Pas aux trous budgétaires.
  • Ancrer dans la loi une sortie directe du fossile par secteur. Pas un système d'échange qui laisse le prix décider quand les entreprises se décarbonent, mais des échéances fermes : plus de charbon dans la production d'électricité (déjà réalisé en Belgique), plus de mazout dans le chauffage des logements d'ici 2035, plus de gaz naturel dans les constructions neuves d'ici 2030, uniquement des voitures particulières zéro émission à partir de 2035 (décision de l'UE). Par secteur, une trajectoire contraignante avec des jalons intermédiaires.
  • Une taxe carbone belge en plus du prix européen du carbone. Affectée au fonds de transition climatique et à un dividende climatique (voir point suivant). Le principe est celui de la Norvège, de la Suède et de la Suisse : une taxe nationale en plus de l'EU ETS, au lieu de se fier uniquement à l'ETS. La Norvège applique à son secteur pétrolier un prix combiné d'environ 150 €/tonne, la Suède prélève 130 €/tonne sur les carburants de transport et les combustibles de chauffage hors ETS. Pour la Belgique, HART vise un prix combiné qui converge vers 150 €/tonne d'ici 2035, construit par phases. La taxe est transparente, prévisible et à l'abri des manipulations des spéculateurs.
  • Un dividende climatique pour compenser la régressivité. Une taxe carbone frappe proportionnellement plus fort les bas revenus, parce qu'ils consacrent une plus grande part de leur revenu à l'énergie. Le Canada reverse 90 % de sa taxe carbone fédérale via un dividende trimestriel par ménage, modulé selon la taille de la famille. Le résultat : les ménages des 40 % les plus bas récupèrent plus qu'ils ne paient. HART veut que 50 % des recettes de la taxe carbone belge reviennent aux ménages via un dividende climatique, avec un montant plus élevé pour les bas revenus et les familles nombreuses. Les 50 % restants vont au fonds de transition climatique.
  • Un accord européen sur des conditions de concurrence équitables (level playing field) sans ETS. Une taxe carbone belge en plus de l'ETS ne fonctionne que si les pays voisins disposent d'un instrument comparable, sinon les entreprises fuient vers l'Allemagne, les Pays-Bas ou la France. HART veut que la Belgique plaide au sein de l'UE pour deux choses. Un, une directive sur la taxation de l'énergie (Energy Taxation Directive) révisée, avec une taxe carbone minimale contraignante sur la consommation de fossile dans tous les États membres, en hausse chaque année. Deux, des échéances sectorielles communes de sortie du fossile qui s'appliquent à tous : plus de mazout dans le chauffage d'ici 2035 dans toute l'UE, plus de gaz naturel dans les constructions neuves d'ici 2030 dans toute l'UE, des trajectoires de décarbonation industrielle par secteur. Une approche commune par la réglementation directe et la taxation directe garantit le même résultat que celui visé par l'ETS, sans marché des quotas d'émission.
  • Soutenir pleinement et étendre le mécanisme européen d'ajustement carbone aux frontières (Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM). Le CBAM est opérationnel depuis le 1er janvier 2026 pour six secteurs (acier, ciment, aluminium, engrais, électricité, hydrogène) et oblige les importateurs de pays hors UE à payer le prix européen du carbone. La pétrochimie, le raffinage, le verre, la céramique et le papier n'en font pas encore partie. Pour ces secteurs, les importations chinoises, indiennes ou turques restent bon marché alors que les producteurs européens supportent le coût carbone intégral. HART veut que la Belgique plaide activement au sein du Conseil de l'UE pour une extension du CBAM à ces secteurs d'ici 2030. La Turquie, le Brésil, le Royaume-Uni, Taïwan et la Corée du Sud adaptent déjà leur politique. La Commission européenne estime les recettes du CBAM à environ 2,1 milliards d'euros par an d'ici 2030 dans le champ d'application actuel. Un multiple en cas d'extension.

Éprouvé : Norvège. Taxe carbone depuis 1991, combinée à l'EU ETS. Prix du carbone combiné dans le secteur pétrolier : ± 150 €/tonne (2025), avec un objectif de 200 €/tonne (2030). Résultat : 40 % de réduction des émissions offshore malgré la hausse de la production. États-Unis. Les normes CAFE pour les véhicules ont évité, selon les estimations, 14 milliards de tonnes de CO₂ depuis 1975. Réglementation directe sans échange de quotas. Inflation Reduction Act : ± 370 milliards de dollars de subsides à l'énergie propre via des investissements directs. Étude Science (Stechemesser et al., 2024) : analyse de 1.500 mesures climatiques dans 41 pays. Conclusion : les 63 mesures les plus efficaces combinent signaux de prix et réglementation directe ; l'échange de quotas seul est insuffisant.


2. Les grands pollueurs individuels : jets, yachts et grands voyageurs aériens

Position : Un seul aller-retour Londres-New York émet environ 2 tonnes d'équivalent CO₂ par passager en classe économique. Effets non-CO₂ compris (traînées de condensation, oxydes d'azote, vapeur d'eau). Un ménage européen moyen chauffé au gaz consomme environ 2 à 3 tonnes de CO₂ par an. La comparaison tient : un aller-retour transatlantique ≈ un an de chauffage. Mais le vrai scandale se situe chez les ultra-riches. Un jet privé émet environ 2 tonnes de CO₂ par heure de vol. 5 à 14 fois plus par passager qu'un avion commercial. L'Europe a compté un record de 572.806 vols en jet privé en 2022. Dont plus de 55 % de moins de 750 km. La liaison la plus populaire : Paris-Londres, 9 vols privés par jour.

Les superyachts sont encore pires. Oxfam a calculé que le superyacht moyen émet 5.672 tonnes de CO₂ par an. Il faut 860 ans à une personne moyenne pour en émettre autant. Le yacht Rising Sun (138 m) émet chaque année environ 16.320 tonnes d'équivalent CO₂. 800 fois un Américain moyen. Les superyachts échappent aussi bien au système européen d'échange de quotas d'émission qu'aux normes d'émission de l'Organisation maritime internationale (OMI).

Ce que nous allons faire :

  • Instaurer une taxe européenne sur les jets privés. La France a commencé en mars 2025 avec 210 à 2.100 € par passager. Huit pays de l'UE (dont la Belgique) se sont engagés en juillet 2025 pour un cadre européen commun. HART soutient pleinement cette démarche et veut un tarif qui reflète le coût climatique réel : au minimum 500 € par passager pour les vols de moins de 1.500 km, 1.000 € ou plus pour l'intercontinental.
  • Une taxe aérienne progressive pour les grands voyageurs. Une étude CE Delft/NEF (octobre 2024) propose : 0 € pour le premier aller-retour de l'année, puis un montant croissant pour les vols suivants. Effet projeté : -21 % d'émissions de l'aviation et 64 milliards d'euros par an de recettes européennes. HART veut reprendre ce modèle. Qui prend l'avion une fois par an pour partir en vacances ne paie rien de plus. Qui prend le jet 15 fois par an pour des réunions paie le coût climatique.
  • Interdire les vols court-courriers là où existe un trajet en train de moins de 3 heures. La France a interdit en 2023 trois liaisons pour lesquelles l'alternative TGV prenait moins de 2,5 heures. Un pas symbolique mais juste. HART veut l'étendre à 3 heures et l'ancrer au niveau européen : Bruxelles-Paris, Bruxelles-Amsterdam, Bruxelles-Londres (Eurostar ± 2 h), Bruxelles-Francfort. Tous plus rapides et plus propres en train.
  • Taxer les superyachts via les droits portuaires et une taxe sur les émissions. Aucun instrument européen ne couvre les superyachts. HART veut que chaque port de l'UE impose un prélèvement climatique aux yachts de plus de 24 mètres : 10 €/tonne de CO₂ sur le carburant, plus une taxe d'amarrage annuelle basée sur la puissance du moteur.

Éprouvé : France. Taxe sur les jets privés depuis mars 2025 : 210-2.100 € par passager. Interdiction des vols court-courriers (mai 2023) pour les liaisons avec un train de moins de 2,5 heures. 3 liaisons supprimées, ± 55.000 tonnes de CO₂ par an économisées. CE Delft/NEF (oct. 2024) : modèle paneuropéen de taxe pour grands voyageurs (frequent flyer levy) : 0 € pour le premier aller-retour, progressif jusqu'à 400 € et plus pour 9 vols et plus par an. Projection : -21 % d'émissions, 64 Mds € par an de recettes. ICCT (juin 2025) : les émissions des jets privés ont augmenté de 46 % dans le monde entre 2019 et 2023 (23,7 MtCO₂-eq). Oxfam (2024) : superyacht moyen : 5.672 tonnes de CO₂ par an = 860 ans d'émissions d'une personne moyenne.


3. Adaptation climatique : préparés à ce qui vient

Position : L'atténuation (moins d'émissions) est nécessaire mais pas suffisante. Le changement climatique déjà présent dans le système aura des effets. En Belgique aussi. Les inondations de la vallée de la Vesdre (juillet 2021) l'ont prouvé : 39 morts, 2,8 milliards d'euros de dégâts, 100.000 personnes touchées, 45.000 logements endommagés, 559 ponts affectés. 271,5 mm de précipitations en 48 heures. Trois fois les précipitations moyennes d'un mois de juillet. Une étude de World Weather Attribution a montré que la probabilité d'un tel événement est devenue 1,2 à 9 fois plus élevée à cause du changement climatique.

La Belgique n'est structurellement pas prête. Le niveau de la mer à Ostende a monté de plus de 20 cm depuis 1951, avec des vitesses récentes supérieures à 5 mm par an. La Flandre compte 235 zones signal (signaalgebieden). Des zones non bâties qui servent de tampon hydraulique mais subissent la pression immobilière. Et les étés de sécheresse de 2018-2022 ont montré que la Belgique a aussi un problème d'approvisionnement en eau.

Ce que nous allons faire :

  • Une loi Delta belge sur le modèle néerlandais. Les Pays-Bas ont créé par la loi, en 2012, le programme Delta : un commissaire Delta indépendant avec un mandat de 7 ans et un budget annuel garanti d'environ 1,5 milliard d'euros via le fonds Delta. 3.600 km de digues primaires ont été évalués selon des normes de sécurité 10× plus strictes. Le programme Room for the River (2,3 milliards d'euros) a créé des plaines inondables via 34 projets. HART veut un fonds belge d'adaptation climatique équivalent, avec un budget affecté. Pas dépendant des négociations budgétaires annuelles.
  • Plus aucun permis de bâtir en zone inondable. Les 235 zones signal de Flandre sont protégées par la loi comme tampons hydrauliques. Sans exception. Pour les constructions existantes dans les zones à haut risque d'inondation, un droit de rachat par les pouvoirs publics devient obligatoire.
  • Protection du littoral : prolonger le Masterplan Kustveiligheid (plan directeur de sécurité côtière) jusqu'en 2100. Le Masterplan actuel (300 millions d'euros + 8 millions d'euros par an) protège les 67 km de côte contre une tempête de période de retour de 1.000 ans jusqu'en 2050. La Kustvisie (vision à long terme du littoral) envisage une élévation du niveau de la mer jusqu'à 3 mètres. HART veut que cela soit ancré dans la loi avec un budget garanti. Pas renégocié politiquement chaque année.

Éprouvé : Pays-Bas. Programme Delta (loi de 2012) : commissaire Delta indépendant, ± 1,5 Mds € par an garantis via le fonds Delta, 3.600 km de digues évaluées. Room for the River : 2,3 Mds €, 34 projets. Copenhague. Cloudburst Management Plan (2012) : 1,3 à 1,7 Mds € d'investissement dans plus de 300 projets après une pluie torrentielle ayant causé 0,8 à 1,6 Mds € de dégâts. Économie nette de 3 Mds DKK par rapport à l'approche traditionnelle. Plan de mise en œuvre sur 20 ans. Tokyo. Metropolitan Area Outer Underground Discharge Channel : le plus grand système souterrain d'évacuation des eaux au monde, 50 mètres de profondeur, 6,3 km de long.


4. Notre eau : de la fragmentation aux waterschappen

Position : La gestion belge de l'eau est un désastre administratif. Rien qu'en Flandre, des dizaines d'instances sont actives : polders et wateringues, comités de bassin, communes, provinces, la VMM (Société flamande de l'environnement), De Vlaamse Waterweg (voies navigables flamandes), Aquafin (société flamande d'épuration des eaux usées). Pour l'égouttage et l'épuration des eaux, Aquafin doit se concerter avec 94 organisations différentes. La durée moyenne d'un projet d'égouttage : 7 à 10 ans. Plus de la moitié des projets désignés comme prioritaires en 2017 n'avaient même pas démarré en 2018. La Flandre a été condamnée en 2004 par la Cour de justice de l'UE pour non-respect de la directive relative au traitement des eaux urbaines résiduaires.

Le résultat : un taux d'épuration des eaux usées en Flandre d'environ 88 % (contre environ 97 % en Allemagne et 99 % aux Pays-Bas). 400.000 logements flamands toujours pas raccordés à l'égout. Des milliers de déversoirs d'orage rejettent, lors de fortes pluies, un mélange d'eaux usées et d'eaux de pluie directement dans les cours d'eau. Sur 195 masses d'eau flamandes, exactement 1 (0,5 %) atteint un bon état écologique. La Flandre a l'une des pires qualités d'eau de toute l'Europe. L'échéance 2027 de la directive-cadre européenne sur l'eau ne sera pas respectée. La VMM estime le déficit d'égouttage restant à 8,5 milliards d'euros.

Ce que nous allons faire :

  • Réorganiser la gestion de l'eau par bassin hydrographique, sur le modèle des waterschappen néerlandais (offices des eaux). Les 21 waterschappen néerlandais. Les plus anciennes institutions démocratiques du pays (depuis 1255) : ils gèrent l'eau par bassin versant, pas par commune. Ils sont financièrement autonomes grâce à leurs propres taxes (4,3 milliards d'euros en 2025), gèrent 18.000 km d'ouvrages de protection contre les eaux et 235.000 km de cours d'eau, et épurent 2 milliards de m³ d'eaux usées par an. L'OCDE qualifie la gestion néerlandaise de l'eau de « référence mondiale ». HART veut adapter ce modèle au contexte belge : une seule autorité de l'eau par bassin hydrographique (Escaut, Meuse, Yser, Dendre, etc.), avec un pouvoir de taxation propre, une autonomie opérationnelle et un rapportage direct au parlement.
  • Porter le taux d'épuration à 98-99 % en deux législatures. Cela exige 8,5 milliards d'euros d'investissements supplémentaires. HART veut les financer par une combinaison de moyens régionaux, de fonds de cohésion européens et d'une redevance d'épuration sur le modèle néerlandais. Pas via le budget général.
  • Rendre obligatoire la séparation des eaux usées et des eaux pluviales lors de tout investissement en voirie ou en égouttage. Là où des systèmes séparés existent, les déversoirs deviennent superflus et l'eau de pluie propre s'infiltre dans le sol ou rejoint les eaux de surface.
  • Sanctionner les rejets illégaux comme infractions environnementales, pas par des amendes administratives mais par des poursuites pénales, la confiscation des bénéfices et la publication du nom des contrevenants.

Éprouvé : Pays-Bas. 21 waterschappen (depuis 1255) : gestion par bassin versant, autonomie financière via des taxes propres (4,3 Mds € par an, 2025). Taux d'épuration ± 99 %. 18.000 km d'ouvrages de protection, 235.000 km de cours d'eau. OCDE : « référence mondiale ». Allemagne. Taux d'épuration ± 97 %, avec des normes plus strictes que la directive européenne. Aquafin (Flandre) : près de 6 Mds € investis depuis 1990, 329 stations d'épuration, conformité aux normes 97,26 %. Mais budget insuffisant pour les défis restants.


5. PFAS et criminalité environnementale : punir, pas transiger

Position : La pollution aux PFAS autour de l'usine 3M de Zwijndrecht est le plus grand délit environnemental de l'histoire belge. 3M savait en interne depuis le milieu des années 90 que le site était contaminé. Une première analyse des sols date de 1996. L'entreprise a pourtant continué à rejeter pendant des décennies. Des analyses de sang chez environ 800 riverains (dans un rayon de 3 km) ont montré que 9 sur 10 présentaient des taux de PFOS trop élevés. Une étude plus large (2025, 8.568 personnes dans un rayon de 5 km) a constaté que 48 % dépassaient la valeur de référence de l'EFSA.

3M s'est engagé à 571 millions d'euros d'assainissement dans un accord de juillet 2022. À titre de comparaison : aux États-Unis, 3M a payé 10,3 milliards de dollars rien que pour les transactions liées à la pollution de l'eau. En février 2026, 1.400 citoyens (collectif Darkwater3M) ont assigné l'entreprise pour 28 millions d'euros. Une affaire pilote en 2023 n'a rapporté que 2.000 euros à une famille touchée.

La commission d'enquête du Parlement flamand (juin 2021-mars 2022) a formulé 69 recommandations et a qualifié le comportement de 3M d'« inacceptable ». Mais elle s'est délibérément abstenue de désigner des responsables politiques individuels. En mars 2026, personne n'a encore été condamné au pénal. Environ 60 % des affaires environnementales flamandes se terminent par un classement sans suite. La probabilité de détection et de poursuite des infractions environnementales est particulièrement faible.

En Italie, 11 anciens dirigeants de Miteni ont été condamnés en juin 2025 à un total de 141 ans de prison pour empoisonnement volontaire de l'eau par des PFAS. Une catastrophe qui a touché plus de 350.000 personnes en Vénétie. La Belgique n'a aucun précédent pénal comparable.

Ce que nous allons faire :

  • Sanctionner la criminalité environnementale comme un délit, pas comme une contravention. La nouvelle directive européenne sur la criminalité environnementale (Environmental Crime Directive, 2024/1203, délai de transposition au 21 mai 2026) prévoit des peines minimales de 8 ans pour les délits équivalents à un écocide et des amendes pour les entreprises jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires mondial ou 40 millions d'euros. HART veut que la Belgique transpose cette directive au maximum. Pas a minima. Les dirigeants qui autorisent sciemment une pollution de l'environnement risquent une peine de prison personnelle.
  • Instaurer un délit belge d'écocide couvrant toutes les Régions. Le nouveau Code pénal belge (février 2024) introduit l'écocide avec des peines allant jusqu'à 20 ans. Mais uniquement pour les compétences fédérales (mer du Nord, déchets nucléaires). HART veut étendre l'écocide à toutes les matières environnementales régionales : pollution des sols, pollution de l'eau, qualité de l'air.
  • Créer un fonds PFAS financé par les pollueurs. Les 571 millions d'euros de 3M sont un début. Mais le coût total de l'assainissement est estimé à un multiple. HART veut que tous les producteurs et utilisateurs de PFAS en Belgique contribuent à un fonds collectif pour l'assainissement et le suivi médical, sur le modèle du Superfund américain.
  • Tripler la capacité de contrôle et de poursuite des infractions environnementales. La faible probabilité de détection et de poursuite. Avec 60 % de classements sans suite. Est une invitation à la fraude. HART veut plus d'inspecteurs de l'environnement, des amendes plus élevées et une chambre spécialisée en matière d'environnement dans chaque tribunal de première instance.
  • Soutenir activement l'interdiction européenne des PFAS. En janvier 2023, cinq pays ont déposé auprès de l'ECHA une proposition de restriction visant plus de 10.000 substances PFAS. La restriction chimique la plus ambitieuse jamais proposée. HART veut que la Belgique plaide activement pour une interdiction large avec un minimum d'exceptions.

Éprouvé : Italie. Procès Miteni (juin 2025) : 11 ex-dirigeants condamnés à un total de 141 ans de prison pour empoisonnement volontaire de l'eau aux PFAS de plus de 350.000 personnes. États-Unis. Transactions de 3M pour 10,3 Mds $ pour la pollution de l'eau aux PFAS ; le Superfund de l'EPA contraint les pollueurs à un assainissement complet. Directive européenne sur la criminalité environnementale (2024/1203) : peines minimales de 8 ans, amendes pour les entreprises jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires mondial ou 40 M€. Commission d'enquête belge PFAS-PFOS : 69 recommandations, aucune suite pénale.


6. Déchets et économie circulaire : du recyclage à la réduction

Position : La Belgique est championne d'Europe du recyclage des emballages (79,2 %) et ne met presque plus rien en décharge (± 1 %). Mais le revers : 44 % des déchets ménagers sont incinérés. Ce chiffre doit baisser pour atteindre les objectifs européens de 2030 et 2035. Fost Plus rapporte des taux de recyclage de 95 % pour les emballages ménagers, mais des critiques (Fair Resource Foundation) affirment que le taux réel de recyclage communal se situe plus près de 59 % en raison des méthodes de mesure. Fost Plus se concentre presque exclusivement sur le recyclage. La quantité totale de déchets d'emballages continue d'augmenter. La prévention et le réemploi sont à peine abordés.

En mars 2026, la Belgique n'a toujours pas de système de consigne obligatoire pour les bouteilles en plastique et les canettes. Malgré environ 80 % de soutien public en Flandre. L'UE impose un système de consigne (DRS, deposit return system) d'ici 2029. Les chiffres actuels de collecte montrent pourquoi : les bouteilles PET atteignent 80,8 % (juste au-dessus du seuil européen de 2026), mais les canettes n'atteignent que 64 %. Loin des 90 % exigés d'ici 2029. L'Allemagne atteint avec son système de consigne un taux de retour supérieur à 98 %. La Lituanie est passée de moins de 34 % à 92 % après l'introduction du DRS. La Belgique dépense 144 millions d'euros par an pour la gestion des déchets sauvages. De l'argent qui devient en partie superflu avec la consigne.

Ce que nous allons faire :

  • Instaurer la consigne en 2027. Pour les bouteilles en plastique, les canettes et le verre. Ne pas attendre l'échéance européenne de 2029. L'Allemagne, la Norvège, la Lituanie, l'Estonie, la Croatie et l'Autriche (depuis janvier 2025) montrent que le DRS fonctionne. Tarif : 0,15 à 0,25 € par unité, retour numérique ou physique, avec un taux de retour obligatoire de 90 % ou plus comme norme légale.
  • Imposer une responsabilité des producteurs à 100 %. Déchets sauvages compris. Les producteurs d'emballages assument l'entière responsabilité financière de la collecte, du traitement et du ramassage des déchets sauvages. Les producteurs de cigarettes et de chewing-gum contribuent en proportion de leur part dans le problème. Comme l'exige la directive européenne sur les plastiques à usage unique (Single-Use Plastics Directive, 2019).
  • Interdiction de toute la vaisselle en plastique à usage unique : la maintenir et l'étendre aux contenants alimentaires et aux gobelets à café. Les microplastiques dans les cosmétiques et les biens de consommation : interdiction totale, conformément à la restriction européenne de l'ECHA.
  • Recyclage maximal des déchets électroniques dans notre propre pays. Pas d'exportation de déchets électroniques (e-waste) vers les pays en développement. Chaque gramme de cobalt, de lithium et de terres rares qui arrive en Belgique doit être récupéré en Belgique. Cela réduit la dépendance aux importations et empêche le dumping environnemental.
  • Du recyclage à la réduction. Vlaanderen Circulair (programme flamand d'économie circulaire) vise une réduction de 30 % de l'empreinte matérielle d'ici 2030. HART soutient cet objectif et veut que le taux de circularité (aujourd'hui 23 %, 2e de l'UE) passe à 30 %. Mais en misant sur le recyclage de haute qualité, pas sur le downcycling.

Éprouvé : Allemagne. Système de consigne : taux de retour supérieur à 98 % pour les bouteilles PET. Lituanie. De moins de 34 % à 92 % après l'introduction du DRS. Autriche. DRS lancé en janvier 2025, 81,5 % de retour la première année. Belgique/Fost Plus. 79,2 % de recyclage des emballages (n° 1 de l'UE), mais 144 M€ par an de coûts liés aux déchets sauvages et pas de DRS. Vlaanderen Circulair. Taux de circularité de 23 % (2e de l'UE après les Pays-Bas, 27,5 %). Directive européenne sur les plastiques à usage unique (2019) : responsabilité des producteurs pour les déchets sauvages.


7. OGM et nouvelles techniques génomiques : investir dans l'avenir

Position : L'UE a conclu en décembre 2025 un accord sur la réglementation des nouvelles techniques génomiques (NTG). Les plantes NTG de catégorie 1 (équivalentes à une sélection conventionnelle, avec ≤ 20 modifications génétiques) ne sont plus classées comme OGM. Pas d'évaluation des risques, pas d'étiquetage des produits, pas de clause de non-participation (opt-out) pour les États membres. La catégorie 2 reste soumise à l'autorisation OGM complète. La tolérance aux herbicides et les propriétés insecticides sont exclues de la catégorie 1. Le règlement est attendu à partir de 2028 environ.

Le VIB-UGent à Gand est l'un des leaders mondiaux de la biotechnologie végétale. Les professeurs Jeff Schell et Marc Van Montagu de l'UGent ont inventé la technologie de transformation par Agrobacterium tumefaciens. La technologie utilisée dans le monde entier pour produire des plantes génétiquement modifiées. Le VIB mène actuellement des recherches sur l'édition génomique CRISPR-Cas, avec une efficacité de mutation de 99 % en édition multiplex. En tant que présidente du Conseil de l'UE (premier semestre 2024), la Belgique a présenté un texte de compromis qui a jeté les bases de l'accord final conclu sous présidence danoise en décembre 2025.

Ce que nous allons faire :

  • Positionner la Belgique comme centre européen de la recherche sur les NTG. Le VIB-UGent dispose de la base scientifique. HART veut créer l'environnement réglementaire et financier pour faire de la Belgique une référence. Des procédures d'autorisation accélérées pour les essais en champ de NTG, davantage de financement public de la recherche et un fonds d'innovation pour les start-ups agri-biotech.
  • Mobiliser les NTG pour des défis environnementaux concrets : des cultures plus résistantes aux maladies (moins de fongicides), des variétés tolérantes à la sécheresse (moins d'irrigation), une capacité de fixation de l'azote (moins d'engrais chimiques), un rendement plus élevé par hectare (moins d'utilisation des terres). Chaque kilo de pesticides en moins par hectare est un gain environnemental direct.
  • Garantir la transparence. Pas d'étiquetage pour les plantes de catégorie 1 (équivalentes à la sélection conventionnelle), mais une traçabilité complète et un accès public à tous les dossiers d'autorisation. La confiance des consommateurs se gagne par l'ouverture, pas par le secret.

Éprouvé : VIB-UGent. Leader mondial de la biotechnologie végétale. Inventeur de la technologie de transformation par Agrobacterium. Édition génomique CRISPR-Cas avec 99 % d'efficacité. Règlement européen NTG (décembre 2025) : les plantes de catégorie 1 (≤ 20 modifications) ne sont plus classées comme OGM. En tant que présidente du Conseil de l'UE en 2024, la Belgique a jeté les bases du compromis.


8. Qualité de l'air et nuisances sonores : les pollueurs invisibles

Position : La qualité de l'air en Belgique s'est améliorée au cours des dernières décennies mais reste bien au-dessus des normes de l'OMS. Particules fines (PM2.5) dans les grandes villes : 8-11 µg/m³. 1,6 à 2,2 fois la valeur guide annuelle de l'OMS de 5 µg/m³. Dioxyde d'azote (NO₂) sur les sites exposés au trafic : 30-40 µg/m³. 3 à 4 fois la valeur guide de l'OMS de 10 µg/m³. Anvers affiche historiquement les pires résultats pour le NO₂ ; Bruxelles mesure 33,2 µg/m³ aux stations de trafic. Aucun point de mesure belge n'atteint la nouvelle norme européenne 2030 pour le NO₂ de 20 µg/m³. La pollution de l'air cause chaque année en Belgique environ 5.100 décès prématurés dus aux PM2.5 et environ 1.400 dus au NO₂.

Trois villes ont des zones de basses émissions (LEZ) : Anvers (depuis 2017), Bruxelles (depuis 2018, toute la Région de 161 km²) et Gand (depuis 2020). Une étude de 2025 a confirmé des effets positifs mesurables sur la qualité de l'air et la santé. Y compris une baisse de la consommation de médicaments contre le diabète. Mais la Flandre a reporté en septembre 2025 le durcissement prévu des LEZ, et la Wallonie a abandonné complètement ses projets de LEZ régionales.

Les nuisances sonores sont le deuxième problème de santé environnementale en Europe : plus de 110 millions d'Européens sont exposés à un bruit du trafic nocif supérieur à 55 dB. Le coût économique : au moins 95,6 milliards d'euros par an (environ 0,6 % du PIB européen).

Ce que nous allons faire :

  • Maintenir et renforcer les LEZ. Pas les reporter. Bruxelles vise une interdiction du diesel d'ici 2030. HART soutient cet objectif et veut l'étendre. Anvers et Gand durcissent les normes comme prévu à l'origine. La Wallonie instaure malgré tout des LEZ régionales.
  • Enfouissement ou couverture des autoroutes en zone urbaine. Madrid Río (2004-2011) : 12 km de M-30 enfouis, 120 hectares de parc créés (environ 5 à 6 milliards d'euros). Séoul Cheonggyecheon (2003-2005) : 5,8 km d'autoroute surélevée démolis et rivière restaurée (281 millions de dollars) : la circulation s'est fluidifiée, valeur immobilière +30-50 %. Hamburg A7 Deckel : 3,5 km d'autoroute couverts (600 à 700 millions d'euros), 60 acres d'espaces verts et 2.000 nouveaux logements. HART veut un masterplan pour la couverture du Ring d'Anvers et de l'E40/E19 en zone urbaine.
  • Mettre en œuvre des limitations de vitesse et des plans de circulation dans toutes les villes de plus de 50.000 habitants. Zone 30 dans tous les quartiers résidentiels. Écarter les véhicules bruyants via des radars sonores, sur le modèle parisien.

Éprouvé : LEZ en Belgique. Anvers (2017), Bruxelles (2018), Gand (2020) : amélioration mesurable de la qualité de l'air et effets sur la santé (étude 2025). Madrid Río. 12 km d'autoroute enfouis, 120 ha de parc (± 5-6 Mds €). Séoul Cheonggyecheon. 5,8 km d'autoroute démolis, rivière restaurée (281 M$), valeur immobilière +30-50 %. Hamburg A7 Deckel. 3,5 km d'autoroute couverts (600-700 M€).


9. Sols et friches industrielles : la pollution oubliée

Position : La Flandre compte, selon les estimations, environ 85.000 terrains potentiellement pollués (OVAM/CE Monitor, 2022), dont environ 11.200 nécessitent un assainissement actif. Quelque 2.600 décharges inventoriées couvrent 165 km² du territoire flamand. L'OVAM (agence flamande des déchets) vise l'assainissement de toute la pollution historique d'ici 2036 et a approuvé plus de 4.700 projets d'assainissement depuis 1995. L'imperméabilisation des sols en Belgique (environ 10 % de la superficie totale du territoire) figure parmi les plus élevées de l'UE (moyenne : 2-3 %).

La loi européenne sur la surveillance des sols (EU Soil Monitoring Law, directive 2025/2360, adoptée en novembre 2025) prescrit des évaluations quinquennales de la santé des sols, impose des registres nationaux des terrains pollués et fixe comme ambition des sols sains d'ici 2050. Contexte : 60 à 70 % des sols de l'UE sont en mauvaise santé, avec des coûts de dégradation annuels de plus de 50 milliards d'euros.

Ce que nous allons faire :

  • Assainir et réaménager plus vite les friches industrielles (brownfields). Chaque friche assainie est un terrain vierge (greenfield) épargné. HART veut avancer l'échéance d'assainissement de 2036 à 2032 et instaurer une procédure accélérée pour les terrains situés dans les noyaux urbains. Priorité à la construction de logements sur les terrains assainis (lien avec HART Logement, position 4 : l'Agence du logement).
  • Un registre national des sols, mis en place conformément à l'EU Soil Monitoring Law, accessible au public, avec une obligation de déclaration pour les propriétaires et les communes.
  • Les décharges comme mines de matières premières. Les 2.600 décharges contiennent des millions de tonnes de matériaux. Certaines avec des métaux précieux et des terres rares. HART veut des projets pilotes d'« enhanced landfill mining » (expertise belge via le consortium ELFM/KU Leuven).

Éprouvé : OVAM (Flandre) : plus de 4.700 projets d'assainissement approuvés depuis 1995, objectif d'assainissement historique complet d'ici 2036. EU Soil Monitoring Law (directive 2025/2360, novembre 2025) : évaluations quinquennales des sols, registre national des terrains pollués, ambition de sols sains en 2050. KU Leuven/ELFM. Expertise belge en enhanced landfill mining (les décharges comme source de matières premières).


Résumé : ce que HART va faire

Halte au marché des émissions. La Belgique plaide pour la suppression des quotas ETS gratuits avant 2030. Toutes les recettes des enchères (± 1,2 Mds € par an) affectées à la décarbonation. Sortie directe du fossile par secteur avec des échéances fermes. Une taxe carbone belge sur le modèle norvégien (prix combiné de ± 150 €/tonne sur le pétrole). Soutenir pleinement le CBAM. Délai : en continu.

Taxer les jets, les yachts et les grands voyageurs aériens. Taxe européenne sur les jets privés (min. 500 € par passager). Taxe aérienne progressive : 0 € pour le premier aller-retour, jusqu'à 400 € et plus pour 9 vols et plus. Interdire les vols court-courriers là où existe un train de moins de 3 heures. Taxer les superyachts via les droits portuaires. Délai : 1-2 ans.

Adaptation climatique : une loi Delta belge. Un commissaire indépendant à l'adaptation climatique avec un budget affecté. Interdiction de bâtir en zone inondable. Verdissement obligatoire des villes. Protection du littoral ancrée dans la loi jusqu'en 2100. Délai : 1 législature.

Eau : de la fragmentation aux waterschappen. Gestion de l'eau par bassin hydrographique, sur le modèle néerlandais. Taux d'épuration porté à 98-99 %. Séparation des eaux usées et pluviales. Poursuites pénales pour les rejets illégaux. Délai : 2 législatures.

PFAS et criminalité environnementale : punir. Transposer au maximum la directive européenne sur la criminalité environnementale. L'écocide comme délit pour toutes les Régions. Un fonds PFAS financé par les pollueurs. Capacité de contrôle ×3. Délai : 1 an (transposition de la directive européenne en mai 2026).

Économie circulaire. Consigne en 2027 pour les bouteilles, les canettes et le verre. Responsabilité des producteurs à 100 %, déchets sauvages compris. Recyclage maximal des déchets électroniques dans notre propre pays. Du recyclage à la réduction. Délai : 1-2 ans.

Innovation OGM. La Belgique comme centre européen de la recherche sur les NTG. Le VIB-UGent comme point d'ancrage. Autorisations accélérées, plus de financement public, fonds d'innovation agri-biotech. Délai : 1 législature.

Qualité de l'air et bruit. Maintenir et renforcer les LEZ. Couverture des autoroutes en zone urbaine. Zone 30 dans tous les quartiers résidentiels. Radars sonores. Délai : en continu.

Sols et friches industrielles. Accélérer l'assainissement pour 2032. Registre national des sols. Les décharges comme mines de matières premières. Délai : 1 législature.


La Belgique est un pays qui aime se présenter comme le modèle européen du recyclage. Et c'est vrai, pour les déchets d'emballages. Mais c'est aussi un pays où à peine 0,5 % des cours d'eau flamands sont assez propres, où 79,6 % des habitats sont en mauvais état, où un géant de la chimie a empoisonné des milliers de personnes sans que personne n'aille en prison, où le secteur des transports émet plus qu'il y a trente ans, et où le bouwshift (stop béton) est resté un mot plutôt qu'un acte. HART refuse de négocier le droit de polluer en Bourse. HART refuse de donner des quotas d'émission gratuits à des multinationales qui les répercutent sur les consommateurs. HART refuse d'accepter que 400.000 logements flamands rejettent des eaux usées non épurées dans les ruisseaux alors que les Pays-Bas en épurent 99 %. Le pollueur paie. Toujours, partout, sans exception. Qui empoisonne va en prison. Qui pollue paie le nettoyage. Qui brûle du fossile arrête. Non pas parce que le droit de brûler devient trop cher sur un marché, mais parce que la loi l'interdit.