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Défense

Principe fondamental : si vis pacem, para bellum. Les guerres modernes sont d'échelle industrielle. Une petite armée professionnelle ne survit pas à une véritable invasion. Toute la population doit être prête. La guerre en Ukraine l'a définitivement prouvé.

Principe fondamental : si vis pacem, para bellum. Les guerres modernes sont d'échelle industrielle. Une petite armée professionnelle ne survit pas à une véritable invasion. Toute la population doit être prête. La guerre en Ukraine l'a définitivement prouvé. La Belgique doit dépenser intelligemment, pas seulement dépenser plus.

En 2025, la Belgique consacre pour la première fois ± 2 % de son PIB à la défense. Mais ce chiffre mérite une nuance. Il s'agit de 12,9 milliards d'euros d'engagements (commitments) ; après l'accord de Pâques, l'OTAN rapporte 2,00 % pour la Belgique, même si le niveau réel des paiements reste inférieur. Notre armée compte ± 26.000 militaires actifs. Le niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Alors que l'objectif est de 34.500. 44 % des recrues abandonnent pendant la formation de base. Entre-temps, nous avons zéro char, zéro défense sol-air jusqu'à récemment, et un corps de réservistes qui n'existe pas dans la pratique. La Finlande mobilise 280.000 soldats sur 5,6 millions d'habitants. La Belgique, avec deux fois plus d'habitants, en est incapable. HART veut changer cela.


Les faits

Indicateur Belgique Contexte
Budget de la Défense 2025 12,9 Mds € (engagements) ; l'OTAN rapporte 2,00 % du PIB après l'accord de Pâques L'accord de Pâques d'avril 2025 a avancé l'échéance de 2029 à 2025
Norme OTAN 2 % du PIB (norme de 2014), 5 % du PIB d'ici 2035 (sommet de La Haye, juin 2025) 23 des 32 pays de l'OTAN ont atteint les 2 % en 2024 ; jusqu'en 2024, la Belgique n'atteignait que ± 1,29 %
Personnel actif ± 26.000-26.300 (début 2026) Objectif : 34.500 militaires + 8.500 civils + 12.800 réservistes d'ici 2035
Attrition du personnel 44 % des recrues partent pendant la formation de base Coût : ± 50 M€/an d'investissement perdu
Volonté de défendre le pays 19 % (Gallup International 2024) Un des taux les plus bas d'Europe ; Finlande : 74 %
Chars 0 (Leopard 1A5 retirés en 2014, jamais remplacés) Finlande : 200+ Leopard 2, Pologne : 1.000+, Allemagne : 300+
Défense sol-air Reconstruite à partir de zéro (abandonnée en 2017) NASAMS, SAMP/T ou Patriot, Mistral 3, Skyranger 30. Tout est en commande
F-35A 34 commandés (2018) + 11 supplémentaires (juillet 2025) = 45 au total Les 3 premiers ont atterri à Florennes le 13 oct. 2025 ; flotte complète ± 2031-2033
Frégates 2 frégates ASW (programme NL-BE, livraison ± 2029-2031) + une 3e annoncée (1,3 Mds €) Chasseurs de mines : 6 de classe City (premier livré en nov. 2025)
Drones 6 MQ-9B SkyGuardian (± 1,1 Mds €, armement approuvé), 140,8 M€ de mini-drones, stratégie anti-drones de 500 M€ Aucune capacité propre de production de drones
Industrie belge de la défense ± 892 entreprises, 5 Mds € de chiffre d'affaires, 16.300 emplois (Agoria) FN Browning Group (± 934 M€), John Cockerill (groupe : 1,4 Mds €), Sonaca (617 M€)
Cyber Force 5e composante des forces armées (juillet 2025) NCSI : top 5-10 mondial. UIT : Tier 1

Sources : Gouvernement belge (accord de Pâques 2025, Vision stratégique juillet 2025) ; Defense News ; OTAN ; Factcheck Vlaanderen ; PwC Belgium MoneyTree ; Agoria ; NCSI 2025 ; ITU GCIv5.


1. Comment dépenser les 2 % intelligemment ? Les priorités

Position : La Belgique s'est engagée à consacrer 2 % de son PIB à la défense (12,9 milliards d'euros d'engagements en 2025, pour atteindre 2,5 % d'ici 2034). Mais plus d'argent sans stratégie, c'est du gaspillage. Aujourd'hui, à peine ± 15 % du budget de la Défense va aux équipements majeurs. Le taux le plus bas de l'OTAN (norme : 20 %). Les frais de personnel (pensions comprises) en absorbent près de la moitié. La guerre en Ukraine prouve que des drones bon marché détruisent des chars (rapport de coût de 2.000:1 à 6.000:1), que la guerre électronique domine le champ de bataille et que la capacité de production industrielle compte plus que les stocks.

Ce que nous allons faire. Par ordre de rendement par euro :

Priorité 1 : capacités asymétriques

  • Investir massivement dans les drones et les systèmes sans pilote. L'Ukraine a produit ± 2,2 millions de drones en 2024 avec ± 500 fabricants (7 avant la guerre). Des drones FPV de 400 à 500 $ sont responsables de ± 65 % des pertes de chars russes. La Belgique n'a aucune production militaire de drones propre. HART veut un écosystème belge du drone : des marchés publics attribués à des producteurs belges et européens, un centre d'essai pour les systèmes autonomes et l'intégration des drones dans tous les systèmes d'armes.
  • Accélérer la capacité anti-drones. Le marché du counter-UAS passe de 6,6 milliards de dollars (2025) à 20,3 milliards de dollars (2030). La Belgique a acheté des drones intercepteurs lettons (novembre 2025) et investit 500 millions d'euros dans la lutte anti-drones. Mais elle n'a pas encore de système C-UAS intégré. HART veut accélérer l'acquisition de systèmes laser (sur le modèle de l'Iron Beam israélien, ± 3 $ par tir) et de moyens de guerre électronique.
  • La Cyber Force comme atout stratégique. La Cyber Force belge n'est une composante à part entière des forces armées que depuis juillet 2025. Le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) se classe dans le top 5-10 mondial du NCSI. Mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables : la France y consacre 4 milliards d'euros (LPM 2024-2030), le Royaume-Uni 2,6 milliards de livres, les Pays-Bas 450 à 500 millions d'euros et plus. HART veut tripler le budget de la Cyber Force, développer des capacités cyber offensives et créer un corps civil de cyber-réservistes sur le modèle estonien.
  • Guerre électronique et renseignement d'origine électromagnétique. L'Ukraine perd ± 10.000 drones par mois à cause du brouillage russe. Le cycle d'innovation se compte en semaines, pas en années. Les drones à fibre optique (insensibles au brouillage) ont été la percée de 2025. La Belgique n'a pas de capacité SIGINT autonome comme la FRA suédoise ou la JSCU néerlandaise. HART veut que la Belgique se dote d'une capacité propre et complète en guerre électronique et en SIGINT, intégrée dans un cadre multinational via les partenariats existants (JSCU aux Pays-Bas, CCDCOE de l'OTAN, coopération avec la FRA suédoise), sans renoncer à sa contribution aux autres missions de l'OTAN.

Priorité 2 : personnel et réservistes

  • Lancer un programme volontaire « Entraînez-vous avec la Défense » : des formations gratuites le week-end dans les casernes, sur le modèle polonais (wGotowości). Ouvert à tous les citoyens dès 18 ans. Modules : sécurité des armes, premiers secours, survie en situation de crise, cyberhygiène. Objectif : 50.000 volontaires formés par an, avec un passage vers le corps de réserve pour ceux qui veulent aller plus loin (voir section 4).
  • Professionnaliser le système de réserve. La Belgique prévoit 12.800 réservistes d'ici 2035, mais ne dispose aujourd'hui pratiquement d'aucun système fonctionnel. HART veut un registre numérique des réservistes avec des jours d'exercice annuels (minimum 2 semaines), une procédure d'activation rapide (sur le modèle du système israélien Tzav 8 : convocation par téléphone, e-mail et WhatsApp) et des unités et des rôles attribués à l'avance.
  • S'attaquer à la crise du personnel. 44 % des recrues quittent pendant la formation de base. L'Année de service militaire volontaire (lancée en 2026, 500 places) est un début, mais elle ne suffit pas. HART veut : des salaires compétitifs (alignés sur le secteur privé), des parcours de promotion plus rapides, un budget de formation par militaire et la suppression de la réforme des pensions qui aggrave la pénurie de personnel.

Priorité 3 : intégration multinationale

  • Conserver un large éventail, intégrer chaque capacité dans un cadre multinational. Les doubles investissements dans le contexte OTAN/UE sont du gaspillage, mais la spécialisation monoculturelle l'est aussi : qui ne mise que sur quelques niches ne peut rien apporter dans tout scénario qui en sort et se rend lui-même politiquement insignifiant. HART opte pour un éventail de capacités relativement large, où chaque programme est intégré dans un cadre multinational afin d'obtenir une efficience de coûts sans dépendance politique. Points forts belges concrets au sein de ce large éventail : la capacité F-35 (maintenance partagée NL-BE), les frégates ASW et les chasseurs de mines (programme NL-BE), les blindés terrestres (CaMo/Scorpion avec la France), le hub logistique de l'OTAN à Bruxelles, la Cyber Force et les Special Operations.
  • Des achats européens conjoints partout où c'est possible. La Belgique est membre de l'ESSI (European Sky Shield Initiative, 24 pays), participe à ± 9 projets PESCO et coordonne le programme européen de lutte contre les mines. Le plan ReArm Europe/Readiness 2030 débloque jusqu'à 800 milliards d'euros ; l'allocation SAFE indicative de la Belgique s'élève à ± 8,3 milliards d'euros. HART veut que la Belgique exploite au maximum ce financement européen.
  • L'industrie belge de la défense comme fournisseur européen. FN Browning Group (± 934 millions d'euros de chiffre d'affaires groupe, top 5 mondial des armes légères, 100+ pays), John Cockerill (1,4 milliard d'euros ; le rachat d'Arquus en 2024 en fait un constructeur européen de véhicules blindés) et Sonaca (617 millions d'euros, assemblage de F-16, participation au F-35) sont de niveau mondial. Mais il leur manque une stratégie nationale pour l'industrie de la défense. HART veut : une seule stratégie cohérente (comme celle lancée par les Pays-Bas en 2025), des licences d'exportation d'armes simplifiées (aujourd'hui éclatées entre trois Régions) et un meilleur accès au financement bancaire pour les entreprises de défense.

Priorité 4 : moyens traditionnels

  • Achever la modernisation en cours. Le programme CaMo (franco-belge, écosystème Scorpion) est approuvé : ± 474-498 véhicules blindés Griffon (premier livré en juillet 2025), 60 véhicules de reconnaissance Jaguar, 123 véhicules blindés légers Serval, 28 obusiers CAESAR NG, 24 porte-mortiers MEPAC. Plus 45 F-35A, 3 frégates, 6 chasseurs de mines, 22 hélicoptères H145M. Tout cela doit rester dans les délais.
  • Pas de chars, un risque choisi en connaissance de cause. La Belgique n'a plus aucun char depuis 2014 et HART choisit délibérément de ne pas y investir. La guerre en Ukraine montre que les chars sont vulnérables face aux drones bon marché (± 60-70 % des pertes de chars russes sont dues aux FPV), mais nous reconnaissons que cela crée aussi un risque stratégique : dans un scénario terrestre de haute intensité, nous ne pouvons fournir aucune capacité de chars aux partenaires de l'OTAN. Nous acceptons ce risque parce que (1) la composante Terre belge se dote via CaMo d'une capacité moderne de véhicules blindés (Griffon, Jaguar, Serval), (2) notre capacité asymétrique en drones et en counter-UAS érode encore davantage la valeur relative des chars, et (3) la participation à un éventuel programme multinational de mutualisation de Leopard (modèle : coopération NL-DE) reste ouverte comme option si le contexte stratégique change.

2. Drones : masse et intelligence, l'investissement le plus important pour la Belgique

Position : La guerre en Ukraine a prouvé une chose avant tout : les drones bon marché réécrivent la logique militaire. Un drone FPV de 400 à 500 $ détruit un char de 1 à 3 millions de dollars. Un rapport de coût de 2.000:1 à 6.000:1. Les drones FPV ukrainiens sont responsables de 60-70 % de tout le matériel russe détruit. Des drones intercepteurs de 1.000 à 5.000 $ abattent des drones Shahed qui coûtent 20.000 à 70.000 $. Et remplacent une défense antimissile qui coûte 3 à 4 millions de dollars par tir. L'Ukraine a produit ± 3.000-5.000 drones en 2022, des centaines de milliers en 2023, ± 2,2 millions en 2024, et vise 4,5 millions en 2025. Le pays est passé de 7 fabricants de drones à ± 500 en trois ans. En juin 2024, l'Ukraine a créé les premières Unmanned Systems Forces au monde. Une composante des forces armées entièrement dédiée aux drones.

La Belgique n'a aucune production militaire de drones propre. Nous avons commandé 6 MQ-9B SkyGuardian (± 1,1 milliard d'euros, armement approuvé) et nous investissons 140,8 millions d'euros dans des mini-drones et 500 millions d'euros dans la lutte anti-drones. Mais nous dépendons entièrement de fournisseurs étrangers. C'est stratégiquement inacceptable. HART veut que la Belgique investisse dans deux extrêmes : des drones consommables de masse extrêmement bon marché et des systèmes autonomes de pointe.

Ce que nous allons faire :

Des drones extrêmement bon marché : la masse l'emporte

  • Construire une capacité belge de production de drones FPV. L'Ukraine a prouvé que la production de drones ne doit être ni coûteuse ni complexe. Ce sont des composants commerciaux (moteurs, contrôleurs, caméras) avec une application militaire. HART veut stimuler, via les marchés publics et la SFPIM (Société fédérale de Participations et d'Investissement), un écosystème belge de fabricants de drones. Objectif : au moins 5 producteurs belges capables de livrer ensemble 10.000+ drones FPV par mois d'ici 3 ans. À elle seule, l'ukrainienne TAF en produit 40.000 par mois.
  • Les drones intercepteurs comme défense antiaérienne. En 2025, l'Ukraine a produit plus de 100.000 drones intercepteurs. Une production multipliée par huit. Une cible aérienne russe sur trois au-dessus de l'Ukraine est désormais abattue par un drone, pas par un missile. Au-dessus de Kyiv, ce chiffre atteignait même 70 % en février 2026. Le Pentagone veut maintenant acheter des drones intercepteurs ukrainiens. HART veut que la Belgique adopte cette technologie en complément de la défense antiaérienne classique (NASAMS, Patriot) : radicalement moins chère, rapidement extensible.
  • Les drones à fibre optique (FPV fiber-optic). L'innovation de rupture de 2025 : des drones pilotés via un câble en fibre optique, totalement insensibles au brouillage et à la guerre électronique. La Russie en produit ± 50.000 par mois, l'Ukraine ± 20.000. HART veut que la Belgique co-investisse dans une production européenne de drones à fibre optique. Une technologie contre laquelle aucun système de contre-guerre électronique ne fonctionne.
  • Stratégie de stocks : des milliers, pas des dizaines. Les achats d'armes classiques raisonnent en dizaines (45 F-35, 60 Jaguar). Les drones doivent être acquis par milliers, voire par dizaines de milliers, et réapprovisionnés en continu. HART veut un programme d'achat permanent de drones consommables. Comme des munitions, pas comme des avions.

Des systèmes autonomes de pointe : l'intelligence l'emporte

  • Guidage terminal piloté par l'IA. Les drones ukrainiens dotés d'une reconnaissance de cibles basée sur l'IA ont fait passer le taux de réussite de ± 30-50 % à ± 80 %. L'opérateur sélectionne la cible à distance ; le drone parcourt les derniers kilomètres de façon autonome, y compris à travers les zones de brouillage. HART veut que la Belgique investisse dans cette technologie via le Fonds européen de la défense et les entreprises belges d'IA.
  • Les essaims de drones. Les véritables essaims autonomes (des dizaines de drones qui attaquent ensemble une cible sans pilotage individuel) n'existent pas encore sur le champ de bataille, mais la technologie approche à grands pas. HART veut que la Belgique co-investisse dans la technologie des essaims via DIANA de l'OTAN (Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic) et le Fonds européen de la défense.
  • Drones sous-marins autonomes et chasseurs de mines. La Belgique est le leader européen de la lutte contre les mines (6 nouveaux navires de classe City, avec ± 100 drones sous-marins autonomes chacun). HART veut étendre cette avance à une capacité sous-marine plus large : surveillance autonome, détection de sous-marins et protection des ports.
  • Le counter-UAS comme priorité absolue. Le marché du counter-UAS passe de 6,6 milliards de dollars (2025) à 20,3 milliards de dollars (2030). La Belgique a acheté des drones intercepteurs lettons et investit 500 millions d'euros. Mais il lui manque un système intégré. HART veut accélérer les investissements dans : les systèmes laser (Iron Beam israélien : ± 3 $ par tir), la guerre électronique (brouillage, spoofing) et une défense en couches qui combine des drones bon marché avec des systèmes classiques.

Éprouvé : Ukraine. De 7 fabricants de drones à ± 500, de ± 3.000-5.000 drones (2022) à un objectif de 4,5 millions (2025). Drones FPV (400 à 500 $) responsables de 60-70 % du matériel russe détruit. 100.000 drones intercepteurs produits en 2025. Unmanned Systems Forces, première composante des forces armées dédiée aux drones au monde (juin 2024). Drones à fibre optique comme percée contre le brouillage. Le guidage terminal par IA fait monter le taux de réussite à ± 80 %. Drone intercepteur P1-SUN de SkyFall : 1.000 $ pièce, imprimé en 3D, 1.500+ Shahed et 1.000+ autres drones abattus en 4 mois. Sting de Wild Hornets : ± 2.100-2.500 $ pièce, 3.900 drones abattus depuis mai 2025, dont le premier abattage confirmé d'un Geran-3 à réaction. Le Pentagone veut maintenant acheter des drones intercepteurs ukrainiens.


3. L'intelligence artificielle dans la défense : la vitesse de décision comme arme

Position : L'IA change fondamentalement la conduite de la guerre. Pas dans le futur, mais maintenant. En Ukraine, la reconnaissance de cibles pilotée par l'IA fait passer le taux de réussite des drones de ± 30-50 % à ± 80 %. Le Maven Smart System américain de Palantir fusionne images satellites, géolocalisation et interceptions de communications dans une seule interface de champ de bataille. Il est désormais déployé dans cinq commandements de combat et par l'Allied Command Operations de l'OTAN. En 2026, des chatbots d'IA ont été utilisés pour l'analyse du renseignement et la désignation de cibles lors d'opérations militaires américaines. En parallèle, la Chine développe une prise de décision entièrement automatisée pour les environnements de combat urbain. L'UE identifie « AI, Quantum, Cyber & Electronic Warfare » comme l'un des sept domaines prioritaires pour la préparation de la défense européenne.

Avec l'IMEC, la Belgique possède un leader mondial de la R&D en semi-conducteurs, un score de cybersécurité dans le top 5 et de solides chercheurs en IA à la KU Leuven, à l'UGent et à la VUB. Mais il n'existe aucune stratégie militaire en matière d'IA. HART veut changer cela.

Ce que nous allons faire :

  • Développer une stratégie belge d'IA militaire. L'OTAN a lancé une AI Strategy en 2021 et une version révisée en 2024. Le livre blanc Readiness 2030 de l'UE cite l'IA comme priorité absolue. La Belgique n'a pas encore de stratégie nationale d'IA militaire. HART en veut une dans les 12 mois, centrée sur : la navigation autonome des drones, l'analyse du renseignement, la cyberdéfense, l'optimisation logistique et l'aide à la décision.
  • L'IA pour l'autonomie des drones. La percée décisive : des drones qui naviguent, identifient des cibles et attaquent de manière autonome, sans pilotage humain constant. Surtout quand la guerre électronique coupe le lien de communication. La Belgique doit investir dans l'edge AI (une IA qui tourne sur le drone lui-même, pas dans le cloud) et dans la vision par ordinateur pour la reconnaissance de cibles. L'expertise de l'IMEC en technologie des puces place la Belgique dans une position unique pour développer des puces d'edge AI destinées aux drones militaires.
  • L'IA pour l'analyse du renseignement et la situational awareness. Le système Maven du Pentagone montre comment l'IA peut fusionner images satellites, données de capteurs, interceptions de communications et informations en sources ouvertes en une image du champ de bataille en temps réel. La Cyber Force et les services de renseignement belges doivent disposer d'outils d'IA comparables. Adaptés aux valeurs européennes et à l'interopérabilité OTAN.
  • L'IA pour la cyberdéfense. L'IA peut détecter et neutraliser les cyberattaques plus vite que des analystes humains. La solide position du CCB belge (5e mondial au NCSI) offre une base pour développer une cyberdéfense pilotée par l'IA. Tant pour les réseaux militaires que pour les infrastructures civiles critiques.
  • L'IA pour la logistique et la maintenance prédictive. Une armée de 26.000 militaires qui ambitionne d'atteindre 34.500 n'a aucune marge pour l'inefficience. L'IA peut optimiser la gestion des stocks, la commande de pièces, les cycles de maintenance et la planification du personnel. De sorte que les mêmes moyens produisent davantage de capacité opérationnelle.
  • Cadre éthique : le human-in-the-loop comme principe. HART souscrit au principe OTAN de « responsible AI » et aux Principles of Responsible Use : un être humain décide toujours de l'usage de la force létale. Les systèmes autonomes peuvent identifier et recommander des cibles, mais la responsabilité finale reste humaine. Ce n'est pas de la naïveté. C'est un choix stratégique : les systèmes sous contrôle humain sont plus fiables, moins sujets aux erreurs et juridiquement défendables. La Chine opte pour l'autonomie totale ; l'Occident doit opter pour la fiabilité.
  • L'IMEC comme partenaire dual-use. La technologie des semi-conducteurs de l'IMEC est intrinsèquement à double usage : les mêmes puces qui pilotent les smartphones et les voitures font aussi fonctionner les capteurs militaires, les drones et les systèmes d'IA. HART veut que les pouvoirs publics belges, via la SFPIM et le subside flamand, soutiennent activement le rôle de l'IMEC dans l'innovation de défense. Sans saper son noyau civil. Il ne s'agit pas de militariser l'IMEC ; il s'agit de mobiliser le plus grand atout technologique de la Belgique là où ça compte.

Éprouvé : États-Unis. Palantir Maven Smart System (contrat de 480 millions de dollars, porté ensuite à 1,3 milliard de dollars) : fusion par IA de données satellites, de géolocalisation et de communications, déployée dans 5 commandements de combat + OTAN. GenAI.mil : plateforme d'IA pour tous les collaborateurs du DoD. Opérations appuyées par l'IA au Venezuela et en Iran (2026). Budget : 650 millions de dollars pour l'innovation militaire + 250 millions de dollars pour l'écosystème IA + 250 millions de dollars pour l'IA du Cyber Command (Big Beautiful Bill). Ukraine. Le guidage terminal par IA fait passer le taux de réussite des FPV de ± 30-50 % à ± 80 %. Système Delta : plateforme open source de gestion du champ de bataille avec fusion par IA des données de capteurs. Israël. Désignation de cibles pilotée par l'IA à Gaza (controversée mais opérationnellement efficace). L'Unit 8200 comme passerelle entre l'expérience militaire de l'IA et le secteur technologique civil. OTAN. AI Strategy (2021, révisée en juillet 2024), DIANA (Defence Innovation Accelerator), AI Review Board. UE. « AI, Quantum, Cyber & EW » comme l'un des 7 domaines prioritaires de Readiness 2030. Le Fonds européen de la défense investit dans des projets d'IA. L'AI Act (adopté en mars 2024) exclut explicitement les applications militaires.


4. Préparer la population, volontairement, gratuitement, le week-end : le modèle polonais pour la Belgique

Position : La Belgique compte ± 26.000 militaires actifs et presque aucun réserviste. En cas de crise, le pays est livré à lui-même. La Finlande mobilise 280.000 soldats sur 5,6 millions d'habitants. Israël a mobilisé 360.000 réservistes le matin du 7 octobre 2023. La Belgique en est incapable. Et HART ne veut pas d'un service militaire obligatoire pour changer cela.

Le service militaire obligatoire est politiquement irréalisable en Belgique, économiquement coûteux, et inutile si l'alternative est assez bonne. La Pologne prouve qu'on peut faire autrement. En novembre 2025, la Pologne a lancé le programme wGotowości (« Prêt »), le plus grand programme volontaire d'entraînement civil à la défense de l'OTAN. L'objectif : former 400.000 citoyens en 2026. Les formations sont gratuites, durent une journée, ont lieu le week-end dans les casernes locales et sont ouvertes à tous les adultes (18+). Pas de serment, pas d'obligations, pas d'inscription au registre des réservistes (sauf si le participant le souhaite). Dans la phase pilote, des participants de 18 à 91 ans se sont présentés, dont 41 % de femmes, avec un taux de satisfaction d'environ 98 % ou plus. Le programme précédent « Trenuj z Wojskiem » (Entraîne-toi avec l'Armée, 2022-2025, ouvert dès 15 ans) a attiré ± 33.000 participants sur 7 éditions.

HART veut reprendre ce modèle et le porter à l'échelle belge.

Ce que nous allons faire :

  • Lancer un programme belge « Entraînez-vous avec la Défense » : des formations gratuites le week-end dans les casernes locales, ouvertes à tous les citoyens dès 18 ans. Une journée par session, avec des modules : sécurité des armes et tir de base, premiers secours et prise en charge des traumatismes, survie en situation de crise, cyberhygiène et détection de la désinformation, et comportements de base en cas d'alerte ou d'évacuation. Pas de serment, pas d'obligation. Les participants choisissent eux-mêmes leur caserne et leur date via une application (sur le modèle polonais : une application wGotowości dédiée associe les participants aux formations selon l'âge, le lieu et les centres d'intérêt).
  • Monter à 50.000 volontaires formés par an dans les 3 ans. La Pologne vise 100.000 par an d'ici 2027 et 400.000 en 2026 (tous programmes confondus). La Belgique, avec un tiers de la population polonaise, se fixe un objectif réaliste de 50.000 participants par an. À atteindre en proposant des formations dans chaque province, chaque mois.
  • Un passage vers le corps de réserve pour ceux qui veulent aller plus loin. Qui veut davantage après la formation du week-end peut passer à l'Année de service militaire volontaire (lancée en 2026, 500 places. À porter à 5.000 par an) ou à la formation de base de 28 jours sur le modèle polonais (« Trenuj jak Żołnierz ». Entraîne-toi comme un soldat), avec une indemnité et l'option de devenir réserviste à l'issue. La Pologne a déjà attiré 42.000+ nouveaux militaires par cette voie. Objectif : 50.000 réservistes actifs dans les 10 ans, 100.000 dans les 15 ans.
  • Impliquer les entreprises. La Pologne encourage les employeurs à envoyer leurs collaborateurs ensemble aux formations. HART veut inciter les entreprises belges : qui envoie des travailleurs à une formation de défense reçoit un avantage fiscal (comparable au crédit-formation). Cela renforce à la fois la culture d'entreprise et la résilience nationale.
  • Un registre numérique des réservistes et une mobilisation rapide. Pour qui s'inscrit comme réserviste : un registre numérique avec unité, rôle et lieu de rassemblement attribués à l'avance. Le système israélien Tzav 8 comme modèle : convocation numérique par téléphone, e-mail et applications de messagerie. Objectif : mobiliser 50.000 réservistes en 72 heures.
  • Prépositionner le matériel. Un stockage décentralisé de l'équipement de base (uniforme, protection, communication) dans des dépôts régionaux. Pour que les réservistes soient immédiatement opérationnels en cas de mobilisation.
  • Construire une adhésion sociétale. La Belgique affiche 19 % de volonté de défendre le pays. Un des taux les plus bas d'Europe (Finlande : 74 %, Pologne : ± 45 %). La différence est culturelle. HART veut ramener la conscience de la défense via l'enseignement, les médias et un exercice national annuel. L'expérience polonaise montre que les programmes volontaires attirent bel et bien un large public. Sans la résistance que suscite le service militaire obligatoire.

Éprouvé : Pologne. WGotowości (novembre 2025) : volontaire, gratuit, formations le week-end dans 130+ casernes, ouvert à tous les adultes (18+), objectif de 400.000 participants en 2026 ; phase pilote : 41 % de femmes, participant le plus âgé de 91 ans, ± 98 %+ de satisfaction. Programmes précédents : « Trenuj z Wojskiem » (± 33.000 participants sur 7 éditions, 15-65 ans), « Trenuj jak Żołnierz » (formation intensive de 16 jours, gratuite, avec indemnité), « Wakacje z Wojskiem » (formation d'été 18-35 ans). Au total ± 500.000 citoyens formés fin 2025. La formation de base volontaire (28 jours, indemnité de ± 6.300 PLN) a produit 42.000+ nouveaux militaires. La Pologne consacre 4,8 % du PIB à la défense en 2026, compte 216.000 militaires actifs et vise 300.000 à 500.000. Estonie. Kaitseliit (Defence League) : 25.000 à 30.000 volontaires, entièrement intégrés dans la structure du temps de guerre. France. Nouveau programme de service militaire volontaire (novembre 2025) : 3.000 places en 2026, montant à 50.000 par an d'ici 2035, 10 mois, avec salaire. Israël. Système de mobilisation numérique Tzav 8 : 360.000 réservistes convoqués le 7 octobre 2023, 20-30 % de présence en plus que demandé.


5. Industrie de la défense : de sous-traitant à acteur stratégique

Position : La Belgique possède des entreprises de défense de classe mondiale, mais pas de stratégie pour l'industrie de la défense. FN Herstal (filiale de la FN Browning Group, ± 934 millions d'euros de chiffre d'affaires groupe) livre des armes légères à 100+ pays. John Cockerill a racheté le français Arquus en juillet 2024 et vise 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires défense d'ici 2026. Sonaca a assemblé 160 F-16. Mais les entreprises belges de défense peinent à obtenir un financement bancaire (les politiques ESG excluent la défense), les licences d'exportation d'armes sont éclatées entre trois Régions, et il n'existe aucune stratégie nationale. Alors que les Pays-Bas, eux, ont bel et bien lancé une stratégie pour l'industrie de la défense en 2025.

L'industrie belge de la défense compte ± 892 entreprises, 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 16.300 emplois (chiffres Agoria). Le 30 janvier 2026, FN Herstal, John Cockerill Defense et Thales Belgium ont créé la joint-venture LS² pour le soutien du matériel de la composante Terre. C'est un début. Mais il faut aller plus loin.

Ce que nous allons faire :

  • Une seule stratégie nationale pour l'industrie de la défense, comme aux Pays-Bas et en Finlande. Avec un focus sur les niches belges : armes légères et remote weapon stations (FN Herstal), véhicules blindés et tourelles (John Cockerill), structures aéronautiques (Sonaca), optronique (OIP/Elbit) et cybersécurité.
  • Harmoniser les licences d'exportation d'armes. Aujourd'hui, chaque Région décide séparément (Flandre, Wallonie, Bruxelles). HART veut un guichet fédéral unique avec des critères harmonisés. Pour que les entreprises belges ne soient pas désavantagées par rapport à leurs concurrents dans les pays dotés d'un régime d'exportation unique.
  • Débloquer le financement bancaire de la défense. Les entreprises belges de défense obtiennent difficilement des prêts en raison des exclusions ESG. HART veut que la défense soit explicitement reconnue comme secteur stratégique dans le cadre réglementaire financier belge, conformément à l'orientation politique européenne (EDIP, ReArm Europe).
  • Construire une capacité de production de drones. La Belgique n'a aucun producteur de drones militaires. HART veut stimuler un écosystème belge du drone via les marchés publics et la SFPIM. Des drones FPV aux systèmes counter-UAS. L'Ukraine a prouvé que la production de drones peut monter en puissance rapidement : de 7 fabricants à 500 en 3 ans.
  • Tester la capacité de montée en puissance industrielle. En cas de conflit prolongé, le matériel doit être produit à l'échelle industrielle. Le modèle européen du « just in time » a échoué : l'UE avait promis 1 million d'obus de 155 mm en un an, mais n'en a livré que ± 500.000. HART veut que la Défense soumette chaque année ses plans de production à un stress test avec le secteur privé. Pas en jetant l'argent par les fenêtres, mais en établissant des plans réalisables assortis de garanties de livraison.

Éprouvé : Suède. Saab (5,77 milliards d'euros de chiffre d'affaires, Gripen, NLAW, Carl-Gustaf, systèmes de capteurs). Norvège. Kongsberg (4,25 milliards d'euros, missile NSM, remote weapon station PROTECTOR). Finlande. Patria (826 millions d'euros, véhicules AMV, programmes multinationaux). Tous les trois : focus sur des niches, orientation export (60-80 % du chiffre d'affaires), partenariat étroit entre pouvoirs publics et industrie, stratégie nationale explicite pour l'industrie de la défense. Pays-Bas. Ont lancé en 2025 une stratégie nationale pour l'industrie de la défense avec des priorités par domaine. FN Herstal, John Cockerill et Sonaca, en Belgique, sont d'un calibre comparable. Mais il leur manque le cadre stratégique.


6. Cybersécurité et renseignement : guerre froide 2.0

Position : La Belgique se classe dans le top 5-10 mondial du National Cyber Security Index et dispose d'une Cyber Force qui opère depuis juillet 2025 comme 5e composante des forces armées. Mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables. La Belgique n'a pas de capacité SIGINT autonome. La Sûreté de l'État (VSSE, service de renseignement civil, ± 1.000 collaborateurs, budget estimé à 70 à 100 millions d'euros) et le SGRS (Service général du renseignement et de la sécurité, le renseignement militaire) sont, ensemble, plus petits que l'AIVD et le MIVD néerlandais réunis (450 à 500 millions d'euros et plus, 2.500 à 3.000 membres du personnel). Et ce, alors que la Belgique héberge le quartier général de l'OTAN et les institutions de l'UE. La cible d'espionnage numéro 1 en Europe.

La Chine et la Russie investissent massivement dans l'espionnage, les cyberattaques, la désinformation et les opérations d'influence. La Belgique a publiquement attribué des cyberattaques à des acteurs chinois. Mais une capacité de réaction sans moyens offensifs ne suffit pas.

Ce que nous allons faire :

  • Tripler le budget de la Cyber Force, de 139 millions d'euros à plus de 400 millions d'euros, en mettant l'accent sur les capacités cyber offensives, la protection des infrastructures critiques (énergie, eau, télécoms, finance) et un corps civil de cyber-réservistes.
  • Construire une capacité SIGINT. La Belgique n'a pas d'équivalent de la FRA suédoise ou de la JSCU néerlandaise. HART veut une unité spécialisée de renseignement d'origine électromagnétique au sein de la Cyber Force, en étroite coopération avec les alliés de l'OTAN via les accords existants.
  • Renforcer la Sûreté de l'État et le SGRS. Le budget combiné de ± 150 à 200 millions d'euros est insuffisant pour un pays qui héberge le QG de l'OTAN et les institutions de l'UE. HART veut doubler ce budget et étoffer les effectifs. Avec un focus particulier sur le contre-espionnage (Chine, Russie, Iran) et la protection de la propriété intellectuelle dans les secteurs stratégiques (semi-conducteurs, pharma, défense).
  • Renforcer le CCDCOE de l'OTAN. Le Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence de Tallinn (créé après les cyberattaques russes contre l'Estonie en 2007, aujourd'hui 39 États membres) est le point de référence de la cyberdéfense. La Belgique doit y jouer un rôle plus important, vu sa position de pays hôte de l'OTAN.

Éprouvé : Estonie. CCDCOE de l'OTAN à Tallinn, Locked Shields (le plus grand exercice de cyberdéfense au monde), cyber-réserve, 5 % du PIB pour la défense à partir de 2026. Israël. Unit 8200 (SIGINT/cyber), ± 5.000 conscrits, passerelle vers le secteur technologique (des anciens ont fondé Check Point, Waze, NSO Group). Pays-Bas. JSCU (Joint Sigint Cyber Unit, AIVD et MIVD réunis), Defense Cyber Command (± 150+ personnes). France. COMCYBER (± 4.000 personnes), ANSSI, LPM 2024-2030 : 4 milliards d'euros pour le cyber.


7. La Défense sur le territoire national : protection civile et réponse aux catastrophes

Position : La Défense, ce n'est pas seulement faire la guerre à l'étranger. Inondations (Wallonie 2021 : 2,8 milliards d'euros de dégâts), pandémies, cyberincidents, terrorisme. L'armée a un rôle à jouer sur le territoire national. Aujourd'hui, ce rôle est rempli de manière ad hoc. HART veut en faire une mission structurelle.

Ce que nous allons faire :

  • Donner à la Défense un rôle permanent dans la protection civile et la réponse aux catastrophes. Pas pour remplacer les pompiers ou la police, mais en complément lors de crises de grande ampleur. Avec des protocoles d'engagement planifiés à l'avance, pas seulement en réaction.
  • Des réservistes mobilisables pour les crises intérieures. Le corps de réserve (objectif : 100.000) peut être engagé rapidement en cas d'inondations, d'accidents industriels ou de terrorisme. Sans entamer la capacité opérationnelle de l'armée professionnelle.
  • L'antiterrorisme au niveau militaire. Renforcer la coopération avec les services de renseignement et la police. L'opération Vigilant Guardian (des militaires dans les rues) doit évoluer vers une approche plus intelligente : une présence moins visible, un engagement davantage guidé par le renseignement.

8. Autonomie européenne de défense : l'incertitude autour de l'OTAN rend cela urgent

Position : Le président Trump a semé le doute à plusieurs reprises sur l'article 5 du traité de l'OTAN. En février 2024, il a déclaré qu'il « encouragerait la Russie à faire ce qu'elle veut » avec les alliés qui ne paient pas assez. En juin 2025, il a jugé que l'article 5 était sujet à « de nombreuses définitions ». Les États-Unis ont d'abord exigé 2 %, puis 4 %, maintenant 5 % du PIB. L'autonomie européenne de défense n'est plus un luxe. C'est une nécessité.

Ce que nous allons faire :

  • Renforcer la coopération européenne de défense en complément de l'OTAN, pas en remplacement. La Belgique participe à l'ESSI (European Sky Shield Initiative, 24 pays), à la PESCO (75 projets, la Belgique dans ± 9), au Fonds européen de la défense (7,3 à 8 milliards d'euros, 2021-2027) et au nouvel EDIP (1,5 milliard d'euros, 2025-2027). HART veut que la Belgique tire le maximum de ces programmes.
  • Exploiter ReArm Europe/Readiness 2030. Le plan de l'UE débloque jusqu'à 800 milliards d'euros de financement pour la défense. Allocation SAFE indicative de la Belgique : ± 8,3 milliards d'euros de prêts garantis par l'UE. HART veut que cet argent serve aux priorités de ce document : drones, cyber, défense antiaérienne et capacité de réserve.
  • La coopération belgo-néerlandaise comme modèle. Les frégates ASW communes (3,6 milliards d'euros) et les chasseurs de mines (2 milliards d'euros) prouvent que la coopération bilatérale fonctionne. HART veut étendre cette approche à la défense antiaérienne, aux drones et à la cybersécurité.

Éprouvé : ESSI (European Sky Shield Initiative) : 24 pays, système de défense antiaérienne multicouche autour de l'IRIS-T, du Patriot et de l'Arrow 3. PESCO. 75 projets, 26 États membres. ReArm Europe/Readiness 2030. Jusqu'à 800 milliards d'euros de financement de la défense à l'échelle de l'UE. EDIP. 1,5 milliard d'euros avec une règle de 65 % de composants européens et 4 projets d'intérêt commun.


Résumé : ce que HART va faire

Dépenser intelligemment, pas seulement dépenser plus. En 2025, la Belgique consacre ± 12,9 milliards d'euros à la défense (engagements), mais à peine ± 15 % vont aux équipements majeurs, tandis que les frais de personnel en absorbent près de la moitié. HART fixe un ordre de priorités clair : d'abord les capacités asymétriques (drones, cyber, guerre électronique), puis le personnel et les réservistes, puis l'intégration multinationale du large éventail de capacités, puis les moyens traditionnels. Délai : en continu.

Drones : masse et intelligence. Des drones FPV de 400 à 500 $ sont responsables de 60-70 % de tout le matériel russe détruit. Des drones intercepteurs de 1.000 à 5.000 $ abattent des Shahed qui coûtent des dizaines de milliers. La Belgique n'a aucune production de drones propre. HART construit une capacité belge de production de FPV (10.000+ par mois dans les 3 ans), investit dans les drones intercepteurs comme défense antiaérienne bon marché, adopte les drones à fibre optique (insensibles au brouillage) et achète les drones par milliers. Pas par dizaines. Délai : 1-3 ans.

L'IA comme multiplicateur stratégique. L'IA fait passer le taux de réussite des drones de ± 30-50 % à ± 80 %, fusionne les données de capteurs en images du champ de bataille en temps réel et accélère l'analyse du renseignement. Avec l'IMEC et ses institutions de recherche en IA, la Belgique dispose d'une base unique. HART développe une stratégie d'IA militaire dans les 12 mois, investit dans l'edge AI pour l'autonomie des drones, dans la cyberdéfense pilotée par l'IA et dans l'optimisation logistique. Toujours avec le human-in-the-loop comme principe éthique. Délai : 1-5 ans.

Préparer la population. Volontaire, gratuit, le week-end. La Belgique compte ± 26.000 militaires et presque aucun réserviste. En 2025, la Pologne a lancé le programme wGotowości : des formations gratuites le week-end dans les casernes, objectif 400.000 participants en 2026. HART reprend ce modèle : un programme belge « Entraînez-vous avec la Défense » pour 50.000 volontaires par an, avec un passage vers un corps de réserve de 50.000 dans les 10 ans et de 100.000 dans les 15 ans, et une mobilisation rapide sur le modèle israélien (Tzav 8). Délai : 3-15 ans.

Renforcer l'industrie de la défense. FN Browning Group, John Cockerill et Sonaca sont de classe mondiale, mais il leur manque une stratégie nationale. HART veut une seule stratégie pour l'industrie de la défense, des licences d'exportation d'armes harmonisées, un meilleur financement bancaire et une capacité belge de production de drones. Délai : 2-3 ans.

Faire monter en puissance la cybersécurité et le renseignement. La Belgique se classe 5e mondiale en cybersécurité, mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables. HART triple le budget de la Cyber Force, construit une capacité SIGINT et double les budgets du renseignement. À la hauteur d'un pays qui héberge le QG de l'OTAN et les institutions de l'UE. Délai : 2-5 ans.

La Défense sur le territoire national. Des réservistes mobilisables en cas d'inondations, de pandémies et de terrorisme. Des protocoles structurels, pas des réactions ad hoc. Délai : 1-2 ans.

Autonomie européenne de défense. L'incertitude autour de l'OTAN rend la coopération européenne urgente. La Belgique exploite ReArm Europe (allocation SAFE de 8,3 milliards d'euros), approfondit la coopération belgo-néerlandaise et intègre son large éventail de capacités de défense dans un cadre multinational, avec des points forts belges dans le cyber, la lutte contre les mines et la maintenance des F-35. Délai : en continu.


La Belgique héberge le quartier général de l'OTAN et les institutions de l'UE, affiche un score de cybersécurité dans le top 5, possède avec l'IMEC un leader mondial de la technologie des semi-conducteurs, et des entreprises de défense de format mondial. Mais notre armée est trop petite, n'a presque aucun réserviste, zéro char, zéro production de drones propre, et une volonté de défendre le pays de 19 %. Le monde a changé : l'Ukraine prouve que les guerres sont industrielles, que des drones à 500 $ détruisent des armements valant des millions, que l'IA double le taux de réussite et que toute la population compte. La Pologne montre comment former volontairement des centaines de milliers de citoyens sans service militaire obligatoire. HART choisit une défense qui dépense intelligemment, investit massivement dans les drones et l'IA, prépare la population sur base volontaire et traite l'industrie belge comme un atout stratégique. Pas comme une question secondaire.