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Point 25 sur 30

Santé publique

Ne plus promouvoir le Nutri-Score. Un label qui attribue un bon score à des cornflakes pleins de sucre et qui a pénalisé l'huile d'olive pendant des années n'informe pas le consommateur. Il le trompe. HART ne soutient pas le Nutri-Score comme instrument de politique publique.

Principe fondamental

Ce qu'un citoyen adulte mange, boit ou fume relève de sa propre responsabilité. HART ne se mêle pas des choix de vie personnels. Mais les pouvoirs publics ont bel et bien un rôle à jouer là où le marché est défaillant : lorsque le consommateur ne peut pas savoir ce que contient son alimentation (asymétrie d'information), lorsque des enfants ne peuvent pas faire de choix autonome, lorsque les coûts d'un produit pour la société ne sont pas compris dans son prix (coûts externes), et lorsque des mineurs doivent être protégés. Ces quatre motifs, et seulement ces quatre, justifient une intervention publique en matière de santé publique. La Belgique ne consacre que 1,8 % de ses dépenses de santé à la prévention, contre une moyenne de 3,4 % dans l'OCDE. Pendant ce temps, l'obésité coûte 4,5 milliards d'euros par an à la société, le tabagisme 1,5 milliard et l'alcool 1,55 milliard. Des coûts qui ne sont pas, ou pas suffisamment, répercutés dans les prix des produits. HART choisit une information transparente, des prix honnêtes qui reflètent le coût pour la société, et des investissements ciblés dans les enfants. Pas des interdictions, du paternalisme ou des campagnes moralisatrices.


Faits et chiffres

Fait Chiffre Source
Dépenses de prévention en Belgique 1,8 % des dépenses de santé (moyenne OCDE : 3,4 %) OCDE, Health at a Glance 2025
Adoption du Nutri-Score en Belgique Facultatif depuis avril 2019 ; ± 10 % des produits étiquetés (fin 2019) Sciensano / Archives of Public Health
Usage du Nutri-Score par les consommateurs 65 % le remarquent, 39 % ne l'utilisent jamais, 57 % déclarent une influence faible ou nulle Sciensano, Enquête de consommation alimentaire 2022-23
Défauts du Nutri-Score Des cornflakes pleins de sucre peuvent obtenir un B ; l'huile d'olive a longtemps obtenu un C ; les frites pouvaient obtenir un B Diverses analyses académiques
Harmonisation européenne de l'étiquetage nutritionnel Proposition jamais déposée ; la Commission a confirmé (2025) qu'aucun système existant ne serait repris Commission européenne / Foodwatch
Surpoids en Belgique (mesuré) 49 % de surpoids (3 ans et plus), 58 % de surpoids (18 ans et plus), 22 % d'obésité (adultes) Sciensano, Enquête de consommation alimentaire 2022-23
Coût de l'obésité 4,5 Mds €/an (3,33 Mds € de soins + 1,2 Mds € de productivité) = 13,5 % des dépenses de soins Gorasso et al. 2022 / Sciensano
Repas scolaires en Flandre Offre de repas chauds en net recul (de ± 2/3 à ± 1/2 des écoles fondamentales) Rikolto / Gezond Leven
Banques alimentaires en Belgique 213.873 personnes en 2023 (+27 % depuis 2019) Fédération Belge des Banques Alimentaires
Prévalence du tabagisme ± 15 % de fumeurs quotidiens (25,5 % en 1997) ; ± 19 % fumeurs occasionnels inclus Sciensano / Healthy Belgium
Décès dus au tabac en Belgique ± 14.000/an (± 40/jour) Fondation contre le Cancer / Tobacco Atlas
Coût sanitaire du tabagisme 534 à 727 M€ de coûts de soins directs ; jusqu'à 1,5 Mds € au sens large Vynckier et al. 2025 (European Journal of Public Health)
Accises sur le tabac ± 1,3 à 1,5 Mds €/an SPF Finances
Paquet de cigarettes en Belgique ± 9 à 12 € (après la hausse de janv. 2024 ; marques bon marché ± 9 €, haut de gamme ± 12 €) Sources diverses
Consommation d'alcool 10,8 litres d'alcool pur par habitant (OMS 2019) OMS / Healthy Belgium
Accises sur le vin en Belgique Faibles : 23,91 à 74,91 €/hl (parmi les plus basses de l'UE) Eurotax / directive UE sur les accises
Décès liés à l'alcool 4.022/an (2021), 3,6 % de tous les décès Healthy Belgium
Coût sanitaire de l'alcool ± 1,55 Mds €/an (906 M€ de soins + 643 M€ de productivité, 2012) Verhaeghe et al. 2017 (BMC Public Health)
Premier Plan Alcool belge Mars 2023 (ministre Vandenbroucke) Movendi / Brussels Times
Résultat du MUP en Écosse 156 vies sauvées/an, -13,4 % de mortalité liée à l'alcool Lancet 2023 / Alcohol Focus Scotland
Résultat de la taxe sucre au Royaume-Uni -46 % de sucre dans les sodas, 47.000 tonnes de sucre/an retirées UK HMRC / Action on Sugar
Repas scolaires gratuits en Finlande Depuis 1948, 2,80 €/repas, couverture du préprimaire au secondaire Finnish School Meal System
Étude suédoise sur les repas scolaires +1 cm de taille, +3 % de revenu (+6 % pour les enfants pauvres) Lundborg et al. 2022 (Review of Economic Studies)
Rendement des repas scolaires (UE) 7 à 34 € de retour par 1 € investi Commission européenne 2025

Position 1 : étiquetage nutritionnel : le Nutri-Score est trompeur et doit être remplacé

Les faits

Le consommateur belge a droit à une information correcte sur ce que contient son alimentation. Ce droit n'est pas respecté aujourd'hui. Le tableau obligatoire des valeurs nutritionnelles au dos des emballages est illisible pour la plupart des gens. Et l'alternative, le Nutri-Score, facultatif en Belgique depuis avril 2019, est fondamentalement défaillante.

Le problème central du Nutri-Score est que le système induit activement le consommateur en erreur. Des céréales de petit-déjeuner pleines de sucre et très caloriques peuvent obtenir un B. Un « bon » score qui donne l'impression que le produit est sain. L'huile d'olive, produit de base du régime méditerranéen, a obtenu pendant des années un C, moins bien que les frites. La révision de janvier 2024 a corrigé certaines absurdités, mais le problème de fond demeure : le Nutri-Score calcule par 100 grammes et non par portion, ignore totalement l'ultra-transformation et ne peut pas faire la différence entre une poignée de noix et un sachet de chips aux mêmes valeurs nutritionnelles.

Les chiffres confirment l'échec. L'Enquête de consommation alimentaire 2022-2023 de Sciensano montre que 39 % des Belges n'utilisent jamais le label lors de leurs achats et que 57 % déclarent que les labels n'ont que peu ou pas d'influence sur leur comportement d'achat. Une étude belge en supermarché (Vandevijvere & Berger, 2021, 43 magasins Delhaize) n'a trouvé que des effets mitigés sur la qualité du panier d'achats. Les personnes plus diplômées l'utilisent davantage. Ce qui accroît les inégalités au lieu de les réduire.

L'harmonisation européenne est morte. La Commission européenne avait promis un étiquetage nutritionnel obligatoire pour le quatrième trimestre 2022, mais n'a jamais rien livré. Des documents ayant fuité en 2025 ont confirmé qu'aucun système existant ne sera repris. L'Italie, la Tchéquie, la Grèce, Chypre, la Hongrie, la Lettonie et d'autres pays de l'UE s'opposent activement au Nutri-Score. Entre-temps, le règlement européen 1924/2006 sur les allégations de santé reste incomplètement mis en œuvre : les profils nutritionnels exigés par l'article 4 ont déjà plus de 17 ans de retard.

Ce que nous allons faire

  • Ne plus promouvoir le Nutri-Score. Un label qui attribue un bon score à des cornflakes pleins de sucre et qui a pénalisé l'huile d'olive pendant des années n'informe pas le consommateur. Il le trompe. HART ne soutient pas le Nutri-Score comme instrument de politique publique.
  • Faire activement pression au sein de l'UE pour un meilleur étiquetage nutritionnel qui corrige les défauts réels : calcul par portion et non par 100 g, intégration d'un indicateur d'ultra-transformation et juste valorisation des produits traditionnels. Un système qui informe au lieu de tromper.
  • S'attaquer aux allégations de santé trompeuses : contraindre la Commission européenne à enfin fixer les profils nutritionnels prévus par le règlement 1924/2006. Pas d'allégations du type « source de vitamines » sur des produits pleins de sucre. Utiliser activement le pouvoir de sanction de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), en vigueur depuis janvier 2024, pour faire respecter les règles.
  • La transparence comme droit, pas comme outil de pilotage : le consommateur reçoit une information honnête et compréhensible. Ce qu'il achète ensuite relève de son propre choix.

Éprouvé : Chili (étiquettes d'avertissement octogonales + interdiction de publicité : -23,8 % d'achats de produits riches en calories. Un simple système « riche en sucre/graisses/sel » qui, lui, fonctionne), Royaume-Uni (système Traffic Light : meilleure compréhension par les consommateurs que le Nutri-Score dans plusieurs études). Leçon à tirer : Nutri-Score (après plus de 6 ans : 39 % des consommateurs ne l'utilisent jamais, 57 % déclarent une influence faible ou nulle. Le système échoue dans sa mission première).


Position 2 : repas scolaires sains et gratuits : investir dans les enfants

Les faits

Les enfants ne peuvent pas faire de choix alimentaire autonome. Les parents en situation de pauvreté ont structurellement moins d'options. C'est une défaillance classique du marché au détriment d'un groupe vulnérable. Pourtant, la Belgique n'a pas de programme national de repas scolaires. La Commission européenne classe la Belgique dans la catégorie « Emerging ». L'un des pays les moins avancés dans ce domaine. En Flandre, l'offre de repas chauds à l'école a nettement reculé : selon les données disponibles, d'environ deux tiers à la moitié des écoles fondamentales au cours de la dernière décennie. La qualité des repas proposés et des boîtes à tartines apportées de la maison est souvent insuffisante selon Rikolto et des recherches de l'UGent, avec trop peu de légumes et trop de produits transformés.

La Fédération Wallonie-Bruxelles a fait un premier pas avec le décret d'octobre 2023 : des repas scolaires sains et gratuits pour les écoles les plus défavorisées (indice socio-économique 1 à 5), subventionnés à 3,70 euros par repas. Cela reste un projet pilote, pas une couverture universelle.

La Finlande offre depuis 1948 des repas scolaires gratuits à tous les élèves. Le programme le plus ancien au monde. À 2,80 euros par repas. La Suède et l'Estonie font de même. Une étude suédoise (Lundborg et al., 2022) a constaté que les enfants qui avaient reçu des repas scolaires pendant les 9 années de scolarité mesuraient près de 1 cm de plus et gagnaient 3 % de plus à l'âge adulte. 6 % de plus pour les enfants issus de familles pauvres. La Commission européenne estime le rendement à 7 à 34 euros par euro investi. Une estimation du coût de repas scolaires universels en Belgique : avec environ 1,8 million d'élèves et 180 jours d'école, 900 millions à 1,2 milliard d'euros par an.

Ce que nous allons faire

  • Instaurer des repas scolaires sains et gratuits pour tous les élèves de l'enseignement primaire, par phases sur une législature. Commencer par les écoles des zones défavorisées (sur le modèle de la Fédération Wallonie-Bruxelles), puis étendre à une couverture universelle.
  • Ancrer les normes nutritionnelles dans la loi : chaque repas scolaire couvre au moins un tiers des besoins nutritionnels quotidiens (modèle finlandais). Pas de sodas, pas de distributeurs de friandises dans les écoles.
  • Organiser des achats centralisés pour réduire les coûts : marchés publics groupés par groupe d'écoles, en privilégiant les fournisseurs locaux lorsque c'est possible.
  • Politique des boîtes à tartines : les écoles qui ne proposent pas de repas chauds reçoivent un soutien pour des critères de boîtes à tartines saines et pour la mise à disposition d'eau potable.
  • Financement : investissement initial de 200 à 400 millions d'euros pour les écoles défavorisées, montant à 900 millions à 1,2 milliard d'euros en cas de couverture universelle. Rendement : 7 à 34 euros par euro investi selon les calculs de l'UE.

Éprouvé : Finlande (repas scolaires gratuits universels depuis 1948, 2,80 €/repas, couverture complète du préprimaire au secondaire), Suède (universel : +1 cm de taille, +3 % de revenu, +6 % pour les enfants pauvres), Estonie (universel par phases : années 1 à 4 depuis 2002, complet jusqu'à la 12e année depuis 2015), Royaume-Uni/Angleterre (Universal Infant Free School Meals depuis 2014 : recul mesurable de l'obésité infantile).


Position 3 : politique du tabac : prix honnête, information correcte, pas d'interdiction

Les faits

Fumer est un choix personnel. Mais les coûts du tabagisme pour la société, 534 à 727 millions d'euros de coûts de soins directs et jusqu'à 1,5 milliard d'euros au sens large, ne sont pas entièrement couverts par les accises (environ 1,3 à 1,5 milliard d'euros). La taxation actuelle couvre les coûts de soins au sens strict, mais pas les dommages plus larges pour la société. Environ 14.000 Belges meurent chaque année du tabac. Quelque 40 par jour. La prévalence est passée de 25,5 % de fumeurs quotidiens en 1997 à environ 15 % en 2018, mais le fossé socio-économique se creuse : les personnes peu diplômées fument 3,1 fois plus souvent.

La Belgique mène une politique du tabac de plus en plus stricte : paquet neutre (2020, étendu à tous les produits du tabac à partir de juin 2026), interdiction d'exposition en magasin (avril 2025), interdiction de fumer sur les terrasses (prévue pour janvier 2027) et, premier pays de l'UE, interdiction des cigarettes électroniques jetables (janvier 2025). La stratégie vise 10 % de fumeurs quotidiens en 2028 et 5 % en 2040. Un paquet coûte environ 9 à 12 euros après la hausse de janvier 2024. Moins cher qu'en France (14,25 euros), aux Pays-Bas (11 euros et plus) et en Irlande (18,94 euros), mais plus cher qu'en Allemagne (5,30 à 5,50 euros). Plus d'un tiers des cigarettes sont achetées à l'étranger ou sont illégales.

Au niveau international, la hiérarchie des preuves est claire : l'OMS et l'OCDE identifient la hausse des taxes comme la mesure antitabac la plus efficace, suivie des environnements sans fumée et des interdictions totales de publicité. Une hausse de prix de 10 % réduit la consommation d'environ 4 %. Le paquet neutre australien (depuis 2012) a contribué à faire passer la part des fumeurs de 23,8 % (2001) à 11,1 % (2022-23). L'interdiction générationnelle de la Nouvelle-Zélande a été retirée en mars 2024 pour combler un manque à gagner fiscal de 1 milliard de dollars néo-zélandais par an. Un avertissement contre la dépendance fiscale aux recettes du tabac. Le Tobacco and Vapes Bill du Royaume-Uni (interdiction générationnelle) a été adopté par la Chambre des communes par 415 voix contre 47.

Ce que nous allons faire

  • Relever les accises jusqu'à ce que le prix reflète l'intégralité du coût pour la société (taxe pigouvienne). Hausse progressive vers 14 à 15 euros le paquet sur trois ans, avec indexation automatique.
  • Pas d'interdiction : interdire de fumer ne fonctionne pas et crée un marché noir. Les adultes peuvent fumer, mais ils en paient le prix honnête.
  • Faire strictement respecter l'interdiction de vente aux mineurs : clients mystères de l'AFSCA, amendes plus élevées en cas d'infraction et vérification de l'âge pour la vente en ligne.
  • Étendre l'interdiction de publicité : appliquer systématiquement les restrictions publicitaires existantes en Belgique, y compris sur les réseaux sociaux et lors des événements sportifs.
  • Réguler strictement les cigarettes électroniques : les cigarettes électroniques ne sont pas une alternative saine mais des produits chimiques dont les effets à long terme sont inconnus. Faire respecter une interdiction stricte de marketing et de vente aux jeunes. L'interdiction belge des cigarettes électroniques jetables (janvier 2025, une première dans l'UE) est un bon pas.
  • Surveiller les effets frontaliers : coopérer avec les pays voisins pour harmoniser les prix et lutter contre le commerce illégal. La perte actuelle de 544 millions d'euros due aux achats transfrontaliers appelle une approche européenne.

Éprouvé : Australie (paquet neutre + hausses d'accises : de 23,8 % à 11,1 % de fumeurs en 20 ans), Royaume-Uni (Tobacco and Vapes Bill : interdiction générationnelle adoptée par 415 voix contre 47), Suède (5 % de prévalence du tabagisme, la plus basse d'Europe. En partie grâce à la réduction des risques via le snus). Avertissement : Nouvelle-Zélande (interdiction générationnelle retirée en mars 2024 en raison de la dépendance fiscale aux recettes du tabac).


Position 4 : politique de l'alcool : la crise de santé publique oubliée

Les faits

La politique belge en matière d'alcool contient certaines des dispositions les plus faibles d'Europe occidentale. Les accises belges sur le vin (23,91 à 74,91 euros par hectolitre) comptent parmi les plus basses de l'UE. Des pays comme l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ne prélèvent même aucune accise sur le vin. Les accises sur la bière sont également faibles. Le premier Plan Alcool belge ne date que de mars 2023.

Les Belges boivent en moyenne 10,8 litres d'alcool pur par habitant (OMS 2019). L'alcool a causé 4.022 décès en 2021 (3,6 % de tous les décès), est la quatrième cause de mortalité chez les 15 ans et plus, et coûte à la société environ 1,55 milliard d'euros par an en frais de soins et en perte de productivité. Ces coûts dépassent largement les recettes d'accises. Les taxes belges sur l'alcool ne couvrent pas les coûts externes.

Le prix minimum par unité d'alcool de l'Écosse (Minimum Unit Pricing, MUP : 50 pence par unité depuis mai 2018, porté à 65 pence en septembre 2024) a produit des résultats tangibles : 156 vies sauvées par an, 411 hospitalisations évitées et une baisse de 13,4 % des décès liés à l'alcool. Avec les effets les plus marqués dans les quartiers les plus défavorisés. L'Irlande applique le MUP depuis janvier 2022, le pays de Galles depuis mars 2020.

Les monopoles scandinaves de l'alcool montrent que la vente d'alcool par l'État fonctionne comme instrument de santé publique. Le Systembolaget suédois (100 % propriété de l'État, 452 magasins, fermé le dimanche, pas de marketing) bénéficie de 68 % de soutien public. Une étude estime que le remplacement du Systembolaget par la vente en supermarché augmenterait la consommation de plus de 31 % (environ 20 % en cas de remplacement par des magasins de vins et spiritueux). L'OMS/Europe a conclu en février 2025 que les pays dotés de monopoles d'État affichent une consommation d'alcool plus faible et moins de dommages liés à l'alcool.

Ce que nous allons faire

  • Relever les accises sur l'alcool : les accises belges sur le vin et la bière comptent parmi les plus basses de l'UE. Hausse progressive vers un niveau qui reflète mieux les coûts pour la société, en priorité pour les produits les moins chers.
  • Étudier le Minimum Unit Pricing sur le modèle écossais : un prix minimum par unité d'alcool qui ne touche pas l'ensemble de l'horeca mais renchérit bel et bien les produits les moins chers et les plus nocifs. Les résultats écossais (-13,4 % de mortalité liée à l'alcool, 156 vies/an) sont convaincants.
  • Pas de prohibition, pas de monopole d'État : HART ne choisit pas le modèle de monopole scandinave. Il ne correspond ni à la culture ni à l'économie belges. Mais bien des prix honnêtes, via des accises qui couvrent le coût pour la société.
  • Faire strictement respecter les restrictions de publicité visant les mineurs : le Plan Alcool 2023 contient de bonnes mesures. Elles doivent être mises en œuvre, pas édulcorées sous la pression du secteur.

Éprouvé : Écosse (MUP : -13,4 % de mortalité liée à l'alcool, 156 vies sauvées/an, effet le plus marqué dans les quartiers les plus pauvres), Irlande (MUP depuis 2022 : -5 % de consommation), pays de Galles (MUP depuis 2020). Référence : monopoles scandinaves (Systembolaget : un remplacement par la vente en supermarché augmenterait la consommation de 31 %, OMS/Europe 2025 : les pays dotés de monopoles subissent moins de dommages).


Position 5 : lutter contre l'obésité : une taxe sucre sur le modèle britannique

Les faits

L'Enquête de consommation alimentaire 2022-2023 de Sciensano (données mesurées, pas autodéclarées) montre que 58 % des adultes belges sont en surpoids et que 22 % sont obèses. En Wallonie, l'obésité atteint 25 %, en Flandre 16 %. Le fossé socio-économique est net : 23 % d'obésité chez les personnes peu diplômées contre 10 % chez les personnes très diplômées. Fait marquant : selon Sciensano, la part des personnes obèses est restée inchangée entre 2014-2015 et 2022-2023. Le problème se stabilise à un niveau élevé, mais ne diminue pas. Les coûts s'élèvent à 4,5 milliards d'euros par an : 3,33 milliards d'euros de coûts de soins directs et 1,2 milliard d'euros de perte de productivité. 13,5 % du total des dépenses annuelles de soins.

Le Soft Drinks Industry Levy du Royaume-Uni (depuis avril 2018) est le modèle de réussite international. Sa structure par paliers (pas de prélèvement sous 5 g de sucre/100 ml, 0,18 £/L entre 5 et 8 g, 0,24 £/L au-delà de 8 g), avec deux ans de délai de mise en œuvre, a poussé les fabricants à reformuler : 46 % de sucre en moins dans les sodas et 47.000 tonnes de sucre retirées par an. Les recettes ont été inférieures aux prévisions (240 millions de livres contre 520 millions estimés) : précisément parce que la taxe a fonctionné. La taxe soda du Mexique (accise de 10 %, 2014) a réduit les achats de 7,6 %, avec la baisse la plus forte chez les revenus les plus bas. La « taxe chips » de la Hongrie (2011) est le contre-exemple : la consommation s'est complètement rétablie après une baisse initiale et l'obésité a continué d'augmenter. Une taxe uniforme sans incitation à la reformulation échoue.

La leçon décisive : les taxes par paliers qui récompensent les producteurs pour la reformulation (Royaume-Uni) fonctionnent radicalement mieux que les taxes uniformes (Hongrie). L'OCDE a calculé que chaque dollar investi dans la prévention de l'obésité rapporte jusqu'à 6 dollars de bénéfices économiques.

Ce que nous allons faire

  • Instaurer une taxe sucre par paliers sur le modèle britannique : prélèvement sur les boissons sucrées avec des seuils qui encouragent la reformulation. Pas de taxe uniforme à la hongroise. Délai de mise en œuvre de 18 mois pour que les producteurs puissent adapter leurs recettes.
  • Interdiction de la publicité pour les aliments malsains ciblant les enfants : l'autorégulation actuelle en Belgique (restriction volontaire pour les moins de 16 ans) est insuffisante. Le Conseil Supérieur de la Santé le confirme. Interdiction légale de la publicité HFSS (produits riches en graisses, en sucre et en sel) avant 21 h et en ligne lorsqu'elle cible les mineurs, sur le modèle britannique et norvégien.
  • Pas de taxe sur les graisses ni d'interdiction de denrées alimentaires : HART ne fait pas la leçon aux adultes sur ce qu'ils mangent. La taxe sucre vise un produit spécifique (les boissons sucrées) pour lequel les preuves sont les plus solides et la reformulation la plus facile.
  • Augmenter le budget de prévention par paliers : porter les dépenses de prévention de la Belgique de 1,8 % à au moins 3 % des dépenses de santé en une législature (la moyenne de l'OCDE), et à 5 % en deux législatures. Financé par des gains d'efficience dans le volet curatif (voir #28 Soins de santé, position 5 lutte contre la fraude). Des moyens concrets pour l'éducation nutritionnelle dans les écoles, la prévention de première ligne chez les médecins généralistes et le déploiement de programmes de prévention éprouvés.
  • Les compétences en santé inscrites structurellement dans le programme scolaire : dès l'enseignement maternel et primaire, les enfants apprennent à lire les étiquettes nutritionnelles, à prendre soin de leur santé mentale, à porter un regard critique sur les informations de santé en ligne et à savoir quand consulter le médecin généraliste ou se rendre aux urgences. Pas de cours séparé, mais un fil rouge permanent. Développement plus détaillé dans #4 Enseignement.

Éprouvé : Royaume-Uni (Soft Drinks Industry Levy : -46 % de sucre dans les sodas, 47.000 tonnes/an retirées, effet sur l'obésité infantile dans les zones défavorisées), Mexique (taxe soda : -7,6 % d'achats, effet le plus marqué chez les bas revenus), Chili (combinaison étiquettes + interdiction de publicité + taxe : -23,8 % d'achats de calories). Avertissement : Hongrie (taxe chips : la consommation s'est complètement rétablie, l'obésité a continué d'augmenter. Une taxe uniforme sans incitation à la reformulation échoue).


Position 6 : objectifs nationaux de santé : mesurer et demander des comptes

Les faits

La politique de santé publique en Belgique est aujourd'hui un terrain brumeux. Tout le monde clame quelque chose, personne n'a de comptes à rendre sur quoi que ce soit. Il n'existe aucun objectif mesurable fixé au niveau fédéral auquel le gouvernement doive se tenir. La conséquence est connue : l'obésité stagne depuis dix ans à 22 % chez les adultes, le fossé social en matière de santé se creuse, les dépenses de prévention restent bloquées à 1,8 % des budgets de soins, et chaque législature repart de zéro.

Les pays qui fixent, eux, des objectifs mesurables obtiennent des résultats. La Finlande a depuis des décennies des objectifs nationaux de santé dont le parlement surveille la réalisation. Les Pays-Bas ont révisé leur Nationaal Preventieakkoord (accord national de prévention) en 2018 avec des chiffres cibles concrets pour 2040 sur le tabagisme, le surpoids et la consommation problématique d'alcool. L'OMS plaide, via son European Programme of Work, pour des objectifs mesurables à 10 ans par État membre, assortis d'un suivi annuel. Mesurer, c'est savoir. Et demander des comptes rend le tout contraignant.

Ce que nous allons faire

  • Le Parlement fédéral fixe tous les 10 ans des objectifs de santé mesurables : espérance de vie en bonne santé, fossé social en matière de santé (écart entre le groupe de revenus le plus élevé et le plus bas), obésité chez les enfants et les adultes, prévalence du tabagisme, mortalité liée à l'alcool, taux de vaccination, santé mentale. Des chiffres concrets, pas des déclarations d'intention.
  • Rapport d'avancement annuel au Parlement par l'Autorité belge des soins de santé (voir Soins de santé, position 1). Public, complet, sans résumés filtrés par les cabinets ministériels.
  • Le gouvernement doit en répondre : s'il n'atteint pas les objectifs, il doit expliquer pourquoi devant le Parlement et présenter un plan de correction. Pas de sanction, mais une responsabilité politique.
  • Chaque ministre de la Santé publique commence par un contrat : traduire les objectifs à 10 ans en objectifs de législature, avec des chiffres fermes inscrits dans l'accord de gouvernement.

Éprouvé : Finlande (objectifs nationaux de santé + contrôle parlementaire, baisse structurelle de la mortalité cardiovasculaire), Pays-Bas (Nationaal Preventieakkoord 2018 avec chiffres cibles 2040 pour le tabagisme/le surpoids/l'alcool), European Programme of Work de l'OMS (cadre à 10 ans pour les États membres).


Résumé

Le programme de santé publique de HART repose sur un principe clair : les pouvoirs publics interviennent là où le marché est défaillant, pas là où un citoyen fait un choix qui ne nuit à personne d'autre. Ce principe débouche sur six pistes de réforme concrètes.

La première position touche au cœur de l'asymétrie d'information : l'étiquetage nutritionnel. Le Nutri-Score est fondamentalement défaillant. Un système qui attribue un bon score à des cornflakes pleins de sucre et qui a pénalisé l'huile d'olive pendant des années n'informe pas, il trompe. HART ne soutient plus le Nutri-Score comme instrument de politique publique et plaide au sein de l'UE pour une meilleure alternative qui calcule par portion, tient compte de l'ultra-transformation et aide réellement le consommateur à faire un choix éclairé. En même temps, nous nous attaquons aux allégations de santé trompeuses sur les emballages. Les profils nutritionnels que l'UE aurait dû fixer depuis 17 ans.

La deuxième position est l'investissement le plus rentable en santé publique : des repas scolaires sains et gratuits pour tous les élèves de l'enseignement primaire. L'UE calcule un retour de 7 à 34 euros par euro investi. Les enfants suédois qui ont reçu des repas scolaires sont devenus plus grands et ont gagné 3 % de plus à l'âge adulte. 6 % de plus pour les enfants issus de familles pauvres. La Belgique est l'un des pays de l'UE les moins avancés dans ce domaine, avec une offre en recul en Flandre. Les enfants ne peuvent pas faire de choix alimentaire autonome. Ici, les pouvoirs publics interviennent.

Les troisième et quatrième positions concernent le tabac et l'alcool, pour lesquels les accises belges ne couvrent pas les coûts pour la société. Le tabac coûte à la société jusqu'à 1,5 milliard d'euros, l'alcool 1,55 milliard. Dans les deux cas, plus que ce que l'État perçoit en taxes. HART veut faire monter le prix jusqu'à ce qu'il reflète les dommages réels, via des taxes pigouviennes. Pas d'interdictions : ce qu'un adulte fume ou boit le regarde, mais il en paie le prix honnête. Pour l'alcool, HART veut une hausse substantielle des accises, aujourd'hui basses, et une étude du Minimum Unit Pricing. Le modèle écossais qui sauve 156 vies par an, avec l'effet le plus marqué dans les quartiers les plus pauvres.

La cinquième position vise l'obésité : 58 % des adultes sont en surpoids et les coûts s'élèvent à 4,5 milliards d'euros par an. Le modèle britannique de taxe sucre, un prélèvement par paliers qui encourage la reformulation, a retiré 47.000 tonnes de sucre par an des sodas. La taxe chips uniforme de la Hongrie a complètement échoué. HART choisit le modèle éprouvé : une taxe par paliers sur les boissons sucrées, combinée à une interdiction légale de la publicité pour les aliments malsains ciblant les enfants.

La sixième position rend l'ensemble contraignant. Des objectifs nationaux de santé que le Parlement fédéral fixe tous les 10 ans, avec des chiffres concrets pour l'espérance de vie en bonne santé, le fossé social en matière de santé, l'obésité, le tabagisme et la santé mentale. L'Autorité belge des soins de santé fait rapport chaque année, le gouvernement doit en répondre. Sans objectifs mesurables, la politique de santé publique reste un brouillard d'intentions. HART choisit de mesurer et de demander des comptes, comme le font déjà la Finlande et les Pays-Bas.


La santé publique n'est pas une politique de morale. Là où le marché est défaillant, les pouvoirs publics interviennent avec une information transparente, des prix honnêtes et la protection des enfants. Là où le marché fonctionne et où le citoyen fait un choix éclairé, les pouvoirs publics respectent ce choix. Chaque mesure est jugée sur les preuves, pas sur l'idéologie.