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Point 19 sur 30

Monarchie

Principe fondamental : la monarchie est une forme d'État dépassée. Le droit de naissance ne cadre pas avec les principes démocratiques fondamentaux. Mais la monarchie belge remplit un rôle fonctionnel de réconciliation dans un pays profondément divisé. Qui l'ignore est naïf.

Principe fondamental : la monarchie est une forme d'État dépassée. Le droit de naissance ne cadre pas avec les principes démocratiques fondamentaux. Mais la monarchie belge remplit un rôle fonctionnel de réconciliation dans un pays profondément divisé. Qui l'ignore est naïf. Qui, pour cette raison, laisse tout en l'état est lâche. HART choisit la voie honnête : une transition progressive, ancrée dans la Constitution, de la monarchie vers la république. D'abord une monarchie protocolaire qui renonce à tout le pouvoir politique qui lui reste. Ensuite une transparence totale sur les coûts et le patrimoine. Le Domaine royal de Laeken. 186 hectares au cœur de Bruxelles. Le rendre au public. Ouvrir les Serres en permanence. Et à terme : un chef de l'État cérémoniel élu, qui tire sa légitimité non d'une lignée mais d'un choix démocratique. Pas en une seule étape, pas sans adhésion, mais avec un objectif final clair : une république belge.

La Belgique est une monarchie constitutionnelle depuis 1831. Instituée comme solution pragmatique à un problème géopolitique, pas comme expression de la démocratie populaire. Le roi Philippe exerce des compétences constitutionnelles qui, sur papier, sont étendues : sanctionner et promulguer les lois (art. 109), désigner des informateurs et des formateurs lors des formations de gouvernement, commander les forces armées (art. 167), nommer les juges, diriger les relations internationales et conférer des titres de noblesse (art. 113). La limite cruciale est l'article 106 : aucun acte du Roi ne peut avoir d'effet s'il n'est contresigné par un ministre. Dans la pratique, le Roi est donc à la fois central sur le plan constitutionnel et marginal sur le plan de la gouvernance. Un paradoxe qui détermine tout le débat sur l'abolition.


Les faits

Indicateur Belgique Contexte
Références constitutionnelles au « Roi » 50+ articles Pouvoir exécutif, législation, justice, armée, affaires étrangères
Liste civile du roi Philippe (2025) 15.194.000 € Montant de base 11.554.000 € (2013), indexé
Dotation d'Albert II (2025) 1.189.000 € Réduite lors de l'abdication (2013), indexée depuis
Dotations Astrid + Laurent ± 400.000 € chacun Laurent : réduite de 15 % en 2017 après un incident
Total des dotations directes ± 17 M€/an Hors sécurité et entretien des palais
Coûts de sécurité ± 19-21 M€/an (estimation) ± 200 policiers fédéraux + 34 militaires, ± 254.000 heures/an
Coût total estimé de la monarchie ± 43,3 M€/an ± 3,70 €/citoyen
Domaine royal de Laeken 186 hectares En grande partie fermé au public
Serres royales ± 2,5 ha de surface au sol, 11+ bâtiments Ouvertes ± 3 semaines/an (avril-mai). 7 €/billet. Complet en 24 heures
Opinion publique (Ipsos, juillet 2023) 57 % pro-monarchie, 28 % pro-république Flandre : 52 % pour / ± 33 % contre. Wallonie/Bruxelles : 63 % pour / ± 25 % contre
Art. 195, révision de la Constitution Triple procédure Déclaration → dissolution → majorité des 2/3 au nouveau parlement
Président irlandais (comparaison) ± 10-11 M€/an au total Cérémoniel, élu au suffrage direct, mandat de 7 ans

Sources : Constitution belge (art. 85-114, 195) ; Palais royal (monarchie.be, liste civile 2025) ; La Libre (dotations 2025) ; Belga News Agency (coûts de sécurité 2024) ; Brussels Times (coût total 2024) ; Ipsos/Le Soir/HLN/RTL/VTM (sondage de juillet 2023) ; Guinness World Records (formation du gouvernement 2010-2011) ; Wikipedia/Royal Greenhouses (ouverture des Serres).


1. Rendre la monarchie protocolaire : tout le pouvoir politique au parlement

Position : Sur papier, le Roi des Belges détient plus de compétences constitutionnelles que la plupart des monarques européens. La différence avec le modèle le plus cérémoniel, la Suède, est fondamentale. En 1975, l'Instrument de gouvernement suédois (Regeringsform) a supprimé tout le pouvoir politique du Roi : il ne peut pas signer les lois, ne joue aucun rôle dans la formation du gouvernement (c'est le président du Riksdag qui s'en charge) et n'est même pas le chef nominal du pouvoir exécutif. Le Japon est allé encore plus loin : l'article 4 de la Constitution de 1947 dispose que l'Empereur « n'a pas de pouvoirs en matière de gouvernement ». Les deux monarchies fonctionnent sans le moindre problème.

La Belgique choisit l'approche inverse : le Roi conserve un pouvoir formel qui, dans la pratique, est exercé par les ministres. Mais qui, en temps de crise, devient soudain bien réel. La formation du gouvernement en est l'exemple le plus net. Après les élections de 2024, le roi Philippe a désigné des informateurs, des préformateurs et des médiateurs selon son propre jugement. Un pouvoir qui ne figure pas dans le texte de la Constitution mais repose sur la coutume. Les Pays-Bas ont déjà franchi cette étape : en mars 2012, la Tweede Kamer (la chambre basse néerlandaise) a modifié son règlement d'ordre intérieur pour écarter le Roi du processus de formation. Depuis lors, les informateurs et les formateurs sont désignés par le parlement. Le premier test, la formation de 2012, a été bouclé en 54 jours à peine.

La crise de l'avortement de 1990 montre la fragilité du système. Le roi Baudouin a refusé de signer la loi sur l'avortement en invoquant sa conscience catholique. Le gouvernement a appliqué l'article 93 : le Roi a été déclaré « dans l'impossibilité de régner » pendant environ 36 heures, le Conseil des ministres a signé collectivement la loi, puis le parlement a rétabli le Roi dans ses fonctions. Ce mécanisme d'urgence créatif a fonctionné. Mais il confirme qu'une menace de veto monarchique est un risque structurel.

Ce que nous allons faire :

  • Transférer au président de la Chambre le rôle du Roi dans la formation du gouvernement. Sur le modèle néerlandais (2012) : le parlement désigne lui-même les informateurs et les formateurs. Le Roi reçoit un rôle purement protocolaire. La prestation de serment du nouveau Premier ministre, sans ingérence sur le fond. Cela peut se faire par une modification du règlement de la Chambre, sans révision de la Constitution.
  • Transformer le droit du Roi de sanctionner les lois en un acte protocolaire. Sur le modèle suédois : la loi entre en vigueur par le vote du parlement, pas par la signature royale. Cela exige en revanche une révision de la Constitution (art. 109).
  • Dresser un inventaire de toutes les compétences constitutionnelles du Roi et déterminer, compétence par compétence, si elle est supprimée, transférée au parlement ou conservée à titre cérémoniel. Les 50+ articles qui renvoient au « Roi » doivent être systématiquement révisés.
  • Plus de constructions d'urgence. L'astuce de l'« impossibilité de régner » de 1990 était inventive mais indigne. Un chef de l'État cérémoniel n'a pas à avoir d'objections de conscience personnelles contre des lois votées démocratiquement.

Éprouvé : Suède. Instrument de gouvernement de 1975 : tout le pouvoir politique du Roi supprimé. Le Roi ne peut pas signer les lois, n'a aucun rôle dans la formation du gouvernement (c'est le président du Riksdag qui s'en charge) et n'est pas le chef nominal du pouvoir exécutif. Fonctionne sans problème depuis près de 50 ans. Pays-Bas. Modification du règlement de la Tweede Kamer (mars 2012) : le Roi écarté du processus de formation. Depuis lors, les informateurs et formateurs sont désignés par le parlement. Premier test (2012) : formation en 54 jours. Japon. Constitution de 1947, art. 4 : l'Empereur « n'a pas de pouvoirs en matière de gouvernement ». Purement symbolique depuis près de 80 ans.


2. Réformer les dotations et rendre le coût total transparent

Position : La monarchie coûte environ 43,3 millions d'euros par an au contribuable belge. Mais personne ne connaît le montant exact, parce que les coûts de sécurité sont classifiés et que l'entretien des palais est dispersé entre plusieurs budgets ministériels. La transparence est une exigence démocratique minimale.

Le roi Philippe reçoit 15.194.000 euros au titre de la liste civile (2025). Albert II reçoit 1.189.000 euros. Un montant ramené d'environ 11,5 millions d'euros après son abdication en 2013, mais qui a depuis remonté sous l'effet de l'indexation. La princesse Astrid et le prince Laurent reçoivent chacun environ 400.000 euros. Laurent, dont la dotation a été amputée de 15 % en 2017 après sa participation non autorisée à une cérémonie militaire chinoise en grand uniforme de la marine, a perdu en avril 2025 un procès dans lequel il réclamait des droits à la sécurité sociale en plus de sa dotation. La princesse Delphine, fille d'Albert II reconnue en 2020, ne reçoit aucune dotation et a déclaré ne pas en vouloir.

La sécurité de la famille royale est assurée par environ 200 policiers fédéraux et 34 militaires, qui prestent ensemble quelque 254.000 heures par an. Coût estimé : 19 à 21 millions d'euros. Mais les chiffres exacts sont classifiés. L'entretien extérieur des palais, le Domaine royal et les services militaires ne relèvent pas de la liste civile. Le coût total d'environ 43,3 millions d'euros (environ 3,70 euros par citoyen) est une estimation. Pas un montant contrôlé.

À titre de comparaison : la présidence irlandaise coûte environ 10 à 11 millions d'euros par an, tout compris, pour un pays de 5,1 millions d'habitants. La monarchie espagnole a le budget officiel par habitant le plus bas (environ 0,18 euro par citoyen), mais hors sécurité et entretien des palais. Le Sovereign Grant britannique s'élevait à 86,3 millions de livres en 2024-2025 (environ 1,50 euro par citoyen), mais l'organisation antimonarchiste Republic estime le coût réel à environ 400 millions d'euros, sécurité comprise.

Ce que nous allons faire :

  • Imposer une transparence totale sur tous les coûts de la monarchie. Un seul rapport annuel qui regroupe toutes les dépenses : liste civile, dotations, sécurité, entretien des palais, services militaires, transport et voyages diplomatiques. Plus aucun poste budgétaire classifié. Accessible au public et contrôlé par la Cour des comptes.
  • Réformer et réduire les dotations. La liste civile est gelée jusqu'à l'approbation d'un nouveau cadre légal. Les dotations des membres non régnants de la famille royale (Albert II, Astrid, Laurent) sont progressivement ramenées à une pension de transition. Généreuse mais temporaire. Pas de dotations pour les futures générations d'enfants royaux.
  • La princesse héritière Élisabeth. Élisabeth a reporté sa dotation jusqu'à la fin de ses études (prévue à l'été 2026). HART respecte ce choix mais s'oppose à l'octroi automatique d'une nouvelle dotation. Dans une monarchie protocolaire, et à plus forte raison dans une république, il n'y a aucune raison pour que les enfants adultes du chef de l'État soient financés par les deniers publics.
  • Soumettre la liste civile à un benchmark. La monarchie belge coûte environ 3,70 euros par citoyen. La présidence irlandaise, environ 2,00 euros par citoyen. HART veut que le coût total du chef de l'État belge, monarchie ou république, ne dépasse pas la moyenne de l'UE pour des fonctions cérémonielles comparables.

Éprouvé : Irlande. La présidence coûte ± 10-11 M€/an tout compris pour un pays de 5,1 millions d'habitants (± 2,00 €/citoyen). Cérémonielle, élue au suffrage direct, mandat de 7 ans. Taux de popularité très élevés. Espagne. Budget officiel de la monarchie le plus bas d'Europe (± 8,4 M€, ± 0,18 €/citoyen), hors sécurité et entretien des palais. Réformes de transparence sous Felipe VI après les scandales de Juan Carlos Ier. Norvège. Monarchie la plus chère d'Europe par habitant (± 8,15 €/citoyen, total ± 43 M€). Processus budgétaire transparent.


3. Ouvrir le Domaine royal de Laeken au public

Position : Le Domaine royal de Laeken s'étend sur 186 hectares. Un peu moins que la principauté de Monaco. En plein Bruxelles, une ville densément peuplée. Le parc, les jardins, le Pavillon chinois et la Tour japonaise sont en grande partie fermés au public, entourés de murs et de grilles. Seul le parc public de Laeken, situé au milieu du domaine, est librement accessible. Tous les rois des Belges depuis Léopold III habitent le château de Laeken, pas le Palais royal de Bruxelles (qui sert de « palais de travail » et ouvre chaque année environ 10 semaines en été).

C'est l'accès le plus restrictif de tous les biens royaux européens comparables. Versailles accueille environ 8,1 millions de visiteurs par an. Le château de Windsor, environ 1,5 million. Le Palais royal de Madrid, environ 1,5 million. Même Buckingham Palace ouvre environ 10 semaines par an. Que 186 hectares de verdure à Bruxelles, propriété de l'État et non bien privé, restent en grande partie inaccessibles aux citoyens qui les financent est une anomalie qui ne se défend plus.

Les Serres royales sont le joyau du domaine : conçues par l'architecte Alphonse Balat (le maître de Victor Horta), construites entre 1874 et 1905 à la demande de Léopold II. Le complexe compte environ 2,5 hectares de surface au sol répartis dans 11+ constructions monumentales de verre et de fer, avec la collection de camélias de serre la plus grande et la plus ancienne au monde (305 plantes) et des orangers âgés de 200 à 400 ans. Les Serres ouvrent environ 3 semaines par an, généralement de la mi-avril au début du mois de mai. En 2025, l'ouverture a duré du 18 avril au 11 mai. Les billets coûtent 7 euros et sont épuisés en 24 heures. L'emblématique Jardin d'hiver est actuellement en rénovation et n'était pas accessible en 2025.

Ce que nous allons faire :

  • Transformer le Domaine royal de Laeken en parc public. La famille royale conserve le château de Laeken comme résidence, avec une zone privée raisonnable. La très grande majorité des 186 hectares, jardins, allées, bois, est ouverte en permanence comme parc urbain. C'est une propriété de l'État, payée par le contribuable.
  • Ouvrir les Serres royales en permanence. Pas 3 semaines par an mais 12 mois par an, comme musée et jardin botanique. Les Serres sont un chef-d'œuvre du patrimoine architectural européen. Elles méritent le même statut que Versailles ou Kew Gardens. La rénovation en cours offre l'occasion d'intégrer un accès public permanent dans le plan de restauration.
  • Créer une structure de gestion sur le modèle de Versailles ou des Royal Botanic Gardens (Kew). Une agence indépendante, et non le Palais royal, gère le domaine, optimise le tourisme et la conservation, et génère des recettes via les droits d'entrée, les événements et l'horeca. Les Serres peuvent devenir une attraction touristique de premier plan : les quelque 100.000 visiteurs actuels en 3 semaines indiquent un potentiel de plusieurs centaines de milliers par an.
  • Rouvrir en permanence le Pavillon chinois et la Tour japonaise. Ces monuments situés en bordure du Domaine royal étaient accessibles au public comme musées jusqu'en 2013 (gérés par les Musées royaux d'Art et d'Histoire). Ils ont été fermés pour rénovation et n'ont pas rouvert depuis. HART veut leur réouverture dans les 2 ans.

Éprouvé : Versailles (France) : domaine royal entièrement transformé en musée et parc publics après la Révolution. ± 8,1 millions de visiteurs/an. Chiffre d'affaires ± 100+ M€. Kew Gardens (Royaume-Uni) : jardins botaniques royaux, ouverts en permanence, patrimoine mondial de l'UNESCO. ± 2 millions de visiteurs/an. Agence indépendante. Hyde Park/Kensington (Royaume-Uni) : ancien domaine de chasse royal, aujourd'hui le parc public le plus célèbre de Londres. Vondelpark (Pays-Bas) : ancien domaine privé, aujourd'hui parc urbain public. Schönbrunn (Autriche) : domaine impérial, aujourd'hui entièrement ouvert avec jardins et zoo. Patrimoine mondial de l'UNESCO. ± 4 millions de visiteurs/an.


4. La voie constitutionnelle vers une république : le modèle belge

Position : L'abolition de la monarchie via la procédure constitutionnelle belge serait la révision de la Constitution la plus vaste de l'histoire du pays. L'article 195 prescrit une triple procédure notoirement rigide : (1) le pouvoir législatif fédéral (Roi, Chambre et Sénat) publie une déclaration désignant les articles de la Constitution ouverts à révision ; (2) les deux Chambres sont automatiquement dissoutes et des élections ont lieu ; (3) le parlement nouvellement élu ne peut modifier que les articles mentionnés, avec un quorum d'au moins deux tiers des membres et une majorité des deux tiers des suffrages exprimés.

Parce que « le Roi » apparaît dans plus de 50 articles de la Constitution, du pouvoir exécutif au processus législatif, de la justice aux grades militaires, l'abolition exige une réécriture quasi totale. Un calendrier réaliste, à partir d'un accord politique : déclaration de révision en année 1-2, dissolution et élections en année 2, rédaction et débat en année 2-3, vote aux deux tiers en année 3, période de transition et première élection présidentielle en année 3-4. Dans la culture belge de la négociation, 8 à 10 ans ou plus entre l'accord politique et l'investiture présidentielle sont réalistes.

La Belgique ne connaît pas de mécanisme de référendum fédéral contraignant. L'article 33 ancre la souveraineté dans la Nation, exercée par des institutions représentatives. Le seul référendum national de l'histoire belge, la « consultation populaire » de 1950 sur Léopold III, n'était pas contraignant et a produit un résultat déchiré selon les lignes linguistiques, sans résoudre la crise. Cela signifie que l'abolition doit passer entièrement par une majorité parlementaire des deux tiers. Comparable à la Barbade (2021) et à Malte (1974), à la différence de l'Italie (1946) ou de la Grèce (1974).

HART plaide pour un modèle allemand adapté comme modèle républicain pour la Belgique. Le président fédéral allemand (Bundespräsident) est élu par l'Assemblée fédérale (Bundesversammlung : tous les membres du Bundestag plus un nombre égal de représentants des parlements des Länder), exerce un mandat de 5 ans (deux consécutifs au maximum), détient une autorité morale plutôt qu'un pouvoir exécutif, et remplit des fonctions cérémonielles, dont la signature des lois et la proposition du chancelier fédéral. Une Assemblée fédérale belge réunirait tous les parlementaires fédéraux plus un nombre égal de représentants des parlements de Communauté et de Région, avec des équilibres linguistiques intégrés (nombre égal de délégués néerlandophones et francophones, représentation germanophone garantie) et une exigence constitutionnelle de bilinguisme pour le président.

Ce que nous allons faire :

  • Créer une commission parlementaire sur l'avenir institutionnel de la Belgique. Cette commission examine trois modèles : (a) monarchie protocolaire (modèle suédois), (b) république cérémonielle avec élection indirecte (modèle allemand, préférence de HART) et (c) république cérémonielle avec élection directe (modèle irlandais). Rapport dans les 2 ans, avec une proposition constitutionnelle concrète.
  • Lors de la prochaine législature : déposer une déclaration de révision de la Constitution qui ouvre à révision tous les articles liés à la monarchie (50+). Cela demande du courage politique. Mais c'est la première étape constitutionnelle.
  • Élaborer le modèle belge d'Assemblée fédérale. Tous les parlementaires fédéraux plus une représentation égale des parlements de Communauté et de Région. Équilibre linguistique garanti. Vote au scrutin secret. Le président exerce un mandat de 7 ans (une seule réélection au maximum), doit être constitutionnellement bilingue (néerlandais-français, de préférence trilingue) et remplit une fonction strictement cérémonielle. Avec, pour seule compétence de fond, la médiation lors des formations de gouvernement.
  • Un statut transitoire généreux mais temporaire pour la famille royale. Des pensions de transition pour les bénéficiaires actuels de dotations. Maintien du patrimoine privé. Pas de bannissement (comme l'Italie l'a fait jusqu'en 2002 avec les Savoie). Le Palais royal de Bruxelles et le château de Laeken, propriétés de l'État, deviennent des bâtiments publics. La famille royale conserve un logement transitoire jusqu'à ce qu'un hébergement alternatif soit réglé. Les titres héréditaires ne sont plus reconnus par l'État après une période de transition.
  • Retenir la leçon internationale : éviter le piège australien. Le référendum républicain australien de 1999 a échoué (54,87 % contre) malgré une majorité en faveur de la république dans les sondages. Parce que les républicains n'étaient pas d'accord sur le modèle (élection directe ou indirecte). HART veut que le modèle soit fixé avant le vote : pas de division sur la question, une unité maximale sur la réponse.

Éprouvé : Italie (1946) : référendum : 54,3 % pour la république contre 45,7 % pour la monarchie. Fracture régionale (nord pro-république, sud pro-monarchie), mais république stable depuis. Grèce (1974) : référendum après la chute de la junte : 69,18 % pour la république. Large consensus entre partis. Transition stable. Islande (1944) : référendum : 97,35 % pour la république, 95,04 % pour la constitution républicaine. La transition la plus pacifique jamais réalisée. Barbade (2021) : modification de la constitution par une majorité parlementaire des deux tiers, sans référendum. Première présidente : Dame Sandra Mason. Restée membre du Commonwealth. Australie (1999) : référendum rejeté par 54,87 % contre 45,13 % malgré une majorité pro-république dans les sondages. Cause : la division sur le modèle. La leçon la plus importante pour la Belgique. Malte (1974) : passage parlementaire de la monarchie à la république au sein du Commonwealth, sans référendum. Allemagne. Président fédéral élu par la Bundesversammlung. Cérémoniel mais doté d'une autorité morale. Mandat de 5 ans. Impartial, au-dessus des partis. Coûte une fraction d'une monarchie. Article 195 (Belgique) : triple procédure : déclaration → dissolution → majorité des 2/3. 50+ articles renvoient au « Roi ». Révision = réécriture quasi totale. Pas de référendum fédéral contraignant possible.


Résumé : ce que HART va faire

Rendre la monarchie protocolaire. Transférer au président de la Chambre le rôle du Roi dans la formation du gouvernement, sur le modèle néerlandais. Transformer le droit de sanctionner les lois en un acte protocolaire, sur le modèle suédois. Inventorier les 50+ compétences royales constitutionnelles et les réformer une par une. Délai : cette législature.

Réformer les dotations et imposer la transparence. Un seul rapport annuel reprenant tous les coûts de la monarchie. Sécurité et entretien des palais compris. Réduire progressivement les dotations des membres non régnants de la famille royale. Geler la liste civile jusqu'à la réforme. Pas de nouvelles dotations pour les générations futures. Délai : cette législature.

Ouvrir le Domaine royal de Laeken. Rendre au public 186 hectares de propriété de l'État sous forme de parc urbain. Ouvrir les Serres royales en permanence comme musée et jardin botanique. 12 mois par an. Créer une agence de gestion indépendante sur le modèle de Versailles/Kew Gardens. Rouvrir le Pavillon chinois et la Tour japonaise. Délai : domaine dans les 2 ans ; Serres après la fin de la rénovation.

Préparer la voie constitutionnelle vers une république. Créer une commission parlementaire sur l'avenir institutionnel. Examiner trois modèles. Lors de la prochaine législature : déposer une déclaration de révision de la Constitution. Élaborer le modèle belge d'Assemblée fédérale pour l'élection indirecte d'un président cérémoniel avec un mandat de 7 ans et une exigence constitutionnelle de bilinguisme. Statut transitoire généreux pour la famille royale. Délai : préparation durant cette législature ; révision lors de la prochaine législature ; république dans les 10 à 15 ans.


La monarchie belge a été instituée en 1831 comme solution pragmatique à un problème géopolitique. Un prince allemand sur le trône d'un pays artificiel, destiné à satisfaire les grandes puissances. Près de deux siècles plus tard, cette origine pragmatique porte encore l'institution. Le Roi est utile lors des formations de gouvernement. Les Serres sont magnifiques. Les discours de Noël sont conciliants. Mais l'utilité n'est pas un principe démocratique. La beauté n'est pas un argument pour la fermeture. Et la réconciliation n'a pas besoin d'être héréditaire. HART croit en une Belgique qui choisit son chef de l'État. Qui ne l'hérite pas. Un président qui prête serment parce que les citoyens l'ont choisi, lui ou elle, et non parce qu'une lignée le prescrit. Un domaine de 186 hectares qui appartient à 11,6 millions de Belges, pas à une seule famille. Et une société qui regarde honnêtement son passé colonial en face, au lieu de le recouvrir de regrets royaux. La monarchie a servi la Belgique. Une république peut la servir mieux encore. De façon plus démocratique, plus transparente, et pour tout le monde. La couronne appartient au passé. L'avenir appartient au citoyen.