Principe fondamental : un appareil judiciaire efficace, centré sur le justiciable.
Chaque citoyen a droit à une justice de qualité dans un délai raisonnable. La victime a droit à une réparation rapide. La société est en droit d'attendre que les condamnations soient exécutées rapidement et correctement. La Justice est depuis des années une entreprise en difficulté. HART choisit une modernisation radicale. Pas avec de vagues promesses, mais avec des systèmes éprouvés à l'étranger.
Les faits
La Belgique obtient des résultats médiocres sur presque tous les indicateurs en matière de justice :
| Indicateur | Belgique | Contexte |
|---|---|---|
| Durée de traitement des affaires civiles | 246 jours en première instance (2023) | Affaires administratives : 360 jours. En hausse |
| Tribunal de commerce de Bruxelles | Pas de traitement avant septembre 2025 | Appel : 2026 (NL) / 2027 (FR) |
| Dossiers pénaux à Bruxelles | Doublement en 2025 | De 1.082 → 2.000 (NL) et de 2.100 → 3.600 (FR) |
| Taux d'occupation des prisons | 125,3 % (septembre 2025) | 13.000 détenus / 11.000 places |
| Classement européen de la surpopulation | Parmi les 6 pires d'Europe (SPACE I 2024) | Après la Slovénie, Chypre, la France, l'Italie et la Roumanie |
| Détenus dormant à même le sol | 198 personnes (2024) / 143 (mars 2025) | Anvers : 660 pour une capacité de 439 |
| Numérisation | Cour des comptes belge : « lacunes considérables » (2024) | L'Estonie traite tout par voie numérique depuis 2008 |
| Condamnation par la CEDH | 2014. Pour les conditions de détention | Problème non résolu |
Sources : Commission européenne, Rule of Law Report 2025 (SWD(2025) 901) ; Conseil de l'Europe, SPACE I 2024 ; Cour des comptes belge, décembre 2024 ; Belga, décembre 2025 ; Prison Insider 2024/2025.
1. Une justice entièrement numérique
Position : HART veut un dossier judiciaire électronique, entièrement sans papier. Le temps des dossiers papier transportés de greffe en cabinet est révolu.
Ce que nous allons faire :
- Un système e-File central sur le modèle estonien. Une seule plateforme numérique dans laquelle travaillent tous les acteurs de la justice : tribunaux, parquets, police, prisons, avocats. Les données sont encodées une seule fois et consultables par toutes les parties habilitées. L'Estonie économise ainsi 3 millions d'heures de travail par an.
- Une Banque Carrefour de la Justice sur le modèle éprouvé de la Banque Carrefour de la Sécurité sociale. Toutes les informations judiciaires sont accessibles via une seule plateforme sécurisée, avec un accès basé sur les rôles. Les citoyens peuvent voir eux-mêmes qui a consulté leurs données.
- La vidéoconférence comme norme pour les comparutions des inculpés devant la chambre du conseil. Chaque transfert d'un détenu coûte des centaines d'euros en personnel, véhicule et sécurité. Avec des milliers de transferts par an, l'économie est immédiate et substantielle. En option pour les autres affaires.
Délai : Toutes les nouvelles affaires obligatoirement en format numérique dans les 2 ans. Migration complète des dossiers existants dans les 5 ans.
Éprouvé : Estonie. Système e-File (depuis 2005), KIS2 Court Information System (depuis 2014), plateforme d'échange de données X-Road. Résultat : les deuxièmes procédures judiciaires les plus rapides de l'UE. Le même nombre de juges qu'il y a 20 ans, alors que le nombre d'affaires a doublé. Tous les composants sont disponibles en open source.
2. Responsabilité des juges : sans saper l'État de droit
Position : Les juges qui dysfonctionnent de manière structurelle ne peuvent pas être intouchables. Mais la solution n'est PAS que des politiciens écartent des juges. C'est la recette de l'autocratie. Les expériences de la Hongrie et de la Pologne sont limpides : qui s'attaque à l'indépendance de la justice ouvre la porte aux abus de pouvoir.
HART choisit la voie médiane : des mécanismes de responsabilité renforcés, gérés par le pouvoir judiciaire lui-même.
Ce que nous allons faire :
- Renforcer le Conseil supérieur de la Justice : davantage de compétences et de moyens pour l'évaluation, le droit disciplinaire et le contrôle de la qualité.
- Un système d'évaluation des juges : une évaluation périodique sur la base des délais de traitement, de la qualité des motivations et du taux de réformation en appel. Pas sur le contenu des décisions. Sur des normes professionnelles.
- Une chambre disciplinaire indépendante au sein du pouvoir judiciaire, sans pilotage politique. Une intervention effective en cas de négligence, d'incompétence ou de faute.
- Transparence : publication annuelle de statistiques par tribunal, avec les délais de traitement, le nombre d'affaires et les mesures de satisfaction auprès des justiciables.
- Étendre l'échevinage : des citoyens et des juges siégeant ensemble, pour certaines affaires correctionnelles. Cela renforce l'adhésion démocratique sans porter atteinte à l'indépendance.
- Des procédures de nomination plus transparentes : davantage de participation de la société via le Conseil supérieur de la Justice.
Ligne rouge : Tout système de responsabilité des juges est conçu et géré par le pouvoir judiciaire lui-même. Via le Conseil supérieur de la Justice. JAMAIS par des politiciens. Cela prévient tout abus, par qui que ce soit.
Éprouvé : cadre de qualité de l'ENCJ (European Networks of Councils for the Judiciary). Finlande et Suède. Des stratégies de qualité intégrées pour le pouvoir judiciaire, avec des rapports publics. ELI-Mount Scopus European Standards of Judicial Independence.
3. Optimiser les analyses ADN en criminalistique
Position : La preuve ADN est l'un des instruments les plus puissants de l'enquête pénale. La Belgique l'exploite insuffisamment. La banque de données ADN nationale (créée en 1999) ne contient aucun profil de suspects. Uniquement ceux de condamnés pour des infractions graves et des traces relevées sur les lieux des faits.
Ce que nous allons faire :
- Prélèvement ADN obligatoire lors de la condamnation pour toutes les infractions passibles d'une peine de prison de 1 an ou plus. Le seuil actuel de 5 ans est trop élevé.
- Couplage de la banque de données policière à la banque de données ADN pour cartographier les réseaux criminels. Une étude de l'Institut national de criminalistique et de criminologie (INCC) montre que plus de 400 réseaux ont pu être identifiés grâce aux liens ADN.
- Mise en œuvre complète de Prüm pour l'échange transfrontalier de données ADN avec tous les États membres de l'UE. En 2024, la Belgique a adopté une nouvelle législation pour l'échange de données ADN avec INTERPOL. Il faut poursuivre dans cette voie.
- Investir dans la capacité de l'INCC : le personnel actuel et les moyens techniques sont insuffisants.
Garantie : Le droit à la vie privée et les droits de la défense restent toujours respectés. Par principe, nous ne collectons que l'ADN de personnes condamnées, jamais celui de la population en général.
Éprouvé : Royaume-Uni. NDNAD (depuis 1995). Taux de concordance : 64,8 % (de la scène de crime à la personne). Entre 2001 et 2022 : 776.488 concordances avec des crimes non élucidés. Via Prüm : plus de 13.000 correspondances avec des États membres de l'UE, dont plus de 2.000 pour des infractions graves.
4. Reconnaissance faciale : stricte et limitée
Position : La technologie de reconnaissance faciale peut sauver des vies, mais comporte un risque élevé d'abus. HART choisit un usage dans le cadre légal strict du règlement européen sur l'IA (EU AI Act). Ni plus, ni moins.
Ce que nous allons faire :
- Un usage limité aux trois exceptions de l'EU AI Act :
- La recherche ciblée de victimes d'enlèvement, de traite des êtres humains ou d'exploitation sexuelle, et de personnes disparues.
- La prévention d'une menace terroriste spécifique, substantielle et imminente.
- La localisation de suspects d'infractions pénales spécifiques. Avec autorisation judiciaire préalable.
- Contrôle judiciaire préalable obligatoire pour chaque utilisation. Sans exception.
- Un organe de contrôle indépendant (Autorité de protection des données ou Organe de contrôle de l'information policière) pour l'évaluation et le traitement des plaintes.
- Un rapport de transparence public annuel sur le nombre d'utilisations, les résultats et les garanties.
Pas d'extension de mission. Pas de surveillance généralisée. Pas de reconnaissance faciale en temps réel dans l'espace public en dehors des trois exceptions.
5. Un jugement dans un délai de 1 an
Position : Un justiciable qui doit attendre un jugement pendant des années n'obtient pas justice. HART fixe une norme cible : trancher chaque litige dans un délai de 1 an par instance. Ambitieux ? Oui. Impossible ? Non. À condition de numériser, de simplifier et d'investir.
Ce que nous allons faire :
- Des normes légales de délai par type d'affaire : non pas comme maximum absolu, mais comme norme de référence contraignante, assortie d'une obligation de faire rapport. Tout tribunal qui les dépasse de manière structurelle se voit imposer des plans d'action obligatoires.
- L'IA pour les petits litiges sur le modèle estonien : pour les demandes inférieures à 7.000 €, un système d'IA peut générer une proposition de décision. Le juge valide. Cela réduit de moitié la charge de travail pour les affaires de routine.
- Un renforcement structurel des effectifs : le nombre de juges, de greffiers et de membres du personnel de soutien est structurellement trop bas en Belgique. Des moyens supplémentaires ne sont pas un luxe mais une nécessité.
- Simplification des procédures : supprimer les étapes procédurales inutiles. Toutes les affaires ne doivent pas passer par la même procédure lourde.
- Des indicateurs de performance par tribunal avec publication des résultats. Sur le modèle danois. Les citoyens doivent pouvoir voir quelles sont les performances de leur tribunal.
Éprouvé : Estonie. Aide à la décision par IA pour les petits litiges < 7.000 € (développement depuis 2019, tests pilotes positifs en 2021, déploiement progressif). Danemark. Gestion active des dossiers avec des délais standard par type d'affaire. Norvège. Gestion stricte des dossiers avec des échéances contraignantes.
6. Une justice abordable et compréhensible
Position : La justice ne peut pas être un privilège pour ceux qui peuvent se la payer. Et les codes ne peuvent pas être des textes cryptiques que seuls les juristes comprennent.
Une justice abordable
- Règlement des litiges en ligne (ODR) : une plateforme numérique où les citoyens introduisent eux-mêmes des affaires simples, comme les petites créances, les litiges locatifs et les plaintes de consommateurs. Sans avocat, avec des formulaires standardisés en langage clair.
- Réformer les droits de greffe : des tarifs dégressifs pour les bas revenus. Un accès gratuit pour les personnes sous le seuil de pauvreté.
- Un Guichet juridique : des points de service juridique accessibles dans les communes, où les citoyens reçoivent gratuitement un conseil juridique de première ligne. Les Pays-Bas l'ont déjà. Cela fonctionne.
- L'aide juridique pro deo avec des indemnités réalistes pour les avocats. Le système actuel est sous-valorisé et donc en sous-effectif.
Des codes compréhensibles
- Une Commission pour un droit compréhensible : à créer avec des linguistes, des juristes et des experts en communication. La Norvège a adopté en 2022 une loi sur la langue qui impose une communication publique en langage clair. Les Pays-Bas ont le programme « Direct Duidelijk ».
- Un test de compréhensibilité pour toute nouvelle législation avant publication au Moniteur belge.
- Une réécriture progressive des codes existants. À commencer par le Code civil, le Code pénal et le Code judiciaire.
- Une banque de données législative publique avec des explications en langage clair à côté du texte juridique.
Éprouvé : Norvège. Loi sur la langue de 2022. Pays-Bas. Direct Duidelijk (toutes les organisations publiques). Estonie. Journal officiel électronique public avec toute la législation et toutes les décisions de justice en ligne, en accès libre.
7. Un tribunal propre pour Hal-Vilvorde
Position : Hal-Vilvorde est le seul arrondissement de Flandre sans tribunal propre. C'est illogique, inefficace et injuste. Il faut enfin régler cette question.
Les faits : Le parquet de Hal-Vilvorde existe depuis 2014 (sixième réforme de l'État). Il est néerlandophone, compétent pour 35 communes et 644.201 habitants (Statbel, 2023). Mais ses magistrats requièrent toujours devant les tribunaux bruxellois. Il n'y a pas de tribunal propre.
Les conséquences :
- Forum shopping : des prévenus utilisent le changement de langue pour « faire leur marché » et passer devant un juge francophone. Souvent dans l'espoir de peines plus clémentes. L'ancien procureur du Roi de Hal-Vilvorde a reconnu publiquement ce problème.
- Les habitants, la police et le personnel du parquet doivent chaque fois se rendre au bâtiment judiciaire de Bruxelles, difficile d'accès.
- La politique de poursuites de Hal-Vilvorde et les peines prononcées par les tribunaux bruxellois ne sont pas alignées.
Ce point figurait dans le projet d'accord de gouvernement de 2025, mais il a été supprimé dans les toutes dernières heures.
Ce que nous allons faire :
- Scission complète de l'arrondissement judiciaire de Bruxelles : un arrondissement bilingue pour la Région de Bruxelles-Capitale et un arrondissement provincial néerlandophone de Hal-Vilvorde. Comme dans toutes les autres provinces flamandes.
- Un tribunal propre à Hal-Vilvorde (première instance, tribunal de police, tribunal de l'entreprise). Le Gouvernement flamand a déjà dégagé 5 millions d'euros pour une maison de justice.
- Un parquet à part entière sans magistrats du parquet francophones obligatoires.
- Langue de la procédure = langue du territoire. La langue de la procédure à Hal-Vilvorde est déterminée par la langue du territoire où les faits ont été commis. Plus de shopping linguistique.
8. Les droits des victimes au centre
Position : Dans le système actuel, la victime est trop souvent reléguée au second plan. HART inverse la logique : la victime a droit à l'information, à une réparation rapide et à une exécution rapide de la condamnation.
Ce que nous allons faire :
- Désignation automatique d'un intervenant d'aide aux victimes à chaque dépôt de plainte pour une infraction violente.
- Un portail numérique pour les victimes : les victimes suivent l'état de leur dossier en ligne. Plus d'appels interminables au greffe.
- Un système d'avance sur l'indemnisation : en cas de dommage établi, un fonds public verse une avance à la victime, avec recours contre le condamné. La victime n'attend pas son argent pendant des années tandis que l'auteur multiplie les procédures.
- Développer la justice réparatrice : la médiation entre l'auteur et la victime comme voie complémentaire, pas comme substitut à la peine.
- Un moniteur de l'exécution des peines : un système numérique qui suit automatiquement les condamnations non encore exécutées et signale les dépassements de délais. Aucune condamnation ne peut disparaître dans un tiroir.
Éprouvé : Finlande. Justice réparatrice ancrée structurellement dans le système pénal. Estonie. Portail numérique pour toutes les parties à la procédure.
9. Prisons surpeuplées : des solutions structurelles
Position : Construire, à lui seul, ne résout rien. La nouvelle prison de Haren dépassait déjà sa capacité après deux ans. HART choisit une approche à plusieurs voies : des alternatives aux courtes peines, l'exécution effective de toutes les peines, et un modèle de progression vers la réinsertion.
Ce que nous allons faire :
| Mesure | Explication | Référence |
|---|---|---|
| Étendre la surveillance électronique | Pour les délits non violents avec des peines jusqu'à 3 ans. Coût : 5-30 €/jour (selon le type de surveillance) contre plus de 100 €/jour pour la détention. | Norvège (jusqu'à 6 mois), Pays-Bas, France |
| Maisons de détention | Des structures à petite échelle (max. 15 places) pour les détenus purgeant de courtes peines, axées sur la réinsertion. La Belgique a un premier projet pilote. À étendre. | Modèle de progression norvégien |
| Maison de transition | Structure de transition pour les détenus en fin de peine. Norvège : > 99 % reviennent de congé à temps. | Norvège |
| Professionnaliser les peines de travail | Un meilleur suivi via un système de monitoring numérique. Aujourd'hui, trop de peines de travail passent entre les mailles du filet. | Plusieurs pays de l'UE |
| Traitement obligatoire en cas d'assuétude | Comme alternative à la peine de prison pour les auteurs toxicomanes. | Portugal (dépénalisation + traitement) |
| Accords bilatéraux | Transfèrement des détenus étrangers. En 2024 : 1.261 renvoyés. Doit fortement augmenter. Plus de 40 % des détenus sont des ressortissants étrangers. | Négociations en cours avec l'Albanie et le Kosovo |
Éprouvé : Norvège. Peine maximale de 21 ans, durée moyenne de détention de 8 mois, > 60 % des peines inférieures à 3 mois. Accent sur la réinsertion. Résultat : une récidive nettement inférieure à la moyenne de l'UE.
Résumé : ce que HART va faire
| Thème | Mesure concrète | Éprouvé ailleurs | Délai |
|---|---|---|---|
| Numérisation | Système e-File, banque carrefour, dossier sans papier | Estonie | 2-5 ans |
| Vidéoconférence | Norme pour la chambre du conseil, en option pour les autres affaires | Estonie, toute l'UE | 1-2 ans |
| Banque de données ADN | Élargissement + couplage police + échange Prüm | Royaume-Uni, réseau Prüm | 2-3 ans |
| Reconnaissance faciale | Strictement limitée aux exceptions de l'EU AI Act | EU AI Act 2024 | En cours |
| Justice rapide | Norme cible de 1 an, aide à la décision par IA, KPI | Estonie, Danemark | 3-5 ans |
| Justice abordable | Plateforme ODR, droits de greffe, Guichet juridique | Pays-Bas, Estonie | 2-3 ans |
| Loi compréhensible | Commission pour un droit compréhensible, test de compréhensibilité | Norvège, Pays-Bas | Continu |
| Hal-Vilvorde | Tribunal propre + parquet à part entière | Toutes les autres provinces flamandes | 1-2 ans |
| Droits des victimes | Portail numérique, avance sur l'indemnisation | Estonie, Finlande | 2-3 ans |
| Prisons | Bracelet électronique, maisons de détention, modèle de progression | Norvège, Pays-Bas | 2-5 ans |
| Responsabilité des juges | Conseil supérieur renforcé, évaluation, transparence | ENCJ, Finlande, Suède | 2-4 ans |
HART choisit une justice qui fonctionne. Pas demain. Pas un jour lointain. Au cours de cette législature. Les systèmes existent. La technologie existe. Les modèles sont éprouvés. La seule chose qui manque, c'est la volonté politique. Nous l'apportons.