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Point 30 sur 30

Migration

39.615 demandes d'asile (dont 33.146 premières demandes), alors qu'environ 24.000 permis uniques (single permits) pour la migration économique ont été délivrés par an, plus 231.000 détachements de travailleurs détachés.

39.615 demandes d'asile (dont 33.146 premières demandes), alors qu'environ 24.000 permis uniques (single permits) pour la migration économique ont été délivrés par an, plus 231.000 détachements de travailleurs détachés.

La Belgique se trouve à la croisée des chemins dans le débat migratoire. HART choisit une politique migratoire économiquement intelligente, humaine et juridiquement inattaquable. Nous attirons activement les talents, nous investissons dans l'intégration dès le premier jour et nous veillons à ce que le système soit équitable et que ses règles soient réellement appliquées.


La migration économique rapporte, la migration d'asile coûte

Les chiffres : travail versus asile

La Belgique a reçu en 2024 39.615 demandes d'asile (dont 33.146 premières demandes), alors qu'environ 24.000 permis uniques (single permits) pour la migration économique ont été délivrés par an, plus 231.000 détachements de travailleurs détachés. Le rapport est éloquent lorsqu'on regarde l'ensemble des titres de séjour :

Type de migration Part des premiers titres de séjour
Regroupement familial 45,7 %
Protection/humanitaire 30,5 %
Études 13,3 %
Travail (hors UE) 10,5 %

Source : Eurostat, Myria, Prague Process 2024

L'OCDE calcule que, de toute l'immigration de longue durée vers la Belgique, seulement 7 % sont des migrants économiques hors UE. La libre circulation intra-UE domine (59 %), suivie de la migration familiale (20 %) et de la migration humanitaire (15 %). La part de la migration économique est donc remarquablement faible par rapport à des pays comme le Canada (64 %) ou l'Australie (71 %).

Budget de Fedasil : doublé en cinq ans

Les coûts directs de l'accueil des demandeurs d'asile ont augmenté de façon spectaculaire :

Année Dotation fédérale à Fedasil
2019 411 M€
2020 537 M€
2022 702 M€
2023 838 M€
2024 929 M€

Source : Fedasil, comptes annuels

Les dépenses totales de Fedasil en 2024 se sont élevées à 943,4 millions d'euros : 558,8 millions d'euros de subsides aux partenaires (Croix-Rouge, ONG, CPAS), 177,7 millions d'euros de frais de personnel, 73,9 millions d'euros de frais de logement et 59,4 millions d'euros de frais médicaux. La capacité d'accueil était de 36.205 places, avec une liste d'attente de 2.809 personnes en fin d'année.

Le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) a accordé en 2024 le statut de réfugié à 15.668 personnes et la protection subsidiaire à 601 personnes, avec un taux de protection de 47,2 %. Le plus élevé depuis des années.

Les migrants économiques contribuent, les migrants d'asile coûtent

La Banque nationale de Belgique (BNB, 2020) a livré l'étude qui fait le plus autorité sur l'impact budgétaire :

  • La contribution fiscale nette de l'immigration est estimée à +0,1 % à +0,8 % du PIB, selon le périmètre du calcul.
  • L'immigration récente (flux sur 5 ans) a poussé le PIB à la hausse de +3,5 %, dont +2 % grâce à la migration intra-UE et +1,5 % grâce à la migration hors UE.
  • L'emploi est le facteur décisif : les personnes qui ont un emploi apportent une contribution nette positive, celles qui n'en ont pas une contribution négative.
  • Les personnes arrivées par regroupement familial ou protection internationale ont 30 points de pourcentage de chances en moins d'avoir un emploi que les migrants économiques.
  • La Belgique affiche l'un des pires écarts de taux d'emploi pour les migrants de toute l'UE : 61 % d'emploi chez les immigrés contre environ 73 % chez les personnes nées en Belgique.
  • La deuxième génération apporte en moyenne une contribution fiscale nette plus élevée que les Belges natifs, grâce à sa structure d'âge plus jeune.

La coalition Arizona (janvier 2025) prévoit 1,58 milliard d'euros d'économies sur la migration, notamment en réduisant le flux de demandeurs d'asile à la « part équitable » de la Belgique dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l'asile (environ 11.400 demandes contre environ 40.000 aujourd'hui), soit une trajectoire d'économies de 469 millions d'euros d'ici 2029.

Le marché du travail manque cruellement de main-d'œuvre

Le VDAB (service flamand de l'emploi) a recensé en 2024 241 métiers en pénurie, soit environ 40 % de l'ensemble des métiers. L'indicateur de tension (nombre de demandeurs d'emploi par poste vacant) est tombé de 5,4 en 2017 à seulement 2,3 en 2024, signe d'un marché du travail extrêmement tendu. Les plus grandes pénuries se situent dans la technique/l'industrie, la construction, les soins, l'ICT, le transport et l'horeca. Le moteur structurel de cette tension est le vieillissement : de grandes cohortes de plus de 55 ans quittent le marché du travail, avec une demande de remplacement massive pour conséquence.


1. HART veut un système à points compétitif pour la migration hautement qualifiée

Le problème

La Belgique traite l'essentiel de sa migration économique via le système du permis unique (single permit), opérationnel depuis janvier 2019. En 2022, 19.721 permis uniques ont été délivrés. Une hausse de 75 % par rapport à 2021. Mais en 2024, le nombre de visas de long séjour pour raisons professionnelles est retombé à 7.874 (−9 %). Seuls 10,5 % de tous les premiers titres de séjour délivrés à des citoyens non-UE en Belgique concernent le travail ; le regroupement familial domine avec 45,7 %.

La carte bleue européenne (EU Blue Card), l'instrument européen par excellence pour les personnes hautement qualifiées, est à peine utilisée en Belgique. En 2016, la Belgique n'a délivré que 31 cartes bleues, alors que l'Allemagne en a délivré 56.252 pour la seule année 2024 (72 % du total de l'UE). La Belgique souffre de délais de traitement lents (3 à 4,5 mois en moyenne), d'une fragmentation régionale (la Flandre, Bruxelles et la Wallonie appliquent chacune des règles et des seuils salariaux différents) et d'un système entièrement lié à l'employeur. Le travailleur ne peut pas changer d'employeur sans relancer la procédure.

Comment font les autres ?

Le système Express Entry du Canada, fondé sur un système à points de maximum 1.200 points (Comprehensive Ranking System), a invité en 2024 98.903 candidats à demander la résidence permanente. Les immigrés Express Entry gagnent en moyenne 20 % de plus que les autres catégories d'immigrés et ont un taux d'emploi supérieur de 9 points de pourcentage à celui des migrants économiques hors Express Entry. Le système SkillSelect de l'Australie attribue chaque année environ 132.000-137.000 places dans le skill stream, avec un minimum requis de 65 points. Le Royaume-Uni a attiré avec le Global Talent Visa environ 3.300 talents de haut niveau en 2023. Sans plafond, sans exigence d'employeur. L'Allemagne a lancé en juin 2024 la Chancenkarte (carte d'opportunité), qui a produit 11.500 cartes la première année et combine un système à points avec la possibilité de chercher un emploi pendant un an.

L'impact économique d'une migration hautement qualifiée ciblée est convaincant. Une étude de l'OCDE portant sur 19 pays montre qu'une hausse de 1 migrant pour 1.000 habitants entraîne une augmentation du PIB par habitant de 0,25-0,31 % et une amélioration du solde budgétaire de 0,12 point de pourcentage. L'Australie estime que la migration contribuera à hauteur de 1,6 billion de dollars australiens au PIB d'ici 2050.

Ce que veut HART

HART plaide pour un système à points belge sur le modèle canadien, sans lien obligatoire avec un employeur, qui sélectionne les candidats sur la base de la formation, de l'expérience professionnelle, des connaissances linguistiques et de l'âge. Concrètement :

  • Une voie rapide de 15 jours ouvrables pour les personnes hautement qualifiées, avec un objectif de maximum 30 jours en moyenne.
  • Un guichet fédéral unique à la place de la fragmentation régionale actuelle. Les mêmes règles et les mêmes seuils salariaux dans toute la Belgique.
  • Libre changement d'employeur pendant la durée de validité du permis, conformément à la nouvelle directive européenne sur le permis unique (2024/1233), qui l'impose de toute façon.
  • Recrutement actif dans les secteurs en pénurie structurelle : technique, construction, soins, ICT, transport et horeca.

La Belgique a un besoin urgent d'un système plus compétitif. La réforme flamande prévue est un pas dans la bonne direction, mais sans coordination fédérale, cela reste du rafistolage.


2. Qui a un emploi peut rester. Mais avec des garanties

Le principe

HART soutient le principe selon lequel toute personne qui contribue à l'économie et à la société belges est la bienvenue ici. Un visa de travail est la manière la plus directe de le mesurer. Mais « qui a un emploi peut rester » exige des règles du jeu claires pour prévenir les abus et le dumping social.

Modèles internationaux

Singapour applique le modèle le plus sophistiqué. L'Employment Pass exige un salaire minimum de 5.600 S$/mois (6.200 S$ pour le secteur financier), allant jusqu'à 10.700-11.800 S$ pour les plus de 45 ans. Depuis 2023 s'applique le système à points COMPASS (Complementarity Assessment Framework), qui évalue les employeurs sur la diversité, l'emploi local et le benchmarking salarial. Ce n'est expressément pas un modèle du type « toute personne ayant un emploi », mais un système méritocratique raffiné qui protège les travailleurs locaux.

La Nouvelle-Zélande a restructuré son système en 2022 avec l'Accredited Employer Work Visa, qui exige une procédure en trois étapes : accréditation de l'employeur, test du marché du travail (preuve qu'aucun Néo-Zélandais qualifié n'est disponible) et vérification du travailleur. Depuis avril 2024, les exigences ont été renforcées : durée de séjour plus courte pour les moins qualifiés, minimum 30 heures par semaine et exigences linguistiques en anglais.

Les États du Golfe offrent l'exemple le plus extrême via le système de la kafala, dans lequel le statut juridique du travailleur est entièrement lié à l'employeur. Au Qatar, les travailleurs étrangers représentent 94 % de la population active. Malgré les réformes, la confiscation des passeports, le vol de salaire et le travail forcé restent très répandus. Un exemple édifiant de ce qui dérape lorsque le droit de séjour dépend entièrement de l'employeur, sans protection suffisante.

Le système belge actuel du permis unique est lié à l'employeur. Le travailleur ne peut pas changer d'employeur sans entamer une nouvelle procédure, ce qui facilite l'exploitation. Fairwork Belgium a constaté en 2022 que le système « avantage les employeurs malhonnêtes ».

Ce que veut HART

HART veut un système de visas de travail sur le modèle singapourien, avec trois garanties essentielles :

  • Des seuils salariaux par secteur et par niveau d'expérience, afin que la migration économique n'exerce pas de pression à la baisse sur les salaires des travailleurs belges.
  • Le libre changement d'employeur : qui dispose d'un visa de travail valable peut changer d'employeur sans devoir refaire toute la procédure. La nouvelle directive européenne sur le permis unique (2024/1233) l'impose de toute façon.
  • Une inspection du travail renforcée pour lutter contre le dumping social, les faux indépendants et l'exploitation.

3. Mériter la nationalité : 10 ans de séjour, 5 ans de travail, niveau B1 de langue

Le système actuel

La procédure belge de naturalisation exige 5 ans de séjour légal (avec intégration et participation économique de 468 jours de travail) ou 10 ans (avec des preuves plus souples). Le niveau de langue requis est A2 (niveau de base). Le droit d'enregistrement s'élève depuis 2025 à 1.030 euros (contre 150 euros auparavant). En 2024, environ 59.400-60.150 changements de nationalité ont été enregistrés. Le nombre le plus élevé en deux décennies. La Belgique accorde 4,7 nationalités pour 1.000 habitants, le quatrième chiffre le plus élevé de l'UE.

Comparaison internationale

Pays Condition de séjour Condition de travail Niveau de langue
Canada 3 ans Aucune spécifique ± A2 (CLB 4)
Australie 4 ans Aucune spécifique Anglais de base
Belgique (actuel) 5 ans 468 jours de travail A2
Allemagne (depuis 2024) 5 ans (réduit de 8) Autonomie financière B1
France 5 ans Aucune spécifique B2 (à partir de 2026)
Royaume-Uni 5 ans + 1 an ILR Aucune spécifique B1
Pays-Bas 5 ans Aucune spécifique A2
Norvège 7 ans Aucune spécifique B1
Danemark 9 ans 3,5 ans à temps plein B2
Suisse 10 ans Aucune spécifique B1 oral

Le Danemark est le seul pays de l'OCDE à imposer une condition de travail explicite pour la naturalisation : 3,5 ans de travail à temps plein au cours des 4 dernières années, combinés à 9 ans de séjour.

La grande majorité des pays exigent le niveau A2 ou B1. Seul le Danemark exige actuellement le B2 ; la France s'y rallie à partir de 2026. Le B2 signifie en pratique qu'une personne peut comprendre des textes complexes, communiquer spontanément et avec aisance, et construire une argumentation détaillée. Cela demande environ 500-600 heures d'étude en partant de zéro. La Convention européenne sur la nationalité (1997, art. 6) recommande une période de séjour maximale de 10 ans pour la naturalisation.

Ce que veut HART

HART choisit une politique de naturalisation qui donne de la valeur à la nationalité belge, sans la rendre inaccessible :

  • 10 ans de séjour légal, dont au moins 5 ans de travail démontrable.
  • Niveau B1 à l'oral dans au moins une langue nationale. Suffisant pour fonctionner pleinement dans la vie quotidienne et sur le lieu de travail, sans l'exigence irréaliste d'un B2 académique.
  • Examen de citoyenneté obligatoire : connaissance de la Constitution belge, des institutions et des droits fondamentaux.

Cela place la Belgique du côté strict du spectre européen. Comparable au Danemark et à la Suisse. Mais cela reste dans le cadre internationalement accepté de la Convention européenne sur la nationalité.

Le gouvernement de coalition De Wever prévoit déjà de relever le niveau de langue de A2 à B1 et d'instaurer un examen de citoyenneté obligatoire. HART soutient cette orientation et va plus loin avec la condition de travail.


4. Cadre juridique : pourquoi des blocages sélectifs par pays sont impossibles

Ceci n'est pas une position de HART, mais une réalité juridique qui façonne notre politique.

Pour la migration d'asile, un blocage lié à la nationalité est juridiquement impossible dans le cadre de l'UE. L'acquis européen en matière d'asile oblige la Belgique à traiter chaque demande d'asile individuellement, quelle que soit la nationalité du demandeur. Cela découle du règlement européen sur la procédure d'asile, de la directive « qualification » et du système de Dublin. L'article 3 de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés interdit explicitement toute discrimination fondée sur le « pays d'origine ». L'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) impose une interdiction absolue du refoulement.

Les chiffres belges en montrent toute l'importance. L'Afghanistan figure systématiquement dans le top 3 des pays d'origine des demandeurs d'asile en Belgique : environ 6.506 demandes en 2021 (après la prise de pouvoir des talibans), et à nouveau pays d'origine numéro 1 en 2025. Les taux de reconnaissance sont élevés : ± 84 % pour les Érythréens et les Yéménites au niveau de l'UE, 39-76 % pour les Afghans. Cela signifie que la majorité des demandeurs originaires de ces pays ont droit à la protection internationale.

Point crucial : la migration en provenance de pays en conflit comme l'Afghanistan, le Yémen et l'Érythrée est presque exclusivement liée à l'asile. Il n'existe pas de migration économique digne de ce nom en provenance de ces pays. Une limitation de la migration économique par nationalité, qui, elle, est juridiquement possible, n'aurait donc aucun effet.

Le modèle américain du travel ban n'est pas transposable à l'UE. Les États-Unis ne sont liés ni par le régime d'asile européen commun (RAEC) ni par la CEDH. Le modèle restrictif du Danemark est possible grâce à son opt-out européen en matière de justice et d'affaires intérieures. La Belgique ne dispose pas d'un tel opt-out et aurait besoin d'une modification des traités pour en obtenir un.

Ce qui est bel et bien possible : un meilleur retour des demandeurs d'asile déboutés, des procédures accélérées à la frontière pour les nationalités à faible taux de reconnaissance (dans le cadre du Pacte européen sur la migration et l'asile de 2024) et une coopération avec les pays de transit. HART choisit des instruments juridiquement tenables et qui fonctionnent réellement.


5. HART veut un visa de recherche d'emploi sur le modèle allemand

Le problème

La Belgique n'offre aucun instrument permettant à un professionnel étranger de venir en Belgique pour chercher un emploi. Il faut déjà avoir un emploi avant de pouvoir demander un visa de travail. Un cercle vicieux qui pousse les talents vers les pays concurrents.

Comment font les autres ?

La Chancenkarte allemande (depuis juin 2024) offre jusqu'à 1 an de séjour pour chercher un emploi, avec un travail à temps partiel jusqu'à 20 heures par semaine. Conditions de base : une formation professionnelle d'au moins 2 ans, l'allemand A1 ou l'anglais B2, et des moyens financiers d'environ 1.091 euros/mois. La première année, cela a produit 11.500 cartes.

Le zoekjaar (année de recherche) néerlandais offre aux diplômés d'établissements néerlandais ou des 200 meilleures universités mondiales un titre de séjour de 12 mois avec libre accès au marché du travail. Environ 26 % des diplômés internationaux sont encore aux Pays-Bas 5 ans après l'obtention de leur diplôme.

Ce que veut HART

HART plaide pour un visa belge de recherche d'emploi avec les caractéristiques suivantes :

  • 12 mois de séjour pour chercher un emploi, avec possibilité de travail à temps partiel (max. 20 heures/semaine).
  • Accessible aux titulaires d'une formation professionnelle pertinente (min. 2 ans) ou d'un diplôme universitaire, avec une connaissance de base d'au moins une langue nationale (A1) ou de l'anglais (B2).
  • L'autonomie financière comme condition. Aucun recours à l'aide sociale.
  • Conversion automatique en visa de travail dès qu'un emploi répondant aux seuils salariaux est trouvé.

6. Une plateforme centrale de jobmatching pour la migration économique

Le problème

Il n'existe aucune plateforme centrale qui met en relation les demandeurs d'emploi étrangers avec les employeurs belges ayant des postes vacants en pénurie. EURES, le réseau européen de mobilité professionnelle, propose environ 3 millions d'offres d'emploi provenant de 31 pays, mais il est conçu avant tout pour la mobilité intra-UE, pas pour les ressortissants de pays tiers.

Comment font les autres ?

Le Job Bank du Canada propose 150.000+ offres d'emploi et une fonction Job Match qui met en relation les candidats Express Entry avec les employeurs. Une offre d'emploi valable rapporte 50-200 points CRS supplémentaires.

Le portail allemand « Make it in Germany » est la plateforme d'information la plus complète, avec des offres d'emploi, un outil d'autoévaluation pour la Chancenkarte, une hotline multilingue et des informations sur la relocalisation. Il touche chaque année des millions d'utilisateurs de 200 pays, mais fonctionne avant tout comme portail d'information, pas comme outil direct de jobmatching.

Une étude de la Toronto Metropolitan University (2023) a montré que l'utilisation de plateformes numériques avant l'arrivée est fortement corrélée à de meilleurs résultats sur le marché du travail : 75 % des immigrés occupant des emplois bien rémunérés avaient utilisé les réseaux sociaux pour prospecter avant leur arrivée, contre seulement 25 % de ceux qui occupent des emplois précaires.

Ce que veut HART

HART plaide pour une plateforme de jobmatching belge ou européenne qui :

  • Met directement en relation les postes vacants en pénurie des employeurs belges avec des candidats étrangers qualifiés.
  • Est intégrée au système à points et au visa de recherche d'emploi : une correspondance sur la plateforme accélère la procédure de visa.
  • Collabore avec les canaux existants (VDAB, Actiris, Forem, LinkedIn, fédérations sectorielles).
  • Est multilingue et contient des informations sur la relocalisation (logement, reconnaissance des diplômes, cours de langue).

7. Obligation scolaire dès 3 ans. Le meilleur investissement dans l'intégration

Le problème

La Belgique a abaissé l'âge de l'obligation scolaire en 2020 de 6 à 5 ans. Bien que 98 % des enfants de 3 à 5 ans fréquentent l'enseignement maternel, cette moyenne cache un fossé énorme : chez les enfants de moins de 3 ans, 59,3 % des enfants non pauvres fréquentent un accueil formel de la petite enfance, contre seulement 20,1 % des enfants exposés au risque de pauvreté. Un écart d'un facteur trois. Les enfants issus de l'immigration sont structurellement sous-représentés.

Les preuves scientifiques

Les preuves en faveur de l'intervention précoce sont écrasantes. Les travaux pionniers de James Heckman montrent que le rendement de l'investissement dans l'éducation est le plus élevé dans les toutes premières années de vie : les retards précoces sont difficiles à rattraper par la suite. Les recherches de l'OCDE confirment que l'éducation préscolaire universelle réduit les inégalités : les enfants de migrants en profitent de manière disproportionnée. Des recherches allemandes montrent que la fréquentation d'un accueil de la petite enfance par les enfants réfugiés profite non seulement à l'enfant, mais à toute la famille. Les parents construisent des réseaux sociaux, exercent leurs compétences linguistiques et accèdent aux informations sur le marché du travail.

La France a rendu l'instruction obligatoire dès 3 ans depuis septembre 2019. La Hongrie a fait de même en 2015. Le Danemark impose, dans les quartiers défavorisés désignés, l'accueil de la petite enfance dès 1 an (25 heures/semaine).

Ce que veut HART

  • Abaissement de l'âge de l'obligation scolaire à 3 ans, sur le modèle français.
  • Une prime d'encouragement à la fréquentation de l'enseignement maternel, sur le modèle du supplément flamand de fréquentation de la maternelle (kleutertoeslag, 146,40 euros pour les enfants de 4 ans ayant une présence suffisante). Une incitation financière positive est juridiquement plus sûre et plus efficace qu'une réduction des allocations familiales de base.
  • Priorité à la qualité : l'éducation précoce doit être axée sur le jeu, la langue et les compétences sociales. Pas sur l'apprentissage formel.

8. Combattre la ségrégation. Pas par une politique punitive, mais par une politique structurelle

Le problème

La Belgique a obtenu dans le MIPEX 2020 un score de 69/100 (8e sur 56 pays) et partage la première place mondiale en matière de politique antidiscrimination. Mais derrière ces scores institutionnels se cache un grave problème de ségrégation. Les chercheurs du projet ResSegr (Université de Stockholm) concluent que la ségrégation à grande échelle est plus marquée en Belgique qu'au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède. Dans les centres-villes belges, faible emploi, faible niveau de formation, faibles revenus et forte dépendance à l'aide sociale se superposent.

Bruxelles se démarque. La ségrégation par la pauvreté y est deux fois plus élevée qu'à Oslo et à Copenhague, et trois fois plus élevée qu'à Amsterdam. Seuls 22 % de la population bruxelloise sont d'origine belge.

Qu'est-ce qui ne marche pas ?

La liste des ghettos du Danemark identifie des quartiers sur la base de l'origine non occidentale, du chômage et des revenus, et impose la réduction du nombre de logements sociaux locatifs par démolition, vente et déménagements forcés. L'avocat général de la Cour de justice de l'UE a estimé en février 2025 que cette politique est discriminatoire au regard de la directive sur l'égalité raciale.

La politique de la ville française, la plus ancienne politique antiségrégation d'Europe (depuis les années 70), est largement considérée comme un échec. Après des décennies de rénovation urbaine, la pauvreté est restée aussi concentrée qu'auparavant. Le taux de pauvreté dans les quartiers prioritaires est de 42 % contre 12 % dans les zones environnantes. La rénovation physique ne se traduit pas par une mixité sociale.

La politique de dispersion néerlandaise, via un secteur locatif social vaste et diversifié, a produit des niveaux de ségrégation plus modestes qu'en Belgique. La clé : des logements sociaux locatifs de qualité convenable répartis sur toute la ville, et non concentrés dans les quartiers défavorisés.

Ce que veut HART

HART préfère la politique structurelle à la politique punitive :

  • Construction de logements sociaux dispersés : construire de nouveaux logements sociaux en dehors des zones de concentration existantes, sur le modèle néerlandais.
  • Intégration ciblée sur le marché du travail : accompagnement intensif vers l'emploi dans les quartiers de concentration, en tenant compte de l'accueil de la petite enfance et des cours de langue comme conditions préalables.
  • Déségrégation scolaire : une politique d'inscription qui favorise la mixité sociale, à la place de l'actuelle ségrégation de fait par le choix de l'école.
  • Pas de déménagements forcés : le modèle danois est juridiquement risqué et éthiquement problématique.

9. Cadre juridique : traités internationaux et appartenance à l'UE

Ceci n'est pas une position de HART, mais le cadre juridique dans lequel toute politique migratoire doit opérer.

Quiconque veut réformer la politique d'asile doit se positionner par rapport à la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés et à son Protocole de 1967. Le retrait est techniquement possible (l'article 44 prévoit la dénonciation avec un préavis d'un an), mais serait incompatible avec l'appartenance à l'UE :

  • L'article 78, paragraphe 1, du TFUE exige explicitement que la politique d'asile de l'UE soit « conforme à la Convention de Genève ».
  • L'article 18 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE garantit le droit d'asile « dans le respect » de cette même convention.
  • L'ensemble du régime d'asile européen commun est bâti sur cette base.
  • Un retrait pourrait déclencher les procédures de l'article 7 du TUE (mécanisme de l'État de droit).

De plus, le non-refoulement ne relève pas seulement du droit conventionnel, mais aussi du droit coutumier : il s'applique indépendamment de l'adhésion aux traités. L'article 3 de la CEDH offre une protection indépendante.

HART reconnaît cette réalité juridique et choisit des réformes qui s'inscrivent dans le cadre conventionnel existant. Ambitieuses mais tenables.


10. Une politique de retour efficace. Frontière extérieure étanche, exécution rapide, pas de modèles exotiques

Le problème

La politique belge de retour se caractérise par un fossé énorme entre les décisions et leur exécution. En 2024, la Belgique a délivré 37.672 ordres de quitter le territoire. Le taux de retour effectif est dramatiquement bas. La moyenne de l'UE n'est que de ± 26 %. Les estimations du nombre de migrants sans papiers en Belgique varient de 40.000 à 140.000.

Les principaux obstacles sont structurels : le non-refoulement rend impossible le retour vers les pays en conflit ; les pays d'origine refusent de reprendre leurs ressortissants ; l'identification est souvent impossible ; les voies de recours juridiques ralentissent le processus. À cela s'ajoute le fait que la voie de l'asile est massivement utilisée par des migrants économiques. 53 % de tous les demandeurs sont déboutés, ce qui signifie que plus de la moitié des personnes qui introduisent une demande n'ont pas droit à la protection, mais restent pourtant des années dans le système.

Qu'est-ce qui ne marche pas ?

Le traitement offshore de l'Australie à Nauru coûte désormais 5,6 millions de dollars australiens par personne et par an (3,9 millions de dollars américains) : 546 fois plus cher que l'accueil au sein de la communauté. Le plan Rwanda britannique a coûté au moins 700 millions de livres sans qu'un seul demandeur d'asile ait été transféré contre son gré. L'accord Rwanda du Danemark n'a jamais été mis en œuvre. L'offshore est trop cher, juridiquement intenable et d'une inefficacité prouvée.

Ce qui marche

La Suède réalise le taux d'éloignement par habitant le plus élevé de l'UE (9,38 pour 10.000 habitants en 2024). L'Allemagne affiche le nombre absolu le plus élevé (15.230 retours en 2024, +48 %). La France illustre l'inverse : malgré plus de 125.000 ordres de quitter le territoire par an, le taux de retour effectif n'est que de 8-15 %. Le dénominateur commun de ce qui marche : une frontière extérieure étanche, des décisions rapides, des délais d'exécution courts, la reconnaissance mutuelle des décisions au sein de l'UE et une politique réaliste de détention et de gestion de cas.

Ce que veut HART

HART veut une politique de retour qui fonctionne réellement, sans coûts astronomiques ni constructions juridiquement contestables. L'essentiel : délivrer moins d'ordres de quitter le territoire en faisant entrer par la voie régulière les personnes qui sont en réalité des migrants économiques, et renvoyer les autres rapidement et sans faiblesse.

1. Une frontière extérieure de l'UE étanche

  • Des pushbacks selon le modèle étroit N.D. (Cour européenne des droits de l'homme, N.D. et N.T. c. Espagne, 2020) : repousser les non-demandeurs d'asile qui forcent massivement la frontière en dehors des points d'entrée légaux, à condition que des voies d'asile légales subsistent à la frontière. C'est ce que la Finlande, la Pologne, la Lituanie et l'Espagne font déjà aujourd'hui dans le cadre de la CEDH.
  • Renforcement physique de la frontière extérieure là où c'est nécessaire : clôtures, surveillance, moyens maritimes, détection électronique.
  • Frontex à 10.000 garde-frontières d'ici 2027, avec un mandat renforcé tant pour la surveillance des frontières que pour le retour forcé des demandeurs d'asile déboutés qui ne coopèrent pas.
  • Eurodac à la frontière pour un enregistrement et une identification biométriques immédiats.

2. Des procédures belges rapides

  • Décision d'asile dans les 6 mois, pour que les demandeurs d'asile déboutés ne restent pas bloqués des années dans le système.
  • Couplage obligatoire entre refus d'asile et ordre de quitter le territoire : qui reçoit une décision d'asile négative reçoit automatiquement et simultanément un ordre de quitter le territoire. Aujourd'hui, les deux sont juridiquement séparés, et c'est une faille.
  • Exécution dans les 30 jours suivant un ordre de quitter le territoire définitif, faute de quoi suivent la détention ou la contrainte effective.

3. Reconnaissance mutuelle au sein de l'UE

  • Une seule décision de retour européenne, valable dans tout l'espace juridique, sur le modèle du mandat d'arrêt européen. Les demandeurs d'asile déboutés ne peuvent pas obtenir un réexamen dans un autre État membre par des mouvements secondaires ou du forum shopping.
  • Une soupape de suspension dans l'État membre d'exécution si le non-refoulement est mis en cause par un changement de circonstances dans le pays d'origine. Même logique que les motifs de refus du mandat d'arrêt européen. C'est de toute façon juridiquement requis en vertu de l'article 3 de la CEDH.

4. Des accords de réadmission avec des leviers

  • Utiliser les leviers commerciaux et les leviers des visas pour imposer la coopération des pays d'origine. Les pays qui ne reprennent pas leurs propres ressortissants perdent l'accès aux visas préférentiels et aux clauses commerciales.
  • Des mécanismes de sanction au niveau de l'UE contre les pays tiers qui refusent structurellement de coopérer.

5. Détention et gestion de cas

  • Durée maximale de détention de 18 mois (plafond européen actuel), uniquement pour qui ne coopère pas au retour ou présente un risque de fuite ou d'identification.
  • Détention des enfants interdite. Les familles avec des enfants mineurs reçoivent comme alternative : obligation de se présenter, bracelet électronique, logement fixe dans une unité familiale et une date limite de départ claire avec billet d'avion. Qui ne coopère pas perd tout accueil et toute aide après la date limite.
  • Les adultes qui ne coopèrent pas peuvent être détenus séparément comme moyen de pression pour obtenir un retour volontaire, y compris dans un contexte familial.
  • Gestion de cas individuelle comme alternative à la détention là où c'est possible, conformément à la loi sur la politique de retour proactive (2024).

6. Aide juridique en cas de recours

  • Aide juridique entièrement gratuite en première instance. La protection juridictionnelle effective (article 47 de la Charte de l'UE) reste garantie dans la première procédure.
  • Supprimée en deuxième instance. Qui a déjà bénéficié d'une procédure équitable en première instance et l'a perdue n'a pas droit à une deuxième procédure entièrement financée aux frais de la Belgique. Cela accélère l'exécution et décourage les recours introduits purement comme tactique dilatoire.

7. Pas d'offshore, pas de modèles exotiques

  • Pas de return hubs dans des pays tiers.
  • Pas de traitement offshore des demandes d'asile (type Rwanda, Albanie).
  • Trop cher, juridiquement intenable, d'une inefficacité prouvée.

10bis. Une voie stricte vers le visa de travail comme alternative à l'ordre de quitter le territoire

Pourquoi cet instrument

Un levier souvent oublié sur le taux de retour consiste à réduire le compteur lui-même. Si l'on offre aux demandeurs d'asile déboutés qui remplissent des conditions strictes de travail, de langue et de casier judiciaire une voie unique vers un visa de travail, ils disparaissent des statistiques d'ordres de quitter le territoire sans qu'il faille construire quoi que ce soit à Nauru ou au Rwanda. On réduit la population sans papiers (40.000 à 140.000) du côté le moins coûteux, et l'on met en même temps la pression sur ceux qui ne remplissent pas les conditions : ceux-là doivent partir dans les 30 jours.

Ce n'est pas un pardon général. Ce n'est pas une amnistie. C'est un passage unique, strictement conditionnel, de ceux qui, malgré tout, contribuent déjà économiquement dans la pratique, vers la voie migratoire régulière que HART veut aussi pour les primo-arrivants (position 1, système à points, et position 5, visa de recherche d'emploi).

Les conditions (strictes)

  • Minimum 3 ans de séjour effectif en Belgique.
  • Contrat de travail à temps plein ou offre ferme dans un métier en pénurie (listes du VDAB, d'Actiris et du Forem).
  • Casier judiciaire vierge. Toute condamnation exclut.
  • Minimum A2 en néerlandais, en français ou en allemand.
  • Évaluation individuelle par dossier. Pas de reconnaissance automatique, pas de régularisation par catégorie.
  • Plafond annuel lié au baromètre des métiers en pénurie du VDAB, d'Actiris et du Forem. Si le marché du travail se détend, la fenêtre se ferme.
  • Unique. Qui est refusé ou perd son emploi dans les 2 ans suivant l'octroi retombe sous le coup d'un ordre de quitter le territoire, exécuté dans les 30 jours.

Pourquoi cela marche

Arithmétiquement, le nombre d'ordres de quitter le territoire (le dénominateur) diminue et le taux de retour effectif de ceux qui ne sont réellement pas intégrables augmente. Économiquement, chaque migrant supplémentaire qui travaille apporte une contribution fiscale positive (BNB 2020 : +0,1 à +0,8 % du PIB). Juridiquement, c'est entièrement tenable dans le cadre national et européen existant. Politiquement, cela désamorce la concurrence déloyale entre travailleurs au noir et travailleurs réguliers sans céder un centimètre sur le principe.


11a. Mettre en œuvre intégralement et rapidement le Pacte européen sur la migration et l'asile de 2024

Qu'est-ce qui change ?

Le Pacte européen sur la migration et l'asile, adopté en mai 2024 et applicable au plus tard le 12 juin 2026, réforme en profondeur la politique d'asile européenne :

  • Le règlement sur le filtrage impose un filtrage de 7 jours aux frontières extérieures : contrôle d'identité, contrôle sanitaire, contrôle de sécurité et enregistrement biométrique.
  • Le règlement sur la procédure d'asile introduit une procédure à la frontière obligatoire pour les demandeurs originaires de pays dont le taux de reconnaissance est inférieur à 20 %, les demandeurs qui trompent les autorités et les menaces pour la sécurité.
  • Le règlement Eurodac étend l'enregistrement biométrique (y compris la reconnaissance faciale) et abaisse l'âge d'enregistrement de 14 à 6 ans.
  • Le règlement relatif à la gestion de l'asile et de la migration remplace Dublin III par un mécanisme de solidarité permanent : un pool de 430 millions d'euros, dans lequel les États membres choisissent entre des relocalisations, des contributions financières (20.000 euros par personne non relocalisée) ou des mesures alternatives.

Frontex est passé d'un budget de 5,5 millions d'euros en 2005 à 1,12 milliard d'euros en 2025, avec un effectif cible de 10.000 garde-frontières d'ici 2027.

Ce que veut HART

  • Mise en œuvre intégrale et rapide du Pacte. La Belgique doit être en tête de peloton, pas à la traîne. Pas de cherry-picking vers le bas, pas de tactique dilatoire.
  • Investissement dans l'infrastructure de filtrage et la capacité Eurodac aux frontières, ainsi que dans la capacité opérationnelle belge pour appliquer immédiatement la procédure à la frontière.
  • Fusion de l'Office des étrangers (OE), du CGRA, de Fedasil et du Conseil du contentieux des étrangers (CCE) en un seul Service public fédéral Migration. Le gouvernement de coalition le prévoit déjà, HART le soutient et veut l'accélérer.

Une trajectoire cible en deux temps

  • Court terme (législature 2029-2034) : réduction à 11.400 demandes d'asile par an, la « part équitable » de la Belgique dans le cadre du mécanisme de solidarité. Une réduction de 70 % par rapport aux ± 40.000 d'aujourd'hui.
  • Moyen terme (d'ici 2035) : niveau suédois/danois, moins de 4.000 demandes par an, via la convergence européenne et la réinterprétation de la CEDH (voir 11b). À titre de comparaison : la Suède est passée de 163.000 demandes en 2015 à environ 6.000 en 2024, le Danemark de 21.000 à 2.219.

11b. Au sein de la coalition de réforme européenne : où HART participe et où il ne participe pas

La « coalition danoise » de neuf États membres plaide pour des réformes plus poussées de la politique européenne d'asile et de migration, avec la réinterprétation de la CEDH et l'externalisation comme axes principaux. Cette coalition n'est pas un monolithe. HART se positionne comme participant sélectif et choisit volet par volet.

Ce que HART soutient

  • Une pression diplomatique sur les pays tiers pour un meilleur respect des obligations de réadmission. Conditionnalité des visas, clauses dans les accords commerciaux et conditionnalité de l'aide au développement pour contraindre les pays d'origine à reprendre leurs ressortissants.
  • Des mécanismes de sanction contre les États membres de l'UE qui sapent le Pacte. Retenue des fonds européens à l'encontre des États membres qui laissent systématiquement passer, refusent d'enregistrer ou ne surveillent pas la frontière.
  • Une renégociation de l'interprétation de la CEDH via le Conseil de l'Europe. Réinterpréter conjointement l'article 3 (non-refoulement) et l'article 8 (vie familiale) dans le contexte migratoire par la voie parlementaire, avec les 47 États membres du Conseil de l'Europe. Pas unilatéralement, pas via un opt-out.

Ce que HART ne soutient pas comme objectif politique

  • Le traitement offshore des demandes d'asile dans des pays tiers. Modèle Rwanda, modèle Albanie. Trop cher, juridiquement intenable, d'une inefficacité prouvée.
  • Le financement européen du renforcement des capacités des systèmes d'asile dans des pays tiers. HART ne veut pas investir d'argent européen dans des structures qui soutiennent ou élargissent la voie de l'asile. L'objectif est moins de demandes d'asile, pas davantage ou mieux organisées.
  • Un retrait unilatéral de la CEDH.
  • Des opt-outs nationaux du Pacte.

L'option nucléaire

Un retrait unilatéral de la CEDH et un opt-out national en matière de justice et d'affaires intérieures ne sont pas un objectif politique de HART. Mais si la voie du Conseil de l'Europe s'enlise après un effort raisonnable (une législature de pression diplomatique conjointe) et que le flux de demandeurs d'asile reste structurellement au-dessus de la « part équitable », les deux instruments restent sur la table comme ultime moyen de pression politique. HART ne les exclut pas par avance. Ce n'est pas une menace, c'est du réalisme : qui n'a aucun moyen de pression en réserve n'a pas non plus de pouvoir de négociation à Bruxelles.


11c. Les leviers belges dans les négociations européennes

Géométrie variable, pas de discipline de bloc

HART ne choisit pas de bloc fixe au Conseil. Sur la « reconnaissance mutuelle des décisions de retour », la Belgique travaille avec la coalition danoise. Sur le « pas d'offshore », la Belgique travaille avec l'Espagne, le Portugal, l'Irlande et le Luxembourg. Sur la « procédure stricte à la frontière », la Belgique travaille avec tous ceux qui y sont favorables. Pas de loyauté de coalition au-dessus du programme de HART, pas d'alliance idéologique avec un seul camp. Des majorités pragmatiques dossier par dossier, guidées par la ligne HART.

Concrètement : à chaque Conseil JAI, à chaque réunion du COREPER et dans chaque groupe de travail sur la migration (JAI, SCIFA), le ministre belge se positionne point par point sur la base du contenu, pas sur la base d'une discipline de bloc.

Une décision rapide plutôt que des analyses d'impact interminables

HART ne soutient aucune obligation de réaliser au préalable des analyses d'impact approfondies pour chaque proposition en matière de migration externe. Dans la pratique, ces analyses sont utilisées par les adversaires de toute forme de politique plus stricte pour retarder la décision de plusieurs années. HART choisit la rapidité dans l'exécution et l'évaluation a posteriori. Ce qui ne marche pas est corrigé. Mais nous ne bloquons pas la mise en œuvre du Pacte parce qu'une analyse n'est pas encore terminée.

Transparence sur la position belge dans l'UE

  • Rapport parlementaire obligatoire dans les 14 jours suivant chaque Conseil JAI. Le ministre belge vient expliquer au parlement, dans les deux semaines suivant chaque Conseil Justice et Affaires intérieures de l'UE : ce qui a été voté, quelle était la position belge, pourquoi, et quelles coalitions ont été formées.
  • Publication de la position belge avant chaque Conseil JAI sur le site web du ministre compétent, afin que les citoyens et le parlement puissent en prendre connaissance et la corriger à l'avance.
  • Pas d'accords confidentiels à Bruxelles que le parlement et le citoyen ne peuvent pas lire.

Ce n'est pas une charge administrative, c'est un contrôle démocratique élémentaire sur un domaine politique qui a un impact direct sur chaque commune belge. L'Allemagne et le Danemark le font déjà de manière structurelle. La Belgique est à la traîne. HART veut y remédier.


12. Séjour permanent après 5 ans : la norme européenne avec des conditions belges

Le cadre actuel

La directive européenne relative aux résidents de longue durée (2003/109/CE) oblige les États membres à accorder le statut de résident de longue durée après 5 ans de séjour légal et ininterrompu, à condition que le demandeur dispose de revenus stables et d'une assurance maladie. La Belgique met en œuvre la directive avec une condition de revenus de 1.038 euros/mois pour une personne isolée (+346 euros par membre de la famille) et aucun test de langue ou d'intégration. À titre de comparaison : les Pays-Bas exigent un examen d'intégration civique, l'Allemagne le niveau B1 en allemand.

La Cour de justice a jugé dans l'affaire C-302/18, X contre État belge (2019) qu'une évaluation individuelle est requise. Une interdiction catégorique visant tout recours passé à l'aide sociale serait probablement contraire au droit de l'UE.

Ce que veut HART

HART soutient le séjour permanent après 5 ans. C'est la norme européenne et ce n'est pas négociable. Mais il veut durcir les conditions :

  • Condition de revenus : un revenu stable sans recours structurel à l'aide sociale. Un recours occasionnel (par exemple pendant une période de chômage temporaire) ne peut pas entraîner d'exclusion automatique. Une évaluation individuelle est requise.
  • Condition d'intégration : test de langue obligatoire (minimum A2) et cours de citoyenneté. 15 États membres de l'UE l'appliquent déjà ; la Belgique est l'un des rares à ne pas le faire.
  • Pas d'allongement à 10 ans comme l'envisage le Royaume-Uni. Cela mettrait la Belgique en porte-à-faux avec le cadre européen et serait économiquement contre-productif.

Conclusion : ambitieux et réaliste

HART combine une migration économique ambitieuse avec des conditions strictes mais juridiquement tenables :

Économique : un système à points sur le modèle canadien, un visa de recherche d'emploi sur le modèle allemand, une plateforme centrale de jobmatching et un recrutement actif dans les secteurs en pénurie. La Belgique doit se battre pour les talents, pas attendre qu'ils viennent d'eux-mêmes.

Intégration : obligation scolaire dès 3 ans, lien avec les allocations familiales via des primes d'encouragement, approche structurelle de la ségrégation via la politique du logement et du marché du travail, et un parcours de naturalisation qui place le travail et la langue au centre.

Asile et retour : pleine utilisation du Pacte européen sur la migration et l'asile de 2024, procédures à la frontière, décisions d'asile plus rapides, politique de retour plus efficace via des accords de réadmission, et fusion en un seul Service public fédéral Migration.

Cadre juridique : toutes les propositions sont conçues dans le cadre du droit européen et conventionnel existant. Pas de politique symbolique, pas de promesses juridiquement intenables. Ce que nous proposons, nous pouvons aussi le réaliser.