Principe fondamental : simplicité, équité et constitution d'un patrimoine. Les impôts doivent récompenser le travail, rendre le logement abordable et ne pas pénaliser les épargnants.
La Belgique a la pression fiscale sur le travail la plus élevée de l'OCDE (52,6 %), une évaluation immobilière datant de 1975, un quotient conjugal qui retient les femmes à la maison, et un système d'épargne-pension où les banques et les assureurs gagnent plus que l'épargnant. Dans le même temps, l'État subventionne les voitures de société pour un montant estimé entre 3 et 6 milliards d'euros par an. Pendant que les jeunes familles ne peuvent pas acheter de maison. HART veut un système fiscal qui récompense le travail, soutient le logement et rend l'épargne équitable. Non pas en taxant davantage, mais en taxant autrement : une base plus large, des taux plus bas, moins d'exceptions.
Les faits
| Indicateur | Belgique | Contexte |
|---|---|---|
| Pression fiscale sur le travail | Coin fiscal de 52,6 % (isolé, salaire moyen) | La plus élevée de l'OCDE (moyenne : 34,9 %) |
| Voitures de société | 626.000 (SPF Mobilité 2024) ; 572.416 voitures-salaires (ONSS) | 62 % de toutes les voitures particulières neuves. Coût fiscal estimé : 3 à 6 Mds €/an (BFP, projection 2028) |
| Budget mobilité | 77 % des utilisateurs le consacrent au logement (loyer/hypothèque) | Seuls 0,4 % de l'ensemble des travailleurs y recourent (± 3 % des ayants droit) |
| Revenu cadastral | Basé sur les valeurs locatives du 1er janvier 1975 | Dernière péréquation : 1980. Depuis, uniquement indexé |
| Quotient conjugal | Max. 13.460 € transférables (ex. d'imp. 2026) | ± 500.000 ménages en profitent ; jusqu'à ± 6.000-6.500 € d'avantage fiscal/an |
| Revenus complémentaires des pensionnés | Illimités à partir de 66 ans avec 45 ans de carrière | Pensionnés anticipés : max. 10.117 €/an, sinon perte de pension |
| Compétitivité fiscale | 30e sur 38 pays de l'OCDE (Tax Foundation ITCI 2025) | Estonie : 1re (depuis 12 ans d'affilée) |
| Versement de l'épargne-pension | En moyenne 71.631 € à la pension (FSMA) | Femmes : 40.313 €. Hommes : 92.101 €. 10 % inférieurs : 143 € |
| Taxe sur les opérations de bourse (TOB) | 0,35 % actions ; 1,32 % fonds de capitalisation | La Belgique a déjà une taxe sur les transactions financières. Mais non harmonisée avec l'UE |
Sources : OCDE Taxing Wages 2025 ; Bureau fédéral du Plan (Franckx & Hoornaert, juin 2025) ; ONSS Q4 2024 ; SPF Mobilité 2024 ; SPF Finances ; étude de la FSMA sur les coûts, avril 2024 ; Tax Foundation ITCI 2025 ; Securex ; Acerta.
1. Un budget logement plutôt qu'une voiture de société
Position : La Belgique subventionne les voitures de société pour un montant estimé entre 3 et 6 milliards d'euros par an. HART veut ouvrir le budget mobilité à tous les travailleurs, et pas seulement à ceux qui ont droit à une voiture de société, et le limiter à la première habitation propre. Neutre sur le plan budgétaire : pas de nouvelle dépense, mais une réallocation du subside automobile vers un subside au logement. Voir le chapitre Logement pour le développement complet du budget logement, les mesures du côté de l'offre et les comparaisons internationales (CPF de Singapour, pilier 2 du budget mobilité).
2. Moderniser le revenu cadastral
Position : Le revenu cadastral (RC) est basé sur des valeurs locatives estimées au 1er janvier 1975. HART veut une transition progressive vers une évaluation immobilière conforme au marché (sur le modèle néerlandais WOZ), avec une protection des propriétaires occupants d'un seul logement et une compensation financière pour les communes. Voir le chapitre Logement pour le développement complet : modernisation du RC, impôt immobilier progressif basé sur le nombre de propriétés (RC = 0 sur la première habitation modeste, multiplication en cas de propriétés multiples), et le lien avec le stop béton et la densification.
3. Supprimer le quotient conjugal : baisser les impôts pour tous
Position : Le quotient conjugal permet de transférer jusqu'à 30 % du revenu professionnel net commun au partenaire qui n'a pas de revenus ou en a peu. Jusqu'à un maximum de 13.460 € (exercice d'imposition 2026). L'avantage peut atteindre environ 6.000 à 6.500 € par an (centimes additionnels communaux compris, au taux marginal de 50 %). Environ 500.000 ménages en profitent (FGTB), dont 277.000 en âge de travailler (Ligue des Familles). Le système récompense les ménages à un seul revenu et pénalise les ménages à deux revenus et les isolés. Exactement l'inverse de ce dont le marché du travail a besoin.
Ce que dit la recherche :
- OCDE Taxing Wages 2025 : le coin fiscal pour un isolé en Belgique est de 52,6 %, mais tombe à 36,9 % pour un ménage à un seul revenu avec 2 enfants. Un écart de plus de 15 points de pourcentage, l'un des plus importants de l'OCDE. Les deuxièmes apporteurs de revenus (des femmes à plus de 75 %) sont fiscalement pénalisés lorsqu'ils commencent à travailler.
- FMI (2021, Country Report 21/210) : le quotient conjugal « récompense de manière disproportionnée les revenus élevés » et « décourage l'emploi de certains groupes de femmes ». Le FMI recommande une suppression complète.
- OCDE Working Paper (Social, Employment & Migration n° 76, Immervoll et al.) : l'analyse montre qu'une baisse de l'impôt pour les deuxièmes apporteurs de revenus en Belgique générerait des effets substantiels sur la participation. Potentiellement autofinancée par une participation accrue au marché du travail.
- Parlement européen (2025) : les systèmes d'imposition conjointe entraînent une « pression fiscale marginale disproportionnellement plus élevée pour le deuxième apporteur de revenus, qui est souvent une femme ».
Ce que l'accord Arizona prévoit déjà : une suppression progressive : le maximum est réduit de moitié d'ici 2029 pour les non-pensionnés, avec un gel immédiat de l'indexation. Les pensionnés bénéficient d'une période transitoire de 20 ans (1/20e par an). Compensation par le relèvement de la quotité exemptée d'impôt à 14.450 € (exercice d'imposition 2030), puis à 15.600 € (exercice d'imposition 2031).
Ce que nous allons faire :
- Supprimer complètement le quotient conjugal en une législature pour les non-pensionnés, avec une période transitoire de maximum 5 ans.
- Compenser via la nouvelle structure des taux : les moyens libérés reviennent à tous les contribuables via la quotité exemptée d'impôt plus élevée et les tranches inférieures élargies (voir chapitre Impôts, §1). Les isolés, les ménages à deux revenus et les familles monoparentales en profitent le plus.
- Protéger les pensionnés via un régime transitoire de 10 ans (plus rapide que les 20 ans de l'Arizona). Les couples pensionnés dont l'un des partenaires dispose d'une faible pension propre reçoivent un supplément de pension spécifique qui compense la perte de revenus. Non pas via le code fiscal, mais via la législation sur les pensions.
- Traiter la charge d'enfants séparément. Les coûts liés aux enfants sont réels et méritent une reconnaissance fiscale. Mais via le supplément existant de quotité exemptée d'impôt pour enfants à charge, pas via le quotient conjugal.
Ce que HART ne récompense pas : rester à la maison. Qui choisit de ne pas travailler en a le droit. Mais le contribuable n'a pas à subventionner ce choix. HART récompense le travail, pas l'état civil.
Éprouvé : Suède. Imposition individuelle depuis 1971. Une étude (Selin, 2014, International Tax and Public Finance) montre que l'emploi des femmes mariées à des hauts revenus a augmenté significativement après la réforme, surtout dans les familles avec enfants. La Suède a atteint la moyenne de l'OCDE pour la participation des femmes dès 1974. Trois ans après la réforme. Tous les pays nordiques, le Royaume-Uni et l'Irlande appliquent l'imposition individuelle. Allemagne. L'Ehegattensplitting (encore plus poussé que le système belge) est soumis à une pression croissante en faveur de sa suppression.
4. Optimiser la taxe sur les transactions financières
Position : La Belgique a déjà une taxe sur les transactions financières. La taxe sur les opérations de bourse (TOB), instaurée en 1927. Mais le système est inutilement complexe (trois taux : 0,35 % pour les actions, 0,12 % pour les obligations, 1,32 % pour les fonds de capitalisation) et n'est pas coordonné avec les pays voisins. Après 14 ans de négociations, la Commission européenne a annoncé le retrait de la TTF à l'échelle de l'UE (octobre 2025, dans le cadre du programme de travail 2026). La Belgique doit moderniser sa propre taxe.
Ce que nous allons faire :
- Simplifier la taxe boursière en un taux unique sur toutes les transactions financières, sur le modèle du stamp duty britannique sur les actions (0,5 % à l'achat). Le Royaume-Uni en tire 4,32 milliards de livres par an (stamp duty et SDRT combinés, 2024-25, HMRC) : plus de 40 % proviennent d'investisseurs étrangers. La taxe britannique sur les actions existe sous sa forme originelle de stamp duty depuis 1694 ; la SDRT électronique a été introduite en 1986.
- Appliquer le principe d'émission (issuance) : la taxe suit l'entreprise (cotée en Belgique = taxe belge), pas la place de négociation. Cela évite la fuite des capitaux qui a été fatale à la Suède en 1984-1991, quand 60 % du volume de transactions sur les actions les plus échangées a migré vers Londres.
- Maintenir les exemptions pour les teneurs de marché (market makers) afin de garantir la liquidité.
- Poursuivre la voie européenne pour une harmonisation plus poussée, mais ne plus attendre un accord à l'échelle de l'UE qui, après 14 ans, n'est pas venu.
Leçon de l'étranger : la taxe suédoise sur les transactions (1984-1991) est l'exemple type de ce qu'il ne faut pas faire : taux trop élevé (1 % par côté), pas de principe d'émission, pas d'exemption pour les teneurs de marché. Les transactions obligataires ont chuté de 85 % dès la première semaine après l'introduction. La taxe a été supprimée en 1991. La France prélève depuis 2012 une TTF sur les grandes entreprises cotées. Le taux a été relevé à 0,4 % en avril 2025, pour une recette estimée à environ 2 à 2,5 milliards d'euros par an.
Éprouvé : Royaume-Uni. Stamp duty/SDRT sur les actions : 0,5 % sur les achats d'actions, 4,32 Mds £ de recettes combinées (2024-25). France. TTF : 0,4 % (depuis avril 2025), ± 2 à 2,5 Mds €/an. Suède. Le contre-exemple : 60 % du volume de transactions a fui vers Londres, les transactions obligataires ont chuté de 85 % en une semaine. Supprimée en 1991.
5. Les pensionnés peuvent gagner un revenu complémentaire sans pénalité
Position : Les pensionnés qui ont atteint l'âge légal de la pension (66 ans depuis le 1er janvier 2025 ; 67 ans à partir de 2030) avec 45 ans de carrière peuvent gagner un revenu complémentaire sans limite. Mais les pensionnés anticipés sans 45 années de carrière sont soumis à un plafond de revenus de 10.117 €/an comme salarié sans personne à charge (2025). Un euro de trop, et la pension est réduite proportionnellement. Ou, en cas de dépassement de plus de 100 % : suspension complète pour toute l'année civile. Un nouveau plafond de revenus de 7.876 €/an pour les flexi-jobs des pensionnés anticipés (AR 2025) rend le système encore plus complexe. L'OCDE identifie la Belgique comme un cas à part, avec une « suspension obligatoire de la pension anticipée au-delà de plafonds de revenus très bas ».
Ce que nous allons faire :
- Supprimer tous les plafonds de revenus complémentaires, y compris pour les pensionnés anticipés. Qui travaille contribue via les impôts et l'ONSS. C'est suffisant.
- S'attaquer au piège à la pension en remplaçant la perte de pension en cas de revenu complémentaire par une intégration dégressive : chaque euro supplémentaire gagné est imposé normalement, mais la pension n'est pas réduite. Plus d'effets de seuil.
- Maintenir les flexi-jobs pour les pensionnés, mais supprimer le nouveau plafond de revenus de 7.876 €/an pour les pensionnés anticipés. Il ne fait que compliquer le système.
Éprouvé : Allemagne. La Hinzuverdienstgrenze pour la pension de vieillesse anticipée a été entièrement supprimée le 1er janvier 2023 ; à partir de 2026 s'y ajoute une exonération fiscale supplémentaire (Aktivrente) de 2.000 €/mois pour les pensionnés qui travaillent après l'âge légal de la pension. Pays-Bas. Aucune limite de revenus avec l'AOW (pension d'État). Royaume-Uni. Liberté totale de gagner un revenu complémentaire en plus de la pension d'État. Suède. Les pensionnés peuvent percevoir 25 %, 50 %, 75 % ou 100 % de leur pension tout en travaillant sans limite, avec un bonus à l'emploi majoré pour les 66 ans et plus.
6. Simplification fiscale : base plus large, taux plus bas
Position : La Belgique occupe la 30e place sur 38 pays de l'OCDE dans l'International Tax Competitiveness Index de la Tax Foundation (2025). L'Estonie est numéro 1 depuis douze ans. Avec un système simple qui complique la fraude et simplifie la vie des citoyens. L'impôt des personnes physiques belge compte quatre tranches (25 %, 40 %, 45 %, 50 %), le taux maximal de 50 % s'appliquant à partir d'environ 49.840 € (année de revenus 2025). La véritable complexité réside dans les centaines de déductions, réductions d'impôt et régimes d'exception qui rendent le système opaque. Des fiscalistes associés au Conseil supérieur des Finances ont décrit le système belge comme « un ensemble incohérent » et « un seau percé de cinquante trous » (Wim Coumans, membre de la section Fiscalité du CSF ; Bruno Peeters, professeur de droit fiscal).
Ce que nous allons faire :
- Élargir la base imposable, restructurer les taux. Le principe : chaque exception supprimée finance un recalibrage des taux. Seules subsistent les déductions dont l'objectif est « prouvé et accepté ». Les instruments d'orientation (« le pollueur paie ») et les mesures qui s'inscrivent dans la réalité économique.
- Revoir fondamentalement la structure des taux. HART abandonne les quatre tranches (25/40/45/50 %) et opte pour trois tranches claires avec des seuils déplacés : 25 % jusqu'à 16.000 €, 40 % jusqu'à 27.000 €, et 50 % au-delà de 27.000 €. La classe moyenne respire et tout le monde y gagne en net, y compris le sommet. Cette structure a été testée avec EUROMOD (coût net de 8,42 milliards d'euros combiné avec le relèvement du Groeipakket (allocations familiales flamandes), Gini −0,66 pp, AROP −0,91 pp). Voir le chapitre Impôts, §1, pour l'analyse EUROMOD complète et le tableau par décile.
- Relever la quotité exemptée d'impôt à 16.000 € par an, de sorte qu'elle coïncide exactement avec le plafond de la tranche la plus basse. Les premiers 16.000 € de chaque revenu sont donc totalement exonérés d'impôt. Ce relèvement fait partie de la structure testée avec EUROMOD et remplace les trajectoires de compensation éparses de l'accord Arizona. Pour que les bas salaires ne paient plus rien et que la classe moyenne ne soit pas oubliée.
- Déclaration numérique sur le modèle estonien. L'Estonie atteint plus de 98 % de déclarations électroniques ; la plupart sont préremplies et bouclées en quelques minutes. Le Tax-on-web belge est un bon début, mais HART veut un système dans lequel plus de 80 % des contribuables peuvent confirmer leur déclaration en un clic. Sans l'aide d'un comptable.
- Évaluer systématiquement les niches fiscales. Tous les cinq ans, l'intégralité de l'Inventaire des dépenses fiscales fédérales est passée au crible de l'efficacité. Les niches qui n'atteignent pas leur objectif sont supprimées.
- Étudier le modèle d'imposition duale comme réforme structurelle à moyen terme. Le modèle nordique impose tous les revenus du capital à un taux unique (± 25-30 %) et maintient des taux progressifs sur le travail. Cela réduit la fuite des capitaux et simplifie structurellement le système.
Éprouvé : Estonie. Flat tax de 22 % (depuis 2025 ; le relèvement à 24 % a été annulé par le parlement), pas d'impôt sur les bénéfices non distribués des entreprises, déductions minimales, plus de 98 % de déclarations électroniques. N° 1 en compétitivité fiscale depuis 2014. Seuil exonéré d'impôt : 700 €/mois (uniforme, à partir de 2026). Nouvelle-Zélande. TVA (GST) presque sans exceptions (15 %), instaurée en 1986 avec de fortes baisses de taux. L'OCDE la qualifie de « TVA la plus propre du monde ». Danemark. Revenu imposable large, taux modérés, forte conformité. Les pays nordiques. Modèle d'imposition duale (travail progressif, capital à taux unique) depuis 1987-1993.
7. Réformer l'épargne-pension : une plateforme unique, des frais bas, le libre choix
Position : La Belgique a un patchwork de produits d'épargne-pension : assurance groupe (2e pilier), PLCS, PLCI, CPTI, épargne-pension, épargne à long terme. Chacun avec ses propres règles, plafonds et traitement fiscal. Le versement moyen à la pension ne s'élève qu'à 71.631 € (FSMA) : avec un écart entre les sexes de plus de 50.000 € (hommes : 92.101 €, femmes : 40.313 €). 99 % sont versés sous forme de capital unique, pas de rente. L'étude de la FSMA sur les coûts (avril 2024) constate qu'il n'existe aucune limitation légale des frais dans la législation belge sur les pensions. Les produits de la branche 21 ont rapporté pendant des années moins de 1 % de rendement garanti. Alors que les grands indices boursiers atteignent en moyenne 7 à 10 % par an. Le travailleur n'a généralement pas le choix.
La structure actuelle :
- 2e pilier (assurance groupe/fonds de pension) : 4,56 millions d'affiliés (1er janv. 2025), 78 % de taux de couverture (FSMA 2025). Environ 81 % des réserves auprès des assureurs (dont 86 % en branche 21), 19 % auprès des fonds de pension. Rendement minimum LPC : 2,50 % depuis le 1er janvier 2025.
- PLCS (pension libre complémentaire pour salariés) : depuis 2019, max. 3 % du salaire de référence moins le 2e pilier existant, 30 % de réduction d'impôt. Faible participation.
- 3e pilier (épargne-pension) : max. 1.050 € (30 % de réduction d'impôt) ou 1.350 € (25 %) pour 2025-2026. Épargne à long terme : max. 2.450 € (gelé au niveau de l'exercice d'imposition 2025 par la coalition Arizona jusqu'à l'exercice d'imposition 2030 au moins ; 30 % de réduction d'impôt).
- Indépendants : PLCI (max. 4.000 €/an, jusqu'à 64 % récupérables fiscalement) et CPTI (30 % de réduction d'impôt, 10 % d'imposition finale).
Ce que nous allons faire :
- Créer une plateforme numérique unique d'épargne-pension, gérée par un nouveau fonds de pension public sur le modèle du PPM suédois et du NEST britannique. La plateforme consolide les 2e, 3e et 4e piliers en un seul endroit. Un seul login, une seule vue d'ensemble, une seule architecture de choix.
- Le travailleur choisit lui-même où son argent est investi. Pas l'employeur, pas l'assureur. La plateforme propose un nombre limité de fonds contrôlés et à bas coût (sur le modèle du Fondtorgsnämnden suédois). Qui ne choisit pas se retrouve dans un solide fonds lifecycle par défaut (sur le modèle d'AP7 Såfa : ± 0,05 % de frais de gestion. Moins d'un dixième de ce que facturent les assureurs belges).
- Instaurer des plafonds de frais légaux. La FSMA constate qu'il n'existe aucun plafond de frais. HART veut un maximum de 0,5 % de frais de gestion annuels sur la plateforme. Comparable au NEST britannique (0,3 %) et à PensionDanmark (0,63 %).
- Simplifier la PLCS, la PLCI, l'APZNP, la CPTI, l'épargne-pension et l'épargne à long terme en deux cadres fiscaux : un pour les salariés et un pour les indépendants, tous deux via la même plateforme.
- Réformer la garantie de rendement LPC. Le système actuel, dans lequel l'employeur doit garantir 2,50 %, même dans des fonds de la branche 23, décourage l'investissement en fonds et impose de facto la branche 21. HART veut remplacer la garantie par une garantie collective de filet de sécurité au niveau de la plateforme, financée par un petit pourcentage des réserves. Pour que les travailleurs puissent choisir des fonds sans que leur employeur supporte le risque d'investissement.
- La transparence comme droit. Chaque année, chaque affilié reçoit un relevé de frais standardisé : versements, frais, rendement, comparaison avec le fonds par défaut. Qui paie systématiquement plus que la moyenne de la plateforme reçoit une notification active.
Ce que HART ne veut pas : le retrait libre du capital de pension avant l'âge de la pension. L'Estonie l'a autorisé en 2021. Environ 20 % des participants ont retiré au total environ 1,5 milliard d'euros en plusieurs vagues, en grande partie consacrés à la consommation et au remboursement de dettes. La Banque nationale d'Estonie projette que les pensions de ce groupe seront jusqu'à 30 % plus basses. Une plateforme de pension sert à la pension. Pas aux achats impulsifs.
Éprouvé : Suède. Système PPM : les travailleurs choisissent parmi des fonds contrôlés pour 2,5 % de leur revenu ouvrant droit à pension. Le fonds par défaut AP7 Såfa gère des actifs pour environ 6 millions de Suédois à ± 0,05 % de frais. Une fraction de ce que facturent les assureurs belges. Après le scandale Falcon Funds, 269 fonds ont été retirés et un organe de sélection indépendant (Fondtorgsnämnden) a été créé. Royaume-Uni. NEST : 13,8 millions de membres, 49,7 Mds £ d'actifs, 0,3 % de frais de gestion, 7,2 % de rendement annualisé sur 10 ans. Seulement 8 % d'opt-out (28 % étaient attendus). Danemark. PensionDanmark : ± 40 Mds €, 0,63 % de frais, ± 90 % de taux de couverture via les conventions collectives. Australie. Outil de comparaison YourSuper (ATO) : rapport trimestriel des frais et rendements, test de performance obligatoire, changement de fonds en un clic.
Résumé : ce que HART va faire
Un budget logement plutôt qu'une voiture de société. Ouvrir le budget mobilité à tous les travailleurs, limité à la première habitation propre. Neutre sur le plan budgétaire : réallocation du subside automobile vers un subside au logement. Voir chapitre Logement. Délai : 2 à 3 ans.
Moderniser le revenu cadastral. Transition vers des évaluations conformes au marché (modèle WOZ), avec protection des propriétaires occupants et compensation pour les communes. Impôt immobilier progressif : RC = 0 sur la première habitation modeste, multiplication en cas de propriétés multiples. Voir chapitre Logement. Délai : 5 à 10 ans (par phases).
Supprimer le quotient conjugal. Le quotient conjugal récompense les ménages à un seul revenu à hauteur de 6.000 à 6.500 €/an et pénalise les isolés et les ménages à deux revenus. Le FMI, l'OCDE et le Parlement européen recommandent sa suppression. La Suède a supprimé l'imposition conjointe en 1971. Trois ans plus tard, la participation des femmes au marché du travail atteignait déjà la moyenne de l'OCDE. HART supprime complètement le quotient conjugal pour les non-pensionnés en une législature et baisse les impôts pour tous via une quotité exemptée d'impôt plus élevée et des taux plus bas. Les pensionnés bénéficient d'une période transitoire de 10 ans avec compensation via la législation sur les pensions. Délai : 3 à 5 ans.
Moderniser la taxe boursière. La Belgique a déjà une taxe sur les transactions financières. Trois taux différents, inutilement complexe. Après 14 ans de négociations, le retrait de la taxe Tobin à l'échelle de l'UE a été annoncé (octobre 2025). HART simplifie la taxe boursière en un taux unique, avec le principe d'émission (la taxe suit l'entreprise, pas la place de négociation) et des exemptions pour les teneurs de marché. Le modèle britannique (0,5 %, 4,32 Mds £/an combinés) montre qu'une TTF bien conçue génère des recettes stables sans fuite des capitaux. Délai : 1 à 2 ans.
Laisser les pensionnés gagner librement un revenu complémentaire. Les pensionnés anticipés sont soumis à un plafond de revenus de 10.117 €/an. Un euro de trop et la pension est réduite ou entièrement suspendue. L'OCDE qualifie la Belgique de cas à part. HART supprime tous les plafonds de revenus : qui travaille paie des impôts et l'ONSS, et c'est une contribution suffisante. L'Allemagne a supprimé la Hinzuverdienstgrenze en 2023 ; les Pays-Bas et le Royaume-Uni ne connaissent aucune limite. Délai : 1 an.
Simplification fiscale. La Belgique est 30e sur 38 pays de l'OCDE en compétitivité fiscale. Des fiscalistes du Conseil supérieur des Finances décrivent le système comme « un seau percé de cinquante trous ». HART veut une base imposable plus large, un barème restructuré et une évaluation systématique de toutes les niches fiscales. L'impôt des personnes physiques passe à trois tranches claires (25 % jusqu'à 16 k€, 40 % jusqu'à 27 k€, 50 % au-delà) et une quotité exemptée d'impôt de 16.000 € qui coïncide avec le plafond de la tranche la plus basse. Testé avec EUROMOD (combiné avec le relèvement du Groeipakket) : tout le monde y gagne, la classe moyenne y gagne le plus, le risque de pauvreté baisse de 0,91 point de pourcentage (voir chapitre Impôts, §1). Déclaration numérique sur le modèle estonien : plus de 80 % en un clic. À moyen terme, HART étudie le modèle nordique d'imposition duale comme réforme structurelle. Délai : 3 à 5 ans.
Réformer l'épargne-pension via une plateforme unique. Le versement moyen de pension s'élève à 71.631 € (FSMA) : pour les femmes, seulement 40.313 €. 99 % sont versés sous forme de capital unique. Il n'existe aucun plafond légal de frais. Les produits de la branche 21 ont rapporté pendant des années moins de 1 %. HART crée une plateforme numérique unique d'épargne-pension, gérée par un fonds de pension public, avec des fonds contrôlés et à bas coût (max. 0,5 % de frais de gestion), un solide fonds lifecycle par défaut et une liberté de choix totale pour le travailleur. La PLCS, la PLCI, la CPTI, l'épargne-pension et l'épargne à long terme sont simplifiées en deux cadres fiscaux sur la même plateforme. La garantie de rendement LPC est réformée en un filet de sécurité collectif, pour que les travailleurs puissent choisir des fonds sans faire porter le risque à leur employeur. Le PPM suédois (± 0,05 % de frais), le NEST britannique (13,8 millions de membres, 7,2 % de rendement) et PensionDanmark au Danemark prouvent que c'est possible. L'expérience estonienne du retrait libre est le contre-exemple : des pensions projetées 30 % plus basses. Délai : 3 à 5 ans.
La Belgique taxe le travail plus lourdement que tous les autres pays de l'OCDE, évalue l'immobilier sur la base d'une fiction de 1975, pénalise les isolés via le quotient conjugal et laisse les assureurs se servir sur la pension du citoyen ordinaire. D'autres pays prouvent que cela peut être plus juste, plus simple et plus efficace. HART choisit un système fiscal qui récompense le travail, soutient le logement et fait fructifier au maximum chaque euro épargné. Transparent, numérique, et sans intermédiaires qui gagnent plus que l'épargnant.
La codification fiscale comme réponse au chaos fiscal belge
La Belgique a l'un des systèmes fiscaux les plus complexes au monde, et cette complexité coûte chaque année des milliards d'euros à la société. La Cour des comptes, le Conseil d'État, le FMI et le Conseil supérieur des Finances le constatent indépendamment les uns des autres. Les charges administratives pour les entreprises et les indépendants s'élèvent selon le Bureau fédéral du Plan à plus de 6 milliards d'euros par an, VBO FEB le coin fiscal sur le travail le plus élevé de tous les pays de l'OCDE rend le système opaque, Wikipedia et le SPF Finances ne peut tout simplement pas contrôler les deux plus grandes catégories de dispenses de versement du précompte professionnel, qui représentent ensemble 2,34 milliards d'euros, en raison de la complexité de la législation. Site-Trends-NL Les comparaisons internationales montrent qu'il est possible de faire autrement : l'Estonie obtient depuis douze ans d'affilée le meilleur score au Tax Competitiveness Index, Euronews +3 la Nouvelle-Zélande a construit un processus de consultation robuste qui tient depuis trente ans, et la Suède a prouvé qu'une réforme radicale de type « big bang » est politiquement réalisable. University of Chicago Press Ce rapport analyse la problématique belge, compare les meilleures pratiques internationales et formule des propositions politiques concrètes pour une amélioration fondamentale de la qualité de la législation.
La Cour des comptes documente un système qui se sape lui-même
Dans des rapports successifs, la Cour des comptes belge a dressé un tableau accablant d'un système fiscal devenu si complexe qu'il sape sa propre efficacité. Les constats ne sont pas abstraits. Ils se traduisent par des recettes concrètement manquées et un contrôle défaillant.
L'exemple le plus criant concerne les dispenses de versement du précompte professionnel. Il existe dix catégories de telles dispenses (travail de nuit et en équipes, R&D, heures supplémentaires, sportifs), qui ont explosé de 198 millions d'euros en 2005 à 2,9 milliards d'euros en 2017, soit une multiplication par quinze en douze ans. Site-Trends-NL La Cour des comptes a constaté qu'aucune étude d'impact préalable n'avait précédé leur introduction et qu'aucune évaluation n'avait été menée pour démontrer le lien entre les avantages fiscaux et les objectifs politiques. La législation a été qualifiée de « particulièrement compliquée » avec des « formulations peu claires ». Site-Trends-NL La conséquence directe : les deux plus grandes catégories de dispenses, travail de nuit/en équipes (1,43 milliard d'euros) et R&D (911 millions d'euros), n'ont pas été contrôlées par l'administration fiscale en 2017 et 2018, précisément à cause de cette complexité. Site-Trends-NL
Lors du contrôle des PME à l'impôt des sociétés, la Cour des comptes a documenté que le nombre de contrôleurs fiscaux a diminué de 21 % entre 2016 et 2021, trois fois plus vite que dans les autres départements du SPF Finances. Visie Les recettes fiscales issues des contrôles ont baissé en parallèle : de 1,2 milliard d'euros de recettes supplémentaires en 2017 à 865 millions d'euros en 2020. Visie Un arrêté ministériel de 2017 qui promettait de remplacer un pour un les contrôleurs partants n'a pas été respecté, selon la Cour des comptes. Visie
Concernant la taxe annuelle sur les comptes-titres instaurée en 2021 (0,15 % au-delà de 1 million d'euros), SPF Finances la Cour des comptes a rapporté en septembre 2024 que les recettes avaient chuté de 470 millions d'euros en 2021 à 362 millions d'euros en 2023, soit une baisse de plus de 20 % en trois ans. La cause : le recours croissant à des mécanismes d'évitement (conversion en actions nominatives, scission de comptes, comptes à l'étranger), Pvda alors que les dispositions anti-abus ont été annulées par la Cour constitutionnelle (arrêt 138/2022). KBC Bank & Verzekeringtemp Et lors de l'évaluation du budget Arizona 2026, la Cour des comptes a qualifié la nouvelle taxe sur les plus-values de « trop incertaine pour être inscrite structurellement » Pvda et a décrit la législation comme marquée par une « grande complexité, combinée à des défis techniques et organisationnels ». Le Vif
Le Conseil d'État et le CIR 92 illustrent une défaillance structurelle
Le Conseil d'État constitue en théorie la dernière ligne de défense de la qualité législative, mais dans la pratique cette ligne est rompue. Le conseiller d'État Jeroen Van Nieuwenhove a déclaré publiquement en 2019 qu'il n'y a pas assez de magistrats pour suivre le flot de législation : le nombre de demandes d'avis a quintuplé depuis les années quatre-vingt, alors que le nombre de conseillers d'État Wikipedia de la section de législation est resté inchangé à douze membres depuis 1982. Wikipedia Résultat : le Conseil ne rend parfois aucun avis, ou seulement un avis superficiel. Wikipedia Il a qualifié la qualité de la législation de « souvent médiocre et visiblement le fruit d'un travail précipité ». Wikipedia
Le problème est aggravé par le recours systématique aux procédures d'urgence pour la législation fiscale. Les mesures fiscales sont routinièrement regroupées dans des lois-programmes adoptées en fin d'année sous une pression temporelle extrême. En cas d'urgence, le Conseil d'État se limite à un contrôle de compétence. Aucune évaluation de la qualité sur le fond n'a lieu. Wikipedia
Le Code des impôts sur les revenus 1992 (CIR 92) est la preuve vivante de cette défaillance structurelle. La consolidation officielle du code a été arrêtée à partir de 2002 ; le portail ejustice indique littéralement : « La mise à jour de ce texte est reportée à partir de 2002. » Ejustice Les utilisateurs sont renvoyés vers la base de données FisconetPlus. Le CIR 92 est modifié chaque année par plus de quinze lois et arrêtés royaux distincts. Selon le Conseil supérieur des Finances, le nombre de codes sur le formulaire de déclaration à l'impôt des personnes physiques a à peu près triplé en trois décennies Jubel : d'environ 260 à plus de 800 codes. Ce n'est qu'à l'exercice d'imposition 2026 que le formulaire flamand est repassé, pour la première fois depuis 2015, sous la barre des 800 codes (à 780), grâce à la suppression de plusieurs déductions fédérales et flamandes par le gouvernement Arizona. Wolters Kluwer
Le Conseil supérieur des Finances a conclu en mai 2020 Hogeraadvanfinancien dans un rapport de 367 pages que le système belge d'impôt des personnes physiques est « extrêmement compliqué ». Jubel Le taux le plus élevé frappe à un niveau de revenu bien plus bas que dans les pays voisins, et les différents régimes d'exception ne forment pas un ensemble cohérent. Hogeraadvanfinancien Révélateur : le Conseil supérieur n'est pas parvenu à un avis politique unanime Jubel : le désaccord interne était si grand que le rapport a été retardé pendant des années. Visie
La conformité coûte des milliards à la Belgique et mine l'adhésion
L'impact économique de la complexité fiscale est mesurable et substantiel. Le Bureau fédéral du Plan a rapporté en février 2024 que les charges administratives pour les entreprises et les indépendants sont passées de moins de 5 milliards d'euros en 2020 à 6 milliards d'euros en 2022, soit une hausse de plus de 20 %. VBO FEB Le Conseil européen a estimé en 2020 les charges administratives totales des entreprises belges à environ 7 milliards d'euros par an, SPF Emploi avec la législation fiscale et la législation du travail comme causes principales. Quatre-vingts pour cent des entreprises ont rapporté une augmentation des charges administratives fiscales entre 2020 et 2022. Voka
Selon l'OCDE, la Belgique a le coin fiscal sur le travail le plus élevé de tous les pays industrialisés FinestconsultAndersen : nulle part l'écart entre ce que paient les employeurs et ce que les travailleurs reçoivent en net n'est plus grand. Wikipedia Le taux total d'imposition et de cotisations s'élève à environ 55-57 % du bénéfice commercial, l'un des plus élevés de l'OCDE. Le FMI a déclaré explicitement en 2021 : « The Belgian tax system is complicated, even for experts with decades of experience. » IMF eLibraryIMF eLibrary L'ITAA (Institut des conseillers fiscaux et des experts-comptables) a signalé en 2023 que 85 % de ses membres aident des particuliers à remplir leur déclaration fiscale. Une conséquence directe de la complexité. ITAAWolterskluwer 94 % des membres de l'ITAA ne trouvent pas assez de talents, notamment en raison de la complexité croissante de la profession. ITAA
Le cabinet de conseil fiscal Van Havermaet l'a résumé ainsi : « Le généraliste de la fiscalité est une espèce en voie de disparition. Il faut des spécialistes en impôt des sociétés, en impôt des personnes physiques, en fiscalité internationale, en global mobility, en innovation, en transfer pricing, en TVA ou en planification patrimoniale. » Van Havermaet
L'Estonie prouve que la simplicité radicale fonctionne
L'Estonie a été en 1994 le premier pays post-soviétique à instaurer une flat tax LOC et a construit un système fiscal entièrement numérisé. Le pays occupe la première place depuis douze années consécutives au Tax Foundation International Tax Competitiveness Index e-Residency of EstoniaEstonian World : la plus longue série jamais enregistrée. Le modèle estonien repose sur trois piliers qui se renforcent mutuellement.
Il y a d'abord la simplicité structurelle : une flat tax de 22 % sur les revenus des personnes physiques, Stateless +3 une quotité exemptée d'impôt de 8.400 € par an, Taxravens et, élément le plus distinctif, 0 % d'impôt des sociétés sur les bénéfices non distribués. L'impôt n'est prélevé qu'au moment où le bénéfice est distribué sous forme de dividende. Invest in EstoniaInvest in Estonia Il n'y a pas de droits de succession, de droits de donation ni d'impôt sur les plus-values. Tax FoundationICAEW L'impôt foncier s'applique exclusivement à la valeur du terrain, pas aux bâtiments. Invest in Estonia
Il y a ensuite l'infrastructure numérique. La plateforme e-MTA, Azola Legal Services construite sur la couche d'échange de données X-Road, permet aux citoyens de remplir leur déclaration fiscale en 3 à 7 minutes en moyenne. European Commission Depuis 2015, une déclaration en un clic est disponible : toutes les données connues sont préremplies et le contribuable n'a plus qu'à confirmer. 95 % de toutes les déclarations sont introduites par voie électronique. Les remboursements d'impôt sont traités dans les cinq jours ouvrables. European Commission Les effectifs de l'administration fiscale ont diminué de 36,7 % entre 2003 et 2012 grâce à l'efficience numérique. European Commission
Enfin, ces éléments se traduisent par des coûts de conformité exceptionnellement bas : la conformité à l'impôt des sociétés ne demande que 5 heures par an PwC : le chiffre le plus bas de toute l'OCDE, où la moyenne est de 42 heures. Invest in Estonia La Belgique est à 136 heures.
Les réserves à l'égard du modèle estonien sont pertinentes pour la Belgique. Le système fonctionne bien dans une petite économie numériquement avancée, mais sa transposabilité à des pays plus complexes est incertaine. La cotisation patronale de 33 % pour la sécurité sociale est substantielle. TaxravensInvest in Estonia Et le Pilier Deux de l'OCDE (impôt minimum mondial de 15 %) peut mettre sous pression le modèle unique d'impôt des sociétés.
De la Nouvelle-Zélande à la Suède : ce qui fonctionne structurellement
La Nouvelle-Zélande a développé en 1994 le Generic Tax Policy Process (GTPP), ResearchGate un processus structuré en cinq phases (stratégique, tactique, opérationnelle, législative et mise en œuvre/évaluation) qui érige la consultation publique en principe fondamental. IRD Tax Policytaxworkinggroup Le GTPP est remarquable parce qu'il n'est pas ancré dans la loi mais tient depuis plus de trente ans sur la base d'un engagement politique. ResearchGate Le processus garantit que les parties prenantes (entreprises, conseillers fiscaux, universitaires, société civile organisée) sont impliquées tôt et structurellement dans la conception de la législation fiscale. taxworkinggroup Le résultat est une législation qui nécessite moins d'amendements et bénéficie d'une adhésion sociale plus large. La Nouvelle-Zélande est troisième à l'International Tax Competitiveness Index Tax FoundationICAEW et s'est classée première au classement Doing Business de la Banque mondiale en 2017. PwC
La dual income tax scandinave (DIT), mise en œuvre pour la première fois entre 1987 et 1993, Wikipedia offre une alternative structurelle à l'approche belge d'imposition progressive de tous les revenus. Le modèle DIT impose les revenus du capital à un taux unique uniforme (aligné sur le taux de l'impôt des sociétés) et les revenus du travail de manière progressive. Springer Cela élimine l'incitation à l'arbitrage fiscal qui conduit en Belgique à la « mise en société » bien connue Solverius : le phénomène par lequel des indépendants se constituent en société pour exploiter l'écart entre le taux marginal de l'IPP (50 %) et le taux de l'ISoc (25 %).
La Suède a mené en 1990-1991 la réforme fiscale la plus radicale qu'un pays industrialisé ait connue dans la période d'après-guerre. University of Chicago Press Le taux maximal sur les revenus du travail est passé d'environ 80 % à 50 %, Wilsonquarterly le taux unique sur les revenus du capital a été fixé à 30 %, et dans le même temps la base imposable a été massivement élargie par la suppression de déductions et de dépenses fiscales. Diva-portal Avant la réforme, le rendement net de l'impôt sur les revenus du capital en Suède était négatif : les groupes à hauts revenus recouraient si intensivement aux déductions que l'impôt coûtait de l'argent au final. Ku Après la réforme, le rendement est devenu positif et l'équité horizontale s'est nettement améliorée. Government.seDiva-portal
L'expérience néerlandaise de la commission Van Dijkhuizen (2013) et du rapport « Bouwstenen voor een beter belastingstelsel » (2020, plus de 1.000 pages, 169 options politiques) MeijburgEY illustre l'inverse : des analyses approfondies et répétées sans mise en œuvre politique. La commission Van Dijkhuizen recommandait de réduire de quatre à deux le nombre de tranches de l'impôt sur le revenu, de supprimer de nombreuses déductions et de simplifier le système des allocations (toeslagen). Rbvk La plupart des recommandations n'ont pas été appliquées : chaque recommandation créait des perdants, et la dynamique de coalition rendait impossible une réforme intégrale. Le système des allocations n'a pas été simplifié, avec pour conséquence dramatique l'affaire des allocations (Toeslagenaffaire) qui a fait tomber le gouvernement Rutte III.
L'OTS britannique et le CGI français comme avertissement
Le Royaume-Uni a créé en 2010 l'Office of Tax Simplification (OTS) Wikipedia : le premier organe au monde consacré à la simplification fiscale systématique. GOV.UK En douze ans, l'OTS a publié plus de 60 rapports et recommandé la suppression de 43 facilités fiscales superflues. WikipediaUK Parliament Malgré cela, le code fiscal britannique a doublé pour dépasser 21.000 pages et environ 10 millions de mots, douze fois l'œuvre complète de Shakespeare. L'OTS a été supprimé en 2023 Wikipedia par le chancelier Jeremy Hunt, au motif que l'organe « n'était pas toujours en mesure de mettre en balance les objectifs et priorités concurrents et légitimes de la politique fiscale ». Tax.org.uk
La leçon de l'OTS est double. D'une part, il a prouvé qu'un organe indépendant génère des retours plus francs de la part des parties prenantes et peut réaliser des améliorations concrètes dans l'administration fiscale. Tax.org.uk D'autre part, l'OTS était structurellement faible : il n'avait aucune influence sur le processus législatif lui-même, ne pouvait s'attaquer qu'au stock existant de complexité sans endiguer le flux de complexité nouvelle, Institute for Government et ne disposait d'aucune définition formelle de la « simplification ». Un successeur doté d'un mandat plus large est largement recommandé. Tax.org.uk
La France offre un avertissement encore plus important. Le Code général des impôts (CGI), créé en 1950, Wikipedia incarne la tradition de codification : toutes les règles fiscales dans un seul code. Mais malgré cette codification, la France se classe à la toute dernière place des 38 pays de l'OCDE à l'International Tax Competitiveness Index (45,8 sur 100). Euronews Le taux de l'impôt des sociétés est monté en 2025 à 36,13 %, le plus élevé de l'OCDE. Tax Foundation La numérotation des articles est devenue impossible à suivre (exemples : article 199 terdecies-0 AA, article 238 bis HZ bis), et une tentative de refonte en 1990 a été rejetée par la commission de codification elle-même en raison de l'extrême complexité de la tâche. Wikipedia La conclusion est inévitable : la codification seule ne suffit pas. Sans simplification politique, un code bien ordonné n'est qu'un chaos bien ordonné.
Sept propositions de réforme concrètes pour la Belgique
Sur la base de la comparaison internationale et de l'analyse des problèmes belges, les propositions politiques suivantes sont les plus prometteuses et les mieux étayées.
1. Des clauses de caducité (sunset clauses) pour toutes les mesures fiscales de faveur. Les Pays-Bas les mettent progressivement en œuvre après une motion parlementaire de 2022 : les nouveaux régimes fiscaux reçoivent par défaut une clause de caducité de cinq ans ; les régimes existants en reçoivent une après évaluation. La Belgique ne connaît pas ce mécanisme. Chaque mesure fiscale de faveur, de la déduction pour innovation au tax shelter pour les productions audiovisuelles, devrait recevoir une date d'expiration légale, avec une évaluation obligatoire comme condition de prolongation. Le rapport de la Cour des comptes sur les dispenses de précompte professionnel montre précisément ce qui se passe sans obligation d'évaluation : 2,9 milliards d'euros de dépenses sans la moindre preuve d'efficacité. Site-Trends-NL
2. Une analyse d'impact de la réglementation (AIR) obligatoire et renforcée pour la législation fiscale. Selon l'OCDE, la Belgique se situe sous la moyenne de l'OCDE pour la qualité des AIR. Le SGI 2024 constate que les AIR sont en pratique « often only superficially addressed ». Pour la législation fiscale, le problème est aigu : les lois-programmes sont adoptées en urgence, de sorte que ni l'AIR ni l'avis du Conseil d'État n'ont de portée réelle. Sur le modèle allemand (Nationaler Normenkontrollrat), un organe indépendant devrait examiner toutes les AIR fiscales avant l'examen parlementaire.
3. Une commission permanente indépendante de codification et de simplification fiscales. Cet organe combine des éléments du GTPP néo-zélandais, de l'OTS britannique (avec un mandat renforcé) et du NKR allemand. Il serait composé d'universitaires en fiscalité, de praticiens, d'économistes et d'experts du numérique, avec pour mandat :
- Consolidation technique quinquennale du CIR 92
- Avis sur la cohérence des nouvelles propositions fiscales avec le code existant
- Rapport public annuel sur l'« État du Code fiscal »
- Consultation obligatoire avant le dépôt de toute législation fiscale majeure au Parlement
4. Une réécriture fondamentale du CIR 92 en dix ans. Le CIR 92, dont la consolidation officielle est arrêtée depuis 2002, Ejustice a besoin d'une réécriture complète. Pas seulement une modernisation linguistique (comme l'Australian Tax Law Improvement Project, qui a échoué et a été arrêté après l'achèvement d'un tiers seulement), IRS mais une simplification politique qui réduit drastiquement le nombre de régimes d'exception. L'expérience néo-zélandaise enseigne que cela ne réussit que si c'est « big ». La réforme au coup par coup ne fonctionne pas. PBS
5. La fin des lois-programmes en matière fiscale et le renforcement du Conseil d'État. Le regroupement routinier de mesures fiscales dans des lois-programmes adoptées en urgence doit cesser. La législation fiscale mérite un avis complet du Conseil d'État, évaluation de la qualité comprise. Concrètement : fin de la procédure d'urgence pour la législation fiscale, sauf circonstances réellement exceptionnelles ; renforcement de la section de législation par une expertise fiscale spécialisée ; et suivi de la mise en œuvre des avis.
6. Des projets pilotes « Rules as Code » sur les modèles néo-zélandais et estonien. L'initiative Better Rules de la Nouvelle-Zélande a montré que la législation peut être rédigée de façon à être à la fois lisible par l'humain et exécutable par la machine. Digital La Belgique dispose déjà de Tax-on-web et de MyMinfin. Un projet pilote qui code des règles fiscales spécifiques et bien délimitées (par exemple les déductions liées à l'énergie) dans le framework open source OpenFisca GovInsider offrirait un double rendement : un meilleur service numérique et la mise au jour d'ambiguïtés de la législation existante qui restent invisibles lors d'une interprétation manuelle. Digital
7. Une refonte structurelle de l'architecture fiscale entre le fédéral et les Régions. Le mécanisme des centimes additionnels instauré par la sixième réforme de l'État crée un « impôt sur un impôt » VIVES dans lequel le niveau fédéral dispose d'un avantage de premier arrivé et les Régions perdent automatiquement des recettes lors de baisses d'impôts fédérales. Le Gouvernement flamand a absorbé 572 millions d'euros de pertes de recettes dues au tax shift fédéral, sans compensation. Parlement flamand Les centimes additionnels régionaux bruts sont passés de 6,77 milliards d'euros en 2018 à 9,97 milliards d'euros en 2024, SERV mais le système lui-même génère de la complexité par des compétences qui se chevauchent et trois versions différentes du formulaire de déclaration. Une approche plus cohérente donnerait aux Régions la compétence exclusive sur des bases imposables complètes (par exemple tout ce qui concerne l'immobilier) plutôt que des centimes additionnels sur l'impôt fédéral des personnes physiques. VIVES
Les benchmarks internationaux placent la Belgique en bas du classement
La comparaison internationale rend l'urgence tangible. Au Tax Foundation International Tax Competitiveness Index 2025, la Belgique occupe la 30e place sur 38 pays de l'OCDE Tax Foundation (score 63,2), Euronews alors que l'Estonie est première, Estonian WorldTax Foundation la Nouvelle-Zélande troisième Tax Foundation et la Suède dixième. Au dernier classement Doing Business Paying Taxes (2020), une entreprise belge moyenne consacrait 136 heures par an à la conformité fiscale PwCWorld Bank : près de 27 fois plus que les 5 heures en Estonie pour le seul impôt des sociétés. Invest in Estonia Le taux total d'imposition et de cotisations de 55-57 % place la Belgique parmi les trois plus élevés de l'UE, avec la France (dernière à l'ITCI) et l'Italie.
| Pays | Rang ITCI 2025 | Conformité ISoc (heures/an) | Caractéristique clé |
|---|---|---|---|
| Estonie | 1 | 5 | Flat tax + numérique + 0 % sur les bénéfices non distribués |
| Nouvelle-Zélande | 3 | Faible | Processus de consultation GTPP + base large, taux bas |
| Suède | 10 | Moyen | Dual income tax + base large |
| Pays-Bas | 16 | Moyen | Système des « boxes », tentatives de réforme répétées |
| Belgique | 30 | 136 (total) | Extrêmement complexe, coin fiscal le plus élevé de l'OCDE |
| France | 38 (dernière) | ± 139 (total) | Codification sans simplification |
La leçon de ce classement est que la simplicité structurelle (Estonie), l'assurance qualité procédurale (Nouvelle-Zélande) et l'élargissement radical de la base avec baisse des taux (Scandinavie) donnent tous trois des résultats démontrablement meilleurs que la stratégie belge de taux élevés, de base étroite et de régime d'exception sur régime d'exception.
Conclusion : du traitement des symptômes à la réforme du système
La complexité fiscale belge n'est pas un phénomène naturel mais le résultat de décennies d'élaboration incrémentale des politiques sans assurance qualité. Chaque rapport, de la Cour des comptes, du Conseil d'État, du Conseil supérieur des Finances, du FMI, confirme le même diagnostic ; aucun rapport ne conduit à une guérison structurelle. La déclaration fiscale préremplie Mediateurfederal et Tax-on-web sont de précieux pansements numériques, VRTVRT mais ils traitent des symptômes tandis que la législation sous-jacente prolifère sans contrôle.
La comparaison internationale livre trois enseignements clés. Premièrement, la codification seule ne fonctionne pas : la France prouve qu'un code bien ordonné peut aller de pair avec Direction Générale des Douanes et Droits Indirects la pire position concurrentielle de l'OCDE. Euronews Deuxièmement, un organe de qualité indépendant est nécessaire mais insuffisant : l'OTS britannique montre qu'un tel organe, sans mandat sur le flux de nouvelle législation, ne fait pas de différence durable. UK ParliamentTax.org.uk Troisièmement, la réforme « big bang » est supérieure à l'incrémentalisme : la Suède (1990-1991), ReforminstitutetUniversity of Chicago Press la Nouvelle-Zélande (années 1980) et l'Estonie (1994) LOC ont réalisé leurs percées en s'attaquant à l'ensemble du système en même temps, PBS et non par d'interminables rapports de commissions sans mise en œuvre, comme le démontrent les Pays-Bas. Meijburg
Pour la Belgique, cela signifie une triple stratégie. À court terme : instaurer des clauses de caducité pour toutes les mesures fiscales de faveur et mettre fin à la pratique des lois-programmes en matière fiscale. À moyen terme : créer une commission de codification indépendante dotée d'un vrai mandat et réécrire en profondeur le CIR 92. À long terme : repenser l'architecture fiscale entre le fédéral et les Régions pour que les compétences soient cohérentes plutôt qu'empilées. Le coût de l'inaction est connu : 6 à 7 milliards d'euros de charges administratives annuelles, 8 à 12 milliards d'euros de fraude fiscale estimée, et une administration fiscale qui ne peut pas faire appliquer sa propre législation. La question n'est pas de savoir si la Belgique peut se permettre une réforme, mais si elle peut encore se permettre de s'en passer plus longtemps.