Principe fondamental
L'État est un actionnaire, pas un bienfaiteur. La Belgique détient un portefeuille d'environ 20 à 22 milliards d'euros de participations fédérales qui génère chaque année entre 800 millions et 1 milliard d'euros de dividendes. Mais elle gère ce patrimoine sans doctrine d'actionnariat, sans cadre de gouvernance professionnel et sans stratégie de long terme pour constituer un patrimoine. La Norvège prouve qu'un État qui agit en actionnaire professionnel, avec indépendance politique, transparence et discipline de rendement, peut multiplier le patrimoine national : le GPFG est passé de zéro à plus de 2.000 milliards de dollars en 27 ans. Temasek, à Singapour, a transformé 354 millions de dollars de Singapour en 1974 en un portefeuille de 434 milliards de dollars de Singapour. Sans la moindre ingérence politique dans les décisions d'investissement. HART choisit ce modèle : l'État comme investisseur professionnel, doté de capitaux solides, qui recherche du rendement pour chaque Belge. Pas de nominations politiques, pas de subsides comme filet de sécurité pour un management défaillant, pas de bradage des joyaux de la couronne pour combler des trous budgétaires. Toute entreprise publique structurellement déficitaire est restructurée ou cédée. Chaque bénéfice est réinvesti pour faire croître le patrimoine de l'État.
Faits et chiffres
| Fait | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Actifs gérés par la SFPIM | 14 Mds €, 184 entreprises/fonds, 38 collaborateurs | SFPI-FPIM / Eltia |
| Bénéfice net de la SFPIM | 315 M€ (2024) | Rapport annuel SFPI-FPIM |
| Bénéfice net de Belfius | 1,16 Mds € (année record 2025) | Rapport annuel Belfius 2025 |
| Valeur estimée de Belfius | ± 10 Mds € (100 % État) | Analystes / RTBF |
| Dividendes cumulés de Belfius versés à l'État | ± 4 Mds € depuis la reprise (dont 945 M€ exceptionnels en 2025) | Rapports annuels Belfius |
| Privatisation prévue de Belfius | 20 à 25 % par placement privé, produit de ± 2 à 2,5 Mds € | Accord de gouvernement / Belga |
| Participation dans BNP Paribas | ± 5,7 % (± 63 millions d'actions, en hausse grâce aux rachats d'actions propres de BNP), valeur ± 5,3 Mds € | Reuters / Euronext |
| Dividende annuel de BNP Paribas | ± 300 M€ | Politique de dividende BNP Paribas |
| Proximus (53,51 % État) | Cours ± 7 €, valeur de marché de la part de l'État ± 1,21 Mds € | Euronext |
| Baisse du dividende Proximus | 1,20 € (FY2023) → 0,60 € (FY2024-25) → 0,30 € visé (FY2026) | Proximus investor relations |
| bpost (51,04 % État) | Cours ± 2,2 à 2,6 € (en forte baisse depuis le sommet historique de 28,30 € en 2018) | Euronext |
| Scandale de fraude bpost | 75 M€ de provision pour les contrats publics + 299,4 M€ de dépréciation de Radial (États-Unis) | Rapport annuel bpost 2024 |
| Ethias (31,66 % fédéral) | Primes >3,5 Mds €, ratio Solvency II de 203 % (fin 2025), Fitch A (positif) | Ethias / Fitch |
| Résultat opérationnel de la SNCB | -1,06 Mds € avant compensation de l'État (2024) | Rapport annuel SNCB 2024 |
| Compensation de l'État à la SNCB | 1,229 Mds € (2024) ; avec Infrabel ± 3,25 Mds € | SPF Mobilité |
| Ponctualité de la SNCB | 91,7 % (2025) : la meilleure en 20 ans | Communiqués de presse SNCB |
| Voyageurs SNCB | 245,1 millions (2024) | Rapport annuel SNCB 2024 |
| Dotation de la VRT | ± 258 M€ (2025), ± 60 % d'un budget total de ± 430 à 450 M€ | Rapport annuel VRT 2023 |
| Utilisateurs de VRT MAX | 54,7 % des citoyens flamands inscrits | Mediaspecs / VRT |
| Audience hebdomadaire de la VRT | 88,9 % de la population flamande | Rapport annuel VRT 2023 |
| Dotation de la RTBF | ± 374 M€ (± 77 % d'un budget de 483 M€) | Rapport financier RTBF 2024 |
| Chiffre d'affaires de BBC Studios | 2,2 Mds £ (2024/25), dont 77 % à l'international | BBC Annual Report |
| Perte du service public de la BBC | Déficit opérationnel de 137 M£ (2024/25), malgré 3,84 Mds £ de redevance | BBC Annual Report 2024/25 |
| GPFG norvégien | ± 2.000 à 2.100 Mds $ (fin 2025), rendement de 15,1 % (2025) | Rapport annuel NBIM 2024 |
| Frais de gestion du GPFG norvégien | 0,04 % des actifs | NBIM |
| Règle budgétaire du GPFG norvégien | Prélèvement annuel max. 3 % (rendement réel attendu) | Ministère norvégien des Finances |
| Entreprises publiques norvégiennes | 68 entreprises, 1.319 Mds NOK de valeur, >90 Mds NOK de dividendes (2024) | Regjeringen.no |
| Temasek (Singapour) | Portefeuille de 434 Mds S$, CAGR de 14 % sur 50 ans | Temasek Review 2025 |
| Solidium (Finlande) | 9,6 Mds €, rendement de 36,5 % (2025), 585 M€ de dividendes à l'État | Rapport annuel Solidium |
| Bpifrance (France) | 54 Mds € d'actifs sous gestion (fonds propres), 896 M€ de bénéfice net (2024) | Rapport annuel Bpifrance |
| Programme Yozma (Israël) | 100 M$ d'investissement public (1993) ; le capital-risque est passé de 58 M$ (1991) à 3,3 Mds $ (2000) | OCDE / sources académiques |
| Tesi (Finlande), capital-risque | 2,6 Mds € gérés, TRI ± 18 % (fonds matures, premier quartile UE) | Tesi financials |
| Enchères de spectre Belgique 2022 | 1,2 Mds € (licences 5G, 20 ans) | IBPT |
| Privatisation ferroviaire au Royaume-Uni | Entièrement annulée : tous les services reviennent à Great British Railways d'ici fin 2027 | UK Passenger Railway Services Act 2024 |
| Faillite de la Sabena | 7 nov. 2001, ± 2 Mds € de dettes, 12.000 emplois perdus | Sources diverses |
Position 1 : un actionnariat public professionnel, le modèle norvégien pour la Belgique
Les faits
La Belgique gère un portefeuille d'environ 20 à 22 milliards d'euros de participations fédérales sans doctrine d'actionnariat publiée, sans séparation claire entre objectifs commerciaux et objectifs de politique publique, et sans standards professionnels pour les nominations aux conseils d'administration. Le contraste avec les pays de référence est saisissant.
La Norvège publie tous les quatre ans un livre blanc sur l'actionnariat de l'État. Le plus récent (Meld. St. 6, 2022-2023) classe 68 entreprises publiques en deux catégories : la catégorie 1 (21 entreprises, objectif : le rendement le plus élevé possible) et la catégorie 2 (47 entreprises, objectif : l'exécution efficace de politiques publiques). Les administrateurs sont nommés sur la base de leurs compétences, pas de leur couleur politique. La Norvège obtient 100/100 tant au Global Pension Transparency Benchmark qu'au Sovereign Wealth Fund Transparency Scoreboard du Peterson Institute.
Temasek, à Singapour, est protégé par la Constitution contre l'ingérence politique : son conseil d'administration est composé en majorité de membres indépendants issus du secteur privé, sans représentants de l'État. Ni le président, ni le gouvernement n'interviennent dans les décisions d'investissement. Résultat : 354 millions de dollars de Singapour en 1974 sont devenus 434 milliards en 2025. Un rendement annuel composé de 14 % sur 50 ans.
Solidium, en Finlande, créé après des controverses sur des décisions politisées dans les entreprises publiques finlandaises, gère 9,6 milliards d'euros dans 11 entreprises cotées en Bourse, avec un rendement de 36,5 % en 2025 et des frais de gestion de seulement 0,05 %. Comparable à la Norvège. L'ÖBAG autrichienne sert d'avertissement : l'ancien CEO Thomas Schmid a été installé par le chancelier Kurz en contournant les procédures de gouvernance. Des messages de chat divulgués ont conduit à la démission de Schmid et aux poursuites contre Kurz.
L'OCDE a publié en 2024 des lignes directrices révisées sur la gouvernance d'entreprise des entreprises publiques, mises en œuvre dans 59 pays, avec pour principes fondamentaux : des nominations aux conseils d'administration fondées sur les compétences, la séparation entre actionnariat et régulation, des normes de transparence équivalentes à celles des sociétés cotées en Bourse, et l'identification claire et le chiffrage des missions de service public.
Ce que nous allons faire
- Publier un livre blanc belge sur l'actionnariat de l'État sur le modèle norvégien : une classification claire de toutes les participations en deux catégories (rendement commercial vs. politique publique), avec pour chaque entreprise un objectif explicite, une attente de rendement et une politique de dividende.
- Imposer des nominations professionnelles aux conseils d'administration : pas de postes politiques de complaisance, pas de collaborateurs de cabinet dans les conseils d'administration des entreprises publiques commerciales. Des nominations via des profils de compétences publics et des comités de sélection, sur le modèle norvégien et singapourien.
- Séparation de l'actionnariat et de la régulation : la SFPIM (Société fédérale de Participations et d'Investissement) devient l'unique actionnaire au nom de l'État. Les ministères sectoriels régulent leurs secteurs mais ne siègent pas à la table en tant que propriétaires. Pas de doubles casquettes.
- Une transparence au niveau norvégien : un rapport public annuel sur l'actionnariat, avec la valorisation, le rendement, la composition du conseil d'administration et la politique de dividende de chaque participation. Chaque Belge peut voir ce que rapporte son patrimoine.
- Mettre en œuvre intégralement les lignes directrices 2024 de l'OCDE : la Belgique souscrit à ces lignes directrices mais ne les applique pas systématiquement. HART les rend contraignantes pour toutes les participations fédérales.
Éprouvé : Norvège (68 entreprises publiques, 1.319 Mds NOK de valeur, >90 Mds NOK de dividendes, score de transparence de 100/100, système à deux catégories), Singapour (Temasek : 434 Mds S$, CAGR de 14 % sur 50 ans, protection constitutionnelle contre l'ingérence politique), Finlande (Solidium : 9,6 Mds €, 11 entreprises cotées en Bourse, rendement de 36,5 %, frais de gestion de 0,05 %). Avertissement : Autriche (scandale ÖBAG : la nomination politique du CEO a conduit à des poursuites contre le chancelier Kurz).
Position 2 : conserver les participations et les gérer activement en actionnaire
Les faits
La Belgique détient des actifs de valeur qui rapportent chaque année des centaines de millions. Belfius, achetée 4 milliards d'euros en 2011, vaut aujourd'hui environ 10 milliards d'euros et a enregistré un bénéfice record de 1,16 milliard d'euros en 2025. Au total, Belfius a déjà versé environ 4 milliards d'euros de dividendes à l'État. La participation dans BNP Paribas (environ 5,7 %, en hausse grâce aux rachats d'actions propres de BNP) vaut environ 5,3 milliards d'euros et rapporte environ 300 millions d'euros de dividendes par an. Même après la crise Fortis, l'État a récupéré plus qu'il n'a investi.
Mais il y a aussi des perdants. bpost s'est effondrée d'un cours record de 28,30 € à environ 2,2 à 2,6 € par action après un scandale de fraude autour de contrats publics et une acquisition désastreuse aux États-Unis (Radial : 299,4 millions d'euros de dépréciation). Proximus a divisé par deux son dividende, de 1,20 € à 0,30 € par action. La SNCB perd structurellement plus d'un milliard d'euros par an avant compensation de l'État.
Le gouvernement actuel prévoit une privatisation partielle de Belfius (20 à 25 %) qui doit rapporter 2 à 2,5 milliards d'euros. Cela risque de réduire le flux structurel de dividendes pour combler un trou budgétaire ponctuel. Exactement le comportement que la règle budgétaire norvégienne empêche.
Ce que nous allons faire
- Conserver toutes les participations stratégiques : Belfius, la participation dans BNP Paribas, Ethias, Proximus, bpost, la SNCB. Ne pas vendre pour embellir le budget.
- Réexaminer la privatisation de Belfius : s'il y a une entrée en Bourse, alors uniquement si le produit est affecté au portefeuille d'investissement de l'État. Pas au budget courant. Le modèle norvégien est clair : le patrimoine est réinvesti, pas dilapidé.
- Un actionnariat actif : l'État se comporte en actionnaire exigeant. Des objectifs de rendement par participation, des conséquences en cas de performances structurellement insuffisantes, et une implication active dans la stratégie. Sans ingérence opérationnelle.
- Assainir bpost : le scandale de fraude et l'échec de Radial exigent un redressement en profondeur. bpost reçoit une échéance claire pour devenir rentable. Sinon : restructuration ou démantèlement contrôlé.
- Formaliser la politique de dividende : les bénéfices des entreprises publiques retournent au portefeuille d'investissement, pas au budget fédéral. La Belgique suit la règle norvégienne des 3 % : seul le rendement réel attendu peut être dépensé, pas le capital.
Éprouvé : Norvège (règle budgétaire : prélèvement max. 3 % du GPFG ; le patrimoine est passé de 0 à 2.000 Mds $ parce que les bénéfices ont été réinvestis), Belgique (Belfius : d'un achat à 4 Mds € à une valeur de 10 Mds € et ± 4 Mds € de dividendes cumulés. La preuve qu'un actionnariat public actif fonctionne). Avertissement : Belgique (Sabena : 2 Mds € de dettes, 12.000 emplois perdus à cause d'un mauvais management et de l'ingérence politique ; bpost : de 28,30 € à ± 2,2 € à cause d'un scandale de fraude et d'une expansion ratée aux États-Unis).
Position 3 : VRT et RTBF, de la dépendance à la dotation à l'entreprise média tournée vers le marché
Les faits
La VRT (radiotélévision publique flamande) fonctionne avec un budget d'environ 430 à 450 millions d'euros, dont environ 258 millions d'euros (60 %) de dotation publique et environ 78 à 87 millions d'euros de recettes commerciales (plafond récemment relevé à 87 millions d'euros dans le contrat de gestion 2025-2030). Son audience hebdomadaire est impressionnante (88,9 % de la population flamande), VRT MAX compte 54,7 % des citoyens flamands parmi ses utilisateurs enregistrés, et VRT 1 est leader du marché chez les 18-54 ans. Mais la dépendance financière vis-à-vis des pouvoirs publics est totale.
La RTBF reçoit proportionnellement encore plus d'argent public : environ 374 millions d'euros de dotation (environ 77 % d'un budget de 483 millions d'euros) pour une population plus petite. La RTBF a enregistré 18 années bénéficiaires consécutives, mais uniquement grâce au financement public.
À l'international, aucun radiodiffuseur public n'est jamais devenu totalement autonome financièrement tout en conservant sa mission de service public. La BBC, l'exemple le plus réussi au monde, a généré 2,2 milliards de livres de chiffre d'affaires commercial via BBC Studios (77 % à l'international), mais cela couvre à peine 6 % des coûts du service public. Le BBC Group a enregistré un déficit opérationnel de 137 millions de livres en 2024/25. Pour la VRT, qui ne sert que 6,5 millions de téléspectateurs néerlandophones, le modèle BBC d'expansion internationale est structurellement irréalisable en raison de la barrière linguistique.
Ce que nous allons faire
- Transformer la VRT en une entreprise média tournée vers le marché avec une mission claire : conquérir une part de marché maximale en Flandre et sur le marché néerlandophone international (Pays-Bas, Suriname, diaspora). VRT MAX comme plateforme centrale de la croissance numérique.
- Marché francophone : la RTBF reçoit la même mission. Conquérir aussi le marché français. Les deux radiodiffuseurs sont évalués sur leur part de marché, leurs audiences et leur croissance commerciale, pas seulement sur des indicateurs de politique culturelle.
- Élargir la liberté commerciale : revoir les restrictions légales actuelles sur les recettes publicitaires. La VRT et la RTBF doivent disposer de plus de marge pour développer des recettes publicitaires, des modèles d'abonnement et la licence de contenus.
- Réduire progressivement la dotation à mesure que les recettes commerciales augmentent. Pas d'arrêt brutal, mais une trajectoire claire : chaque euro de chiffre d'affaires commercial supplémentaire réduit la dépendance à la dotation. L'objectif est une entreprise média qui, à terme, vole de ses propres ailes.
- Honnêtement : aucun radiodiffuseur public au monde n'est jamais devenu totalement rentable. Le modèle BBC (le plus réussi) couvre 6 % des coûts publics. L'autonomie financière complète est une ambition, pas une garantie. Mais la situation actuelle, 60 % de dépendance aux pouvoirs publics sans stratégie de croissance, est inacceptable.
Éprouvé : BBC Studios (2,2 Mds £ de chiffre d'affaires, 77 % à l'international. La preuve que des contenus publics peuvent avoir une valeur de marché internationale), RTBF (18 années bénéficiaires consécutives. La preuve que l'efficience opérationnelle est possible). Rappel à la réalité : aucun radiodiffuseur public n'est jamais devenu totalement autonome financièrement. Le modèle BBC couvre 6 % des coûts du service public. Une rentabilité complète pour la VRT exige une transformation fondamentale.
Position 4 : licences et concessions, de la création de valeur pour chaque Belge
Les faits
La Belgique accorde régulièrement des licences et des concessions de grande valeur au secteur privé : licences de spectre, concessions éoliennes en mer, concessions aéroportuaires, changements d'affectation de terrains. La plus-value va en grande partie aux investisseurs privés plutôt qu'à la collectivité. Les enchères du spectre 5G de 2022 ont rapporté 1,2 milliard d'euros. Un paiement unique pour 20 ans de licences, sans partage des bénéfices par la suite. Brussels Airport a été vendu (70 %) en 2004 pour 735 millions d'euros ; en 2019, sa valeur implicite était montée à environ 5,6 milliards d'euros. Une multiplication par huit dont l'essentiel est allé à Macquarie et aux investisseurs suivants, pas au contribuable belge.
À l'international, il existe des modèles éprouvés pour capter la valeur. Le système de baux emphytéotiques de Singapour génère environ 4 milliards de dollars US par an grâce à des ventes de terrains en emphytéose de 99 ans, l'État y possédant plus de 90 % de tous les terrains et prélevant au moins 70 % de la plus-value des changements d'affectation. Le modèle MTR Rail+Property de Hong Kong a généré 171,8 milliards de dollars de Hong Kong (22 milliards de dollars US) de rendement cumulé pour les pouvoirs publics à partir d'un investissement initial de seulement 32,2 milliards de dollars de Hong Kong, en liant les droits de développement immobilier au-dessus des gares à l'infrastructure ferroviaire. En 2025, les États-Unis ont pris des participations en échange de subsides : 9,9 % dans Intel, 15 % dans MP Materials, 10 % dans Lithium Americas.
Ce que nous allons faire
- Des licences en échange d'actions ou d'un partage des bénéfices : pour chaque licence significative (spectre, éolien offshore, capacité aéroportuaire, changements d'affectation), l'État prend une part de la création de valeur. Pas seulement une indemnité unique, mais une participation structurelle aux bénéfices. Chaque Belge en profite.
- Restructurer les concessions éoliennes offshore : la zone Princesse Elisabeth (3,15 à 3,5 GW de capacité supplémentaire, dans le cadre de l'objectif belge total de 5,4 à 5,8 GW d'ici 2030) est une énorme opportunité de création de valeur. Les nouvelles concessions contiennent des clauses obligatoires de partage des bénéfices ou des participations en capital pour l'État.
- Changements d'affectation : prélever la plus-value : lorsqu'un terrain agricole devient un terrain à bâtir, sa valeur est souvent multipliée par dix. Cette plus-value va aujourd'hui en grande partie au propriétaire du terrain (souvent bien connecté politiquement). HART veut qu'une part substantielle de la plus-value d'urbanisme retourne à la collectivité. Via une taxe sur les plus-values de planification (planbatenheffing) qui fonctionne, ou via des montages directs en capital.
- Plus de bradage : les concessions d'infrastructures critiques (aéroports, ports, réseaux d'énergie) ne sont plus attribuées pour une durée illimitée. Des concessions temporaires avec des moments de renégociation, pour que l'État participe à la hausse de valeur.
Éprouvé : Singapour (système de baux fonciers : ± 4 Mds US$/an, 90 % de terrains publics, 70 % de la plus-value captée), Hong Kong (MTR Rail+Property : 22 Mds US$ de rendement cumulé pour 4,2 Mds US$ d'investissement), États-Unis 2025 (participations dans Intel 9,9 %, MP Materials 15 %, Lithium Americas 10 % en échange de subsides du CHIPS Act). Avertissement : Belgique (Brussels Airport : 70 % vendus pour 735 M€, la valeur est montée à ± 5,6 Mds €. Une plus-value multipliée par huit partie chez des investisseurs privés).
Position 5 : SNCB, de l'addiction aux subsides à l'excellence opérationnelle
Les faits
La SNCB perd structurellement plus d'un milliard d'euros par an avant compensation de l'État. Les chemins de fer ne fonctionnent que grâce à 1,23 milliard d'euros de subsides annuels pour la seule SNCB, un montant qui grimpe à environ 3,25 milliards d'euros avec Infrabel. La ponctualité s'est améliorée de manière impressionnante pour atteindre 91,7 % en 2025 (le meilleur score en 20 ans), et le nombre de voyageurs a atteint 245,1 millions. Mais le modèle financier est intenable.
Aucune compagnie ferroviaire européenne n'est totalement rentable lorsque les coûts d'infrastructure sont pris en compte. Même les CFF suisses (SBB), souvent cités comme le meilleur chemin de fer d'Europe, ont réalisé en 2023 un bénéfice de 267 millions de francs suisses provenant presque entièrement de l'immobilier (281 millions de francs suisses) et de l'énergie (78 millions de francs suisses), pas du transport de voyageurs. Les CFF portent 11,6 milliards de francs suisses de dettes. Les NS néerlandais ont enregistré une perte de 141 millions d'euros en 2024. Les compagnies JR privatisées du Japon sont rentables, mais ce modèle a exigé que l'État reprenne 24.000 milliards de yens (environ 200 milliards de dollars) d'anciennes dettes, et il repose sur une densité de population extrême et une diversification commerciale (JR Kyushu : environ 60 % du chiffre d'affaires hors activités ferroviaires).
À partir de 2033, la Belgique doit ouvrir son marché ferroviaire intérieur à la concurrence dans le cadre du quatrième paquet ferroviaire de l'UE. Une étude du SPF Mobilité avertit que la Belgique n'est pas préparée, sans projets pilotes et avec un délai minimal de mise en œuvre de quatre ans.
Ce que nous allons faire
- Diversification commerciale : la SNCB gère plus de 550 gares. Un énorme portefeuille immobilier à peine exploité. Sur le modèle japonais et suisse : développement des gares (commerces, horeca, bureaux, logements), services énergétiques et logistique comme sources de revenus complémentaires.
- Efficience opérationnelle : l'amélioration de la ponctualité prouve que la SNCB peut faire mieux. Poursuivre l'horaire cadencé sur le modèle suisse du Taktfahrplan, avec des nœuds intégrés et des temps de correspondance minimaux.
- Réduire la dépendance aux subsides : pas d'arrêt brutal, mais une trajectoire pluriannuelle claire avec des subsides décroissants à mesure que les recettes commerciales augmentent. Des objectifs de rendement par division.
- Préparer l'échéance européenne de 2033 : la Belgique doit lancer dès maintenant des projets pilotes d'ouverture à la concurrence. Ne pas attendre qu'il soit trop tard. L'expérience du Royaume-Uni (privatisation ferroviaire entièrement annulée d'ici 2027, après 30 ans d'échec) montre que la fragmentation ne fonctionne pas. Mais le modèle suédois (infrastructure publique, exploitation via des concessions) offre une voie médiane.
- Réduire la dette : la dette économique de 2,15 milliards d'euros doit descendre vers l'objectif de 1,5 milliard d'euros d'ici 2032. Pas de nouvelles dettes pour l'exploitation courante.
Éprouvé : Suisse (CFF : 93,8 % de ponctualité, Taktfahrplan, 281 M CHF de bénéfice immobilier, satisfaction client de 78,5/100), Japon (compagnies JR : rentables grâce à l'immobilier et au commerce de détail. JR Kyushu ± 60 % du chiffre d'affaires hors ferroviaire), Pays-Bas (NS : 100 % propriété de l'État, modèle de concession avec normes de performance). Avertissement : Royaume-Uni (privatisation ferroviaire : subsides triplés, 31 Mds £ versés aux actionnaires en 30 ans, aujourd'hui renationalisation complète d'ici 2027).
Position 6 : fonds d'investissement de l'État, du capital-risque plutôt que des subsides
Les faits
La Belgique investit via des structures morcelées : la SFPIM (fédéral, environ 14 milliards d'euros gérés), la PMV (société flamande d'investissement, environ 1,3 milliard d'euros), la SRIW (Wallonie), la SRIB (Bruxelles). Le Belgian Growth Fund, un partenariat entre la SFPIM et la PMV, a atteint un modeste premier closing de 213 millions d'euros. À titre de comparaison : Bpifrance a investi, rien qu'en 2024, 1,8 milliard d'euros en fonds propres directs et 1,7 milliard d'euros dans 77 fonds de capital-risque, avec un total d'actifs sous gestion de 54 milliards d'euros et un bénéfice net de 896 millions d'euros.
Les preuves en faveur de l'investissement public sous forme de capital-risque sont écrasantes. Le programme israélien Yozma (1993) a investi 100 millions de dollars d'argent public dans 10 fonds de capital-risque et a déclenché une explosion du capital-risque, de 58 millions de dollars (1991) à 3,3 milliards de dollars en 2000. Six fonds sur dix ont atteint un TRI (taux de rendement interne) de plus de 100 %. Tesi, en Finlande, gère 2,6 milliards d'euros et atteint un TRI d'environ 18 % sur ses fonds matures. Premier quartile en Europe. KfW Capital, en Allemagne, a investi plus de 2,5 milliards d'euros via plus de 150 fonds de capital-risque avec un effet de levier d'environ 4x (chaque euro de capital KfW attire quatre euros de capital privé).
L'OCDE confirme que l'investissement public direct dans des entreprises est systématiquement moins performant que le capital-risque privé. Mais l'investissement indirect via des fonds de fonds, où les pouvoirs publics sélectionnent des gestionnaires de fonds professionnels et co-investissent aux conditions du marché, est bel et bien au niveau. La clé : investir via des fonds, pas en direct ; exiger un co-investissement privé ; viser un rendement de marché ; et sélectionner les gestionnaires avec rigueur.
Ce que nous allons faire
- Créer un Fonds d'investissement de l'État belge sur le modèle de Bpifrance/Tesi : une structure d'investissement professionnelle qui prend des participations au lieu d'accorder des subsides. Co-investissement avec des partenaires privés, rendement de marché comme objectif, pas de pilotage politique.
- Le fonds de fonds comme instrument central : au lieu d'investissements directs par des fonctionnaires, le fonds sélectionne des gestionnaires professionnels de capital-risque et de private equity qui investissent à leur tour dans des secteurs stratégiques (IA, biotech, énergie, deeptech). Chaque euro public attire des investissements privés (modèle allemand : levier d'environ 4x).
- Réinvestir les bénéfices : tous les produits du fonds, dividendes, exits, royalties, retournent au fonds, pas au budget. Le patrimoine croît sur des décennies, comme le GPFG norvégien.
- Convertir les subsides en participations : là où les pouvoirs publics accordent aujourd'hui des subsides aux entreprises (aides à l'innovation, soutien aux secteurs stratégiques), les convertir autant que possible en participations ou en accords de royalties sur le modèle israélien. Les pouvoirs publics partagent le risque et le bénéfice.
- S'attaquer au morcellement : la SFPIM, la PMV, la SRIW et la SRIB coordonnent leurs investissements via une plateforme commune. Pas de structures en double, pas de concurrence entre pouvoirs publics pour les mêmes deals.
Éprouvé : Israël (Yozma : 100 M$ → l'écosystème de capital-risque est passé de 58 M$ à 3,3 Mds $, 6 fonds sur 10 avec un TRI >100 %), France (Bpifrance : 54 Mds € d'actifs sous gestion, 896 M€ de bénéfice net, 13,9 Mds € de création de valeur cumulée), Finlande (Tesi : 2,6 Mds €, TRI ± 18 %, premier quartile du capital-risque européen), Allemagne (KfW Capital : 2,5 Mds €, levier ± 4x).
Résumé
Le programme de HART pour les entreprises publiques repose sur un principe fondamental : l'État est un actionnaire, pas un bienfaiteur. La Belgique détient un portefeuille d'environ 20 à 22 milliards d'euros qui génère chaque année des centaines de millions de dividendes. Mais elle gère ce patrimoine sans stratégie, sans cadre de gouvernance professionnel et avec une ingérence politique structurelle. Le résultat : Belfius prospère (1,16 milliard d'euros de bénéfice record), mais bpost s'effondre (de 28,30 € à environ 2,2 €). La SNCB brûle plus d'un milliard d'euros par an. La VRT vit à 60 % sous perfusion publique. Les licences et concessions sont offertes aux amis du monde politique.
La première position pose les fondations : une doctrine d'actionnariat publiée sur le modèle norvégien, avec deux catégories claires (rendement commercial ou politique publique), des nominations professionnelles aux conseils d'administration, la séparation entre actionnariat et régulation, et une transparence totale. La Norvège prouve que cela fonctionne : 68 entreprises publiques, 1.319 milliards de couronnes norvégiennes de valeur, plus de 90 milliards de couronnes de dividendes, et un score de transparence de 100/100. Singapour prouve que l'indépendance politique est la clé : la protection constitutionnelle de Temasek a produit un rendement composé de 14 % sur 50 ans.
La deuxième position protège le patrimoine existant : conserver toutes les participations stratégiques, réinvestir les bénéfices dans le portefeuille, et pas de privatisations pour combler des trous budgétaires. Belfius est le joyau de la couronne : d'un achat à 4 milliards d'euros à une valeur de 10 milliards d'euros et environ 4 milliards d'euros de dividendes cumulés. Une entrée en Bourse est possible, mais uniquement si le produit va au patrimoine de l'État.
La troisième position place la VRT et la RTBF devant un choix : grandir vers le marché ou rétrécir vers l'insignifiance. La VRT doit conquérir une part de marché maximale, y compris à l'international. La RTBF doit conquérir le marché français. Élargir la liberté commerciale, réduire la dépendance à la dotation. Honnêtement : aucun radiodiffuseur public au monde n'est jamais devenu totalement rentable, mais 60 % de dépendance aux pouvoirs publics sans stratégie de croissance, c'est inacceptable.
La quatrième position met fin à la fuite de valeur : les licences, concessions et changements d'affectation rapportent désormais des actions ou un partage des bénéfices à l'État, pas seulement des indemnités uniques. Singapour capte environ 4 milliards de dollars US par an via son système foncier. Hong Kong finance entièrement son métro via le développement immobilier au-dessus des gares. La Belgique a cédé Brussels Airport pour 735 millions d'euros. Il a fini par valoir environ 5,6 milliards d'euros pour des investisseurs privés.
La cinquième position réforme la SNCB : d'un milliard d'euros de perte par an à l'excellence opérationnelle via la diversification commerciale (plus de 550 gares comme portefeuille immobilier), un horaire cadencé sur le modèle suisse, et la préparation à l'ouverture du marché européen en 2033.
La sixième position crée un fonds d'investissement de l'État professionnel qui prend des participations au lieu d'accorder des subsides, co-investit avec des partenaires privés via des fonds de fonds, et réinvestit les bénéfices pour constituer un patrimoine à long terme. Le programme israélien Yozma a prouvé que 100 millions de dollars d'argent public peuvent déclencher un écosystème de 3,3 milliards de dollars. Bpifrance gère 54 milliards d'euros avec 896 millions d'euros de bénéfice net.
L'État comme actionnaire professionnel. Pas comme jouet politique, pas comme vache à lait pour le budget, pas comme bienfaiteur qui tolère les pertes. Chaque Belge est copropriétaire d'un portefeuille de 20 milliards d'euros. Il est temps que ce patrimoine soit géré de manière professionnelle. Comme la Norvège, Singapour et la Finlande le prouvent depuis des décennies.